La friendzone, ce mystérieux territoire

La friendzone, c'est le fait d'être « juste ami-e » avec une personne pour qui on a, en réalité, des sentiments plus forts. Zoom sur ce drôle de territoire grâce aux témoignages des madZ !

La friendzone, ce mystérieux territoire
NB : tous les prénoms des personnes ayant témoigné ont été modifiés.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la friendzone vous inspire : j’ai reçu de nombreux témoignages sur le sujet ! Voici donc une compilation de vos avis regroupés en thèmes. On est comme ça, le professionnalisme c’est notre credo.

La friendzone, qu’est-ce donc ?

La friendzone, à la base, c’est assez simple : deux personnes sont amies. L’une d’entre elles éprouve des sentiments pour l’autre, mais ce n’est pas réciproque. Elle se retrouve donc coincée dans la « friendzone », et devient l’éternel-le ami-e condamné-e à voir l’élu-e de son coeur vivre sa vie amoureuse de son côté, avec d’autres gens.

C’est triste.

La friendzone peut s’agencer à peu près n’importe comment, même si on parle le plus souvent, dans la vie et sur nos chers Internets, de la fille qui « allume » un pote en lui faisant « miroiter » une relation amoureuse, dans le seul but de se servir de sa gentillesse, alors qu’en fait elle préfère sortir avec d’autres mecs (quelle impertinence), généralement considérés comme des « connards » par ces potes si gentils et désintéressés (non).

Où sont tous les mecs bien ? — Dans la friendzone, là où tu les as laissés !

Mais alors, la friendzone serait-elle un territoire peuplé d’hommes gentils et floués ? Les viles femmes seraient-elles les seules à y envoyer leurs prétendants d’une pichenette, avant de sauter dans le pick-up d’un mâle viril arborant tatouages et portefeuille bien garni ? Décryptons ce mythe tenace, grâce à vos précieux témoignages.

La télépathie résoudrait bien des problèmes

Le principal moteur de la friendzone semble être, assez logiquement, la timidité. En effet, difficile parfois d’avouer ses sentiments, de faire le premier pas, au risque de mettre en péril une amitié souvent bien installée, solide et partagée.

Mohammed explique par exemple :

« Le schéma-type de mes relations amitié/friendzone est assez simple :

  1. Je rencontre une femme qui me plaît
  2. Je me mets à lui parler plusieurs fois en toute simplicité, sans chercher à séduire, car je ne sais pas faire ça. Je cherche simplement à mieux connaître la personne avec qui je parle.
  3. Quand je veux me lancer, soit j’ai pris trop de temps et elle me considère déjà comme un ami, soit je suis allé trop vite, et elle refuse. Il faut aussi dire que je suis très « timide », et j’ai tendance à me dévaloriser, à me considérer comme « pas assez bien » pour la personne convoitée. Du coup, j’ai du mal à me lancer, quand il s’agit d’une relation amoureuse — mais cette timidité n’existe plus dans les autres contextes.

J’avoue mes sentiments à la femme en question une fois que de l’eau a coulé sur les ponts, une fois que mes espoirs sont passés et que notre amitié s’est installée… Du coup, je ne pense pas « sortir de la friendzone » un jour. Cela dit, pour moi , la relation amoureuse est optionnelle par rapport a une amitié : si jamais mes sentiments ne sont pas réciproques, je reste quand même un ami, et ça ne m’empêche pas d’apprécier sa compagnie. »

Difficile en effet de deviner ce qui agite l’autre, à moins d’être médium ! Ce qui ressort de nombreux témoignages, c’est cette passivité, cette incapacité à se déclarer, certaines personnes préférant compter sur l’espoir que celui ou celle dont elles sont amoureuses lise entre les lignes et se jette à l’eau. Ce qui paraît évident à l’un-e (son amour pour l’autre) peut néanmoins être vu comme de l’affection, peut-être un peu ambiguë, mais il est certain qu’en ne comptant que sur l’autre pour avancer, la situation risque de rester bloquée…

Matthieu témoigne également :

« Quand j’y pense, je dirais que c’est principalement dû à une grande timidité. On n’ose pas y aller franco, faire le premier pas. On imagine tous les scénarios qui finissent mal et on se dit alors que, pour éviter le râteau, il faut y aller (trop) lentement. Une drague sur le très long terme pendant laquelle on se dit qu’être gentil et attentionné, c’est la seule façon pour que ça marche.

