Comment les cours d’EPS auraient pu me faire aimer le sport

Le sport au collège a été une expérience peu agréable pour Lucie — comme pour beaucoup de personnes. Elle t'explique ici pourquoi.

Comment les cours d’EPS auraient pu me faire aimer le sport

Qu’on se le dise : j’ai détesté mes années collège. Du coup, ça n’est pas une énorme surprise que j’aie détesté le sport au collège également.

D’autant plus que j’étais plutôt de celles qu’on traitait d’intellos à l’époque, donc l’EPS c’était clairement pas ma matière favorite.

Mais avec le recul, j’ai compris pourquoi j’avais trouvé ces cours de sport merdiques, et qu’est-ce qui aurait pu être fait pour que ça se passe un peu mieux pour moi.

Des formats de cours d’EPS peu adaptés aux personnes non-sportives

Alors oui, vous me direz : de la même façon, les cours de maths sont peu adaptés aux personnes nulles en maths.

Mais la différence c’est que je trouve que les cours de sport que j’ai eus n’étaient pas faits pour me faire progresser.

Dans de nombreux cas (ici je parle plutôt des trucs du type volley ou badminton), les jeux se faisaient en fonction du niveau : les forts avec les forts, les grosses merdes avec les autres grosses merdes.

Déjà c’est bof pour la confiance en soi. Et puis comment c’est possible de progresser quand la personne en face est aussi naze que toi ?

En badminton, au bout de deux coups de raquette, le volant était au sol. Wouhou, vive l’échange constructif…

Pourtant je suis sûre qu’au contraire, si on demandait aux élèves de jouer contre des personnes qui n’ont pas le même niveau qu’eux, ça permettrait aux plus faibles d’être tirés vers le haut.

Et peut-être même que ceux qui ont un meilleur niveau de base arriveraient à leur donner de bons conseils pour progresser !

Ça mettrait sans doute un peu moins de distance entre les personnes dites « fortes en sport » et les autres, et ça ferait pas de mal à certains pour apprendre à respecter les différences des autres.

Perso, je pense que j’aurais aimé jouer avec des personnes plus fortes que moi pour pouvoir leur poser des questions (« j’arrive pas à gérer telle situation, comment tu fais toi ? »), ou encore leur parler de mes difficultés.

Certes, le prof est là pour ça, mais ça peut être un bon exercice de communication entre élèves, non ?

L’humiliation d’être la dernière personne choisie en sport

Un des pires souvenirs de mes cours de sport au collège, c’est celui d’être debout face à deux élèves désignés pour choisir les membres de leur équipe.

Et de voir tous mes camarades de classe passer. En attendant désespérément d’être choisie à mon tour.

Franchement, à quel moment quelqu’un s’est dit que ça serait une bonne idée de faire ça ?!

Je ne sais pas si les profs de sport se rendent compte de l’humiliation que c’est pour une ado qui a déjà peu de confiance en soi d’être considérée comme la personne la plus mauvaise en sport…

Pourquoi les profs ne font pas les équipes eux-mêmes, pour équilibrer à leur façon ?

J’aurais dû parler, en cours d’EPS

Peut-être que c’est quelque chose que j’aurais pu leur proposer à l’époque. Parler de ce qui me dérangeait au lieu de subir.

De la même façon, je pense que j’aurais pu l’ouvrir face à ces mecs qui se foutaient de ma gueule parce que j’avais peur du ballon.

« Mais fréro, tu crois que ça me fait plaisir d’être dans les cages face aux gros bourrins de 3ème qui arrivent à 65km/h ?

Est-ce que ça aide vraiment de me gueuler dessus parce que j’arrête pas les balles ? Pourquoi tu m’encourages pas plutôt ?

Pourquoi tu me donnes pas des techniques pour progresser, au lieu de te moquer de ma force physique inexistante ? »

Je me demande comment ils auraient réagi si je leur avais réellement posé la question à l’époque, si j’avais ouvert le dialogue, expliqué ce qui me blessait dans leurs paroles.

Peut-être qu’ils ne se rendaient simplement pas compte que je faisais des efforts malgré tout ? Que dans le fond j’admirais leur aisance et leur habileté ?

