Comment avoir une sexualité épanouie quand l’un est bien plus kinky que l’autre ?

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Ah, la sexualité, ce grand sujet... Aujourd'hui, Mymy vous parle de la façon dont elle a concilié ses pratiques très « kinky » avec celles de son mec, beaucoup plus « tradi ».

Comment avoir une sexualité épanouie quand l’un est bien plus kinky que l’autre ?

Commençons cet article par une mise en situation.

Je sors de mon premier rendez-vous avec celui qui deviendra mon amoureux. Il m’a fait rire sur OkCupid, il m’a fait rire autour d’une pinte, il a des taches de rousseur et il sent bon.

On est dans mon lit, tout nus, un peu essoufflés et satisfaits (je crois qu’on s’aime déjà pas mal).

J’allume une cigarette post-coïtale comme si j’étais une meuf dans un film français, et je lui demande :

— Du coup, c’est quoi tes kinks ?
— Mes quoi ?
— Bah, tes fantasmes, tes goûts au lit, tout ça…
— Oh ! Hum… j’adore les bisous.

Qu’il est chou. Les bisous. Bon. C’est très bien les bisous. Tout partout, dans les cheveux et le cou, je dis oui toute la vie.

Mais évidemment, il y a une suite.

— Et toi ?
— Alors euh… moi je suis plutôt BDSM, tout ce qui est soumission, jeux de rôle, enfin bon tu vois.
— Genre tu te prends des baffes ?
— Oh bah je dis pas non à une claque de temps en temps écoute.

Malaise.

Enfin non, pas malaise, mais déséquilibre niveau fantasmes, clairement. Au secours, mon petit ami est « vanille » !

Ne vous inquiétez pas, cette histoire finit bien.

Sexualité kinky VS sexualité vanille

« Vanille », c’est le terme utilisé dans certaines communautés (notamment celle des adeptes du BDSM) pour parler des gens ayant une sexualité « classique ».

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Ça ne veut pas dire chiant, ça ne veut pas dire plan-plan, mauvais coup ou autre jugement de valeur. Ça veut juste dire que les actes sont plutôt courants.

Et surtout, ça veut dire qu’il y a moins « d’intellectualisation » du cul. Il n’y a pas ou peu de mise en situation, de jeu de rôle ou de pouvoir, le plaisir est physique et émotionnel.

Vis ma vie de meuf kinky au copain « vanille »

Mon bouli kinky pouvait-il se satisfaire d’une sexualité « vanille » ? C’était la grande question.

Car j’ai été claire avec mon copain : s’il voulait tenter des trucs, qu’il n’hésite surtout pas, mais jamais je n’allais le forcer ou exiger de lui qu’il rentre dans mon jeu si ça ne lui plaît pas.

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J’avais peur de finir par être frustrée, ou lassée de ne pas pouvoir assouvir une partie de mes désirs.

Nous sommes en couple exclusif, on l’a décidé ensemble après une longue conversation, donc je ne vais pas aller chercher ailleurs la soumission que je n’ai pas « à la maison ».

Au fil des mois, j’ai arrêté de me poser la question : je suis de toute évidence très satisfaite de ma vie sexuelle, même si elle ne ressemble pas aux scénarios des hentai vénère que je lis sur Internet.

« Vanille », mais pas que

Déjà, en ne mettant pas la pression à mon amoureux, je lui ai laissé le champ libre pour expérimenter s’il le souhaitait.

Semaine après semaine, partie de jambes en l’air après partie de jambes en l’air, je l’ai découvert moins « vanille » qu’il ne le pensait…

Je pense que cet aspect-là de ma sexualité l’intrigue, et il lui est arrivé de tester des choses, des gestes, des mots — ce qui était LOIN de me déplaire, clairement !

Mais quand ça ne vient pas de lui, je ne force pas.

Cependant, il a découvert avec moi une facette plutôt méconnue de sa sexualité, et je suis très contente qu’on puisse explorer ça à deux, à notre rythme.

La vanille, ça a du goût, vous savez

Au-delà de ces expérimentations, je me suis rendue compte que je n’étais pas du tout frustrée d’avoir une sexualité plus classique qu’auparavant.

Ce n’est pas le cas pour toutes les personnes kinky, notez bien. Certaines ne sont pas du tout intéressées, excitées, épanouies dans du cul « vanille ».

Et je ne les juge pas, évidemment !

Mais au cours de cette relation, je me suis rendue compte qu’à mes yeux, l’aspect kinky c’est plus un bonus, une cerise sur le gâteau.

L’amour que je ressens pour mon compagnon, et que je n’avais pas ressenti depuis très longtemps, ça rend notre sexualité bien plus intense que les jeux sexuels que je pouvais entretenir avec d’anciens plans cul par exemple.

Ce que je recherche dans le BDSM, c’est un abandon, une force des émotions qui me fait oublier tout le reste. Et c’est ce que j’ai la chance d’avoir trouvé, même sans coups de martinet.

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J’aime toujours les fessées, mais j’aime un peu plus les bisous, les câlins, la tendresse et l’intensité d’une peau aimée qui frémit sous mes doigts, sous ma langue.

Si on m’avait dit, il y a un an, que je serais tout à fait épanouie après un missionnaire du samedi soir, j’aurais peut-être eu du mal à le croire.

