J’ai testé pour vous : faire l’amour en oubliant d’enlever mon tampon. DEUX FOIS.

La pub disait vrai. Un tampon, c'est petit, discret... Si discret que ça peut s'oublier. DEUX fucking FOIS.

J’ai testé pour vous : faire l’amour en oubliant d’enlever mon tampon. DEUX FOIS.

Je n’ai rien contre le sexe en période de règles.

Mais j’ignorais qu’il était aussi possible de faire l’amour alors que l’on porte un tampon ou une cup.

Et bien oui, je l’ai testé pour vous. Deux fois, afin d’être sûre. Je déconseille.

Et laissez-moi vous dire qu’il vaut mieux avoir des grands doigts pour que ça finisse bien.

La première fois que j’ai oublié que j’avais un tampon

Je venais de mettre un terme à ma relation de quelques mois avec ce garçon, fort sympathique au demeurant.

Nous nous entendions bien sur beaucoup de points, notamment le point Q. Mais nos chemins de vie se séparaient naturellement, comme disent les gens polis.

J’avais beaucoup squatté chez lui et le jour est donc venu – le fameux – de récupérer les affaires que j’y avais laissées.

Ding dong, bonjour, bonjour… L’ambiance est un peu gênée, et électrique à la fois.

Nous étions, sans mauvais jeu de mots, beaucoup l’un sur l’autre ces derniers temps. Le fait d’avoir été séparés après notre discussion de rupture a ravivé quelque chose de l’étincelle des débuts.

Ce jour-là, lui, sa bogossitude et moi sommes à nouveau réunies dans cette chambre, et ce pour la dernière fois — les forces en présence en ont bien conscience.


Let’s do this

Prise dans le feu de l’action (si vous me passez l’expression)

Nous sommes en pleine après-midi d’été. La porte fenêtre est ouverte car il fait chaud. Serrés sur le petit balcon, nous échangeons quelques updates sur nos vies puis je fourre mes chaussettes éparses dans un sac.

Il y a un éléphant dans la pièce, que chacun fait semblant d’ignorer : LA BAISE D’ADIEU.

Mais une fois les banalités échangées, les affaires récupérées, l’évidence se fait jour. L’attirance physique est toujours là, boostée par une semaine d’abstinence forcée, démultipliée par la tension émotionnelle de la séparation.

J’aimerais vous donner force détails grivois sur la suite des opérations mais le souvenir est plus que flou.

Tout s’emballe, tout s’enchaine et tout s’emboite comme à l’époque. Le sexe est passionné car chacun sait bien que ce sera le dernier.

Nous nous quittons étourdis par ce rapport non prémédité qui a peut-être été le meilleur de tous par son intensité. Je quitte son appartement pour rejoindre le métro, re-faite.


Moi, inconsciente du drame qui se joue dans mon vagin

Youpi, j’ai oublié d’enlever mon tampon

Je suis au centre d’une rame moite et les stations défilent vers ma destination finale, mon chez moi.

Soudain, l’idée me frappe comme la foudre. Une voix claire et précise s’élève du fond de mon cerveau :

« Mais t’avais pas un tampon ? »

Je fixe mon reflet dans la vitre comme pour me demander la réponse. Mes yeux s’écarquillent comme jamais.

Oui, c’est la fin de mes règles et ce matin, j’ai mis un tampon. Puis je l’ai oublié. Entre temps, j’ai fait l’amour.

Mais lui n’a pas bougé et il est sûrement toujours là. Mais où ?

Pendant notre rapport, le mec n’a rien senti (ou alors il n’a rien dit) et moi non plus.

Où est-ce que ce petit con en coton est allé se fourrer ? Je pense au stérilet de ma mère qui s’est fait la malle par ses muqueuses pour se retrouver à flotter quelque part dans son bide. Vais-je regurgiter mon Tampax ?


Ah le voilà. Je le cherchais partout.

