Expérience immersive : peut-on vivre avec les fous ?

Pondu par Flo le 25 juillet 2011  

Cette semaine mes gazelles, interrogeons-nous sur nos rapports avec ceux que l’on nomme les malades mentaux, les différents, les diagnostiqués, ceux qui ne sont pas comme nous… Ceux qui nous poussent peut-être à ressentir la fameuse « inquiétante étrangeté » ?

L’histoire se déroule dans la petite commune d’Ainay-le-Château, marquée par une particularité singulière : un hôpital psychiatrique y fonctionne par placement hétéro-familial. Ainsi, si les patients dépendent bien de l’hôpital administrativement et médicalement, ils sont toutefois pris en charge par des familles locales (logement, alimentation, surveillance quotidienne…).

Inspirée par les travaux de Levi-Strauss, différenciant les sociétés anthropophagiques (intégrant les fous en leur attribuant un rôle social) et les sociétés anthropoémiques (qui les rejettent), Denise Jodelet se penche sur le fonctionnement du village et entreprend une étude immersive auprès d’un millier de malades, confiés à près de 500 familles.

Expérience immersive : peut on vivre avec les fous ? vivreavecdesfous

Le contexte

Sur place, les habitants se disent parfaitement habitués à vivre de cette manière et pour cause : le fonctionnement relève de la tradition et existe depuis de nombreuses années. Les familles accueillantes, volontaires et rémunérées, sont appelées les « nourricières » et les patients accueillis sont « les pensionnaires ». Les médecins reçoivent les malades en consultation régulièrement, se rendent parfois dans les foyers et une équipe d’infirmiers-visiteurs assure le relais entre l’institution et les lieux d’hébergement.

L’objectif annoncé : favoriser la dynamique entre les habitants, les patients et les équipes soignantes et potentiellement devenir un facteur de traitement même (par la vie familiale « ordinaire » que le système permet). Vous-mêmes vous savez : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ce qu’il s’y passe…

Si de prime abord les choses se passent sans heurts et si personne ne déclare déplorer la situation lors des premiers contacts avec la chercheuse, les paradoxes de « l’insolite devenu coutumier » ne tardent pas à apparaître.

En effet, Denise Jodelet souligne une tendance à isoler les pensionnaires. La plupart des foyers sépare ainsi les deux lieux d’habitation (les chambres des pensionnaires sont en dehors de la maison, des voiles sont posés sur les portes vitrées, des petites barrières sont placées sur le seuil des habitations pour marquer la frontière entre la famille et les pensionnaires…), les accueillants ne partagent ni leurs repas, ni leurs soirées, ni leurs promenades avec leurs pensionnaires. Les cadres et conditions de vie ne semblent pas répondre à l’objectif initial d’intégration des malades au sein d’une famille.

Cette absence d’intégration, ou plutôt la présence de démarcations spontanées, dépasse le cadre familial et prend place dans la vie publique de la commune : les bars servent un café différent aux habitants et aux pensionnaires, des incidents et remarques implicites lors d’événements publics ramènent quasi-systématiquement les patients à leurs conditions de « malades » ingérables. De la même manière, les patients finissent par être considérés par tous, équipes soignantes comprises, comme une marchandise, comme un produit que l’on échangerait. La chercheuse rapporte ainsi les propos de soignants concernant des « arrivages/livraisons » de malades, des patients qu’on qualifierait de « pas plaçable », de « c’est servable ». Déshumanisés, les patients doivent également faire péter le score dans tous les critères du parfait petit pensionnaire : discipline, propreté et acceptation des soins. Soumis, ni encombrants, ni exigeants… Permettant un excellent rapport qualité/prix ?

Selon la psychosociologue, le rappel implicite est constant au sein de la communauté : les malades ne sont pas des civils, toute tentative de leur part de s’intégrer dans la vie de groupe pourrait mettre en péril l’identité de tous. Quels que soient les placements, les nourriciers, les pensionnaires, la règle de l’écart est écrasante et viendrait poser les limites immuables de l’intégration. Un système discriminatoire, implicite ou explicite, viendrait ainsi fixer la place des pensionnaires au sein de la communauté. Consciemment ou non, les habitants maintiendraient « l’extériorité dans la coexistence ».

Pourquoi ?

Les habitants d’Ainay-le-Château ne sont pas des monstres sanguinaires aux cÅ“urs de pierre, et nos réactions auraient très probablement été similaires : nous répondrions simplement à une expérience socialement codifiée.