La leçon que je tire de tout ça, c’est que les choses ne sont pas toujours fixées en matière de sexualité. Les goûts, les fantasmes, les habitudes et les désirs évoluent au fil du temps, des relations et des émotions.

Alors je vais peut-être arrêter d’être catégorique sur ce qui me plaît ou me déplaît, et garder l’esprit ouvert.

Après tout, si mon mec a pu accéder à certains de mes désirs, peut-être qu’un jour je m’en découvrirai moi aussi de nouveaux !

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Voici le dernier commentaire
  • Cilece
    Cilece, Le 5 septembre 2017 à 17h51

    En me relisant, j'ai peur que mon ton ait l'air froid/agressif: je tiens juste à prévenir que pas du tout, je suis posée, ce sont juste des questions qui m'intéressent.

    @P0utchy il me semble que ta théorie repose sur une hypothèse impossible à généraliser (et qui du coup impose la hiérarchisation des niveaux d'épanouissement en fonction des degrés d'exploration): le sexe c'est pas "plus tu en fais, plus tu en découvres, plus tu t'épanouis". Exactement la même chose que pour la bouffe: je voue une passion pour les légumes verts mais pas pour les carottes, ni pour les panais (déso). Ce n'est pas parce que je n'aurais pas goûté, a fortiori aimé, tous les légumes que je ne serais pas totalement épanouie dans mon régime 100% légumes verts. Par exemple, que penses-tu des assexuels? Penses-tu que ce sont des personnes qui ne sont pas épanouies? Idem, que penses-tu des personnes qui ne font que des missionnaires? Ce n'est pas parce qu'une voie est moins diversifiée que d'autres parcours exploratoires qu'elle en est moins intense.
    Avec mon copain, on a essayé la fessée pendant la levrette. Il a détesté, j'ai pas aimé, ça nous a juste fait rire (on a quand même essayé 3 fois à cause de cette injonction implicite au kink). Bref, c'est pas pour nous. Et bien ça fonctionne avec beaucoup de pratiques de la vie: en fait, c'est exactement parce que je suis épanouie, que je suis capable de me dire "ah oui, ça non, c'est pas pour moi", je connais mes goûts, mes envies, mes fantasmes, parce que je me connais bien. Et je suis suffisamment honnête avec moi-même pour reconnaître ce qui tient du goût de ce qui tient de la peur d'oser par exemple. Je pense que la clé est là. Parce qu'avec ton raisonnement, qui ne fait pas mais qui résulte en une hiérarchisation complètement linéaire des pratiques sexuelles et de sa corrélation avec le niveau d'épanouissement, les lectures de pratiques sexuelles moins variées peuvent être péjoratives pour des non-pratiquants ou des mono-pratiquants.
    En fait, quand je lis ça:

    Ça ne veut pas dire chiant, ça ne veut pas dire plan-plan, mauvais coup ou autre jugement de valeur. Ça veut juste dire que les actes sont plutôt courants.
    Et surtout, ça veut dire qu’il y a moins « d’intellectualisation » du cul. Il n’y a pas ou peu de mise en situation, de jeu de rôle ou de pouvoir, le plaisir est physique et émotionnel.
    et ça:
    L’amour que je ressens pour mon compagnon, et que je n’avais pas ressenti depuis très longtemps, ça rend notre sexualité bien plus intense que les jeux sexuels que je pouvais entretenir avec d’anciens plans cul par exemple.
    Ce que je recherche dans le BDSM, c’est un abandon, une force des émotions qui me fait oublier tout le reste. Et c’est ce que j’ai la chance d’avoir trouvé, même sans coups de martinet.
    ça montre bien à quel point une sexualité "classique" n'a pas d'autre sens que la réalité statistique et qu'elle n'est pas corrélée au niveau d'épanouissement des individus. Oui, il y a une invisibilisation dans les pratiques les moins courantes de la sexualité. En revanche, il y a de nombreux canaux (et la pornographie en est un, et un massif) pour découvrir ses fantasmes (ou ses non-fantasmes d'ailleurs, moi je considère toujours par élimination perso). Ce qui est dérangeant c'est qu'on lit souvent la confusion entre une "pratique peu courante" avec "épanouissement sexuel" (exemple: j'adore les missionnaires du samedi soir - entre autres -, je ne vois pas, sans être dans mon lit, comment on peut en déduire qu'il est "classique", c'est le mot "samedi"?. Et ces mécanismes, quand ils sont reproduits fois 100 (parce que j'ai l'impression que maintenant, si t'es vanille, t'as raté ta libération sexuelle) résultent en une injonction à diversifier ses pratiques, à se faire valoir d'une sexualité toujours hors norme, pour ne pas passer pour un individu "coincé", "mal dans sa peau" etc.
    Je ne sais pas finalement bien ce que vanille veut dire, il me semble être un terme utilisé de manière très réductrice qui en fait traduit plus l'absence d'imagination de celleux qui l'emploient quant à ce qu'ils envisagent de la sexualité "classique" des autres.
    Après, là où je te rejoins, c'est sur le fait de ne pas explorer alors qu'on s'ennuie dans sa sexualité. Mais c'est un tout autre débat qui me semble plus approprié dans le cadre d'une exploration de soi, de l'analyse de ses blocages etc.

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