Quand je sodomisais mon mec avec un gode-ceinture

L'ex-petit copain d'Ana L'acrobate avait toujours rêvé de se faire sodomiser. Pour lui faire plaisir et par curiosité, elle a tenté l'usage du gode ceinture et te détaille son expérience sans tabous.

Ma vie d’avant me semble très loin.

Si loin qu’elle en est presque floue, comme si elle avait appartenu à quelqu’un d’autre. À une personne que j’aurais connue mais pour qui je n’aurais plus vraiment d’affinité.

Une vieille connaissance, en somme.

La moi d’avant aimait les mauvais garçons qui jouaient aux gentils. Ceux dont elle savait au fond qu’ils étaient pourris, mais dont elle croyait les promesses.

Louis, l’homme avec qui tout a commencé

Il y a huit ans j’ai rencontré un garçon, enfin un homme plutôt, qui allait changer le cours de ma vie.

Il s’appelait Louis et je le trouvais bien trop beau pour moi. Il avait douze ans de plus, des pattes d’oie naissantes, un rictus moqueur et un corps immense, souvent prolongé d’un chapeau.

Cet homme rencontré par hasard, à des kilomètres de chez moi et surtout de mes habitudes, je l’invitais dans ma vie et par extension dans mon lit.

J’avais 17 ans et ne connaissais à l’époque rien de l’amour ni de son pendant physique.

Tout a commencé avec lui. Mon apprentissage de l’amour, des caresses, mais aussi des hurlements, des crises d’hystérie et des mensonges.

Mais ça, je t’en parlerai un autre jour.

La première fois avec Louis, ma première fois tout court

La première fois que j’ai fait l’amour avec Louis, ça a été brutal.

J’avais menti en lui affirmant que j’avais déjà couché. Impossible d’avouer ma virginité, que j’estimais presque honteuse… Alors j’ai subi la poigne d’un mec peu enclin à la douceur, qui même pour un premier rapport ne prenait pas de pincettes.

Cette première fois m’avait laissée un peu ahurie.

C’était donc ça le sexe ? Un acte sauvage, une démonstration de force d’un humain sur un autre ?

Mais bon, je n’avais pas eu mal une seule seconde, et je n’en gardais pas non plus un mauvais souvenir.

Alors je l’ai refait, encore et encore, sans que ça soit jamais vraiment excitant, vraiment tendre, vraiment agréable…

Louis et moi avons opté pour une « relation sérieuse et exclusive ».  Existait-il autre chose dans ma tête à cette époque de toute manière ?

Une sexualité qui évolue

Les jours ne se ressemblaient jamais, toujours ponctués par les humeurs de Louis, atteint par une maladie qui empêche les gens d’être constants.

La cyclothymie, aussi appelée maniaco-dépression, je ne savais pas ce que c’était, mais j’ai appris. Appris à aimer les phases de béatitude et à supporter celles de dépression.

J’ai tout vécu comme si ça m’arrivait à moi, à tel point que je souffrais avec lui. Parfois plus, peut-être.

Avec les mois et les années, ses goûts en matière de sexe se sont affirmés, et les miens aussi.

Heureusement, à force de discussions, il parvenait à comprendre ce que j’aimais, ou plutôt ce que je n’aimais pas du tout : la violence en permanence, dans chaque étreinte.

Et notre sexualité s’est bien améliorée.

Les gestes sont devenus plus lents, plus attentionnés. Les rapports moins réguliers mais plus sincères.

Louis est tombé amoureux de moi, et moi de lui. Alors les choses ont changé.

Je lui ai confié tous mes fantasmes, il les a écoutés. Il m’a confié les siens, je l’ai écouté.

Nos désirs n’intégraient pas la même pyramide. Tout en haut de la mienne demeurait le très classique désir de pluralité, suivi de près par une envie homosexuelle.

Rien de très original ni de compliqué à réaliser.

Les fantasmes de Louis

Au sommet de la sienne, il y avait tout ce dont je ne peux même pas parler. Mais que j’ai envisagé.

Louis ne m’a toutefois jamais forcée à la réalisation de ses fantasmes hardcore.

Je choisissais donc de donner vie aux désirs qui résidaient dans les couches inférieures de sa pyramide.

En bas, il y avait cette envie qui le titillait, et qu’il n’avait jamais dévoilée à qui que ce soit, même pas à Charles, son meilleur ami narcissique et lubrique que je craignais comme la peste.

En me l’avouant, il a revêtu l’apparence d’un petit garçon devant le stand de confiseries du cinéma, qui roule de grands yeux et se contorsionne. Dans ces moments là, Louis n’avait plus 29 piges. C’était un gosse, honteux mais plein d’envie.

Un gosse à qui tu as envie de tout céder.

Alors j’ai dit oui pour l’expérience de la sodomie, qui en plus m’amusait.

Quelques jours après avoir acquiescé, j’ai emmené Louis, curieuse, dans un sex shop. Notre quête ? Un gode-ceinture pas trop gros, pour commencer en douceur.

Car l’anal, Louis n’avait jamais essayé…

Utiliser un gode-ceinture avec mon mec

Tout est ensuite allé très vite. Le soir même, dans son appartement du 17ème arrondissement, Louis se tortillait d’envie et j’avoue que moi aussi, j’avais hâte d’essayer la nouveauté.

Pour la première fois, nos statuts s’inverseraient. Je serais la  dominatrice, il serait le soumis.

Pour la première fois, j’avais le pouvoir.