Exprimant face à Denise Jodelet leur « habitude » face à ce fonctionnement (sous-entendant qu’il n’y aurait a priori rien à en dire), les familles accueillantes brandiraient un masque et « l’habitude » serait la modalité sociale selon laquelle ils intégreraient l’objet autre qu’est le malade mental. Ainsi, ils n’y réagiraient pas de façon individuelle mais apprendraient à y répondre de manière standardisée.

En analysant leurs pratiques, Jodelet constate que certaines d’entre elles relèvent d’une conception archaïque de la transmission de la folie. Par la règle de l’écart, les familles semblent tenter de se protéger, mais de quoi ?

a) D’une maladie mentale contagieuse

4/5ème des mères de familles rencontrées lors de l’étude ont déjà consulté un psychiatre pour l’un de leurs enfants ou demandé si la chercheuse ne les trouvait pas trop énervés. Le psychiatre est désacralisé dans la commune puisque très présent, il n’y a donc aucune gêne à aller consulter (même s’il reste préférable d’aller en consulter un en dehors de la ville… sait-on jamais). En revanche, les motifs des consultations (enfant irritable, stressé pour ses examens) montrent que la demande répond à une anxiété plus profonde, une crainte de la contagion de la maladie mentale.

Par ailleurs, selon les dires des familles, il n’y aurait aucun problème dans la cohabitation des pensionnaires avec leur progéniture… Pour autant, 76% d’entre eux n’ont accueilli de malades que lorsque les enfants avaient largement dépassé l’âge scolaire.
L’évitement de contacts et de rapprochements avec les pensionnaires vient confirmer cette crainte de la contagion : certains refusent de donner les médicaments (une peur d’être malade de soigner ?), séparent les lessives de linge des malades de celles de leurs familles, utilisent une vaisselle différente, … Nous aurions donc une pratique instituante, définissant les cadres du rapport au malade, et une pratique signifiante, associant des dangers à ce rapport.

b) Des risques liés à une pathologie mentale

On craint également les formes de la maladie mentale : tous les discours des habitants témoignent d’une difficulté de parler des pensionnaires comme de malades mentaux. L’ignorance de la maladie pourrait s’expliquer à la fois par la fonction des familles (les nourriciers ne sont pas infirmiers et ne doivent obtenir aucune précision médicale sur leurs pensionnaires) et par une peur d’en savoir trop, d’affronter une nuisance trop importante. Si l’on en savait plus, la maladie deviendrait présente et inquiétante.

Les représentations de la folie par les familles nourricières sont manichéennes et s’accordent parfaitement : il y aurait d’un côté les victimes d’une défaillance du cerveau (les « idiots du village », des gens considérés comme retardés, irresponsables mais complètement inoffensifs) et de l’autre les victimes d’une défaillance des nerfs (bien plus inquiétants, qui pourraient se mettre en colère, s’énerver… et devenir dangereux). Nous aurions une hantise incontrôlable du malade méchant, violent, nerveux, une crainte obsédante de la crise.

Et puis, s’ils prennent des médicaments, c’est bien qu’il y a une menace : si l’on a des médicaments, c’est que l’on n’est pas guérissable et que l’on portera toujours le danger de notre mal. Toute la différence de traitement résidera dans la proximité : finalement, la relation se nouera exclusivement avec une seule catégorie de malade, le malade du cerveau… L’inoffensif.

Cette représentation et les pratiques associées (inclusion/exclusion) « facilitent » la vie sociale, permettent de gérer les relations quotidiennes avec les malades, de se défendre face à la présence d’un groupe envahissant, menaçant pour l’identité et la communauté… Maintenir le statut de malade, c’est aussi assurer la distinction civils/non civils et garantir que les civils ne seront pas assimilés aux « fous » à l’extérieur de la communauté.

En guise de conclusion, j’ai simplement envie de revenir sur la citation d’une habitante
interrogée par Jodelet (p.89) :

« Quand nous sommes arrivés, il y a vingt-deux ans, nous étions comme tous les gens qui ne sont pas d’Ainay-le-Château : il y avait les fous et les sages. Jamais nous ne nous étions posé la question de savoir s’il y avait une limite entre les deux cas qui est quelquefois assez difficile à placer !… À quel degré peut-on être considéré comme fou ? Moi j’en sais rien, la barrière entre… C’est comme la « dimension », à partir de quelle taille un homme est-il de taille moyenne ou est-il grand ? À partir de quel critère un homme est-il méchant ou l’est-il moins ? On ne peut pas dire ! »

Et vous, vous en pensez quoi ? Pourriez-vous assumer un fonctionnement similaire ? La façon dont la société traite ses fous n’est-elle pas un reflet de ce qu’elle est ?

