Soirées des villes VS soirées des champs

Grosse battle aujourd'hui : Sophie-Pierre Pernaut vous propose un comparatif des soirées champêtres et citadines.

Soirées des villes VS soirées des champs

Depuis septembre dernier, quelques-uns de mes amis et moi-même sommes retournés vivre chez nos parents respectifs, à la campagne, après avoir vécu dans des appartements en ville quatre ans durant. Ambiance régressive, donc ; je suis même pas sûre qu’on saura encore se faire cuire des pâtes une fois la fin de l’année arrivée.

Mais ce qui nous dépayse le plus dans ce retour en arrière, c’est que nous avons perdu nos marques. Après avoir vécu en ville et avoir été bercés par les ronrons des voitures, les concerts de rock garage au bar d’en dessous et les cris des mecs qui attendent leur kebab à 3h du matin, nous voici de retour vers des contrées plus chatoyantes où le silence nous enveloppe sitôt la télé arrêtée. De plus, nos routines de soirées ont bien changé ; alors que nous avions des habitudes bien rodées depuis plusieurs années, nous sommes aujourd’hui contraints et forcés de nous adapter à une nouvelle organisation nocturne. De ce fait, je suis à même de comparer les deux types de soirées, et te faire ainsi partager mon expérience.

WHOUHOUHOU C'EST PARTI !

Fréquence des regroupements

Mise en condition : tu vis en ville, tu commences à plus de 9h demain et il n’y a rien à la télé. Tu as le choix entre regarder un film d’horreur seule ou organiser une soirée avec tous tes amis. Après mûre réflexion, tu optes pour la deuxième solution.

J’ai sciemment mis le terme « organiser » en italique puisqu’en fait d’organisation, il te suffit d’envoyer le message groupé suivant à tout ton carnet d’adresses : « Soirée chez moi, ce soir, 20h. Ramenez des bouteilles. Je m’occupe des chips. Amour et paix sur vous ». Après quoi tu recevras un bon paquet de réponses disant « ok », ou « je suis déjà devant chez toi », ou encore « hiiiii whouhouhou, trop hâte de te voir choupiiiii ». Ta soirée est prête et tu n’as qu’à te traîner jusqu’au commerce de proximité 10mn avant l’arrivée de tes convives pour aller acheter de quoi sustenter tout ce petit monde. C’est ça, la magie de la ville.

A contrario, la soirée à la campagne nécessite plus d’organisation logistique. Déjà, parce que qui dit « petit village » dit « peu d’habitants », et qu’il y a donc tout logiquement peu de chances pour que tes potes résident dans la même bourgade que toi. Bien évidemment, il y aura quelques membres de ton groupe d’amis qui n’auront pas le permis. Tu décides donc de les aider à mettre en place un co-voiturage (parce qu’en plus, tu es éco-friendly).

La grande gagnante de cette rubrique est donc la soirée citadine qui ne nécessite que trente petites secondes de préparation, contrairement à la soirée champêtre qui te demande plusieurs heures de concentration. Ca démotiverait plus d’un fanfaron. (Je me spécialise dans les rimes en -on).

Espace disponible

En ville, tu peux soit vivre seule et avoir un studio sous les combles (15m², salle de bains comprise), soit être en colocation et évoluer dans, disons, une centaine de m². Si tu as beaucoup de chances, tu pourrais même avoir un petit balcon rebord de fenêtre pour aller fumer des clopes.

Si je peux vous assurer par expérience qu’il est possible d’inviter une quinzaine de personnes dans une chambre de bonne, je ne peux en revanche pas vous garantir de la qualité de la soirée – chacun devant s’asseoir par terre et escalader ses congénères pour aller vider sa vessie ou se resservir un verre. Si tu aimes remuer ton booty, retiens-toi : tu pourrais éborgner ton pote Kévin au premier mouvement de bras dans la choré de la Macarena.

On pourrait croire qu’être en colocation permet d’avoir un espace de guinchage plus conséquent, mais il n’en est rien : entre une pièce de 12m² et 8 pièces de 12m², le problème est le même. Alors soit tout le monde veut rester dans le même espace confiné, dans une communion des corps et des verres, soit les invités se dispersent un peu dans chaque pièce. Problème : niveau communication c’est pas top. Et en plus, ça fait 8 fois plus de ménage à faire le lendemain.

Alors qu’à la campagne, le loyer est souvent moins cher, et il est donc possible de se mouvoir dans une plus grande surface. Mieux : tu peux même avoir un jardin qui servira en été de piste de danse, d’espace fumeur, de toilettes et de baisodrome.

En définitif, niveau espace la campagne, ça vous gagne.

Alternatives de secours

La soirée est un désastre ; les enceintes ne fonctionnent plus, la connexion internet du voisin merde sévèrement et les chansons mettent donc 10 minutes à se charger. En plus de cela, tu as organisé une soirée Do Brazil et à 22h30, il n’y a déjà plus de quoi faire de Piña Colada. La lose.