Et puis vient le jour où on décide d’y aller parce que ça commence à durer, et je ne sais pas pour d’autres, mais moi je n’y mettais pas vraiment les formes : c’était avec les gros pieds dans le plat que je faisais ma « déclaration ». Mais jamais cette technique n’a marché et le râteau était toujours au rendez-vous. »

On note aussi une idéalisation croissante de l’autre, qui devient ami-e, confident-e, aimé-e, mais sans le savoir. Plus le sentiment reste silencieux, plus il peut grandir, nourri par des marques d’affection amicales qui prennent soudain un sens différent.

Voici le témoignage d’Alexia, posée sur un drôle de piédestal :

« Pendant plus de deux ans, j’ai eu un meilleur ami. Un solide, un vrai, qui écoutait tout, qui était toujours là, qui riait sans cesse à mes blagues pourries et qui m’écoutait geindre pendant des heures sur combien la vie est dure parfois. Un dont je suis tombée amoureuse, et qui l’a très sûrement été en retour. Mais voilà : aucun de nous deux n’a jamais eu le courage de le dire.

Notre relation avait finalement tout d’une vie de couple sans en avoir le versant sexuel : les SMS à longueur de journée pour suivre le quotidien de l’autre en temps réel, les retrouvailles chaque soir pendant une heure (ou quatre) en rentrant de la fac, les câlins, les « je t’aime », les regards langoureux et, surtout, l’impression d’avoir quelqu’un dans sa vie (enfin ça c’était surtout pour moi, mais je vais y venir) qui ne laisse pas la place à la possibilité d’un autre. Lui de son côté sautait sur tout ce qui bougeait, enchaînait les relations « amoureuses », mais à chaque fois, ça ne collait pas parce que, selon lui, « elle n’était pas toi » !

Oui, elles n’étaient pas moi, sauf que moi, malgré ma prise de conscience au bout d’un certain temps quant à la nature de cette relation, je suis toujours restée sur le banc de touche. Quand il me regardait, je semblais être la Terre entière pour lui, l’épaule sur laquelle se reposer, la main tendre pour lui caresser les cheveux et la douceur amoureuse d’une femme solide et fiable. Mais j’étais, pour le citer, « trop pure, trop sacrée pour que je puisse te toucher » !

Un jour, sans vraiment tout à fait comprendre pourquoi à ce moment-là, j’ai craqué et je lui ai dit que je ne voulais plus jamais le revoir. Peut être en avais-je marre d’être celle qui le câlinait après son coït avec une autre ? Peut être avais-je envie d’avoir une vraie relation, même si ce n’était pas avec lui ? »

S’il est difficile de se lancer, attendre peut ne faire qu’empirer les choses : ce qui aurait pu commencer comme un flirt, ou une relation avec des portes ouvertes sur autre chose, s’étant mué en amitié solide, il est possible que la personne convoitée ne puisse plus envisager l’autre qu’en tant qu’ami-e, ou rencontre quelqu’un… On en revient au coeur du problème, à savoir la timidité et la difficulté rencontrée au moment d’avouer ses sentiments. Plus on attend, plus l’amitié se consolidera, et moins elle pourra muer, dans la tête et le coeur de l’autre, en une forme de relation différente.

Ainsi, Lucie nous raconte :

« J’ai commencé à entrer dans la friendzone tout doucement, j’étais d’abord juste la bonne copine de tous mes potes masculins, puis je suis malheureusement devenue la meilleure amie de tous les gars qui me plaisaient.

Actuellement, c’est Julien.

Je suis toujours là pour lui, quand il ne va pas bien, quand il a besoin d’aide, d’attention, de complicité, de moments pour rigoler aussi bien sûr, de délires, de joutes verbales ou de silences entendus. On s’est connus en Licence sans beaucoup se parler, il a fallu qu’il parte à Rennes et que je reste à Bordeaux pour que vraiment on se mette énormément à se parler, internet et Facebook aidant.

On se voit depuis régulièrement, on se parle tous les jours, de tout, de rien parfois, mais surtout du plus important, de l’intime, des états d’âme, de ce qu’on tait aux autres, des idées les plus originales au plus douloureux, et malheureusement donc pour moi de ses histoires de filles. Après un coup de froid de ma part suite à la confidence qu’il draguait en ce moment une Italienne pulpeuse, j’ai cru qu’il avait compris, ou du moins qu’il ne me confierait plus ce genre de détails de sa vie, mais non. Il n’a compris ni mon attirance pour lui, ni mon envie qu’il ne me parle plus de ses amours.

Et je n’ai rien dit, et je suis bloquée dans la friendzone.

