Typologie des vacanciers relous

Les vacances, ce temps de joie et de détente, peuvent très facilement être gâchées par diverses espèces de vacanciers très casse-bonbons. Heureusement, Alfrédette est là pour vous apprendre à les reconnaître !

Typologie des vacanciers relous

Ah, les vacances, cet heureux temps des guêpes, des bouchons et des coups de soleil au 3ème degré. Vous attendez votre semaine de congés annuels depuis 356 jours ? Vous avez rempli votre valise avec autant d’excitation que si vous partiez en Patagonie occidentale ? Vous êtes aussi heureuse de partir dans le Bazadais avec vos parents que d’aller dans une salle obscure avec Adrien Brody ? Attention, chère lectrice, car de sournoises bêtes risquent fort de pourrir tes vacances de rêves : j’ai nommé les vacanciers relous qui partent au même endroit et au même moment que toi . Petite typologie de ces ces êtres fourbes et sans pitié.

Les vacanciers pointilleux

Qui sont-ils ? Accompagnés d’une armada de dix enfants (ou neuf, ou onze, tu as perdu le compte), les vacanciers pointilleux sont au tourisme ce que Mozart l’Opéra Rock est à la musique : une douloureuse et purulente plaie.

Comment les reconnaître ? Les vacanciers pointilleux préféreraient laisser mourir de soif leur poisson rouge plutôt que de se défaire de leur grâal, leur bible, leur kama sutra : le Guide du Routard. Ils arborent souvent la ridicule panoplie du parfait touriste : polo Lacoste, lunettes de soleil millésimées 2003, écran total en spray, ceinture banane et plan de la Creuse (même s’ils sont en Corse). Si vous les reconnaissez, ou croyez les reconnaître, fuyez loin. Très loin.

Quelles sont leurs missions ? Les vacanciers pointilleux ont à cœur de découvrir les recoins les plus improbables de la région qu’ils colonisent le temps d’un été : ainsi, leur planning estival est réglé comme du papier à musique depuis le mois de novembre, et il se compose d’activités toutes plus réjouissantes les unes que les autres : visite du musée du lacet, du musée de la chaise, du musée des étagères Ikea, de l’écomusée de la grenouille jaune des Flandres, etc.

Les vacanciers retraités

Qui sont-ils ? Les mêmes que la catégorie précédente, mais en plus vieux et en plus ridés. Délestés de leurs nombreux enfants, les vacanciers retraités peinent à trouver du sens à leur vie, et ont déjà visité tous les musées de la charentaise de ce bas monde. Du levant au couchant, ils errent au camping des Flots Bleus de Bernos-les-Bains en parlant déjà de l’été prochain, qu’ils gâcheront de la même manière.

Comment les reconnaître ? Par un bien étrange mystère de la nature, nombre de vacanciers retraités ne sauraient quitter leur logis sans emporter Mirza, charmant caniche qui tient plus du cafard que du meilleur ami de l’homme. D’ailleurs, il arrive souvent que Mirza soit empaillé depuis 1989, n’ayant pas résisté à la chute du mur de Berlin.

Quelles sont leurs missions ? Les vacanciers retraités semblent n’être en vacances que pour le plaisir de briser les ovaires d’autrui. Les gueux qui maudissent ciel et terre car la table qu’ils occupent au réfectoire depuis 1958 a été déplacée ? C’est eux. Les délicates personnes qui injurient « ces jeunes qui ne servent plus à rien » ? C’est encore eux. Les mélomanes qui chantent un hymne à la France de Vichy au bar ? C’est encore eux. (Non, je n’exagère rien. Allez donc dans un hôtel sur la côte niçoise si vous ne me croyez pas).

Les vacanciers touristes

Qui sont-ils ? Fraîchement débarqués de Roissy, les vacanciers-touristes ont épuisé la carte mémoire de leur Reflex en trois heures de TGV. Ne parlant pas un mot de français, ils s’amusent à médire des autres vacanciers dans la langue de Shakespeare, oubliant que depuis l’avènement de South Park, tout Français digne de ce nom connaît par cœur l’intégralité du répertoire des injures anglaises. Ils parlent toujours trop fort et prennent plus de temps à photographier leurs plats qu’à les manger : normal, ils sont devenus froids. Vous les détestez. Tout le monde les déteste. Le touriste, c’est un peu le Mickaël Vendetta de l’été.

Comment les reconnaître ? Heureusement pour le bien de l’Humanité, le touriste lambda est aisément reconnaissable. Un appareil photo d’un demi-mètre cube est invariablement greffé à son épiderme pour compenser la petitesse de son péni prendre en photo des scènes typiques (comme le parking du camping, par exemple). Le touriste, soucieux de s’habiller « à la française », arborera souvent un béret made in China et une marinière taïwanaise. C’est beau, la mondialisation.

Quels sont leurs missions ? Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le touriste n’a aucune mission. Sa seule ambition est de prendre 34958,2 photos, qu’il postera consciencieusement sur Facebook pour faire rager ses collègues de bureau. Le touriste, cette diarrhée sur pattes.

Les vacanciers 2.0

Qui sont-ils ? Les vacanciers 2.0 ne connaissent pas la trêve numérique : en permanence reliés à leurs divers réseaux sociaux, ils ne cessent d’updater leurs statuts que lorsqu’ils tombent, épuisés, dans les bras de Morphée (quand ils ne sont pas victimes du syndrome du tweet somnambule). Sitôt arrivés au gîte qu’ils ont réservé via leur iPhone (qui leur a servi pendant le trajet de GPS, four à micro-ondes, bouilloire, jeu de dames et veilleuse), ils se ruent sur les prises électriques disponibles comme la misère sur le monde : en effet, ils préféreraient avoir un diabète de type 5 plutôt qu’un joujou électronique dépourvu de batterie.

Comment les reconnaître ? Démasquer un vacancier 2.0 peut s’avérer être une tache difficile : le visage toujours masqué par un écran, ce dernier n’offre que rarement son visage au soleil. D’ailleurs, la légende voudrait que le vacancier 2.0 soit un vampire, ou autre créature sponsorisée par Tim Burton.

Quelles sont leurs missions ? Ces vacanciers du troisième type sont philantropes, à leur manière : de photo Instagram en déclaration twitteresque émue sur les plages du Nord-Pas-de-Calais, ils font vivre au badaud numérique des vacances par procuration. C’est beau, les zinternets.

Et toi, quels sont les vacanciers qui te donnent envie de manger des touristes au petit déjeuner ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Marcelline P.
    Marcelline P., Le 24 août 2012 à 0h02

    Serais-je une pointilleuse parce que j'aime mon Routard ? (je viens de faire l'acquisition de celui de Lyon...misère) Le Routard, le guide du bien-manger peu cher partout dans le monde...non, non, je maintiens.

    Rappelez-vous aussi du touriste compatriote...ce bon gros français avachi dans ses vacances, qui parle fort et gras à sa femme et à ses enfants sans se douter que vous êtes français vous aussi, et qu'à quelques mètres vous vous délectez de ses réflexions vulgaires à tous sens du terme, qui vous empêche d'apprécier le chant linguistique local.
    Je hais mes compatriotes en vacances dans le même pays que moi...comme si vous cherchiez à éviter quelqu'un, et que cette personne, par un malin coup de tête, choisissait de venir vous pourrir votre échappée. Enfin, le monde est à tout le monde. Mais quand même.

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