J’ai testé pour vous… me remettre au sport

Saoulée de regarder son gras déborder un peu plus chaque jour de l'élastique de sa culotte, Sophie-Pierre Pernaut s'est remise au sport.

J’ai testé pour vous… me remettre au sport

Depuis que j’ai quitté le lycée et que le sport n’est plus obligatoire dans ma formation, depuis que j’ai commencé à goûter aux plaisirs du bon vin et de la bonne bouffe, un terrible phénomène s’est produit en moi : j’ai grossi. En conséquence de quoi j’ai décidé de me remettre au sport.

En ce sens, il y a une vingtaine de mois, on vous faisait part d’un fabuleux retour à la piscine. Mais comme à chaque chaussure ergonomique son pied bot, j’ai testé pour vous plusieurs sports soi-disant accessibles aux novices.

LA COURSE À PIED OU JOGGING

Quand je me suis achetée mes nouvelles baskets spéciales footing-à-raison-d’une-fois-par-semaine chez Déca Thon (11€ et quelques, une broutille), je n’étais que joie et entrain ; je suis toujours comme ça lorsque je m’achète un nouvel accessoire pour le sport. Il a beau être 19h30, il a beau faire -10° C dehors, j’ai envie de commencer là, tout de suite, maintenant, persuadée qu’à la force de mes jambes et de mon souffle, je courrais très vite comme une gazelle, telle une Marie-Josée Pérec en sentiers déserts.

Mais je ne pense pas te surprendre si je te dis qu’il n’en fut rien.
Quand on se met au footing, 3 options s’offrent à nous. On peut courir :

seule, en dépit de nos angoisses après les enlèvements, viols et/ou meurtres dont ont été victimes des joggeuses pourtant aguerries. Ces dernières avaient beau courir vite, elles n’étaient néanmoins pas assez rapides pour éviter de se faire rattraper par le pervers à leurs trousses. Imagine donc la facilité avec laquelle un récidiviste de l’amour non-consenti rattraperait une jeune donzelle qui trottine depuis quelques jours. Je n’exploiterai pas plus ces angoisses auxquelles je fus soumise en me mettant à me traîner le bout de gras seule en campagne, vu que Ioudgine l’a déjà fait : la comparaison ne serait pas à mon avantage. Mais en tout cas, sachez que j’ai très vite laissé tomber l’idée.

avec son copain : le mien, sportif, m’encourageait tel un GO du Club Med, type « vas-y t’es la meilleure – tu peux le faire – je crois en toi – je te vois déjà fondre du fessier ». Très bavard, il me faisait la conversation, me posait des questions qui m’incitaient à lui répondre en dépit de mon souffle de boeuf une fois 500 mètres péniblement parcourus (ou plutôt partraînés, si je puis me permettre un mauvais jeu de mots à la Ruquier), et ponctuait néanmois ses phrases de « non mais je te parle, mais me ne me réponds pas, tu n’en seras que plus essoufflée ». Frustrant.
Frustrant aussi de le voir rester par solidarité à ma hauteur alors que ses jambes ne demandaient qu’à cavalcader vite et longtemps. Alors je l’incitais à aller au devant et à me laisser derrière. Mais du coup, c’était comme si je courrais toute seule en campagne et j’avais peur.

avec une copine : Courir avec une amie c’est bien, parce qu’après on se récompense toujours d’une bière à l’Happy Hour. Mais ce n’est pas très efficace, vu que l’idéal dans le jogging est de courir longtemps, ce qui est impossible quand tu démarres en trombe pour impressionner ta pote. Cinq minutes plus tard, c’est le point de côté et la session sport est finie. Inutile.

Pendant deux semaines, religieusement, j’ai pourtant continué à courir 4 fois par semaine. Un jour, persuadée de courir 5 km à 7 km/h, j’ai pris un podomètre avec moi pour constater ma progression. Bilan : j’avais parcouru 1,5 km à un peu moins de 5 km/h. Je vais plus vite en marchant. N’importe qui va plus vite en marchant, en fait.

Courir seule, ça fait pas peur du tout

Dépitée, j’ai arrêté.

L’INSCRIPTION A LA SALLE DE SPORT

Quelques semaines plus tard, je décidai donc de m’inscrire à la salle de sport, la technique la plus urbano-branchouillo-exhibitionniste pour faire du sport. J’ai donc pris un rendez-vous chez Boujtonboul, le club de remise en forme à 500 m de chez moi.

Déjà, tout club de remise en forme qui se respecte t’invite une première fois pour une visite de l’établissement. Une employée aux fessiers en béton armé m’a donc accueillie toute en sourire. Elle hurlait souvent « LA PATATE ! », et je ne voyais pas vraiment où elle voulait en venir. Elle m’a offert un thé (j’ai pas osé prendre de sucre) et des biscuits (je n’y ai pas touché). Elle me posait des questions sur moi, mes études, ma vie privée, ce que j’avais mangé dans la journée, la veille et l’avant-veille, la fréquence à laquelle j’allais boire des coups avec mes copines, combien de fois j’allais aux toilettes, si j’aimais manger des fruits, quelle était ma couleur préférée, et notait méticuleusement toutes ces informations sur une feuille blanche format A4. Ce document, au fond, en disait plus sur moi que mon compte facebook. J’ai trouvé ça étrange, mais je me suis inscrite malgré tout.

