Petites humiliations du quotidien

Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 17 août 2012     

Est-il possible de vivre sans connaître quelques petits moments de honte ? Je ne pense pas. Revenons ensemble sur ces looses du quotidien qui égratignent notre dignité et mettent à mal notre image de fille dans le vent.

Publié initialement le 6 octobre 2011

Il y a des jours où un nuage de poisse stagne juste au-dessus de ta tête. Ces jours-là, ta fierté est mise à mal par des situations plutôt embarrassantes à cause d’un équilibre précaire sur des talons trop hauts ou d’un manque de vigilance.

Revenons ensemble sur ces situations gênantes qui jalonnent, ou peuvent jalonner notre quotidien et transforment une journée qui démarrait bien en un véritable calvaire.

La chute malencontreuse dans le bus ou le métro

Je pense ne pas trop m’avancer si je dis que c’est déjà arrivé à tout le monde au moins une fois. Cette situation peut être provoquée par un à coup, un pogo lancé par des lycéens, ou par un croche-pied intentionnel d’une fille persuadée que tu as dragué son mec.

Mais le plus humiliant dans la chute n’est pas la chute en elle-même. Non. Le plus humiliant dans la chute, c’est l’après, le moment où, étalée de tout ton long, juste après les quelques secondes de black-out, tu ne sais guère quoi faire. Et la question que je te pose à toi, madmoiZelle, c’est : comment réagir à sa propre chute ?

Très vite, les possibilités se présentent à la chaîne dans ton esprit.

  • Soit tu ris. Mais si tu ris, assure-toi d’être avec une connaissance non-hostile, sinon tu passes pour une maniaque.
  • Soit tu te relèves le plus naturellement du monde, avec, si possible, un peu d’élégance. Ce qui est impossible si tu essaies de te relever dans un bus en marche.
  • Si tu tiens vraiment à l’élégance, reste allongée par terre et fais la morte jusqu’au prochain arrêt.
  • Si tu te contrefous d’avoir l’air classe, traîne-toi jusqu’à la barre au milieu du bus, accroche-toi à elle avec lourdeur, brinquebalant en rythme avec les mouvements du véhicule. Ne la lâche surtout pas : tu pourrais faire un roulé-boulé jusqu’au pare-brise. Puis, hisse-toi, du mieux que tu peux, jusqu’à te tenir à nouveau droite et faire comme si de rien n’était, reprenant ton allure altière de tous les jours – le rouge aux joues en plus.

La porte des toilettes qui s’ouvre

Petites humiliations du quotidien en toute discrétion

Pourquoi chercher la discrétion quand on peut faire ça en famille ?

Le cauchemar. Tu es dans les toilettes du boulot, de ta fac ou de ton lycée, en équilibre au-dessus de la cuvette, le cuissot douloureux de devoir maintenir ton corps en équilibre, délestant ta vessie des quelques litres qui l’encombraient quand, soudain, la porte s’ouvre sur une collègue, une étudiante ou, pire, une prof.

Généralement, la personne qui a ouvert la porte la referme rapidement, après avoir bloqué quelques secondes sur le ridicule de ta posture et en imaginant la honte cuisante que tu dois être en train de ressentir. Tu remarqueras que tu ne seras plus capable de croiser le regard de la personne qui a ouvert la porte sans avoir les joues chaudes comme la braise d’un barbecue au point de pouvoir faire cuire une côté à l’os dessus.

La seule solution que je te propose, c’est à l’avenir d’être plus vigilante. Moi je demande toujours à mes copines de vérifier de l’extérieur que la serrure ne cède pas lorsqu’on actionne la poignée. Du coup, ce genre de mésaventures ne m’arrivent plus jamais.

Mais il y a bien entendu quelques inconvénients à ce genre de pratiques névrosées : si les copines ne viennent pas en cours, je me retrouve bien embêtée avec ma vessie alourdie par quelques dizaines de cafés.

Avertissement : Prudence maximum en cas de changement de tampons.

Les éructations rectales

Mais bon sang, penses-tu pour toi-même, pourquoi ai-je pris des flageolets à la cantine ?
Cette erreur, tu vas la payer cher. Parce que si au collège, tu t’amusais à faire des concours de pet pour attirer l’attention des garçons (ces gros scatos), on devient toutes un peu trop tatillonnes vis-à-vis de ce que nos intestins peuvent produire pour continuer à en rire.

