Pourquoi la masturbation devrait être enseignée à l’école

La masturbation reste un sujet si délicat qu'il est éludé même par l'éducation sexuelle. Les répercussions de ce tabou sont bien plus étendues qu'il n'y parait.

Pourquoi la masturbation devrait être enseignée à l’école

J’ai découvert le mot « masturbation » en 6ème. Il est sorti de la bouche d’une amie qui en plaisantait, comme si le terme était connu de tous. Moi, je ne l’avais jamais entendu.

J’ai tu mon ignorance et attendu d’être rentrée chez moi pour le rechercher dans le dictionnaire !

Le tabou de la masturbation

À la lecture de sa définition, j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait de cette activité secrète que je pratiquais depuis des années sans la nommer.

J’ai saisi du même coup que la masturbation était du sexe. J’en avais l’intuition, et j’avais gardé ma découverte pour moi, y soupçonnant quelque chose d’honteux.

C’est donc aussi à ce moment-là que j’ai compris que je n’avais pas inventé l’orgasme.  D’autres gens étaient visiblement au courant. Mais alors pourquoi personne ne m’en avait jamais parlé ?

Peut-être avait-on prévu de le faire quelques années plus tard, lors de mon unique cours d’éducation sexuelle ? Non plus.

À part sur le ton de la blague, le sujet n’était pas davantage évoqué dans mes conversations avec mes potes. 

Je n’avais pas besoin que l’on m’explique de quoi il s’agissait ou comment le pratiquer, j’étais auto-didacte sur le sujet.

Mais j’aurais aimé qu’on me parle de masturbation pour me dire que c’était normal et sain, pour comprendre comment mon corps fonctionne et pour remettre le plaisir au centre de la sexualité.

Plaidoyer pour la branlette à l’école

Quand je repense à l’ambiance brutale de mon collège, j’ai encore quelques doutes quant au fait que l’école soit le meilleur endroit pour dispenser une éducation sexuelle.

Mais enseigner le consentement, le respect et des comportements responsables me paraît pour le moins indispensable, et c’est bien mon propos ici.

Je ne suis pas en train de proposer des travaux pratiques pour que les élèves apprennent à se toucher en classe ! Je souligne simplement que si éducation sexuelle il y a, celle-ci se doit d’inclure la masturbation. 

Voici donc mes raisons pour lesquelles la masturbation devrait faire partie intégrante des cours d’éducation sexuelle, prévus dans la loi et réaffirmés par Marlène Schiappa !

Une éducation sexuelle moins biaisée grâce à la masturbation

Éluder le sujet de la masturbation revient à ne pas enseigner toutes les manières de prendre et donner du plaisir.

Cette omission participe à une représentation hétéronormée dans laquelle le sexe ne peut être QUE « pénis-dans-vagin ».

Les conséquences de cette vision biaisée sont nombreuses et graves, la plus évidente d’entre elles concernant l’exclusion des personnes LGBT et l’entretien de mythes infondés autour des sexualités non-hétéro.

Présenter la pénétration vaginale comme l’unique relation sexuelle valable exclut d’emblée les personnes qui ne veulent ou ne peuvent pas la pratiquer, et sous-entend qu’elles doivent s’y mettre, que ça leur plaise ou non.

Alors que la masturbation joue un rôle crucial pour déterminer ce que l’on aime sexuellement et avoir du plaisir !

Libérer la sexualité féminine grâce à la masturbation

La masturbation reste particulièrement tabou chez les femmes.

Je pense que tous mes camarades masculins de 6ème savaient ce qu’était la branlette, et qu’une large majorité d’entre eux l’avait déjà pratiquée. Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire autant des meufs

Ne pas « enseigner » le sexe solitaire a des répercussions particulières sur la sexualité féminine.

Conséquence directe de ce manque d’enseignement autour du plaisir : un écart d’orgasme démesuré dans les relations hétérosexuelles.

Pour une grand part de femmes, la pénétration vaginale n’est pas la clé du plaisir.

Alors qu’en 2016, une fille de 15 ans sur 4 ignorait qu’elle avait un clitoris, la masturbation est un bon moyen pour les filles de connaitre leur corps et d’être beaucoup plus claires sur ce qu’elles souhaitent avec et de la part d’un partenaire.

La stimulation clitoridienne pendant les rapports est un moyen simple de résorber cet écart orgasmique…

Mais c’est impossible tant que la masturbation féminine est présentée au pire comme honteuse, au mieux strictement réservée aux préliminaires !

La masturbation, parlons-en !

En clair, le tabou autour de la masturbation féminine perpétue le stéréotype de la femme passive au lit, alors que se comprendre soi-même est un formidable moyen de s’empouvoirer dans les relations sexuelles.

En perpétuant l’ignorance autour du fonctionnement des vulves, on forge une certaine idée de ce que doit être le sexe. On zappe toutes les manières autres que pénis-dans-vagin de prendre du plaisir.

On sous-entend que les femmes n’aiment pas le sexe, qu’elles ne recherchent que l’amour, pas le plaisir. On entretient le fait que l’orgasme qui compte est celui de l’homme.

Il est temps de changer nos représentations. Inclure la masturbation dans l’éducation sexuelle, c’est en faire un enseignement qui bénéficie à toutes et tous.

Et en attendant, il y a Charlie.

À lire aussi : Non, l’école ne va pas apprendre aux enfants à se masturber

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Commentaires
  • Aguarà
    Aguarà, Le 9 novembre 2018 à 17h37

    Je n'ai pas lu tous les commentaires, pas le courage, désolée.
    Mais je trouve que le titre de l'article ainsi que les sous-titres tels que "Plaidoyer pour la branlette à l'école" sont très maladroits et n'ont rien à voir avec le contenu de l'article. Soyons clair, je n'imaginais pas que QueenCamille voulait qu'on fasse des cours pratiques de masturbation à l'école mais c'est seulement parce que je connais Madz et je regarde les vidéos de QueenCamille. Pour la grosse majorité des gens qui voient apparaître ça sur leur fil d'actu facebook, ça doit juste confirmer les peurs liées à l'éducation sexuelle. Et je trouve ça grave de ne pas prendre ces peurs au sérieux et de les renforcer. Les titres putaclics, non merci hein.
    L'article en soit est pas mal sinon, mais un peu vide je trouve. Je pense que ce serait en effet important d'évoquer la masturbation dans les cours d'éducation sexuelle mais à mon avis y aurait pas grand chose à dire si ce n'est : c'est normal, ça se fait de manière discrète, c'est cool.

    Bref, déso si ce que je dis a déjà été débattu mais je trouve dommage de devoir mettre des titres provocateurs pour...pourquoi en fait ?

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