J’ai de gros seins… et ils ne sont pas une invitation

Des gros seins, c'est souvent cool mais parfois très énervant, surtout quand les gens pensent qu'un décolleté est une invitation à en parler tout le temps, faire des remarques désobligeantes ou carrément les prendre en main.

J’ai de gros seins… et ils ne sont pas une invitation

Il y a quelques années de ça, Alfredette vous contait les (nombreux) inconvénients à avoir des gros seins. Certes, c’est cool, ça rebondit et tout, mais il est vrai que dans pas mal de situations, c’est plutôt encombrant et ennuyeux.

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Moi, j’aime mes seins. Ça semble con dit comme ça, mais c’est malheureusement le cas de trop peu d’entre nous. Ces petits malins sont arrivés assez tard par rapport à mes copines, me faisant traverser la période du lycée avec non seulement des cheveux gras mais une absence de hanches, de boobs et d’une taille dépassant celle d’un hobbit.

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Pareil mais avec le cheveu moins soyeux.

Et puis un matin (sans déconner, je suis persuadée qu’ils ont débarqué pendant la nuit), je suis passée d’un petit bonnet B confortable et honorable à un bon C tirant vers le D. Sans prévenir, je suis devenue une fille à « gros seins » (bien que ce terme nécessite une réelle définition).

Alors certes, j’étais plutôt heureuse : j’avais toujours voulu avoir des boobies imposants parce que ça me semblait être une condition nécessaire à la beauté (non) et il s’avère que je me suis sentie mieux dans ma peau avec des gros seins. Ça faisait distraction sur mes bourrelets abdominaux et de façon générale ça faisait un peu attraction sur le reste. J’ai donc acheté sans attendre bon nombre de petits hauts décolletés pour sortir Calvin et Hobbes (oui oui, c’est leur blaze) à toutes les occasions.

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Comme je suis grande gueule et que j’ai tendance à dire quelque chose quand je le pense, je n’ai jamais eu de tabou sur mes seins et j’ai préféré crier au monde mon amour pour mes deux nouveaux copains plutôt que de les planquer ou de faire comme s’ils n’existaient pas. Et sans m’en rendre compte, j’ai laissé mes seins devenir une partie voire l’intégralité de mon identité.

Mes (gros) seins ne constituent pas mon identité

J’admets en avoir pas mal joué au départ, parce que j’étais fière de ce nouvel atout : outre ma penderie que j’ai adaptée, je jouais à les poser sur le bar au moment de commander ma bière, je les faisais gigoter de temps en temps pour vérifier qu’ils étaient toujours là. À partir de ce jour sein, mes boobs sont devenus ma caractéristique principale : alors que la veille j’étais une fille qui faisait beaucoup de gâteaux, des blagues nulles et des gaffes à répétition, j’étais devenue la « fille aux gros seins ».

Mais JAMAIS je n’ai considéré mes nénés comme une partie importante de ma personne et encore moins de ma personnalité. Ce qui ne me fait nichon ni froid rend les autres complètement choses : j’y vois une partie de mon corps aussi importante que mes coudes (et moins fonctionnelle) alors que d’autres y voient une preuve de l’existence de Dieu. La différence avec les coudes, c’est que les totoches sont universellement sexualisées, ce qui justifierait des raccourcis foireux et des remarques déplacées.

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Ça a bien évidemment commencé par des regards par-ci par-là, qui ne me dérangeaient pas au départ : après tout, je mettais des décolletés donc c’est normal qu’on les regarde. (Non.) C’est ensuite passé à des remarques qui me semblaient aussi être une conséquence inévitable de mes tenues et du fait que je m’assumais, la rançon de la gloire qui en découle, en sein-thèse. (Non plus).

Un de mes meilleurs amis m’appelle souvent « Big Boobs », un autre trouve très confortable (je le comprends) de poser sa tête sur mes seins, qu’il a aimablement surnommés « mon oreiller à mémoire de forme » et la majorité de mes potes ont déjà saisi l’occasion de les attraper pour leur dire bonjour. Rien de méchant là-dedans, que de la maladresse, mais de la maladresse bien lourde.

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On n’est pas au marché, lâche-ça.

L’existence de mes loches n’est pas une raison de m’en parler

Pour bon nombre de personnes dans mon entourage, le fait d’assumer mes seins et de les mettre en avant (j’aurais du mal à les mettre derrière même si je le voulais) est synonyme de « c’est un sujet de conversation sympathique et moelleux ». J’ai remarqué ce cas de figure principalement avec mes amiEs pour qui, dans la mesure où on est dans le même bateau des femelles, il est normal de me faire des remarques parfois très déplacées sur mes deux meilleurs copains.

Après en avoir discuté avec d’autres membres bien fournies de la rédaction, on a constaté la récurrence du ton passif-agressif des remarques du style « Waouh, t’as sorti le décolleté » alors qu’en fait, le moindre débardeur H&M tout con EST un décolleté à partir du moment où tu dépasses le D. Personnellement, même un col roulé est un décolleté.

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Je te parle même pas des petits hauts à fine bretelle, là c’est carrément l’expo universelle

Parce que, comme le résume si bien Dame Cycy dans son strip, dans l’esprit de beaucoup de personnes, avoir des gros seins = avoir le feu aux fesses. Si, en plus de ce cadeau de morphologie, on a le culot de les montrer, il faut carrément appeler les pompiers. Je ne compte plus les « Ah, ce soir tu veux pécho ! » au moindre centimètre carré de peau montré aux alentours de mon décolleté.

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Parce qu’au-delà du bon vieux slut-shaming des familles sorti avec ce genre de phrases débiles, c’est extrêmement réifiant et vexant de me faire comprendre que ce petit haut que j’aime tant est une invitation à me faire des remarques débiles, me draguer lourdement ou pire, insinuer que je n’attends QUE ÇA. Parce que non, en fait, scoop de l’année : je mets des décolletés parce que c’est joli, pas pour choper ou tout simplement plaire aux yeux de mes congénères.

Je ne compte plus les « Ah bah y’a du monde au balcon ! » et les « Tu laisses pas beaucoup de place à l’imagination ! », et encore je n’évoque ici que les remarques de mes proches. Il me faudrait bien plus d’un article pour évoquer tous les regards en coin et phrases si délicates de la part d’inconnus, prononcées dans le but de me courtiser ou non. Une amie m’a d’ailleurs raconté un trajet en train durant lequel deux charmantes demoiselles disaient au sujet de ses totoches « Ah mais là c’est sûr que c’est des faux ! ».

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Et puis accessoirement, ils t’emmerdent

Heureusement, je suis entourée d’assez de gens bienveillants pour avoir compris assez vite que le problème ne venait pas de moi et que la solution n’était pas de les planquer ou d’en avoir honte. J’aime mes seins, je suis ravie que tu les aimes aussi, mais on peut parler d’autre chose ? Et puis déjà, lève les yeux, tiens.
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Voici le dernier commentaire en date :

  • Dounia-Malika
    Dounia-Malika, Le 8 juillet 2016 à 0h05

    Désolée, je n'avais pas l'intention de blesser, ni d'agresser quiconque.
    Je vous présente mes regrets.

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