Ces loses du passé qui nous hantent (mais qui sont utiles)

Listons ensemble les pires épreuves qu'on a dû traverser quand on était au collège et au lycée, celles qui nous ont un peu aidées à grandir malgré tout.

Ces loses du passé qui nous hantent (mais qui sont utiles)

Le collège et le lycée sont un peu comme les 12 travaux d’Hercule, façon triviale et en moins palpitant. On doit y vivre chaque jour des épreuves qui nous font grandir tant elles nous semblent difficiles à gérer sur le coup. Pour toi, pour moi, pour faire ensemble notre thérapie et exorciser ces grands fails qui ont jalonné notre adolescence à tel point que certains d’entre eux nous marquent encore aujourd’hui, typologions-les ensemble.

Le sport quand on est nulle en sport

On en discutait entre deux poignées de chips avec Flo, aussi calée en sport que je peux l’être et on se disait que, vraiment, les cours d’EPS représentent plus ou moins les heures les plus sombres de notre adolescence.

Car le sport est obligatoire jusqu’à la fin du lycée : on est obligées d’y aller, quelque soit notre niveau, et pour peu que ton prof soit un peu au fait des règles féminines et qu’il/elle sache qu’elles ne sont pas hebdomadaires. Il faut alors…

  • Courir – ce qui n’est pas facile quand on n’a pas de souffle et qu’on court en bougeant les bras et les mains dans tous les sens, comme je l’ai toujours fait.
  • Faire du sport collectif et gérer ainsi la pression des autres élèves qui se débrouillent plutôt pas mal et ne peuvent s’empêcher de regarder de travers les boulets dans mon genre. Sachant qu’ils ont doublement les boules, parce que c’est ta prof qui les a obligés à te prendre dans leur équipe.
  • Aller à la natation à un âge où on a parfois du mal à accepter de se mettre en maillot de bain.
  • Faire de l’escalade. Chiant quand on a le vertige et qu’on finit par se cramponner en pleurant à 1m10 du sol.

L’apogée de cette épreuve hebdomadaire ou bi-hebdomadaire reste pour moi le cross du collège, auquel j’étais obligée de participer. Dans mon cas, il avait lieu en octobre, en pleine période des moussons dans la Picardie qui m’a vue grandir. On devait alors non seulement courir vite, mais surtout courir longtemps en faisant bien attention à ne pas glisser dans les énormes flaques de boue qui jalonnaient le parcours. Des endroits particulièrement glissants où l’équipe des profs cool de l’établissement s’installait pour nous voir nous rouler dans la terre humide.

Je ne comprends pas ces personnes.

Bénéfice « amélioration de son soi » : on y a appris que le ridicule ne tuait pas complètement, mais qu’il pouvait filer des courbatures.

Les pelles au milieu de la cour

Comme je l’évoquais dans ces trucs qui ont marqué nos années collège, les collégien-ne-s ont pour particularité de toujours traîner en groupe. Du coup, quand il fallait sortir avec quelqu’un issu d’un autre clan, le premier baiser s’apparentait à un rituel tribal. Les deux partis, chacun d’un côté de la cour, laissaient alors partir leur poulain pour qu’il/elle retrouve le/la nouvel-le élu-e de son coeur au milieu. Là, les deux représentants s’embrassaient goûlument, souvent en tournant la langue dans le sens des aiguilles d’une montre, sous les yeux de tous les élèves présents. Une fois l’acte fini, chacun repartait alors de son côté, souvent en s’essuyant la bouche avec sa manche.

Leur discrétion s’explique par le fait qu’ils n’étaient probablement pas au collège.

Il ne manquait plus que les bruits de tambour et les incantations incompréhensibles pour parfaire l’impression d’un autre temps laisée par ce genre de micro-évènement.

Bénéfice « amélioration de soi » : on apprend les bienfaits de la pudeur.

Aller chercher un billet de retard à la visco

Aujourd’hui, quand tu arrives un peu en retard à la fac ou au travail, c’est pas grave : soit il y a trop de monde dans l’amphi pour que le prof le remarque, soit tu rattrapes les minutes perdues le soir. À l’époque du lycée ou du collège, il en allait tout autrement, et c’était encore plus gênant que de se faire coller un chewing-gum dans les cheveux et de faire semblant de trouver ça drôle.

Car bien souvent, dès que la sonnerie marquant le début de cours retentissait, le professeur fermait la porte d’un air sévère : tu arrivais 30 secondes après ? À la vie scolaire. Direct. Il fallait donc expliquer aux pions comment tu étais coincée dans les toilettes parce qu’une fille un peu plus baraquée que toi t’y retenait prisonnière, ou que tu avais eu un problème digestif juste avant, ce genre de choses tout à fait agréable à sortir devant un adulte, quoi. Presque toutes les nuits, pendant des années, j’ai rêvé de me perdre dans mon établissement scolaire et d’arriver après la sonnerie en cours. J’en suais des hectolitres, pour sûr.

Bénéfice « amélioration de soi » : on apprend la ponctualité.

Les mensonges de la rentrée

La rentrée n’était généralement pas une mince affaire : il est toujours bien vu de profiter de deux mois loin des autres pour s’inventer une vie trépidante, histoire de se faire une jolie réputation toute neuve. Mais le pire dans cette épreuve n’est pas d’inventer des histoires toutes plus improbables les unes que les autres (« J’ai perdu ma virginité dans les douches. Ouais, debout, en poirier par moments. C’était pas facile pour une première fois, mais il paraît que je fais ça bien »), mais bel et bien de se souvenir qu’on les avait inventés. Exemple de conversations extrêmement gênantes :

« – Pff, j’en ai marre d’être vierge, j’ai 12 ans quand même, il serait temps…
– Bah t’as pas fait ça cet été, dans les douches, en poirier ?
– Ah ? Ah ouais, ouais ouais. Mais bon, il en avait une toute petite alors ça compte pas (regard furtif du coin de l’oeil pour voir si l’autre croit à ce deuxième mensonge éhonté). »

Bénéfice « amélioration de soi » : c’est quand même super bon pour l’imagination et la constance narrative.

Et toi, quelles ont été (ou quelles sont, d’ailleurs) les pires épreuves de ta vie d’adolescente ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Katriona van Beethoven
    Katriona van Beethoven, Le 23 août 2013 à 13h59

    Je confirme tout!
    Le sport! Cross obligatoire en 6ème et en 5ème (heureusement plus après!), j'étais dans les dernières, je crachais demi-morte mes poumons: Mauvais souvenir!
    Je me souviens qu'en 4ème, en gym (je déteste la gym! Je suis souple comme du beurre congelé!), on devait un à un (devant tout les autres donc) sauter sur le trampoline et faire une roulade avant sur une espèce de cheval d'arçon avec les jambes tendus. Je me suis cachée (oui oui cachée) au fond de la salle pour pas avoir à le faire. Mais le prof s'en est aperçu. Toute la classe a crié mon nom, j'ai essayé et je me suis rétamée. Tout le monde a ri et j'ai voulu mourir de honte!
    La Visco: tout à fait d'accord en tout points! Mais le plus marrant dans l'histoire c'est que j'ai été pionne dans un collège, c'est cool d'être de l'Autre Côté du bureau!
    Les pelles: je me souviens DU couple qui s'embrassait partout et tout le temps et tout le monde était ébahi parce que ça faisait grand!
    Mensonges de la rentrée: j'en avais pas mais je me souviens que je me disais toujours "cette année, je m'applique, j'écris bien dans mes cahiers." Quelques jours plus tard, première rature, premier blanco qui bave, adieu la bonne résolution!

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