Instant putassier # 31 : les filles qui n’aiment pas les filles

BONJOUR, HUMANITE EN PUTREFACTION. Ca faisait longtemps que je n’avais pas été d’aussi bonne humeur. Sûrement parce que cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vu(e)s. Aussi parce que j’écoute le live de Blink-182 et ça me rappelle quand j’étais au collège et qu’on s’envoyait des petits mots en classe disant « prout + […]

BONJOUR, HUMANITE EN PUTREFACTION.
Ca faisait longtemps que je n’avais pas été d’aussi bonne humeur. Sûrement parce que cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas vu(e)s. Aussi parce que j’écoute le live de Blink-182 et ça me rappelle quand j’étais au collège et qu’on s’envoyait des petits mots en classe disant « prout + caca = toi » et que ça pouvait nous faire rire comme des autruches pendant le reste du cours. Mais vous savez ce qui pourrit mon funk comme un barbecue qui prend l’eau ? Les filles qui n’aiment pas les filles.

Il s’agit d’un concept assez simple : vous avez sûrement déjà entendu / lu une fille répéter régulièrement « je m’entends mieux avec les garçons » ? Cette fille a 74% de chances de développer cette peur prosaïque qu’est la peur de l’autre fille.

Concrètement, le fait de déclarer publiquement qu’on s’entend mieux avec les garçons est une manière à peine voilée de dire l’inverse, qui est : « je ne suis pas une fille comme les autres ». En sous-entendant que ELLE, elle a des relations privilégiées avec les garçons, elle sous-entend également par-là que les autres filles sont des êtres indignes d’intérêt, passionnés par l’épilation de leur moustache, le bronzage de leur raie des fesses et Brad Pitt. Et qu’elles ne sont pas comme ces filles là. Qu’elles sont plus profondes, moins chiantes, plus marrantes, qu’elles sont comme un meilleur pote avec des nichons.

Voici comment la F.Q.N.A.P.L.F (l’acronyme prenant plus de temps à écrire que la phrase en entier, ce sera la seule fois que vous le verrez ici) se voit :

Et maintenant dont elles perçoivent les centres d’intérêts des autres femelles :

Grande nouvelle : on peut être une fille et aimer le skate et les Super Héros et le vernis à ongles, et être un garçon et aimer lire la presse people et écouter Cat Power et regarder des films de guerre ou de voitures.

Voici pourquoi les filles qui n’aiment pas la majorité des filles sont pénibles : car, en voulant affirmer une pseudo-différence, elles participent aux clichés sans s’en rendre compte. D’ailleurs est-ce que vous avez déjà entendu / lu une fille affirmer qu’elle « s’entend mieux avec les filles » ? Non, parce que ça sous-entendrait qu’elle considère alors tous les garçons comme des gros beaufs qui aiment le tunning et péter devant PES. Ou qu’elle est lesbienne.

BIEN, maintenant, voyons comment reconnaître une F.Q.N.A.P.L.F (en fait ce n’est pas si dur à écrire). Si vous cochez plus de trois affirmations, c’est que la fille que vous soupçonnez de misogynie est bien une F.Q.N.A.P.L.F, ou si vous le faites pour vous-même, c’est que  vous êtes bien une F.Q.N.A.P.L.F (celui-là je viens de le taper les yeux fermés)

  • Mépris et/ou disputes fréquentes envers des filles sans réelle raison
  • Disparition des soirées testostérones dès qu’une autre fille fait son apparition
  • Roulage de pelles et/ou relation sexuelle avec chacun ou presque de ses amis
  • Sentiment de décalage par rapport aux autres personnes de sexe féminin
  • Rappel fréquent de la blague « tire mon doigt »
  • Allusions réitérées au sexe
  • Description du moi enfant comme étant « un garçon manqué avec des couettes »

En réalité, la fille qui n’aime pas les filles n’est pas réellement anti-filles, elle se sent simplement en danger face aux autres brebis alors qu’elle voudrait être choisie par le grand méchant loup. Il ne s’agit ni plus ni moins qu’un sentiment de compétition exacerbé. Un mélange subtil entre absence de confiance en soi et vanité. La F.Q.N.A.P.L.F ne peut s’empêcher de se placer en rivale face à ses pairs – d’où les conflits fréquents. A noter qu’elle a tout de même des amies, mais elles sont relativement rares.