Passés 14 ans, dire à quelqu’un « héééé écoute-le c’ui-là » en te penchant sur une fesse est un suicide social. A part si tu es sûre de l’indéfectibilité de l’amitié de la personne à qui tu t’adresses. Sache-le.

Pour rester digne après avoir ingurgité un ragoût de haricots, d’artichauts et de choux de Bruxelles, serre donc les fesses (mais de toute manière, qui pourrait avaler un truc pareil ?). C’est peut-être mauvais pour la santé, mais c’est mieux pour ta carrière. A moins que tu en profites pour rentrer chez toi en prétextant une gastro ; après tout, c’est toi qui vois.

Petites humiliations du quotidien haricots

Le repas idéal pour mettre 30 mètres entre toi et les autres.

Croiser son reflet dans le miroir en rentrant chez soi

Quand tu pars de chez toi le matin, tu es généralement fraîche et pimpante. Nous le sommes toutes. Mais après tes 8h de cours (ou de travail) et tes 4h de transports, le grand miroir dans ton entrée t’apparaît comme le Mal.

Ton chignon romantique du matin s’apparente à 19h à une choucroute (mais une vilaine. Celle de la cantine. Pas la choucroute de la Taverne Alsacienne). Avec ta peau, on pourrait faire du beurre tant le gras luit sur ton front. À force de te frotter les yeux d’ennui et de fatigue, ton eye-liner a coulé et tu ressembles à un panda, en moins mignon.

Mais surtout, c’est toujours en rentrant le soir que tu te rends compte de ce très mauvais choix de couleur de soutien-gorge (rouge) avec ton t-shirt (blanc et fin). Alors oui, le soutien-gorge apparent peut faire très joli, et c’est probablement très utile pour plaire en soirée au Luculus, la boîte de nuit du coin.

Mais ça ne t’aide en rien à passer pour une étudiante (ou une jeune salariée) sérieuse et dévouée à son travail. C’est comme coller un sticker « je lis madmoiZelle et j’ai pas de culotte » sur sa veste. Ça peut faire hurler de rire, mais pas partout, et pas n’importe qui.

Plus qu’une petite loose du quotidien, le moment où l’on croise son reflet dans le miroir en rentrant le soir est une désillusion qui nous retire petit à petit notre envie de vivre. Au moins.

La jupe coincée dans les collants

J’admire les filles qui continuent à porter des jupes en hiver avec sérénité. Déjà parce que c’est joli, et que ça remet un peu d’été dans nos coeurs. Mais aussi parce qu’elles font un gros feuque à l’angoisse de la jupe qui se coince dans le collant, qu’elles font fi de leurs propres névroses.

Moi, quand je mets une jupe avec des collants, je vérifie frénétiquement si elle est bien en place. En cas de vent, je croise mes mains sur les fesses pour être sûre que la volette reste en place. Cela ne me confère en rien une démarche élégante, mais au moins, ça m’évite de fumer. Oui parce qu’en fait, fumer en croisant les mains sur ses fesses,  c’est super dangereux. La cigarette est trop près du tissu, le volant peut s’embraser et c’est tout ton corps qui finirait par s’enflammer tel un épouvantail le soir de la Saint-jean.

A la honte de la jupe coincée dans le collant s’ajoute une variante : les bas qui descendent sur les chevilles. Deux choix s’offrent à toi pour éviter ce genre d’inconvénients : investir dans des porte-jarretelles et mettre ton copain/ta copine en émoi pour vingt ans, ou, plus économique, les tenir tout en traversant le centre-ville. Je ne vois que ça.

Bien sûr, j’en oublie. Il y a aussi les menstruations qui se pointent le jour où tu portes un pantalon blanc, le détraqué qui te drague si violemment en centre-ville qu’on dirait que tu viens de le larguer, ou encore le talon qui se coince dans les pavés. Et toi, tu en connais d’autres ? Viens partager ton expérience dans les commentaires. Viens.

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. yionyionyionyion

    Le 18 août 2012 à 15:31

    Calin post-coïtal avec ton cher et tendre. Vous commencez à vous endormir et ton corps décide de se relacher. Je crois que le pire a été quand le pet m'a réveillée et que j'ai sursauté. Il m'en parle encore. :facepalm:
  2. Annie D'AstréeAnnie D'Astrée