Récemment, il est sorti avec quelqu’un, à qui il tenait beaucoup. Et je me suis rendue compte que la friendzone a cette particularité que lorsqu’on y est coincé, cela ne peut être que sciemment : on est conscient d’y être, de ne rien faire de concret pour en sortir, on ne s’y sent pas bien pour autant, mais on continue à vivre sa vie, toujours en espérant, au fond ; et si c’est volontairement donc, on n’en veut pas à l’autre, à la personne qu’on aime en secret, parce que c’est un secret qu’il ne connait pas déjà, mais aussi parce qu’il est en premier lieu l’ami, voir le meilleur ami, à qui on ne veut que du bien. »

« Ah, t’es en couple ? Bon bah adieu alors »

Il faut aussi prendre en compte la façon dont on considère l’autre. On voit par exemple dans le témoignage ci-dessous, par Judith, que certain-e-s, quand ils/elles apprennent que l’autre n’est pas libre et/ou pas intéressé-e, n’hésitent pas à couper tous les ponts, ne cherchant pas à poursuivre la relation sous une forme amicale.

« J’ai rencontré un gars super sympa, on s’est tout de suite bien entendus, on rigolait bien tous les deux. Plusieurs fois, il a séché des cours pour m’accompagner faire des courses en ville, on avait toujours des trucs à se dire… De temps en temps, il me faisait des compliments et me disait des trucs gentils.

Ça a duré comme ça un moment, et puis un jour dans une de nos conversations, j’ai mentionné mon copain. Après ça, il n’est plus resté parler avec moi, répondait moins à mes messages, ni à mes invitations (sortir prendre l’air, aller boire un coup…). J’étais triste et déçue, j’avais perdu un ami et j’avais l’impression de l’avoir rendu triste lui aussi.

Peut-être que j’aurais dû lui dire plus tôt que j’étais avec quelqu’un, peut-être que mon attitude lui a laissé croire que je cherchais autre chose que de l’amitié ? Je ne sais pas. […] Ça fait un peu bizarre de se dire qu’on perd tout l’intérêt d’une personne dès qu’on veut juste être son amie. C’est étrange, non ? « Tu m’intéresses que si je peux te choper »…

Une fois, un gars me draguait depuis un moment, mais je lui ai dit que je n’avais pas envie d’être en couple avec lui. Il m’a répondu « Bon, ben dans ce cas-là j’ai plus rien à te dire, salut ».

Ça fait se poser des questions sur les motivations des gens quand même. »

Si on peut comprendre qu’il est parfois trop douloureux de se « forcer » à côtoyer quelqu’un pour qui on a des sentiments non réciproques, ce genre de situation peut aussi être douloureuse pour celui/celle qu’on laisse tomber parce que pas célibataire ou pas intéressé-e, comme s’il/elle n’avait de la « valeur », n’était « fréquentable » que dans un certain cadre — celui du couple, donc — et pas pour ses qualités, sa personnalité.

Cela peut carrément rendre un peu parano, à l’image de Penny :

« La pire chose qui me soit arrivée c’est quand j’ai réalisé qu’un copain n’était ami avec moi QUE dans l’optique de, à terme, sortir/coucher avec moi. Après tout, il était parfait pour moi, donc j’allais forcément finir par craquer… il a passé son temps à se lamenter de mon rejet après coup (pas forcément en disant que j’étais une salope ou quoi, mais qu’il ne comprenait pas, que ça aurait été génial etc.), tandis que moi je pouvais pas dire grand-chose : après tout, c’est moi qui l’avais jeté. En dépit de la trahison, mêlée à la culpabilité, que je ressentais.

Du coup c’est triste à dire, mais ça me rend assez parano. Quand je rencontre quelqu’un – les mecs en particulier, malheureusement – avec qui je commence à passer du temps, j’ai toujours une crainte qu’ils ne soient avec moi que dans l’optique d’obtenir plus que mon amitié. Ce qui ne serait pas forcément un mal, mais je préférerais que ça soit moins tactique, et plus naturel. »

Notons aussi qu’on parle de l’amitié hommes-femmes comme d’une chose complexe, ambiguë, impossible même selon certain-e-s, mais c’est mettre de côté les bisexuel-le-s et les homosexuel-le-s qui peuvent tout à fait rencontrer ce genre de situation délicate avec des ami-e-s, qu’ils/elles partagent leur orientation sexuelle ou non. Avant de s’estimer friendzoné-e, s’assurer que l’autre est, à la base, attiré-e par des personnes de notre genre semble essentiel !

Faire l’autruche… ou en profiter

Parfois, il est clair qu’un-e ami-e attend, espère davantage que de la simple affection. Difficile de savoir quoi faire dans ce cas-là. Ignorer les signaux, en espérant que ça passe ? Le/la confronter à la situation, au risque de s’être trompé-e, mais aussi de le/la blesser ? Prendre soi-même ses distances, laissant l’autre derrière ?