Si tu es en ville, tout va bien : tes amis et toi peuvent toujours aller vous ravitailler à l’épicerie de nuit. La bouteille de vin rouge qui pique y coûte certes 15€, mais cela vous dépannera. En chemin, vous pouvez faire une halte dans tous les bars que vous croisez. La soirée est sauvée.

À la campagne tu l’as dans le coccyx. À moins d’aller taper dans la cave de grands crus de tes parents, bien évidemment.

La ville l’emporte.

À ne pas reproduire en appartement.

Possibilités de garder de bons rapports avec les voisins

Si tu résides dans une ville étudiante et que tous les habitants de ton immeuble sont des jeunes fous amateurs de vinasse, tout va bien dans le meilleur des mondes : dès qu’ils entendront un peu de musique et quelques éclats de voix, ils viendront sonner chez toi pour s’incruster, la bouche en coeur et des Maronsui’s à la main (« on n’avait plus que ça, mais on voulait pas arriver les mains vides », te diront-ils l’air penaud). Cependant, selon un très célèbre proverbe, à voisins collants voisins chiants. Conséquemment, après avoir écrit une thèse sur la question, je suis en mesure de vous affirmer que les meilleurs voisins sont les personnes âgées, agréables, polies, et surtout, surtout, dures de la feuille.

Malheureusement, les choses ne se passent que trop rarement de cette façon. Souvent, tes voisins sont des cons (ou ont simplement besoin de dormir, c’est selon) et tambourineront dans la cloison si tu as le malheur de faire ta vaisselle à 22h01 ou de passer l’aspirateur un dimanche.

Le scénario le plus probable est qu’un lendemain de soirée, le voisin de l’appartement d’à côté mette du métal à fond dans ses enceintes dès 7h du matin et que celui du dessus saute à pieds joints toute la journée pour t’empêcher de décuver tranquillement. Les sadiques. Personnellement, un jour, j’ai même reçu un message aussi charmant qu’orthographiquement recevable sur la porte d’entrée de l’immeuble. Ca disait :

« La galleuse du 3e étage est prié de mourrir. Coordialemant. Signés les gent de l’immeuble ».

Alors qu’à la campagne, dans une certaine mesure, c’est royal ! La bienséance t’amènera à prévenir ton voisinage la veille de ta soirée Emile & Image, même si tu sais bien qu’ils n’entendront rien de tes festivités grâce aux quelques centaines de mètres qui séparent vos deux maisons. Le seul petit conseil que je pourrais te donner à ce propos, ce serait de bien faire attention à NE PAS faire un barbecue sous la fenêtre de la chambre de ton voisin. C’est une cause d’incident diplomatique majeur. Pour tout te dire, ça fait 3 ans que j’ai fait cette erreur, et il ne répond toujours pas à mes salutations. Oopsie.

Tu l’auras compris, la campagne l’emporte.

Des lendemains qui chantent ?

A la campagne comme à la ville, le lendemain de soirée est une dure épreuve. C’est une question de karma, je crois : tu as vécu de vices et de débauches le temps d’une soirée. Tu mérites donc de morfler. Maux de tête, nausées, problèmes intestinaux, nostalgie de ne plus être entourée de ses amis et maison ou appartement à remettre en état… Bonjour l’angoisse. C’est vrai qu’en milieu rural, tu peux aller t’allonger dans l’herbe et attendre la mort, mais finalement, dans l’état dans lequel tu es un lendemain de fête, tu pourrais t’étendre sur des rails pour te reposer que tu n’y verrais pas de différence.

Ces lendemains ne chantent définitivement ni pour la ville, ni pour les champs. Match nul.

Je ne sais pas si tu as remarqué, mais c’est l’égalité parfaite, incroyable ! On pourrait croire que je l’ai fait exprès pour satisfaire tout le monde, mais non, c’est bel et bien le hasard. Et puis au fond, tant mieux. Parce qu’à la campagne ou à la ville, les meilleures soirées sont celles que l’on passe avec des gens qui mériteraient qu’on leur colle des smileys sur le front tellement ils assurent. 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Zoui
    Zoui, Le 17 décembre 2011 à 20h44

    Tiens !! Bein ça alors !! A la campagne on prévient ses voisins pour l'éventuelle gêne occasionnée par le bruit mais pas en ville (alors que la gêne est certaine en ville) ???

    Pardon de passer pour une relou mais je fais partie des cons qui ont besoin de dormir la nuit pour récupérer entre deux journées de 9h de boulot et je peux vous dire que si un de mes voisins s'amuse à réveiller tout l'immeuble, je suis capable d'appeler les flics (dans la mesure où l'heure est inacceptable et que les voisins en question n'ont pas prévenu). Il me semble que dans un immeuble, c'est le minimum de courtoisie (d'éviter le bruit et de prévenir si on ne va pas pouvoir l'éviter) sachant que le bruit est une nuisance de plus en plus répandue (et que pour ma part je ne le supporte plus)....

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