Pour celles qui rêvent de béton, si il y en a...
Mon job, dessinatrice en bâtiment (plus précisément, chauffage/clim.) …
Le bâtiment, monde de "mâles". Je n’ai pas eu à en souffrir jusqu'à présent, excepté que j’ai dû subir l’ambiance lourdaude de mes classes d’études 98% masculines.
Qu’est ce qui m’a pris d’aller bosser là-dedans ? Aucune idée, le hasard m’a posé là. A la base, je voulais construire des maisons, aujourd’hui je dessine des réseaux de gaines.
Frustration d’un métier que tout le monde ignore… "Dessinatrice en chauffage/clim, tu dessines des radiateurs ?"
Non, je dessine. Ce qui ne se voit pas. Pire, je dessine ce qu’on cachera à tout prix : des gaines, des tuyaux, des chaufferies, des locaux techniques... Des kilomètres d’enchevêtrement de tubes au-dessus de vos têtes et dans les murs.
Je suis le lien entre celui qui calcule au bureau et celui qui pose sur le chantier. Je traduis des gribouillis de calculs et de schémas en plans clairs et fonctionnels, je m’arrange pour faire se croiser dans des pièces toutes petites des tuyaux énormes…
Les 3/4 du temps au bureau, le quart restant sur chantier, je ne m’ennuie pas !
J’ai la chance de travailler uniquement sur des très gros chantiers, je me déplace pas mal en France, je visite... Je profite de ma jeunesse pour vivre cette vie de fous qu’est celle des chantiers, des déplacements, des réunions...
Je rencontre beaucoup de monde, tous tellement différents : ouvrier, ingénieur, entrepreneurs. Costard, jeans, bleu de travail... et moi au milieu, je me demande parfois ce que je fous là. J’ai pas le look coco... mais ça marche !
Je travaille dans un milieu, qui cherche à embaucher, et qui manque de candidats.
C’est pour ça qu’a 22 ans, j’enchaîne réunions sur réunions, j’ai une dessinatrice sous mes ordres et je me tape des voyages d’affaires en avion.
Je mentirais si je disais que je gère. En fait, depuis un an et demi, je mène une double vie enivrante, étourdissante où le pallier de ma boite est la porte des étoiles et où mes deux mondes ne se rencontreront jamais.
Et j’avoue que c’est grisant.
Je ne serais jamais resté dans ce milieu si je n’avais pas rencontré mon boss. C’est grâce à lui si ce boulot me plait. Il impose dans sa petite boite une bonne ambiance obligatoire. (pour preuve, c’est lui qui m’a installé MSN ! :))
Mes potes me demandent souvent si je me sens plus responsable, plus sérieuse, plus adulte... et ben non pas plus ! Je m’éclate en fait !