Perrine, qui a plus d’amis que d’amiEs, a choisi de ne pas réagir :

« Souvent, à un moment donné, je me rend compte qu’un ami devient particulièrement proche et que ses sentiments changent, deviennent plus intenses, alors je fais l’autruche, comme si je n’avais rien vu, mais au bout d’un temps le garçon avoue ses sentiments et là ça passe ou ça casse. »

D’autres cèdent à la tentation d’avoir un prétendant prêt à tout pour elles, sans sauter le pas. C’est le cas de Léa :

« Nous avions 16 ans, il est tombé amoureux de moi au premier regard (selon ses dires). Moi, je sortais d’une relation douloureuse avec un garçon plus âgé, un de ces « connards dont toutes les filles tombent amoureuses ».

Au début, j’avoue l’avoir sérieusement envisagé comme amoureux potentiel, mais voilà : il était toujours là, galant, prêt à m’écouter, à parler, je recevais des textos chaque nuit… Il m’apportait tout ce que mon ex n’avait pas donné, et pourtant plus il était présent moins j’avais envie de lui. Il n’y avait pas de jeu de séduction, je voyais bien qu’il était déjà séduit ! Moi j’avais l’ego en miettes, détruit par ma rupture, je ne m’aimais plus… et lui, je le méprisais parce qu’il m’aimait pour ce que j’étais.

Jusqu’ici rien de dramatique, j’aurais pu l’éconduire gentiment et il serait passé à autre chose.

Mais en réalité, c’est là que débute la perversion de la « friendzone » : au lieu de lui donner une réponse ferme, je l’ai gardé en tant qu’ami tout en lui laissant assez d’illusions pour qu’il continue à s’occuper de moi comme avant.

Je ne pense pas être la seule à avoir eu besoin de séduire compulsivement à cette période de la vie. Un prétendant prêt à l’emploi, ça regonfle l’ego, ça dépanne en cas de bal du lycée, ça vient vous chercher en mobylette, ça vous écoute quand vous n’avez pas le moral… Tout ça sans courir le risque de tomber amoureuse et donc de souffrir, encore.

J’ai conscience de la perversion dont j’ai fait preuve à son égard, mais je considère qu’il a eu également sa petite part de responsabilité : il s’est laissé faire du début à la fin, ne m’a jamais mise au pied du mur, même quand je fréquentais d’autres garçons, n’a jamais tenté de me séduire autrement que par sa gentillesse omniprésente, ne m’a jamais réellement révélé sa personnalité de peur qu’elle me déplaise. Pour moi, il a manqué de courage. »

Une situation similaire à celle qu’a vécu Jules, de l’autre côté de la barrière, et qu’il a résolument mal digérée :

« Ma « meilleure amie » de l’époque (le collège) était du genre reine des abeilles et j’étais son « préféré ». Elle n’avait pas de petit copain et je me suis retrouvé à remplir à la fois les fonctions d’amis mais aussi celles d’amoureux, à l’exclusion de tout contact physique. […] Sauf que dès que nos déclarations viraient vers le « je t’aime » ou toute autre variation, elle balayait ma tentative de sincérité par l’humour, comme si je ne pouvais pas être sérieux.

Au fond j’étais à l’époque persuadé d’être en première place pour devenir son mec, qu’il suffisait simplement qu’elle ait le déclic. […] Jeune et naïf, je pensais qu’il suffisait de jeter de la gentillesse sur une fille pour qu’elle tombe amoureuse. Voilà ce qu’on apprend dans les bouquins pour ados : sois prévenant et toujours à ses côtés, et elle va OUVRIR LES YEUX.

Après presque deux ans de cette relation devenant de plus en plus toxique, elle a finit par ne plus supporter mes sous-entendus, mes réclamations. Je n’étais plus assez docile, trop instable et j’ai été catalogué comme mauvais ami, et jeté aux oubliettes.

Fatalement, j’ai joué le tout pour le tout dans une déclaration grandiloquente, évacuant des mois et des mois de frustration. Elle m’a pris pour un malade et ce fut encore pire.