* Pour conclure, je dirais que je SAIS parfaitement que vous vous êtes endormies, assommées devant ce pavé sans aération… Mais sachez que je me rattraperai la semaine prochaine avec quelque chose de plus funky-fresh, quoi (quelqu’un croit à ça ?).

Pour aller plus loin

- Le livre original de Denise Jodelet est mis à disposition sur le site des Classiques des
Sciences Sociales
(je remporte la palme de la source, or what ?)
- Un article de Nicolas Roussiau – Des représentations sociales à l’institutionnalisation de la mémoire sociale

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article

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  1. Zamora Zamora

    Le 28/07/2011 à 13h42

    Citation:
    Posté par LutineFluo

    Bon, j'ai pas trop envie de raconter ma vie mais j'avais envie de réagir, sachant que je suis "du côté obscur de la force" ^^!
    Justement je trouve ça interessant le témoignage du coté obscur de la force... Pour celles et ceux qui ne sont pas malades il est souvent difficile, voire impossible, de comprendre ce qui se passe dans la tête de la personne en face de nous, d'où certainement des juguements faciles (tu fais pas d'efforts...). Du coup je trouve ça fort interessant que toi tu t'exprimes sur le sujet...
  2. Greenfairy2a Greenfairy2a

    Le 28/07/2011 à 15h33

    Citation:
    Posté par Zamora

    Mais ce que je relève surtout c'est que oui j'avais oublié ça, mais en effet les autres enfants n'ont pas le droit à l'erreur, l'enfant différent crée assez de soucis comme ça, donc pas de vagues, pas de révoltes, pas de crise d'ado super prononcée, de toutes façons l'age adulte s'est déjà tranquillement installé dans ton enfance, alors l'adolescence.... Est ce que ça vient de nos parents, de nous, je ne sais pas...
    Je pense que ça vient vraiment des deux. Enfin pour ma part, je sais que c'est déjà une part de mon caractère, mais tous ces problèmes en ont rajouté une couche, j'ai eu l'adolescence la plus calme du monde je crois (étant donné que mon frère a commencé à capoter alors que j'avais 15 ans), j'ai toujours bien joué mon rôle sans faire de vague. Enfin c'est surtout que je me suis toujours débrouillée pour que mes conneries soient contrôlées. Je commence seulement maintenant à vivre les choses sans me poser 36 000 questions.
    Et de l'autre côté, nos parents sont bien plus exigeants avec nous. Un exemple tout con, je suis quelqu'un qui malheureusement parle parfois très mal, genre je place un "putain" à peu près à chaque fin de phrase, et je me fais très souvent reprendre par mon père qui déteste ça. Dernièrement mon frère m'a dit "ferme ta gueule" devant toute la famille, et c'est à moi que mon père a dit d'arrêter... voilà, c'est rien du tout, mais c'est symptomatique.

    Citation:
    Posté par LutineFluo
    cet article me touche, parce je suis diagnostiquée schizophrène...
    je comprends tout à fait la mad qui parle de son frère d'une façon un peu blasée... je suis de l'autre côté et je culpabilise énormément de ce que je peux faire subir à ma famille à cause de cette p****** de maladie!
    J'ai aussi eu droit à cette réflexion "tu ne fais rien pour que ça s'améliore". Le truc, c'est que, pour ma part c'est un mélange de dépression, d'anxiété, de neurasthénie et sans doute d'autres choses. J'ai parfois envie d'aller mieux, mais parfois je n'y arrive juste plus. Dans ces moments-là, je me sens inutile et du coup je sors plus de chez moi, ne mange plus, ne m'habille même pas... Je me raccroche à mes parents et à ma soeur (mon frère vit sa vie de son côté..) et leur fait subir mes humeurs changeantes, mes colères. Au final, je pense que c'est une sorte d'appel à l'aide, bien que je sache pertinemment qu'il ne peuvent pas grand chose pour moi...
    Bon, j'ai pas trop envie de raconter ma vie mais j'avais envie de réagir, sachant que je suis "du côté obscur de la force" ^^!
    Je comprends bien que c'est quelque chose de complexe, qu'on parle bien de vraie maladie et qu'on ne peut pas juste "décider d'aller mieux". Mais dans le cas de mon frère vraiment, ya des trucs inadmissibles. S'il faisait au moins l'effort de soigner une de ses addictions (qui entre parenthèses ne doivent pas aider à faire fonctionner les traitements non plus...), j'aurais sans doute moins l'impression qu'il est un sacré manipulateur.
    courage en tout cas !
  3. Greenfairy2a Greenfairy2a

