210.000 femmes victimes de violences conjugales pour 33.000 auteurs poursuivis, y’a un souci non ?


Le Haut Conseil à l'Égalité vient de publier un tableau d'indicateurs agrégeant des chiffres sur les violences conjugales, et ils sont très inquiétants.

210.000 femmes victimes de violences conjugales pour 33.000 auteurs poursuivis, y’a un souci non ?Jeanne Menjoulet / Flickr

Chaque année, on estime à 210.000 le nombre de femmes victimes de violences conjugales en France.

Plus de 125.000 d’entre elles sont parvenues en 2019 à se déclarer auprès de la police ou de la gendarmerie, mais seuls 52.000 agresseurs conjugaux ont reçu une réponse pénale, et seulement 33.000 ont fait l’objet de poursuites judiciaires.

On ne connaît pas le nombre de condamnations en 2019 , mais en 2018 seuls 18.600 auteurs de violences conjugales avaient été condamnés. Si l’on compare ce chiffre au nombre de victimes, cela veut dire que moins de 9% des agresseurs sont condamnés.

Un véritable système d’impunité pour les auteurs de violences conjugales

Ces chiffres qui font froid dans le dos prouvent que les agresseurs conjugaux bénéficient d’un véritable système d’impunité. Ils sont tirés d’un rapport sur les violences conjugales réalisé par le Haut Conseil à l’Égalité.

Pour lutter efficacement contre les violences conjugales, il faut en effet avoir des chiffres pour mesurer leur ampleur. C’est pourquoi le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a dressé un tableau d’indicateurs agrégeant une trentaine de chiffres sur le sujet.

La première édition de ce tableau a été publiée ce mercredi 9 juin, et le HCE prévoit de le mettre à jour, année après année pour mesurer l’évolution de la politique de lutte contre les violences conjugales, ses avancées et parfois ses stagnations.

Pas assez de places d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales

Au-delà de l’impunité dont bénéficient les agresseurs, le HCE donne un autre chiffre très inquiétant :

« En 2019, seule une femme sur dix peut effectivement avoir accès à un hébergement et encore, sans garantie qu’il s’agisse d’une structure spécialisée, hébergeant exclusivement des femmes victimes de violences. [Or] une mise à l’abri sans mise en sécurité, dans un centre d’hébergement d’urgence généraliste ou à l’hôtel, constitue une nouvelle mise en danger pour les femmes victimes. »

Bref, en matière de réponse pénale aux violences conjugales comme de mise à l’abri des femmes victimes, la France est encore très en retard, et ces chiffres le prouvent.


À lire aussi : Un mémorial pour les victimes de féminicides c’est bien, agir pour empêcher les violences c’est mieux

Crédit photo : Jeanne Menjoulet /Flickr

Clémence Boyer

Clémence Boyer


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Commentaires

Lune0103

Pendant ce temps, on interpelle deux individus "ultraviolents" pour avoir giflé le président. Mais voyons, il faut savoir reconnaitre les priorités. J'espère que les policiers le prendront au sérieux, quand il déposera sa plainte.
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