Typologie des voisins qui font chier

« L'enfer, c'est les autres, surtout quand on vit en appart », écrivait un quelconque philosophe contemporain. La preuve avec Émilie Laystary et cette typologie des voisins brise-gonades.

Typologie des voisins qui font chier

Publié initialement le 5 juin 2011

Juste entre nous, avouez que la plupart du temps, quand on parle du voisinage, c’est surtout pour s’en plaindre. Typologie non-exhaustive des voisins qui font chier, réalisée sur la base de témoignages véritables et extrapolations fictives.

À lire aussi : L’effet caméléon : fait-on exprès de copier nos voisins ?

Le couple qui s’engueule dans son appartement mal insonorisé

Ceux-là, tout le mal que vous leur souhaitez, c’est le divorce. Et qu’on ne vous accuse pas d’avoir un coeur de pierre ! En temps normal, vous êtes autant pour la longévité des couples amoureux que pour la paix dans le monde et le développement durable. Mais avec Madame Hystérie et Monsieur Bougon, le raisonnement est caduque :

  1. entre eux, c’est tous les jours la guerre
  2. vous soupçonnez leurs discussions échaudées d’être à l’origine du réchauffement climatique.

Vu le taux de décibels qu’ils explosent intra-muros et les assiettes que Madame (ou Monsieur) jette par terre à chaque accès de colère, vous en êtes venus à compatir (merde, ont-ils développé des problèmes de surdité ?) et vous êtes à deux doigts de leur suggérer l’usage d’une vaisselle en carton (« ça vous reviendra moins cher, croyez moi ! »).

Le bon cuistot

C’est à cause de cette personne que vos régimes ne durent jamais plus de 24 heures. À chaque fois que vous prenez les escaliers, d’incroyables effluves de plats qui mijotent s’échappent de son appartement. Sa cuisine sent tellement bon les oignons frits, le boeuf à la crème et les gâteaux 3 chocolats que quand votre coloc débarque chez vous avec le taboulé light de chez Picard que vous lui avez demandé, vous tirez la gueule, déçue.

Vous soupçonnez Maïté (c’est comme ça que vous l’avez surnommé•e) de peaufiner sa candidature à Master Chef et rêvez qu’un jour il ou elle vous invite à un Dîner Presque Parfait version copropriété. Allez, détendez-vous un peu ! Trouvez le moyen d’organiser un club Tupperware dans l’immeuble (la personne vous donnera du coq au vin, vous lui filerez des pâtes au beurre, bim) et arrêtez de détester les cordons bleus de votre voisinage juste parce qu’ils foutent en l’air vos régimes. T’façon c’est surfait ls régimes.

Le couple qui a une activité sexuelle intense

C’est la caution porno de l’immeuble. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’ils dégagent une odeur de sexe humide quand vous les croisez dans les couloirs. Leur appartement ? Vous n’avez aucun mal à l’imaginer : le Kamasutra dans la table de nuit (premier tiroir en partant du haut, à la place de la Bible), des bananes dans le panier à fruits (toujours utiles), de la lingerie coquine pour Madame, commandée sur Internet via des sites aux adresses comportant beaucoup de fois la lettre « x », ainsi qu’un grand et sombre imperméable pour Monsieur (« Chérie, je suis rentré, attention je suis en train d’enlever mon manteauuuu, je serais toi je ne raterais pas çaaa »).

Les samedis soirs où vous êtes seule et célibataire et qu’ils font du sexe bruyamment et pendant des heures (un peu comme un match de Francesca Schiavone), vous vous consolez en vous moquant d’eux (« leur appartement doit être plein de néons rouges glauques, et regarder Glee en mangeant de la glace à la vanille, c’est bien plus intéressant que de faire l’amour 10 fois en 1 heure ! »). La prochaine fois que vous les croiserez au local poubelle, vous leur demanderez, l’air de rien : « vous bossez sur un remake, non ? Quel film de Marc Dorcel ? ».

Small talk, on a dit.

La voisine acariâtre

Alors elle, vous ne savez toujours pas ce qu’elle vous reproche, mais elle a décidé de ne jamais vous dire bonjour. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été sympa avec elle : un jour, pendant son absence, vous avez même réceptionné son colis La Redoute plein de bas de contention (alors que d’habitude, vous êtes plutôt du genre à ne pas ouvrir au facteur si vous n’attendez pas de livraison Asos).

