De la popularité des pères célibataires dans les séries américaines

Comme la plupart d’entre vous, je suis accro aux séries au point d’en regarder à longueur de temps, de tous les styles, toutes époques confondues. Si j’ai quand même une grosse préférence pour les séries d’aujourd’hui, je suis néanmoins capable de rester toute une nuit à buguer devant des rediffs d’Hélène et les Garçons ou […]

Comme la plupart d’entre vous, je suis accro aux séries au point d’en regarder à longueur de temps, de tous les styles, toutes époques confondues. Si j’ai quand même une grosse préférence pour les séries d’aujourd’hui, je suis néanmoins capable de rester toute une nuit à buguer devant des rediffs d’Hélène et les Garçons ou même de suivre Le Clown pendant toute une semaine à heure fixe. Rien qu’à partir de ces séries, il est possible de lancer toutes sortes d’études plus ou moins sérieuses et de s’embourber dans des analyses profondes – qu’elles soient alcoolisées ou non, l’important c’est que ça fait parler.

C’est à travers toutes les séries que je suis en ce moment que j’en suis arrivée à la conclusion suivante : les pères célibataires sont les nouveaux personnages préférés des créateurs de séries. Et l’effet produit sur le public peut les conforter dans leur décision d’insister sur ces personnages puisqu’il semblerait que ce soit cette particularité qui leur ajoute un maximum de charisme. Du côté des femmes on aime les femmes au foyer désespérées et les cougars, chez les hommes c’est le fait d’être père célibataire.

Cal Lightman dans Lie to Me

lie to me cal

Dans cette série, Tim Roth joue le rôle de Cal Lightman, un docteur en psychologie, spécialisé dans l’étude et l’analyse du langage corporel. Pour faire court, si vous mentez ou si vous cachez quelque chose, il le saura immédiatement rien qu’en observant vos sourcils ou la dilatation de vos pupilles. Un anglais chez les américains, c’est déjà un gros capital charme en plus des autres personnages – Cal débarque avec ses gros sabots sans la moindre considération pour ses semblables, prêt à tout pour extraire les informations qu’il est venu chercher. Il est plein de stratagèmes et de techniques tordues destinées à vous faire cracher le morceau et ne semble jamais avoir besoin de fournir le moindre effort alors que vous suez à grosses gouttes rien qu’en le regardant dans les yeux. Mais pour découvrir la face cachée du personnage il suffit d’aller chercher du côté de sa fille, Emily, une adolescente sans problèmes à qui on donnerait volontiers le bon dieu sans confession. Les petits interludes hors-enquête où on le voit interagir avec sa fille sont toujours un régal pour les cœurs d’artichaut, et quand on s’approche un peu trop près de sa progéniture on a intérêt à courir très vite à moins de vouloir subir la foudre du père en colère. S’il est toujours en relation avec la mère de sa fille, on sent bien que leur histoire est terminée et qu’il n’est pas prêt de se lancer dans une nouvelle relation sérieuse. La vraie femme de sa vie, c’est sa fille, et c’est bien la seule à avoir une quelconque influence sur lui.

Sebastian Stark dans Shark

sebastian stark shark

Série défunte qui n’a d’ailleurs pas duré plus de deux saisons, Shark mettait en scène James Woods dans le rôle de Sebastian Stark, un avocat charismatique et casse-bonbons – pour rester polie – qui a passé la plus grande partie de sa carrière à viser succès et argent plus qu’à établir la justice. Jusqu’au jour où pris d’une illumination, il décide de se ranger et de prendre la tête d’un cabinet de procureurs dans l’espoir d’apaiser un peu sa conscience, rongée par les remords après qu’un homme coupable qu’il avait fait acquitter reprenne ses mauvaises habitudes. Et c’est en grande partie grâce à la décision prise par sa fille, Julie, de venir vivre avec lui qu’il va parvenir à rester dans ce qu’il estime être le droit chemin. Avoir une jeune adolescente sous sa responsabilité, ça calme. Julie n’hésite d’ailleurs pas à lui faire savoir lorsqu’elle désapprouve les décisions prises par son ex-requin de père, et fait elle aussi office de conscience en cas de débordement.

Richard Castle dans Castle

richard castle

Créée en 2009, cette série vient de faire ses premiers pas en France (diffusion le lundi soir sur France 2) et nous permet de retrouver un visage connu pour les fans de Joss Whedon : il s’agit de Nathan Fillion qui interprétait le rôle du Capitaine Malcolm Reynolds dans la série injustement mise à mort au bout d’une saison, Firefly (encore une recommandation en passant tiens). Ici, il interprète Richard Castle, un célèbre écrivain spécialisé dans les thrillers, qui est contacté par le détective Kate Beckett qui enquête sur une série de meurtres inspirés de ceux que Castle décrit dans ses bouquins. Une fois l’enquête résolue, Castle a eu le temps de prendre goût à son expérience dans la police et demande à son ami le maire de le placer comme consultant pour la police de New York, tout en en profitant pour s’inspirer à son tour de ce qu’il y voit pour lancer une nouvelle série de romans. Beckett devient alors l’héroïne de sa nouvelle saga et se voit obligée de se coltiner l’écrivain à chaque fois qu’une nouvelle enquête lui tombe sur les genoux. Et côté vie privée, Castle vit non seulement avec sa fille, mais également avec sa mère – deux générations de femmes sous le même toit au quotidien. Là encore, la fille est adolescente, sage et toute mignonne, et n’hésite pas à rappeler son père à l’ordre quand il en a besoin. Mieux encore, elle fait mine d’être vaguement embarrassée dès que son père se fait remarquer – ce qui arrive souvent – au lieu de faire un scandale et de hurler au sabotage de vie sociale comme toute jeune fille normalement constituée.

