J’ai testé pour vous… participer au NaNoWriMo

Beck a participé au NaNoWriMo, qui a lieu chaque année du 1er au 30 novembre, et qui recommence cette année. En plus de vous parler de son expérience, elle vous explique en quoi ça consiste, pour peut-être vous donner envie de vous y mettre aussi...

J’ai testé pour vous… participer au NaNoWriMo

Publié initialement le 3 novembre 2011

Jack Parker en a fait un article il y a peu. Je participe en ce moment à mon troisième, et à moi de vous parler un peu de NaNoWriMo, challenge hors norme et odyssée pour passionnés d’écriture qui a un fort goût de reviens-y. Mais commençons par le commencement.

Le NaNoWriMo, c’est quoi ce truc au nom barbare ?

Le NaNoWriMo (contraction de National Novel Writing Month, parce que c’est vrai que c’est un peu long à écrire), c’est un évènement qui revient tous les ans le 1er novembre : au premier coup de minuit, tout autour du globe, des dizaines de milliers de participants délaissent leur costume d’Halloween et endossent leur panoplie de romancier. Ce qui dans l’esprit NaNo correspond à peu près à une tenue de ninja assortie d’un grand mug de café. Car il s’agit d’écrire, en un mois, 50 000 mots d’un roman. Pour vous donner une idée, c’est l’équivalent d’environ 175 pages en format poche. C’est faisable, mais ça demande beaucoup, beaucoup de motivation.

Celui a qui on doit le NaNo, c’est Chris Baty, originaire de San Francisco et auteur de No Plot? No Problem! (« Pas de scénario ? Pas de problème ! »), livre bourré de conseils pour faire rebondir une intrigue à bout de souffle. Baty a eu l’idée du challenge en 1999, inspiré par l’idée que tout monde a en lui un livre qui mérite d’être écrit, mais que trop de gens ne prennent pas le temps de passer à l’acte. Au début, le cercle des wrimos (les nanoteurs en VF) était très restreint, mais avec l’explosion d’Internet, le nombre de participants est vite monté en flèche. Peu à peu, l’organisation s’est mise en place jusqu’à atteindre des proportions mondiales (mise en place de liaisons municipales dans toutes les « régions » pour mettre les participants en relations, programmes dans les salles de classe, mini-NaNo pour les adolescents…), et tout ceci par le biais de l’Office of Letters and Lights, organisation fondée par Baty lui-même. Le forum du site internet, gigantesque et chronophage (vous êtes prévenues), démontre à lui tout seul l’importance de la communauté qui s’est formée et qui se retrouve année après année.

Malheureusement, si le site possède une traduction française, le forum reste en anglais, à l’exception de la partie consacrée à la France.

Petite FAQ NaNoWriMo à l’usage des débutants

Découvrir le NaNoWriMo c’est un peu comme débarquer sur une île peuplée par de bien étranges créatures telles le word count, les word wars, les write-ins et ainsi de suite.

C’est bien joli tout ça, mais comment on fait si on ne se sent pas d’écrire un roman en anglais ?
Malgré son nom trompeur, le NaNo est bel est bien international. Toutes les langues sont acceptées, et chacune dispose d’un petit coin de forum qui lui est dédié.

Mais concrètement, comment on fait pour participer ?
On se crée un compte sur le site, avec présentation de l’auteur et du roman que vous comptez écrire –genre et synopsis, par exemple- et ensuite… on écrit. D’ailleurs on n’écrit pas sur le site lui-même, mais sur le logiciel de son choix, et on reporte ensuite le nombre de mots (le fameux word count) sur son profil. Une chouette barre de progression se remplit au fur et à mesure et c’est le truc le plus gratifiant du monde.

On est obligé d’écrire de la fiction ?
Ce qui est cool dans le NaNo c’est qu’on est obligé de rien. La plupart écrivent de la fiction, mais on appelle NaNo-rebelles (la classe hein ?) ceux qui optent pour autre chose : fanfiction, essais… Certains utilisent même le NaNo pour booster l’écriture de leur mémoire.

Qu’est-ce qu’on gagne si on atteint les 50 000 mots ?
La satisfaction d’avoir écrit un roman, pardi ! Ou une partie d’un roman, pour les plus ambitieux. Et bien sûr, le plaisir de s’être donné à fond pour quelque chose, voire même d’avoir fait de nouvelles rencontres si on est allé à un write-in. C’est une expérience humaine vraiment très enrichissante.