Un soir, elle vous a foudroyé du regard parce que vous lui avez souri gentiment ; un autre, elle a vidé un seau d’eau sale sur votre balcon alors que vous faisiez un apéro avec les gens de votre promo. C’est aussi elle, la mégère qui écrit « ON EN A MARRE » sur les affiches de politesse que vous collez dans l’ascenseur, les week-ends où vous prévoyez d’organiser une petite fête. « ON EN A MARRE », donc, et « NON MERCI » à côté de votre gentil « PS : Si vous voulez monter boire un verre, vous êtes les bienvenus ».

Au final, vous ne savez pas ce qui vous hérisse le plus le poil : son outrecuidance démesurée ou son odeur de naphtaline. Chose sûre : les deux vous foutent la nausée.

Les voisins trop parfaits

Quand vous revenez de soirée, vous les croisez toujours devant l’immeuble avec leurs vélos, au moment humiliant où vous essayez de vous souvenir de votre digicode, l’air ahuri. Alors que vous sentez encore la vodka-pomme, eux fleurent bon la rosée du matin.

Ils vous tiennent la jambe un bon quart d’heure : blablabla il FAUT aller manger antillais dans ce troquet « sensaaaaationnel » du 11ème (en s’embrassant devant vous), et blablabla aujourd’hui, le projet est de pédaler jusqu’aux puces de Montreuil (pour trouver une table basse à repeindre en vert, en écoutant Nova le week-end prochain).

Alors que vous essayez tant bien que mal de dissimuler vos vêtements tachés (votre meilleur pote vous a encore vomi dessus en attendant le premier métro), vous remarquez que les leurs sont toujours propres, car ce sont des gens pimpants, bien habillés, joyeux. Comme dans une pub. T-shirt en coton bio, sourire large et dents blanches, un petit DVD de Jacques Rivette sous le bras. « Vous savez que le vidéoclub plus haut sur le boulevard possède tout un rayon de films de la Nouvelle Vague ? »… Vous acquiescez rapidement, et vous engouffrez dans votre appartement. Un jour, vous aussi vous vivrez une romance parfaite, équilibrée et intellectuellement stimulante.

En attendant, vous haïssez ce couple bobo trop niais qui vous rappelle votre morne célibat et votre couette Mulan. De toute façon, c’est louche : ça cache quelque chose. Vous ricanez alors en leur inventant herpès et crises de flatulence. Puis vous avalez deux Dolipranes 500 d’un coup, et allez vous coucher, un sac plastique à côté du lit (sait-on jamais). L’envie de gerber, mais l’air satisfait.

Le/la voisin•e célibataire

À tomber comme une statue grec et vous donnant envie d’une romance à l’italienne. Dans vos rêves les plus fous, vous commencerez par un french kiss puis vous filerez à l’anglaise, au bout du monde ou en Belgique, peu importe.

En pratique, derrière le sourire Colgate se cache un monstre sans cœur. Après avoir insisté pour que vous veniez à sa pendaison de crémaillère, et une fois sur place, vous avoir effleuré la main au moment où vous la plongiez dans le saladier pour attraper une poignée de chips salées ondulées (vous vous souvenez de tous les détails, comme si c’était hier) (c’était il y a 2 ans), votre presque-future moitié s’est mise à vous ignorer. Allègrement.

D’abord, vous vous êtes rassurée en vous disant que cette personne était soit asexuelle, soit pas intéressée (une fois où vous aviez fait exprès d’oublier vos clés sur la porte pour qu’elle vienne vous les rendre, vous avez ouvert en combi-short de nuit American Apparel sans provoquer le moindre haussement de sourcil) (sans compter toutes ces fois où vous vous mettez EN VAIN sur votre 31 pour descendre les poubelles à sa rencontre).

Depuis, vous avez vu se refermer sa porte sur un nombre incalculable de filles, tous les dimanches matin de l’année. Attendrie, vous l’avez soupçonné d’essayer de vous rendre jalouse, alors vous aussi vous vous êtes mise à inviter du monde, veillant à mettre vos invité•e•s dehors quand la silhouette chérie apparaît dans le judas

Rien, toujours rien. Vos rêves de vous installer ensemble pour devenir le « couple parfait » mentionné ci-dessus sont donc en train de progressivement s’éroder. Mais ce soir, vous l’avez décidé, votre vie va prendre un tournant : vous trouverez le moyen d’aller chercher votre courrier en même temps que lui/qu’elle, et vous exclamer, la bouche en coeur et les cils qui battent : « QUOI ?! Toi aussi tu es abonné•e aux Inrocks ?! ». Là c’est sûr, vos deux corps finiront par s’imbriquer dans l’ascenseur. Croisons les doigts.