    Le 18 août 2012 à 15:49

    Les premiers mois dans ma nouvelle école, je flashe sur un beau gosse brun, un peu taciturne, ce qu'il faut de gentil et sexy. Un soir je le croise en sortant de l'école, et pendant que le gentil concierge avec qui je parlais retiens quelques secondes la porte, le joli garçon du fond de la salle me lance "Au, fait, jolie coiffure Annie!". Je tente de me retourner avec glamour en balancant mes cheveux pour dire un suave et enjôleur "Merci, toiii", sauf que je continue à avancer et je me prends la porte en pleine poire. :nerd: Genre violent. Le pire c'est le concierge qui se tape une barre et le joli garçon qui dit "Bah dis donc faut pas te faire de compliments à toi…"
    J'entends encore le bruit assourdissant et ridicule de mon front sur la porte vitrée :gonk:

    C'est de circonstance :taquin: =
    Ces Grands Moments De Solitude (Ou L'Art Délicat De Passer Pour Un Con) by Tété on Spotify
  3. Safety-PinsSafety-Pins

    Le 18 août 2012 à 22:47

    La dernière fois que j'ai vraiment eu honte c'est quand j'avais un terrible mal de bide lorsque je suis allée faire de la conduite avec mon moniteur d'auto-école.

    Pendant les deux heures je me suis tortillée sur mon siège parce que j'ai senti la raison pour laquelle j'avais trop mal au ventre : mes règles. Et j'avais peur que ça coule sur le siège. Après, je prenais tous les pretextes pour sortir dehors. C'était genre "il fait vous trouver pas ?, Euh on fait les verifications exterieures, je ne suis pas très au point là dessus ! " Ajouter à cela, le moniteur a passé son temps à ouvrir puis refermer sa fenêtre à contre-coeur semblerait-il (à cause de l'odeur de plus en plus forte j'imagine !). Du coup, j'étais pas du coup concentrée, j'ai fait un tas de conneries..:cretin: Pour finir, quand je me suis levée du siège. Le bleu foncé du siège s'est disons assombri à certains endroits..:gonk:. J'ai eu tellement honte que je suis vite rentrée chez moi pour m'apercevoir au final que j'avais une énorme tâche sur mon jean au niveau des fesses. Tâche que le moniteur a dû sans doute voir quand je lui ai tourné le dos pour m'en aller…:shifty:
  4. LaménaLaména

    Le 20 août 2012 à 21:58

    Je devais avoir 17 ans, j'étais assise dans le bus, un peu dans la lune… Et tout d'un coup, je m'aperçois que le bus est arrêté à mon arrêt et que je vais probablement pas avoir le temps de descendre… Je me lève d'un bond, me prends le plafond de plein fouet dans un "bong" assourdissant, mais pas le temps d'avoir honte, je ne pense qu'à sortir ! Je cours vers la sortie, il a plu, le sol est glissant et là, je fais un magnifique vol plané… J'arrive à me retenir en m'accrochant aux portes, les jambes dehors, le corps dedans… A prier pour que les portes ne se referment pas sur moi, histoire de pas avoir l'intégrale… Heureusement j'ai réussi à me relever juste avant qu'elles se referment, l'air de rien.
    Sinon en plus gore, il y a deux jours, j'étais au resto avec mes parents quand tout d'un coup mon ventre s'est mis à faire des gargouillis terribles, qui ne laissent que deux options envisageables : l'arrivée d'un énorme pet incontrôlable ou bien encore pire. Hélas pour moi, c'était la deuxième option. Heureusement que le resto était juste à côté de chez moi. Je me suis mise à courir comme une folle dans la rue (pas question d'aller aux toilettes au resto, avec les serveurs qui pouvaient m'entendre :scream:)… J'avais cette image de Kara dans la Cité de la Peur qui me quittait pas. J'ai réussi à rentrer chez moi à temps, dans mon petit appart super mal assonorisé. Spéciale dédicace à mes voisins :hello:.
  5. Eleemosynary.Eleemosynary.

    Le 14 mars 2013 à 21:32

    blablabla
  6. SeemstobegoodSeemstobegood

    Le 14 mars 2013 à 21:42

    Ouaaah, mais y'en a tellement d'autres :D !

    - Arriver pour ouvrir une porte mais se la prendre dans la tronche, la personne de l'autre côté ayant eu la même idée que toi au même moment. Oops.

    - MINUTE GORE.
    Spoiler!
    Éternuer avec des… "chutes" incontrôlées, MAIS ne pas avoir de mouchoir sur soi. Trop facile sinon.:moqueur:



    - Revenir des toilettes avec du papier collé sous la chaussure. (Classique).