 

Se rendre seule pour la première fois en jogging et baskets à la salle de sport n’est pas chose aisée. En m’installant sur le tapis qui roule, j’ai regardé la population autour de moi.

  • Il y avait les habituées, que j’appelle les « carottes » : quand tu vois ce genre de filles sortir d’un club de remise en forme avec leurs jambes galbées et leur ventre plat, tu te dis qu’en t’inscrivant ici c’est sûr, tu leur ressembleras un jour. Je crois que ces filles ne payent pas leur abonnement, et qu’elles sont en réalité rémunérées par la boîte.
  • Viennent ensuite les habitués, que tu repères très vite car ils ont le menton posé sur le guidon du vélo elliptique des habituées, leur faisant la discussion de près pour mieux mater leurs boobs. Sois en rassurée : ils ne jetteront qu’un oeil sur toi, le premier jour. Après quoi ils t’ignoreront.
  • Et puis finalement, il y a les gens comme toi et moi, qui viennent de commencer ou ne viennent régulièrement que depuis peu de temps. Ceux-là sont les plus à même de devenir les potes avec qui tu iras boire des coups après une séance de 2h de sport, puis ceux avec qui tu iras boire des coups après une séance d’1h de sport, puis ceux avec qui tu iras boire des coups tout court.

J’ai tenu 3 séances.

LES ABDOS FESSIERS À LA MAISON

Après avoir abandonné l’idée de faire du footing, après avoir résilié mon abonnement chez Boujtonboul, je suis retournée chez Déca Thon pour faire l’acquisition d’un tapis de sol vert fluo à 2€ spécial abdos-fessiers homemade et m’éviter ainsi l’humiliation cuisante de ne pas comprendre les machines de guerre du club de gym.

Faire des abdos-fessiers à la maison est un super compromis dans le sens où c’est gratuit, qu’il est possible de le faire seule et qu’en plus, tu peux regarder Masterchef en même temps.

La relation qui s’est établie entre le tapis de sol et moi peut être comparée à un feu de paille : une passion brûlante nous animait pendant quelques jours, et puis c’est retombé très vite comme un soufflé. Bim.

Après quelques jours d’abdos-fessiers quotidiens, après quelques jours de courbatures et d’auto-gratification, c’était fini : je voyais le tapis, roulé dans un coin de ma chambre, et ça ne me faisait plus rien. Finie, l’excitation qui jusque-là m’incitait à inventer de nouvelles postures pour gainer mon futur corps de rêve.

Envolée, l’impatience de voir quelques mois plus tard ma légère tablette de chocolat à travers mon t-shirt moulant. Révolu, le temps où je touchais discrètement mes fesses 45 fois par jour pour voir si mes efforts étaient récompensés.

Le tapis de sol remisé au fond du placard, ma carte d’abonnement à la salle de sport rendue depuis bien trop longtemps, mes baskets à 11€ flambant neuves dans mon placard, je n’ai plus qu’à continuer ma quête du sport fait pour moi.

Et toi, c’est quoi ton sport pour novices attitré ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Vkeutpy
    Vkeutpy, Le 22 août 2012 à 16h47

    Je ne sais pas si c'est moi qui n'aime pas le sport ou si c'est lui qui ne m'aime pas, mais bref, entre nous deux, ça colle pas. Quand j'étais petite, j'ai essayé des dizaines de sport mais je n'ai jamais tenu plus de un an ! Alors maintenant que le lycée est fini (plus d'EPS, ô désespoir), je ne sais plus trop quoi faire. Je n'aime pas les sports co, parce que je n'aime pas que les autres comptent sur moi et inversement. Je n'aime pas non plus faire du jogging ou de la muscu parce que toujours au bout d'une ou deux minutes d'effort, je me trouve ridicule et me demande ce que je fais. Je n'aime guère non plus tous ces sports qui demandent un temps soit peu d'équilibre comme le vélo et autre patins à glace (mes genoux disent NON). J'aimais bien le badminton, mais il faut trouver une personne motivée pour échanger des volants avec toi ou s'inscrire dans un club (et ça, non non et non, je déteste les associations sportives : je tombe toujours sur l’entraîneur intolérant envers mes kilos en trop). Finalement, le sport qui me plait le plus, c'est la piscine : dans l'eau on ne transpire pas, personne ne te dévisage quand tu sors de l'eau et tu n'as besoin de personne pour nager !

    Tout ça pour dire que cet article, c'est un peu l'histoire de ma vie. :icon_4laugh:

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