La voisine qui aime les ragots

Au début, c’était marrant. C’est elle qui vous a appris que le chauve du premier se tape la femme de l’homme d’affaire du 3ème quand ce dernier est en déplacement à l’étranger. C’est aussi elle qui vous a raconté qu’un jour, elle a vu une revue porno dépasser de la boîte aux lettres des Duranceau.

Mais la voisine ragoteuse vous a vite mis mal à l’aise : si elle caquette sur toute la copropriété, qu’est-ce qui vous retient de penser qu’elle ne fait pas la même chose avec vous ? Cette passionnée des news people (elle est abonnée à Gala, Paris Match et Public) serait bien capable de furtivement ouvrir vos poubelles pour y disséquer votre existence… Pas plus tard qu’hier, vous l’avez surprise à entrebâiller sa porte d’entrée pour épier votre discussion avec René le concierge.

En parlant de René d’ailleurs : elle n’attend qu’une chose… qu’il meure, et qu’elle prenne sa place.

Le voisin fêtard

Vu le bruit qu’il fait, au début, vous pensiez que c’était une coloc. En fait, non. Votre voisin fêtard est juste TRÈS fêtard. Plus que vous. Pire que vous. Membre du BDE de son école, il met un point d’honneur à transformer son 15m² en espace dédié à la fête tous les week-ends.

Récemment, il s’est même mis en tête d’organiser aussi des apéros en semaine. Le voisin fêtard est l’animal social par excellence : entre ses anciens camarades scouts, son équipe de rugby, ses potes du lycée, les amis de son association, et ses copains étudiants en médecine, école de commerce, trublions bruyants et amateurs de chansons paillardes, il ne sait jamais où donner de la tête, mais le résultat est toujours le même : il « paye sa case ».

Au fond, le voisin fêtard pourrait être le parfait bon pote… s’il n’était pas votre voisin. Ce mec fait en effet partie de cette catégorie de personnes qui, le vendredi soir en sortant de boîte à 4h, crie « afteeeer chez mooooi ». Vu le nombre de nouveaux amis qu’il accepte et ajoute sur Facebook à chaque lendemain de soirée, vous vous doutez bien que son passe-temps est le suivant : to socialize. Chez lui, « profiter de la vie » suppose « faire la fête »et « faire la fête » veut dir : boire des litres et des litres de sky et faire des jeux de tise toute la nuit en criant « DANS TON CUUUUUL, LULUUUU ». Même durant vos semaines de révision, donc.

La voisine qui vous fait jurer de ne jamais avoir d’enfants

Elle passe son temps à hurler sur ses enfants comme sur du poisson pourri, et quand vous la croisez dans les couloirs, elle est toujours en lutte avec sa poussette, au milieu de 3 gosses en bas âge qui courent et chahutent autour d’elle, et des jouets par terre.

Ses marmots ont l’air d’avoir été programmés pour tester sur les adultes leur capacité à résister à la crise de nerfs. La voisine-maman a toujours des cernes monstres, mais de l’énergie à revendre. Vous en concluez que l’industrie des boissons énergisantes a assis son règne via l’Internationale des Parents Surmenés et Accros au Red Bull®.

Oui, vous êtes jeune et pas vraiment prête à vous projeter comme une Super Nana entre les couche-culottes et les petits pots Blédina. Votre existence à vous est encore très simple à gérer : vous allez en cours, squattez Facebook, sortez avec vos potes, révisez vos exams, tout ça dans votre appartement que Papa et Maman vous aident à payer. Pfiouu, la vie est belle. Hé, mais… ça y est, vous avez arrêté de vous plaindre ? Vous soupçonnez donc vos parents d’avoir payé cette famille pour qu’elle s’installe dans cet immeuble et vous rappelle de ne jamais oublier votre contraception. Bien joué.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Zute
    Zute, Le 20 janvier 2016 à 3h20

    Bonjour, je suis la voisine qui joue de la cornemuse :lunette: Tout le monde m'aime :lunette:

    à côté de ça tous mes voisins sont exemplaires !

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