Mère-Fille : Mathilde, 28 ans, et Isabelle

À l'occasion de la Fête des Mères, Mathilde, 28 ans, et Isabelle sont le troisième duo mère-fille à répondre à nos questions !

Mère-Fille : Mathilde, 28 ans, et Isabelle

Mathilde a 28 ans. Elle est graphiste indépendante depuis 6 ans et habite à Strasbourg depuis autant de temps. Elle a répondu à notre appel à témoins pour se faire interwiever parallèlement de sa maman Isabelle qui a deux autres enfants en plus de Mathilde. Elle a 53 ans et est conseillère en insertion professionnelle dans un IME en plus d’être sophro-analyste et d’envisager de reprendre une licence de psycho. Toutes deux ont accepté de parler de l’autre dans cette interview mère-fille !

Quelle est la nature de votre relation ?

Isabelle : Je qualifierais ma relation avec Mathilde de privilégiée ! Je peux parler de tous les sujets avec elle. Parfois à condition d’y mettre des formes quand les réflexions la concerne. Nous sommes très proches. J’ai un certain temps eu peur que la relation soit fusionnelle et donc que chacune ait du mal à trouver sa place, mais en fait, non, chacune a sa propre personnalité.

Mathilde : On n’est pas forcément fusionnelles ou super proches et puis, comme on est loin en distance on se laisse respirer. Mais ça ne nous empêche pas d’être vraiment complices dans le sens où on se parle beaucoup et où je n’ai pas de secret pour elle.

Tu penses que votre relation a évolué dans le temps ?

Mathilde : C’est plutôt ma mère qui a changé entre temps parce qu’elle a changé de métier et que ça l’a fait évoluer. Au début, comme on a des caractères très forts il y a eu pas mal de pics, mais ce n’était jamais méchant. Finalement depuis, je me suis physiquement éloignée et j’ai eu un petit garçon, alors il y a eu pas mal d’étapes qui ont eu lieu dans ma vie et elle a toujours été très bonne conseillère. Elle réfléchit bien, elle ne juge pas, ses conseils m’ont toujours beaucoup aidée.

Et puis quand j’étais petite, je la voyais toujours stressée et pas spécialement heureuse dans sa vie de femme (enfin, moi c’est ce que j’ai ressenti). Elle me conseille de manière à me protéger sans pour autant m’influencer, en me laissant mon propre choix. On a une relation beaucoup plus posée et saine qu’au départ sans pour autant passer une semaine complète ensemble parce qu’on a des caractères trop similaires on va dire.

Quelle est pour vous la plus grande qualité de l’autre ?

Mathilde : Elle est à l’écoute. Quand j’ai dû faire des choix, c’est vraiment la seule personne qui m’a bien conseillée et surtout la seule personne à qui j’avais envie d’en parler. J’avais vraiment confiance, je savais qu’elle m’épaulerait si je l’appelais même si elle finissait toujours par me dire quelque chose comme « écoute ton coeur ». Ce n’était pas forcément ce que j’attendais (elle rit). On va dire que c’est un bon psy. Elle a plus tendance à donner des indices qu’à donner des réponses aux dilemmes.

Isabelle : La grande qualité de Mathilde, c’est sa spontanéité. J’aurais pu dire son authenticité mais je pense qu’elle est déjà dans le mot, plus global, de spontanéité.

Et au contraire, le défaut qui vous agace chez l’autre ?

Mathilde : Elle monte vite au créneau et il est parfois difficile de comprendre pourquoi. Ça peut aller super bien et d’un coup ça explose. C’est assez dur à vivre alors je prends le parti de m’en foutre et je laisse passer (rires). Je sais que ça surprend ceux qui ne sont pas habitués, mais deux minutes plus tard, ça lui passe. Moi ça ne me choque pas parce que je suis un peu comme ça aussi, mais le conseil que je donne toujours à ceux qui s’en étonnent c’est de laisser passer la crise.

Isabelle : Son plus grand défaut, qui est lié à sa qualité, pourrait être qu’elle est impulsive. Parfois, ça lui masque la possibilité d’un raisonnement construit. Donc elle réagit en premier et pense légèrement après. Cela peut engendrer des relations conflictuelles !

Quel a été le plus mauvais moment ou la plus mauvaise période que vous avez vécu ensemble ?

Mathilde : Un truc pas agréable… Je sais pas trop c’est dur à dire. Je dirais la fois où elle a su que j’étais pas allée à mon cours de maths (elle rit). On fait tous des bêtises ado mais oui, je crois qu’une fois je ne suis pas allée à un cours de maths et je sais pas comment j’ai pu m’imaginer qu’elle ne le saurait pas, c’était vraiment bête. J’avais tellement honte !

Isabelle : C’est quand Mathilde a commencé à « mener » sa vie d’ado et qu’elle se fichait totalement de ce que je pouvais ressentir ou vivre à cette période qui m’était « personnellement » difficile. En fait, elle semblait totalement m’ignorer…

Mathilde, est-ce que ça t’a fait bizarre quand tu as dû partir de chez tes parents ?

Non, pas vraiment, c’était clair depuis longtemps qu’à 18 ans, je devrais partir de chez moi pour faire des études. En fait j’étais vraiment super contente : pas parce que j’allais plus les voir, mais parce que j’allais faire ma propre vie. Bon, et puis de toute façon, ma mère n’était jamais très loin puisqu’elle m’appelait tous les soirs et que je n’avais même pas le droit de sortir ! Et le pire c’est qu’au début, je l’écoutais alors qu’il n’y avait aucune chance pour qu’elle sache si je sortais ou pas ! (Elle rit)

Votre plus beau moment ensemble, ce serait quoi ?

Mathilde : Je dirais que c’était il n’y a pas très longtemps, c’était un truc récent vraiment super bien. En septembre on est parties deux, trois jours toutes les deux en Suisse. Depuis qu’on est tout petits elle nous emmène souvent en Suisse pour passer une journée, pour se détendre et là ça faisait presque dix ans qu’on y était pas allées. Et elle m’a appelée pour me proposer de partir avec elle. C’était tout simple : on est allées manger une fondue dans les hauteurs, on était toutes les deux et j’ai vraiment adoré.

Je ne m’étale pas trop sur mes sentiments et je ne suis pas très tactile et je ne dis pas souvent je t’aime, ce n’est pas mon genre d’être démonstrative. Mais voilà, elle est avec ma famille la personne qui compte le plus dans ma vie.

Isabelle : J’ai un bug, je ne trouve pas LE meilleur moment parce qu’on en a eus plusieurs… Je dirais que c’est à chaque fois que je l’ai senti complice, dans un moment de bonheur que nous avons partagé ensemble…

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Il n'y a pas encore de commentaire