Comment s’en débarrasser, me direz-vous ? Il est quasiment impossible d’entamer une discussion avec la F.Q.N.A.P.L.F étant donné qu’elle est souvent en mode agressif ou qu’elle se contente tout simplement de vous ignorer. Le mieux est d’interagir le moins possible avec elle si vous sentez qu’elle est sur la défensive avec vous : contentez-vous d’être copine avec des filles qui acceptent de jouer à Street Fighter 4 sans se sentir à part pour autant (je ne connais personne qui n’aime pas mettre des coups de boules à Ryu) et avec qui vous pourrez aussi parler de la crise de la Converse All Star©.

La prochaine fois je vous parlerai des gens qui disent irrémédiablement aux mecs qui font plus d’1m95 : « tu fais du basket ? ».

Big up
Viens apporter ta pierre aux 105 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Angelfus
    Angelfus, Le 14 janvier 2016 à 19h30

    Bonjour à vous toutes (ou tous hein, pas de distinctions entre genres hihi).

    En toute honnêteté - et croyez moi je vais la faire en version courte - Est-il vraiment intelligent et respectueux de dire que les filles qui n'aiment pas les filles ont directement un soucis quelconque qu'il faudrait limite soigner? (Ou est-il vraiment besoin de les traiter de la sorte? C'est leur vie, leur perception de leur environnement ou de leurs relations sociales, qui es-tu toi Pr. Bobby Freckles pour leur dire que leur perception est mauvaise/faussée/d'une saloperie malpropre? Parce que cet article m'a franchement donné cette impression.

    Ma réponse perso: Non, ce n'est pas trés intelligent de cataloguer les gens sous prétexte qu'une étude....Oui oui, les études scientifiques se contredisent entre elles sur bon nombre de sujets, alors pourquoi accorder plus d'importance à cet article là? Pourquoi penser que ces jeunes femmes qui (toujours selon Pr. Bobby Freckles) ont visiblement un manque de confiance en soi -comme on peut TOUS en avoir à des degrés différents- ne méritent pas plus de soutient que celles qui subissent....Aller admettons, le Slut shaming?

    Cet article rabaisse légèrement les attentes que j'ai de Mademoiselle.

    Mais bon, reprenons des phrases mythiques comme: "Et maintenant dont elles perçoivent les centres d’intérêts des autres femelles" Le terme Femelle me semble trèssss approprié -notez ici un peu d'ironie hein- pour parler de femmes, dans un article qui parle de femmes qui n'apprécient pas la compagnie des autres femmes....Et en plus on se prend des réflexions dans la gueule, comme quoi on serait "pénibles", parce que oui je fais partie de ces filles casse-noisettes qui s'entendent très peu avec les autres femmes et pourtant j'arrive à avoir 2 ou 3 potes filles avec lesquelles ça passe...Mais enfin hein, ne sortons pas de la généralité de l'article, au cas où, par le simple fait de ne pas vouloir être vulgaire, je pourrais en venir à contrarier l'auteure de l'article...

    En tant que femme qui a toujours eu des "soucis" pour m'entendre avec d'autres femmes je peux dire que.....Bah oui, un garçon manqué peut se sentir plus proche de ses amis masculins que de ses amies au féminin, comme les hétéros ne traînent pas qu'avec le sexe opposé, les lesbiennes ne traînent pas que entre filles et les mecs gays ne passent pas toute leur vie chez confo à chercher de quoi meubler leur sublime intérieur. Et si le fait d'être "un garçon manqué" avec ou sans sentiment de menace d'une sorte quelconque, pouvait s'apparenter à un sentiment proche de la transsexualité? Et donc qui dénote d'un mal être profond qu'on ne peut pas changer en modifiant juste le physique par exemple?

    Sais-tu combien de personnes ont subit des violences, viols etc qui les ont poussés à changer leur vision du monde? Parce que j'estime que si ma vision des choses peut être faussée, ça en reste la faute à un système mal foutu qui cherche à créer le mal être et qui le réussit bien (Et je ne vais pas m'acharner sur l'explication de l'hyper-sexualisation au quotidien qui peut parfaitement pousser à ce sentiment de "danger", ni à parler de mannequins, d'actrices X et j'en passe. L'amour et l'attirance ne sont plus ce qu'ils étaient).

    Tout ça pour dire que cet article est rédigé de façon à susciter une réaction plus ou moins négative envers des personnes qui peuvent avoir elles-aussi besoin d'un soutient pour comprendre les enjeux sociaux/sentimentaux du rejet de l'autre...Un article sous un point de vue neutre et non agressif aurait été beaucoup mieux accueilli je pense.

    A bon entendeur, et si vous n'aimez pas les filles en étant une fille: bordel, on est dans un pays où vous pouvez être qui vous souhaitez être...Et si quelqu'un ne vous plait pas, aucune norme ne devrait vous empêcher de vous sentir libre d'exprimer votre point de vue.

Lire l'intégralité des 105 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)