Seeley Booth dans Bones

seeley booth bones

On brise un peu le cycle des pères de filles adolescentes avec le personnage de Seeley Booth, incarné par notre amour de jeunesse David Boreanaz. Agent du FBI travaillant aux côtés de Temperance « Bones » Brennan, une anthropologue judiciaire, il se retrouve au milieu d’une bande de scientifiques qui ne savent parler que dans un jargon incompréhensible pour le commun des mortels (ils se comprennent à peine entre eux) et passe souvent pour le crétin aux gros bras qui n’est là que pour leur sauver la peau dès qu’ils se mettent en danger. En réalité, Booth et Bones sont complémentaires, malgré leurs désaccords il y a entre eux une alchimie particulière qui ne laisse personne indifférent et qui nous fait hurler « MAIS EMBRASSEZ VOUS NOM DE DIEU » à chaque fois qu’ils se regardent trop longtemps dans les yeux. A côté de ça, Booth a un fils tout jeune qu’il considère bien sûr comme la prunelle de ses yeux et avec qui il se montre très protecteur – parfois même beaucoup trop. Il craint toujours que son fils subisse un quelconque traumatisme, que ce soit après avoir trouvé un doigt dans un nid ou lorsqu’il réalise que papa n’a pas de fiancée. Dès que quelque chose menace de perturber son fils, c’est lui qui pète un câble et devient intenable jusqu’à ce qu’enfin on parvienne à le convaincre que non, son fils va très bien, qu’il deviendra sûrement un jeune homme très équilibré et qu’il ne sera pas forcé de lui payer dix ans de thérapie.

Rufus Humphrey dans Gossip Girl

gossip girls rufus

Un cas un peu particulier avec Rufus Humphrey, père de Dan et Jenny, qui au fil des saisons n’est plus tout à fait célibataire mais comme il ne s’agit pas de la mère de ses enfants, on va le garder quand même. Ici il a non seulement un jeune homme sous sa coupelle mais également une adolescente en pleine crise d’identité. Dan est relativement docile et obéissant, agissant souvent comme la voix de la raison (alors que bon hein, franchement, soyons honnêtes, quelle grosse tête de nœud celui-là), mais Jenny elle devient de plus en plus insupportable à chaque épisode. Et quand on sait que son interprète, Taylor Momsen, est également en plein trip provoc « je marche sur le fil et j’emmerde la terre entière », on a encore plus envie de lui mettre une paire de claques et de la jeter sous une douche. Mais Rufus n’étant pas non plus une lumière, les choses ne font qu’empirer. Il semble toujours tomber des nues lorsqu’il apprend les agissements de sa fille et met toujours vingt ans avant de se décider à faire enfin quelque chose d’intelligent. Mais il suffit que la blonde lâche trois larmes et deux pardon-papa pour que les choses s’arrangent. Provisoirement. Et quand on voit comment Rufus gère ses relations amoureuses, on voit bien qu’il est complètement à l’ouest. Célibataire ou non, il galère en tant que père – mais comme la série tourne plus autour des rejetons que des parents, on peut penser qu’il s’agit là simplement d’une technique pour donner encore plus de liberté à Jenny pour faire ses conneries.

Si on retire Rufus de la liste, on se retrouve avec quatre hommes à femme, tous riches et, à part Booth, plus ou moins célèbres dans des champs d’activité différents. Loups solitaires et maîtres du sarcasme et de l’humour tordus, ils ont tous l’air de petits garçons dans des corps d’adulte qui refusent de grandir mais qui, quand on les force, savent quand même prendre les choses en main lorsqu’il le faut vraiment. Mais on peut se demander où ces personnages en seraient s’ils n’avaient pas leurs enfants – bien qu’il s’agisse en majorité de rôles secondaires, ils sont quand même responsables d’un grand nombre de décisions prises par leurs pères. Rufus reste quand même le mouton noir de la liste puisque je le trouve, personnellement, complètement dénué de charme et de personnalité, et je persiste à croire qu’un bon coup de tête dans le nez ne lui ferait pas de mal.

Quoiqu’il en soit, les pères célibataires semblent vraiment avoir la côte en 2010. L’époque des pères de famille est révolue, qu’ils soient exemplaires ou non, plutôt Ted Bundy ou plutôt Bill Cosby, on en voit de moins en moins parce qu’il faut savoir vivre avec son temps et qu’apparemment le cas du parent célibataire est beaucoup plus répandu aujourd’hui que celui du bon chef de famille nombreuse et soudée.

J’aurais aimé évoquer pas mal d’autres cas mais malheureusement j’aurais été forcée de vous spoiler à mort, notamment sur des séries récentes, alors je vais me taire et si vous pensez à ce à quoi je pense *transmission de pensée* et que vous souhaitez en parler dans les forums n’oubliez surtout pas les balises spoiler afin d’éviter de briser des vies sur votre passage. Personnellement, je suis assez satisfaite par ce nouvel effet de mode, j’aime beaucoup les personnages de pères célibataires charismatique (grosse préférence pour Cal Lightman et Richard Castle mais surtout parce que j’adore les acteurs qui les interprètent).

Mais j’attends vos réactions, avis et ajouts à la liste avec impatience. Si si c’est vrai. C’est ma nouvelle fascination, alors si vous pouviez m’en faire découvrir d’autres en passant je serais ravie.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • AnonymousUser
    AnonymousUser, Le 5 octobre 2010 à 1h12

    Asgard;1777876
    Tiens , pas de Dexter. Et pourtant , il correspond bien au profil !
    Oui maintenant qu'il est célibataire ;)

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