    Le 28/07/2011 à 20h53

    @.Ainsel.
    je le pense aussi, mais c'est vraiment compliqué, on vit dans un coin plutôt reculé et c'est pas évident de faire poser un diagnostique. Jusque là les psy on juste dit qu'il était "dépressif", or il me parait évident, ainsi qu'à mes parents, que c'est bien plus profond que ça. Mais vu qu'il refuse de parler aux psy...
  4. LutineFluo LutineFluo

    Le 02/08/2011 à 19h59

    Citation:
    Posté par Greenfairy2a

    Je comprends bien que c'est quelque chose de complexe, qu'on parle bien de vraie maladie et qu'on ne peut pas juste "décider d'aller mieux". Mais dans le cas de mon frère vraiment, ya des trucs inadmissibles. S'il faisait au moins l'effort de soigner une de ses addictions (qui entre parenthèses ne doivent pas aider à faire fonctionner les traitements non plus...), j'aurais sans doute moins l'impression qu'il est un sacré manipulateur.
    courage en tout cas !
    merci! sans vouloir être indiscrète, quelle est son addiction? car il existe des traitements de substitution qui pourrait l'aider s'il s'agit de drogues dures... encore faut-il qu'il décide de se soigner bien sûr!
  5. Greenfairy2a Greenfairy2a

    Le 03/08/2011 à 01h26

    @LutineFluo
    il est accro à l'alcool et au shit en fait. Pendant un temps c'était des médicaments codéinés, qu'il sniffait, pour ça il a eu un traitement de substitution, je pense que ce problème est réglé... mais l'alcool et le joint je sais pas comment il pourrait s'en sortir...
  6. Thon Thon

    Le 03/08/2011 à 02h44

    En ce qui me concerne, j'ai été successivement diagnostiquée antisociale, autodestructrice, depressive...Et très franchement, si j'en ai bavé, mon entourage aussi.

    C'est pas facile de vivre avec quelqu'un qui ne va pas très bien dans sa tête, du coup j'ai un peu l'impression qu'il n'y a que deux alternatives: continuer à essayer d'aider la personne, à l'intégrer dans sa vie, à tenter par tout les moyens de la faire aller mieux et finir par s'y perdre soi-même...Ou laisser tomber, couper tout contact, toute tentative, et laisser sombrer en se détachant petit à petit.
    Je schématise grossièrement, c'est sûr, mais c'est un peu ce que j'ai ressenti.

    J'ai été à la fois du côté "obscur", avec descente aux enfers, internement, puis retour à la vie normale (ou presque), et j'ai été du côté des accompagnants avec une de mes amies rencontrée à l'hosto.
    Et bien très franchement, la voir replonger chaque fois, aller de plus en plus mal, ne pas s'en sortir et avoir l'air de s'y complaire, j'ai fini par lâcher l'affaire...Au bout de quelques temps, ça me faisait trop mal de retourner la voir à l'hopital ou j'étais internée, ça me faisait trop mal de prendre sur moi, d'assimiler sa douleur et de ne pas pouvoir l'aider...J'ai arrêté de la voir. je ne pouvais plus.

    Quand à être "le fou" de la famille, c'est loin d'être facile, c'est l'expérience la plus culpabilisante qui soit. Par ce qu'on à conscience de faire souffrir les gens qu'on aime, par ce qu'on essaye d'aller mieux mais qu'on en est totalement incapable, par ce que les phases les plus difficiles deviennent totalement ingérables et qu'on fait régner l'hystérie et la tension dans le foyer. Et puis on sent que les gens qui nous aiment se lassent, que petit à petit ça devient plus dur d'aider, d'écouter, de comprendre. Que tout simplement, ils ne peuvent pas comprendre.
    Alors on se sent responsable de pourrir l'athmosphère, on se sent coupable de rendre tout ça si difficile, on se sent petit à petit delaissé, on detruit l'amour qu'on nous porte.
    C'est pas facile.
  7. Thon Thon

