Yves Saint Laurent est à l’honneur dans cette nouvelle édition de notre chronique « Un créateur en 5 minutes » qui renaît de ses cendres, tel un phénix, grâce à Marina !
Mini-bio
Né en Algérie en 1936, Yves Saint Laurent débute sa carrière dans la mode à son arrivée à Paris. À dix-sept ans, il envoie des croquis au magazine Vogue, et à vingt ans, il est embauché en tant qu’assistant pour le couturier Christian Dior. Licencié en 1960, il décide de fonder avec son ami puis compagnon Pierre Bergé sa propre maison de couture. Sa première collection est présentée au début de l’année 1962.
Adepte du mélange des genres, nombre de ses silhouettes sont inspirées du vestiaire masculin. Yves Saint Laurent est également passionné par l’art et les voyages et n’a de cesse, tout au long de sa carrière, de rendre hommages à ses artistes favoris avec des collections dédiées à des peintres ou inspirées de costumes traditionnels des pays qu’il visite.

Défilé YSL par Hedi Slimane
En 2002, après avoir décidé de mettre fin à sa carrière, il achève son dernier défilé par un discours dans lequel résume son travail avec ces quelques mots :
« On me pardonnera d’en tirer vanité, mais j’ai, depuis longtemps maintenant, cru que la mode n’était pas seulement faite pour embellir les femmes, mais aussi pour les rassurer, leur donner confiance, leur permettre de s’assumer. »
Il meurt le 1er juin 2008, à l’âge de 71 ans.
Anecdot.com
Après sa collection dédiée au peintre Mondrian, Yves se justifie :
« J’en avais marre de faire des robes pour des milliardaires blasées. »
robe coûtant trois reins et quatre bras pour millardaires-pas-blasées
En 1977, la rumeur de la mort d’Yves Saint Laurent se répand dans tout Paris. Flegmatique, il se contente de déclarer :
« Ma mort m’a laissé indifférent. Ce qui était désagréable, c’étaient tous ces gens qui ouvraient la porte du studio pour voir si j’étais vivant. »
Il ne s’est pas cantonné à la haute couture, mais a également créée des costumes pour le cinéma, et des tenues de scènes pour Johnny Hallyday
Johnny, son perfecto YSL, et son lifting sponsorisé par le Musée Grévin
En juillet 1998, à l’occasion de ses quarante ans de carrière et de la Coupe du Monde de football, il fit défiler 300 mannequins sur les pelouses du stade de France. L’Histoire ne dit pas s’il y avait des crampons sous leurs escarpins.
Depuis 2012, et l’arrivée d’Hedi Slimane en tant que directeur artistique de la maison, Yves Saint Laurent est devenu Saint Laurent Paris.
Les codes YSL revus par Hedi Slimane : androgynie & jeux de transparence
Yves Saint Laurent : ses pièces fétiches
Beaucoup louent chez lui sa capacité à libérer les femmes des contraintes vestimentaires de l’époque. Alors que leurs mouvements sont limités par les robes et autres tailleurs, il leur permet l’accès à un vestiaire masculin. C’est ainsi qu’il impose sa vision subtile de l’élégance à une époque où la garde-robe féminine se cantonne surtout à de jolies jupes, élégantes, mais peu pratiques.
À partir de 1966, date à laquelle il impose le smoking pour femmes, les pièces cultes s’enchaînent et depuis, quelques vêtements restent étroitement liées à l’univers du couturier.
Le smoking et le tailleur-pantalon
Si les emprunts à la garde-robe masculine ne choquent plus grand monde de nos jours, la décision de les adapter au vestiaire féminin était très audacieuse et novatrice dans les années 60. La démocratisation du tailleur-pantalon est en un sens comparable à l’abandon du corset : il a apporté aux femmes une liberté de mouvement qui ne leur était pas permise par les jupes. En plus d’avoir le mérite de ne pas pouvoir se coincer dans votre culotte (parole de fille qui ne manque jamais de passer la moitié de la journée fesses à l’air quand elle se met en robe).
YSL, collection F/W 2012-2013
Le caban
Emprunté au vestiaire des marins, YSL adapte ce manteau court à la morphologie féminine pour en faire une pièce que l’on trouve encore aujourd’hui dans tous les magasins.
La saharienne
Indiana Jones n’a malheureusement rien inventé. C’est encore ce brave Yves qui, inspiré par ses voyages et son enfance en Algérie, décide d’adapter ce vêtement – plus pratique qu’une robe pour rider un dromadaire – à la jungle parisienne.
Van Pelt en total look YSL
Le perfecto
Auparavant cantonné à la mode de la rue et plutôt associé à une jeunesse en rébellion, c’est grâce à Yves Saint Laurent que ce court blouson de cuir fait sa première apparition sur les podiums.
Perfecto YSL
Pour en savoir plus
Un conseil à toutes celles d’entre vous qui seraient intéressées par YSL, sa vie, son œuvre : le site Internet de la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent est extrêmement bien fait. Il propose une biographie et fourmille d’anecdotes, de citations de photos, tant sur sa carrière de couturier, que sur ses activités de mécène. Toutefois, étant encore géré par Pierre Bergé, son compagnon, on peut lui reprocher de rester très opaque concernant son dark side. Pour un regard plus objectif sur sa personnalité, vous pouvez vous référer au livre Yves Saint Laurent, mauvais garçon de Marie-Dominique Lelièvre (je ne veux pas vous spoiler, mais il paraît qu’il sacrifiait des bébés chats en l’honneur d’Anna Wintour).









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