Write-in ?
Un write-in, c’est quand des nanoteurs se regroupent au même endroit (généralement un café) pour écrire ensemble. Ils se lancent des défis de qui écrira le plus de mots en un temps donné, parlent de leurs histoires, et ainsi de suite. Il y a aussi trois autres rassemblements importants : le Meet & Greet, qui a lieu fin octobre et où les futur participants se rencontrent, la Kick-Off Party le 31 octobre au soir pour ceux qui veulent commencer à écrire dès minuit, et la TGIO (pour Thank God It’s Over!) party début décembre pour fêter le retour à une vie sociale normale. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, entre le NaNo et les amis, il faut choisir. Mais sinon on est pas une secte, promis !

Avec une telle deadline, on écrit vraiment quelque chose de bon ?
« Au NaNo ce qui importe, c’est la quantité, pas la qualité ». Ne réfléchissez pas, écrivez ! Vous aurez tout le loisir de traquer les incohérences, vous facepalmer devant vos fautes de frappe et de vous demander pourquoi votre méchant manque autant de charisme durant les onze mois qui vous sépare du NaNo suivant ! Votre roman ne ressortira pas directement sous forme de prix Goncourt, pas plus que comme un gros pâté nauséabond. Pour info, sachez que plein de romans issus de NaNoWriMo ont été publiés à l’international, et deux en France ! Et j’espère bien qu’un jour les miens le seront aussi.

Journal d’une nanoteuse

J’ai découvert le NaNoWriMo en septembre 2009, en cliquant de lien en lien. J’avais dix-huit ans. Et comme je venais de finir ma première nouvelle, une histoire de super-héros dont j’étais trop fière (souvenez-vous, c’était l’année Watchmen), j’ai décidé de tenter le coup. J’ai passé tout mon mois d’octobre à imaginer mon intrigue et mes personnages (des gens normaux cette fois-ci) dans mon coin, et à traîner sur les forums avec la souris tressaillant d’impatience. Et je me suis rendue compte à quel point c’était une expérience communautaire. Les gens s’entraident, se parlent, se rencontre, tous fédérés autour d’un même but : atteindre ces 50K.

Je me suis rapprochée de la communauté française et je me suis fais des « writing buddies », c’est-à-dire des potes d’écriture qui sont là pour t’engueuler si tu traînasse ou te réconforter si tu doutes de ton idée d’inclure des pirates dans ton histoire. J’ai même gardé contact avec certain d’entre eux, post-NaNo, on s’est fait lire nos manuscrits. Je les revois avec plaisir chaque mois de Novembre.

J’ai gagné mon premier NaNo haut la main, atteignant les 50 000 mots le 11ème jour et mettant le point final de mon œuvre le 21. Au total, en un mois, j’ai écrit plus de 70 000 mots. J’étais étudiante, mais mes horaires me laissaient beaucoup de temps libre, j’adorais mon histoire et mes personnages, bref tout jouait en ma faveur. Aujourd’hui encore, avoir écrit ce roman est l’une de mes plus grandes fiertés et je le relis régulièrement. En revanche il a besoin d’un bon ravalement de façade pour être vraiment présentable, mais je n’ai pas encore eu le courage de m’y atteler ! Le deuxième NaNo, je l’ai perdu. Trop de travail en parallèle, une histoire qui stagnait, j’ai pas tenu le coup et j’ai abandonné à mi-chemin. Comme quoi, même à 20 000 mots, le défi est toujours là. Mais il dort encore dans un coin de mon ordi, au cas où !

Cette année, j’ai changé de méthode : aucune préparation à part un petit synopsis et des noms de personnages jetés sur une feuille. J’y vais à l’aveuglette et en fait j’aime bien n’avoir aucune idée de ce que je vais écrire le lendemain.

Alors, envie de tenter l’aventure ?

Venez échanger sur le NaNoWriMo 2015 sur le forum ! Si vous n’êtes pas encore inscrite sur le forum, c’est le moment !

Quelques liens :

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Tahiga
    Tahiga, Le 4 novembre 2015 à 18h20

    Oh je connaissais pas :puppyeyes: ça me tente bien! (ranh j'aurais du lire cet article plus tôt :gonk:)

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