La dimension sexuelle était finalement accessoire. Ce qui comptait, c’était l’inversion des rôles. L’île aux esclaves de Marivaux, en quelque sorte, où les valets deviennent maitres, et les maître valets.

Au moment de passer au lit, je passais autour de ma taille l’objet qui une fois fixé sur mon corps me semblait très raide et trop gros.

Il allait avoir mal, sans doute. Et peut-être que l’idée me plaisait.

Plié en deux sur le lit, dans une posture de soumission totale, Louis m’a tendu son intimité, et sans difficulté aucune je l’ai pénétré.

Doucement au début, et puis beaucoup plus fort, encouragée par le regard qu’il me lançait, la tête écrasée du côté droit de son oreiller.

Il a joui plus d’une fois et en un temps record.

Après le coït, je restais allongée sur le lit, un peu perplexe.

Que penser du gode-ceinture ?

Est-ce que j’avais aimé ça ? Est-ce que ça m’avait dégoûtée ? Impossible de répondre. L’aspect « nouveauté » de la chose bloquait un éventuel avis à chaud.

Alors on a remis le couvert. Pas tout de suite mais les jours qui ont suivi.

Mes amis s’interrogeaient :

« Tu crois qu’il est homo ? »

Question que je trouvais complètement conne. Un type qui aimait l’anal était forcément gay ? La débilité crasse de cette analyse de comptoir ne m’a jamais fait douter de l’orientation sexuelle de Louis.

La deuxième fois, toujours le même constat : difficile de scanner mes émotions.

Est-ce que ça ne me faisait ni chaud ni froid ? Je ne crois pas, non.

J’étais simplement en phase de remise en question de mes envies, des siennes, et de mon envie de répondre aux siennes.

Alors j’ai arrêté un moment. Nos rituels d’avant ont repris, sans que Louis s’en plaigne.

Je faisais toujours l’amour de la même manière, en criant trop fort et en jouant les actrices porno. Jamais attentive à mon propre corps, je faisais passer les envies de Louis avant les miennes. 

Mais lui n’était ni aveugle ni idiot, et sentait que je simulais.

Plus le temps passait, plus je sentais notre vie sexuelle se déliter.

Le retour du gode-ceinture

Et puis un soir l’envie dans son regard m’a fait ressortir l’objet. Plutôt contente de le retrouver, je passais un bon moment.

Étendu sur les draps, en sueur et éclatant, Louis avait surtout l’air épanoui.

Tout doucement, on a réintégré le gode-ceinture dans notre intimité. Jusqu’au jour où j’ai décidé de mettre un stop à cette pratique.

C’était un jeudi.

Je m’en souviens car c’était le moment de la semaine où j’allais dormir chez Louis, et lors duquel on prolongeait les caresses jusque tard dans la nuit, puisque comme chacun sait : à partir de jeudi c’est le week-end.

Ce soir-là, il avait envie. Vraiment.

J’ai eu à peine le temps de m’équiper que Louis m’allongeait sur le lit. Pour la première fois avec ce gode autour de la taille, j’allais être sous son corps lourd.

Il s’est lui-même assis sur l’objet, en amazone, et l’a ridé tout seul, sans que j’intervienne. Dessous, je l’ai vu prendre son pied, comme j’avais l’habitude de prendre le mien : au-dessus.

Finalement, j’ai un avis sur le gode-ceinture

C’est idiot mais j’ai immédiatement assimilé ça à une pratique féminine, de « s’empaler » puis d’effectuer des mouvements rotatifs de hanches. Résultat : Louis perdait mille points de virilité dans mon esprit.

Presque dégoûtée, j’attendais qu’il jouisse pour laver le sextoy et le ranger dans une boîte de laquelle il ne sortirait plus jamais.

Louis a très bien compris mon sentiment, et n’a jamais insisté pour ressortir cette longue tige de sous son lit. Dès lors, nous n’en avons plus jamais reparlé, à part pour rire, étoffer une blague par une anecdote réelle.

Finalement ces expériences sont restées un bon souvenir pour lui. Du moins, il ne s’y référait qu’avec un bonheur mâtiné de tristesse. Celle de ne plus pouvoir réitérer, enfin pas avec moi.

Au revoir, Louis, et à jamais

Louis et moi sommes désormais séparés.

Trois années après cette rencontre impromptue dans un avion, j’ai mis un point final définitif à ce morceau de ma vie.

De Louis, je ne conserve presque aucun bon souvenir. Il existe désormais dans un autre monde, lointain, au fond de ma tête, dans lequel j’emprisonne tous ceux qui m’ont heurtée, à un moment donné.

J’ai oublié l’odeur âpre de ses vêtements tachés de café, oublié son regard toujours triste, oublié ses violences et ses aigreurs.

De lui il ne me reste plus rien qu’une écharpe kaki, l’idée d’un grand type dégingandé qui se la jette sur les épaules, et un gode-ceinture prisonnier d’une boîte poussiéreuse sous mon lit.

De lui, j’aurais appris beaucoup. J’ai maintenant une idée très claire de ce que je ne veux plus jamais. 

Aujourd’hui, j’aime la tendresse, l’amour simple, les hommes heureux. Aujourd’hui je déteste les écharpes kaki, l’odeur du café, et les gode-ceintures.

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Ana L'acrobate


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Commentaires
  • Eglantiine
    Eglantiine, Le 12 novembre 2018 à 13h25

    J'aimerais rebondir sur les ressentis de l'auteure, car je me retrouve dans certains de ses propos.

    Spoiler: Spoiler

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