Il m’aura fallu des années pour décortiquer ce qui s’était passé, pour décrypter les mécaniques de cette relation empoisonnée, de ma capacité à me persuader qu’un jour ça marchera, jusqu’à ses stratagèmes, conscients ou non, pour à la fois me faire penser que ça finira par marcher et ne jamais s’avancer assez pour mettre ses lèvres en danger. »

Il n’y a pas de « bonne » réponse, et tout dépend des cas. Personnellement, des amis « friendzonés » m’ont déjà reproché de les avoir « menés en bateau », de ne pas les avoir confrontés à leurs sentiments pour moi, dont j’étais consciente. J’estime que ce n’est pas mon rôle : c’est à eux de gérer leurs sentiments, de les exprimer quand et comme ils le désirent, pas à moi de m’éloigner d’un ami ou de devenir soudain froide et distante…

C’est aussi le cas de Valérie, amie avec B., un ami de son ex dont elle était restée très proche après une rupture douloureuse :

« B. m’a téléphoné pour me dire, au milieu de nulle part, qu’il en avait assez de me consoler. J’ai bien pris la nouvelle, ma colocataire m’avait fait la même remarque et je ne pouvais nier que c’était… amplement justifié.

Il ne s’est pas arrêté là et m’a finalement accusé de l’avoir utilisé comme mouchoir pour éponger mes chagrins, en lui faisant miroiter une possibilité de relation mais « en gardant mes distances ». Quand ? Comment ? Je n’en sais rien.

J’avais l’impression d’avoir toujours été claire, je n’avais à la bouche que le prénom de l’ex qui m’avait fait tant souffrir, j’étais ivre de reconnaissance que B. veuille bien m’écouter et me consoler ; nos rapports n’avaient à mes yeux rien d’ambigu, je le traitais comme je traite tous mes amis : avec gentillesse, courtoisie, parfois en abusant de leur temps et de leur patience à une période difficile à vivre, mais sans jamais avancer autre chose. »

Une question de maturité ?

Ce qui ressort de tous vos témoignages, c’est que la friendzone semble être un problème de timidité, mais aussi de maturité : beaucoup d’histoires se sont déroulées au collège, au lycée, parfois à la fac. Il est évident qu’en grandissant, on apprend à se définir et à définir ce qu’on attend des autres. On apprend de ses erreurs, comme le précise Jules :

« J’ai eu d’autres relations amicalo-foireuses par la suite. Ce qui a changé c’est que j’avais passé assez de temps dans la friendzone pour ne plus jamais vouloir y retourner. J’étais du coup un peu agressif dans ma manière de définir mes relations avec les autres, moins soumis à la définition de la fille et plus enclin à venir défendre mon point de vue, quitte à couper les ponts si cela ne fonctionnait pas.

Une des définitions de la folie est de refaire encore et encore la même erreur. Et je tiens à ma santé mentale. »

On perd aussi, souvent, en timidité avec les années, et on apprend à se jeter à l’eau, fort-e de ses expériences passées, alors que le collège/lycée sont des périodes de découverte, où l’amour, le couple et la séduction sont généralement des concepts encore flous.

Ce qu’il ressort de vos histoires, c’est que la friendzone n’est pas une prison. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais se jeter à l’eau, pour le meilleur ou pour le pire, ne peut que simplifier une situation complexe, faite de non-dits et de malentendus, générant une frustration parfois difficile à surmonter.

Enfin, et c’est là mon avis personnel, je ne peux que vous conseiller de ne pas « profiter » de la situation dans le cas où un-e de vos ami-e-s a le béguin pour vous. Respecter les autres, c’est aussi ne pas utiliser leurs faiblesses !

Il me semble également important de rappeler que rien ne donne le « droit » à une relation amoureuse, ou même sexuelle. On peut être extrêmement gentil-le, attentionné-e, à l’écoute, d’une personne, et elle a tout à fait le droit de vouloir être « seulement » un-e ami-e. Pourquoi « seulement », d’ailleurs ? L’amitié ne vaut pas moins que l’amour !

Et pour conclure, voici un fort joli poème sur le sujet, sous-titré en français pour que vous puissiez tou-te-s en profiter.

— Merci à Marine pour son joli dessin ! Suivez-la sur Facebook et sur son blog !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lilianea
    Lilianea, Le 8 juillet 2016 à 19h44

    Je n'approuve ni cet article qui renforce les clichés sur les femmes ni le terme "friendzone". L'attirance n'est pas toujours réciproque, point barre.

    Ça me fait penser à un épisode de "Man seeking woman" (la série parle d'un homme qui peine à trouver l'âme sœur, et il ne se passe que des événements surréalistes autour de lui).
    Le héros s'étant pris un râteau par son amie, s'en plaint parce qu'il a toujours été aux petits soins avec elle.

    Il réussit à faire passer une loi qui impose les gens à sortir avec n'importe quelle personne qui s'est montré attentionnée envers eux.
    Au final, ça se retourne contre le héros (il sort avec SDF parce qu'il lui a tenu la porte XD), et il comprend enfin que ce n'est pas parce qu'il a été gentil avec son amie que ça l'oblige à coucher avec lui.

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