    Le 03/08/2011 à 02h49

    Citation:
    Posté par Greenfairy2a
    @LutineFluo
    il est accro à l'alcool et au shit en fait. Pendant un temps c'était des médicaments codéinés, qu'il sniffait, pour ça il a eu un traitement de substitution, je pense que ce problème est réglé... mais l'alcool et le joint je sais pas comment il pourrait s'en sortir...
    J'ai eu une phase alcoolique à 16 ans, et je fumais beaucoup trop, ça me collait des crises de parano qui n'arrangeaient pas les choses.
    J'ai fini pr m'en sortir, pas grâce à des réunions, ni à des traitements, ni à des psys qui m'ont encore plus détruite que ce que j'étais dejà, mais par ce qu'il m'est arrivé un sale truc, quelque chose de tellement traumatisant que ça m'a foutu au fond du trou. Un ami m'a foutu dans sa voiture, m'a sorti de la ville, m'a emmené chez lui, près de l'océan, et m'a laissé me reconstruire tranquille.
    Depuis je ne fume plus (j'ai du tirer 3 lattes en 5 ans), et je bois en soirée pour faire la fête, ou un bon vin en amoureux, mais il est très rare que je me noie à nouveau dans l'alcool comme je le faisais.
    Voilà, c'est ptêtre pas rassurant, mais on s'en sort. J'éspère juste que le déclic pour ton frère sera moins violent que le mien ^^

    (dsl pour le double post)


    (parenthèse bis: je me livre de plus en plus ici, surtout quand je fais de l'insomnie...Madz la nuit c'est le MAL! )
  8. Done_in_chocolate Done_in_chocolate

    Le 26/12/2011 à 00h31

    Bonjour à toutes!
    Je suis en 1ère année d'infirmière, et je suis donc souvent en stage. On ne choisit pas nos stages, ils sont donnés aléatoirement. Celui que je craignais le plus était celui en hôpital psychiatrique et... BINGO, je suis tombée dessus pour mon 1er stage ^^ Alors moi avant j'étais complètement "terrorisée" par ce que vous appelez "les fous". Très franchement quand j'ai su que j'allais en psychiatrie j'étais un peu paniquée, j'avais l'impression que j'allais forcément me faire insulter de tous les noms, me prendre des coups... etc. Voilà, maintenant j'me dis que c'est pas très chouette comme mentalité, mais c'est juste quelque chose que je n'avais jamais cotoyée: je connais pas, donc j'ai peur. Bref, ce stage a été un peu une "révélation" pour moi, je saurai pas vraiment l'expliquer. Le matin, j'y allais vraiment avec plaisir, en me disant "tiens, aujourd'hui je vais essayer d'aller voir M. X pour essayer de faire ca avec lui blabla". Il y avait des dépressifs, schizophrènes, borderline... Et voilà, jme demande encore ce que sont devenus "mes fous" ^^ parce que je m'y suis vraiment attachée, et j'ai pris conscience de beaucoup de choses pendant ces quelques semaines...
    Bref j'ai un peu de mal à expliquer mon experience, mais je voulais quand même amener mon témoignage!
  9. LutineFluo LutineFluo

    Le 04/01/2012 à 06h58

    J'ai été beaucoup touchée par les derniers messages (je n'étais pas venue lire ce topic depuis longtemps!) :

    - autant celui de Thon qui a écrit exactement ce que je vis et que je n'arrivais pas à expliquer aussi clairement... c'est fou comme je m'y retrouve...
    - autant les messages d'un point de vue différent du mien qui me redonnent espoir : Done_in_chocolate : tout les soignants ne sont pas aussi empathiques que tu sembles l'être, et ça peut être compliqué quand on est "coincé" dans un service et que la seule personne à qui on pourrait parler, "doesn't give a shit" ( puis )

    Les autres messages aussi étaient intéressants, on peut voir la "folie" sous différents angles : les soignants... et les soignés. Mais aussi un troisième : tout les autres qui ne connaissent pas forcément cet univers!

    Ca doit faire deux ans que je n'ai plus mis les pieds à l'HP, et je suis assez fière de moi pour le coup! Je sens que je suis plus sereine qu'avant, et même si c'est encore difficile au quotidien, je commence à m'entourer de gens intéressants et qui m'aident beaucoup à me débarrasser de l'Angoisse (Zi ouane avec un grand A!)

    Je trouve que ce topic est super intéressant et ce serait cool que d'autres madz viennent encore témoigner! (Qu'il ne soit pas mourru quoi!)

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