« Atlantic Crossing », la série inspirée d’un fait réel dont vous n’aviez jamais entendu parler

Atlantic Crossing, c'est l'extraordinaire programme scandinave qui nous plonge en pleine seconde guerre mondiale, dans l'histoire méconnue et intime de la famille royale norvégienne. Le nouveau The Crown !

« Atlantic Crossing », la série inspirée d’un fait réel dont vous n’aviez jamais entendu parler

CanneSéries poursuit tranquillement sa compétition, sous le soleil paisible d’une ville que la chance semble enfin bercer, après des temps bien troubles.

Toute la journée du lundi, les festivaliers ont vaqué de l’auditorium Louis Lumière à la plage qui lèche la Croisette, où ils peuvent profiter de la dernière baignade de l’année.

Lorsque le froid d’octobre a d’un coup mordu la ville, aux alentours de 19h, c’était pile à temps pour que tout le monde aille se réchauffer dans le plus beau cinéma du monde, qui fait face à la Méditerranée. Les mollets encore sa(b)lés, on s’est frayé un chemin sur le tapis rose pour voler quelques informations au réalisateur de la série du soir : Alexander Eik.

Atlantic Crossing, en compétition à CanneSéries saison 3

Ce showrunner, dont le travail depuis des années se rapproche de celui d’un documentaliste, a confié qu’Atlantic Crossing, en compétition à CanneSéries, a nécessité quelques neuf ans d’un dur labeur.

« C’est incroyable d’être là. Vous savez, j’ai travaillé pendant des années pour raconter une histoire qui n’avait jamais été racontée. Et ça m’a mené ici, sur le tapis rose. »

Pour Atlantic CrossingAlexander Eik a fouillé une partie de l’Histoire jusqu’alors tout à fait méconnue.  Avec les deux plus jeunes actrices de son casting (des petites filles d’une dizaine d’années), le réalisateur a ensuite pénétré le cinéma sous les applaudissements nourris du public.

Des applaudissements encore plus vibrants à la fin de la projection, qui se sont carrément mus en standing ovation. Un triomphe mérité !

Atlantic Crossing, de quoi ça parle ?

En pleine Seconde Guerre Mondiale, la Norvège se pense sauve car neutre dans les conflits qui agitent la planète. Toutefois, Hitler envahit le pays, forçant la famille royale à fuir.

Le Roi et le Prince trouvent refuge en Angleterre, tandis que la Princesse Martha et ses trois enfants se terrent chez le Roi de Suède. Mais suite à une trahison de ce dernier, qui les livre quasiment aux Nazis, Martha se retrouve de nouveau en cavale.

C’est Franklin Delano Roosevelt, le Président des États-Unis qui lui vient alors en aide, et lui propose d’embarquer clandestinement et anonymement sur un bateau américain pour traverser l’Atlantique et rejoindre les États-Unis, où elle sera en sécurité.

Seul problème ? L’Atlantique grouille de bateaux et de sous-marins nazis qui n’attendent qu’une chose : mettre la main sur la famille royale…

Sur fond de conflits géopolitiques, Atlantic Crossing propose le récit inédit et palpitant d’une amitié profonde et sincère entre la Princesse, devenue un membre important de la politique internationale, et le Président des États-Unis.

Atlantic Crossing, le récit d’un fait historique méconnu

Alexander Eik a fouillé les tréfonds de l’Histoire pour faire naître son projet grandiloquent.

Très peu de documents provenant de Martha existent à ce jour, ce qui a forcé le showrunner à mener des recherches abouties. Il a ainsi livré au Figaro, l’année dernière, une partie de ses trouvailles concernant l’idylle amicale entre le locataire de la Maison Blanche et la Princesse norvégienne :

Roosevelt adorait emmener Martha en voiture. Les services secrets lui avaient donné comme nom de code « la petite amie ». Roosevelt la voyait dès que possible, même le jour de Pearl Harbour. Le roi Harald V a appris à nager dans la piscine de la Maison Blanche.

Vous vous en doutez, le focus des deux premiers épisodes du programme — le plus cher de l’Histoire pour la télé scandinave — n’est pas fait sur cette amitié, mais sur la fuite de la Princesse d’un côté, du Prince de l’autre, et sur leur amour dont la force n’a d’égale que la ténacité des Nazis.

Atlantic Crossing, du grand spectacle

Atlantic Crossing a tout pour séduire, de la dimension inédite de son récit à son format très « grande aventure ». Ce programme, d’ores et déjà surnommé le « The Crown norvégien », ne lésine pas sur les moyens et livre donc un spectacle à couper le souffle, entre scènes de guerre époustouflantes, gros bateaux, gros avions, et gros casting.

Très ambitieuse, la série d’Alexander Eik rend hommage à l’Histoire grâce à des personnages bien écrits et campés à merveille par de grands noms, et surtout par un travail impeccable de photographie.

Le second épisode se clôt par exemple sur le départ en bateau de la Princesse, qui tend son fils haut dans le ciel, tandis que les pêcheurs scandent son nom, dans le brouillard glacé d’une Suède immaculée…

C’est beau, c’est émouvant, ça colle les frissons : c’est finalement tout ce qu’on attend d’une série historique.

Atlantic Crossing, un casting 5 étoiles

Les séries scandinaves ont beau rayonner à l’international, il est rare qu’on ait en tête les patronymes des acteurs des actrices qui y déploient leur talent.

Pourtant le nom de Sofia Helin n’est pas inconnu en France. Et pour cause, elle a brillé dans Les Conquérantes, un film féministe, et dans une bonne dizaine d’autres films et séries qui ont eu droit à un succès solaire ! En Suède (dont elle est originaire) et en Norvège, elle est une véritable star : il n’est donc pas étonnant qu’un rôle de l’ampleur de la Princesse Martha lui ait été confié.

Pour camper le Président des États-Unis, c’est l’extraordinaire Kyle MacLachlan, « muse » de David Lynch qui a notamment fait les beaux jours du sombre Twin Peaks, qui investit la Maison Blanche.

Et ça lui va à merveille : impossible de ne pas tomber sous le charme tendre du Président, décrit ici comme humaniste et pacifiste (autant qu’on puisse l’être en période de guerre), dont les lunettes sans branches reposent sur un nez suffisamment creux pour faire confiance à l’avisée Princesse.

Atlantic Crossing est très attendue et n’a pas déçu. Par bien des aspects, la série norvégienne remplit ses promesses visuelles et narratives. Déplorons seulement la dimension un rien « cousue de fil blanc » du programme, qui fait pour l’instant dans les bons sentiments, privant ses personnages d’une dualité qui aurait pu être intéressante… Mais peut-être ne se révèleront pas si manichéens par la suite ?

Si cette série n’a pour l’instant aucune date de sortie, attendez-la impatiemment car elle risque bien de vous impressionner !

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Kalindi Ramphul

Kalindi Ramphul


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