    - Glisser sur le verglas en hiver. J'ai d'ailleurs compris l'expression "les quatre fers en l'air" hihi


    Ou, dans un registre plus personnel : en cours, parler avec son/sa voisin/e (olalalaaa, quelle cancre ! :domokun: ) et continuer lorsque tout le monde s'est tût. Comme ça ils sont tous au courant que mon père a eu un grain de crépis coincé dans l'oeil, BRAVO !
  7. PlumeRougePlumeRouge

    Le 14 mars 2013 à 22:07

    oh la la … moi, il y a la fois ou j'ai failli tomber sur une poussette ds le bus et où je me suis fait incendier pas la mère, celle, en voyage scolaire en Italie, où je me suis renversé la moitié de la glace sur mon pantalon blanc… Le classique coup qui m'arrive souvent, quand on répond à quelqu'un pour quelque chose qui ne nous est pas adressé… Le pire pour la fin : une fois, à la piscine, 2 gosses persuadés que c'était quelqu'un d'autre ont regardé sous la porte des vestiaires alors que j'étais nue !! 2 garçons, évidemment:xd:
  8. LuliluleLulilule

    Le 14 mars 2013 à 22:11

    Moi j'ai un sérieux problème avec les vitres. A mon boulot, l'une des portes est vitrée et se rabbat sur un mur vitré (je sais pas si c'est très clair), et une fois j'étais partie chercher un truc à grignoter. Je passe toutes les portes battantes, fière de réussir malgré tout à garder mon assiette en équilibre dans ma main, et au moment de franchir la porte, bah je l'ai pas franchi : j'ai préféré tenté ma chance avec le mur/la vitre non mobile.
    Ma collègue de l'autre côté a bien ri.

    De manière générale, il m'arrive toujours des trucs pas cool avec les portes. J'ai le chic pour ne pas réussir à ouvrir les portes. Un truc de fou. Je me souviens qu'il y a longtemps, au lycée, je suis arrivée en première devant la porte d'une salle et n'aie pas réussi à l'ouvrir. Naturellement, je me suis dit : "elle doit être encore fermée, attendons que le prof arrive." et donc j'ai dit à tout ceux qui me demandaient : "mais on rentre pas ?", "bah non la porte est fermée à clé."… On a poireauté un quart d'heure. Au bout d'un moment, y'en a un qui a demandé : "Mais t'es sure qu'elle est fermée ?", il a appuyé sa main sur la poignée… et la porte s'est évidemment ouverte. '-_-
    Je n'ajoute pas les portes automatiques qui ne me détectent pas parce que je suis trop près/trop petite, et les fois où je stationne devant comme une teubé, ne me rendant pas compte que je crée des courants d'air, ni les portes battantes de mon université que je trouve trop lourdes et que je galère tellement à ouvrir que des fois des gens viennent m'aider…

    Last but not least -en plus ça ne m'est pas arrivé à moi- quand j'étais au collège une fois, mon père a déposé une de mes copines sur le chemin, en voiture. Le truc c'est qu'il y avait un problème avec la voiture : les portes avaient tendance à s'auto-vérouillé. Ma copine, une fois arrivée, qui ne le savait pas, a tiré sur la poignée (normal quoi, histoire de sortir) et elle lui est resté entre les mains !

    Moi, les portes, une grande histoire d'amour. Quand j'aurais une maison, elle n'en aura pas, tiens.
  9. pinup50pinup50

    Le 14 mars 2013 à 22:19

    Les talons qui se coincent dans la grille à la sortie de l'amphi et 150 personnes qui attendent derrière que tu décoince
    Ne pas réussir a ouvrir la porte de la BU
    Le papier toilette collé a la botte en sortant des toilettes de la fac ….
    pas mal de poisse en un semestre !
  10. Purple_manonPurple_manon

    Le 15 mars 2013 à 23:34

    Mouhahaha je me sens teellement concernée… :xd:
    Au lycée, la porte des toilettes que je n'ai pas fermée à clef…et le gars qui ouvre et m'admire 5 secondes sur le trône avant que je crie "HEEEY MAIS FERME LA POOORTE !!!!" J'ai attendu 15 minutes avant que ce type et sa bande de copains s'en aille… J'avais tellement honte ! :sweatdrop:


    La jupe coincée dans le collant… Oui, ça aussi j'ai connu ! :cretin: En sortant des toilettes du lycée, traversant les couloirs, la ville, le bus……jusqu'à chez moi. Résultat, tout le monde a vu mon :cucul:, et je ne comprenais même pas pourquoi les gens semblaient me regarder bizarrement…
    Voilàà:cheer:

    Bisous les madZ' :cupidon:

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