Que j’aurais pu apprendre d’eux, s’ils l’avaient voulu ?

Comment le sport au collège pourrait être plus sympa pour tout le monde

À toi qui lis ces mots et qui vis peut-être la même chose en ce moment : je compatis très fort.

C’est une période relou, mais tu as toujours possibilité de parler avec les personnes autour de toi pour améliorer la situation.

Je ne te dis pas que tu deviendras forte en sport d’un coup, mais peut-être que tu progresseras un peu et que tu détesteras moins ces cours d’EPS qui m’ont paru si interminables.

Si tu juges que ton prof est une personne compréhensive, discute avec elle : dis-lui pourquoi tu as l’impression de perdre ton temps, comment tu penses que tu progresserais si elle changeait le format de ses cours.

Essaie de parler aussi aux autres élèves qui ont un meilleur niveau que toi, ils auront sans doute quelque chose à t’apporter !

Et si les personnes en question sont les mêmes qui se moquent de toi, brise la glace et explique-leur que ça te fait du mal et que tu progresserais mieux s’ils t’encourageaient.

Pour finir, prends ton mal en patience, c’est bien chiant mais ça dure pas si longtemps (un peu comme le cul avec mon ex lol), et bientôt tu pourras faire ton sport tranquille chez toi sans personne pour te dire quoi faire.

Et si tu es toi-même prof de sport, peut-être que tu pourrais en parler avec tes élèves les plus faibles pour trouver une solution et rendre leurs séances d’EPS plus agréables ?

Toi aussi, raconte-moi ton expérience des cours de sport au collège, et partage tes idées pour améliorer la situation des personnes comme nous !

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Commentaires

Llyx

L'EPS, une grande histoire.

Mélanger le niveau est à la fois une bonne et une mauvaise idée. Je vois où vous voulez en venir, mais de mon expérience j'en tire que cela ne marche pas. Je reprends l'exemple du badminton (où j'tais toujours dans le fond), mais lorsque je devais affronter quelqu'un de plus fort que moi je me faisais tout simplement DETRUIRE. Smash sur smash, on ne pouvait pas avoir un seul échange constructif. Alors que lorsque j'étais pairée avec quelqu'un de mon niveau, on arrivait à faire de longs échanges, en testant de nouvelles choses. Certes, beaucoup de volants ont fini dehors ou dans le filet, mais j'ai bien plus progressé de cette façon que lorsque je me retrouvais avec des plus forts.
Pour le badminthon, j'étais toujours pairé avec des gens de mon niveau, ceux du dernier terrain, ceux qui n'arrive pas à renvoyer un volant avant le début de la dernière séance. Alors les amorties, tout ça, on en parle même pas. Maintenant, ce qui faisait que l'on n'y arrivait pas c'est que l'on ne savait pas viser. Du coup, en seconde, j'ai demandé au prof de m'autoriser à faire les exercices avec des personnes des terrains supérieurs. Là j'ai enfin progressé. L'exo était de faire des échanges en faisant un max d'amortis. Donc, la personne en face de moi faisait en sorte de m'envoyer des amortis sur moi et se débroullait pour attraper les miens. Elle a progressé en précision et moi j'ai appris à enfin renvoyer cet abrutis de volant !

Pour les équipes de sport co, par contre là je n'ai jamais eu la balle à part quand il y a avait la règle, si toute l'équipe n'a pas eu la balle au moins une fois dans les 10 dernières minutes le point ne compte pas. Mais ça n'est pas arrivé souvent... J'ai souvent été évalué uniquement sur ma capacité à défendre ou à faire goal. Le reste, je pouvais être super bien placée, démarquée etc, on préférait toujours faire la passe au gars trop fort, loin, marqué par trois joueurs, au risque de perdre la balle !

Par contre j'ai souvent eu des profs qui faisait au moins les échauffements avec nous et qui faisait les démos des exos.

Sinon maintenant j'ai rencontré un super prof d'EPS en école d'ingé, grâce à qui je progresse en rugby, et grâce à qui je me suis même mise à ne plus raler quand il faut faire de l'athlé. Il y a 5 ans, je n'aurais jamais imaginé aller faire de l'athlé volontairement !
 

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