Chercher un tampon dans son vagin, un bonheur

L’attente est terrible. Debout dans mon wagon, il n’ y a RIEN que je puisse faire pour tirer l’affaire au clair.

Je dois attendre d’être arrivée, immobile, crispée sur ma barre en fer. Avant de m’imaginer aux Urgences, j’angoisse déjà à l’idée de devoir utiliser mes propres doigts (chose qui me DÉGOÛTE) pour retrouver le dit tampon.

Je monte les six étages de mon immeuble et guettant la moindre sensation vaginale qui pourrait m’indiquer la position géographique du disparu.

Me voilà sur mes toilettes, m’apprêtant pour la première fois à m’auto-pratiquer un petit contrôle gynéco de routine.

Je prends mon courage à deux doigts et pars à la recherche du tampon oublié.


Banzaaaïïïïïïï

Le tampon est bien là, recroquevillé contre la paroi, tout traumatisé par ce qu’il vient de vivre. Il est loin. Je peux tout juste le toucher. Je me fais violence pour repousser les limites de mon dégoût, juste assez pour le pincer du bout des doigts et l’extraire.

Soulagement. Je n’aurais pas à expliquer à la dame de l’hôpital comment j’ai réussi à faire cohabiter un tampon et un pénis dans mon vagin, et c’est une bonne chose.

La deuxième fois que j’ai oublié d’enlever mon tampon

Bon alors, la deuxième fois a fatalement moins de charme…

Je suis en couple depuis quelques années. Une fin de règles, une fois de plus. La situation dérape au beau milieu d’un film. Un élan sauvage s’empare de nous, mon cerveau se met en veille.

Comme la première fois – je commence à prendre mes petites habitudes tavu – le drame se passe, dans l’inconscience générale.


ELLIPSE TEMPORELLE DANS LE RÉCIT

Comme la première fois, la réalité me revient en pleine face alors que je me remets à peine de mes émotions.

« Là je viens de faire l’amour.
Mais tout à l’heure, j’ai mis un tampon.
Et depuis, c’est très drôle, mais je n’ai pas le souvenir d’avoir enlevé le tampon. »

NooooOOOOn ! It’s happening again ! ! !

Mon mec est encore en train de reprendre sa respiration quand je lui fais part de ma situation. Ses yeux s’exorbitent, tout comme les miens quelques années plus tôt, dans le reflet de la vitre du métro.

L’avantage, c’est que je connais désormais la procédure. J’entreprends la rescousse du tampon oublié en direct de sous la couette. Le verdict de ma session spéléo tombe : inatteignable.


J’y suis preeeeeeesque

Mon mec, qui hésitait jusqu’ici entre s’inquiéter et crever de rire, garde son sang-froid :

« Tu veux que j’essaie ? »

C’est beau, l’intimité… J’accepte, je respire à fond et j’essaie de me détendre.

Avec calme, douceur et précision, il parvient à se saisir du tampon et à le retirer. La fierté se lit sur son visage. Mon admiration pour son courage et son flegme n’a aujourd’hui d’équivalent que ma reconnaissance.


T’es trop fort chéri

Il prendra beaucoup de plaisir à me mimer la scène en se fendant la poire pendant les mois qui suivirent. Merci, j’y étais.

Quant à moi, avec le « jamais deux sans trois » qui me pend désormais au nez, je vais sans doute investir dans cette cup qui permet de sexer.

Une belle invention ça.

Et vous, vous avez déjà zappé vos règles/votre protection, aveuglée par l’entrain et le désir brûlant ? 

À lire aussi : Josée l’Obsédée et encore une histoire de tampon qui tourne mal

Galveston, en salles le 10 octobre, présenté par Kalindi !

QueenCamille


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Commentaires
  • Mango leon
    Mango leon, Le 30 avril 2018 à 4h42

    Moi c t une cup et mon partenaire ne s'en est pas rendu compte... ni moi d'ailleurs sur le moment .... oui cest poissible ... comment ? Je ne sais toujours pas ...

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