Ces moments où je réfléchis au sens de la vie, de l’univers et de tout le reste

On traverse tous, de temps en temps, des petits épisodes un peu absurdes qui nous font réfléchir au sens de notre vie. Pourquoi ai-je fait ça ? Comment ? D’où vins-je, que fais-je, et autres questions existentielles ! Exemples.

Ces moments où je réfléchis au sens de la vie, de l’univers et de tout le reste

J’avoue, je me pose beaucoup de questions dans la vie, ce qui peut d’ailleurs nuire à ma capacité de concentration. Un rien plante la question stupide dans l’éminence grise un peu rose qui régit ma vie : le papillon joli venant se poser sur une fleur me fera m’interroger sur son fonctionnement intestinal, et la casserole sale sur la probabilité que la vie en surgisse.

Mais il y a des situations particulières, inattendues et souvent grotesques, qui me laissent le temps d’aller plus loin dans la réflexion, et de m’interroger sur le sens de la vie en général. Vous savez, un peu comme lorsque vous vous prenez une porte fermée que vous pensiez ouverte ; vous avez mal, certes, mais le ridicule de votre situation vous pousse à vous demander comment diable en êtes-vous arrivé-e là ?

C’est donc une petite sélection – je pourrais même dire un best-of – de ce type de situations ponctuant ma jeune existence que j’ai l’intention de partager avec vous aujourd’hui. Tous ensemble, au coin de l’ordinateur.

Quand je pratique les sports d’hiver (qui glissent)

Pour mieux comprendre ce premier exemple, il faut savoir que je suis assez nulle avec tout ce qui glisse. Très attachée à la gravité et à cette bonne vieille Terre solide en laquelle je place toute ma confiance et mon équilibre, patins, skis, roulettes et autres planches à glisser m’apparaissent comme autant d’instruments prêts à attenter à ma vie et au bien-être de mes petites fesses.

Du coup, j’ai beau être une Sudiste qui aime la neige (même si ça serait mieux en moins froid), je ne suis pas tout à fait la grâce incarnée sur la piste de ski. D’ailleurs, je n’aime pas le ski. Ni les patins à glace, ni le snowboard, ni même la luge (suis-je la seule sur terre à foncer dans les chalets en perdant le contrôle d’une luge ?). Tout ce qui m’intéresse, à la montagne, c’est le vin chaud et la raclette.

Si, aujourd’hui, j’esquive avec une habilité qui ne surprend plus personne les invitations à partir au ski, on ne m’a pas toujours concédé le droit d’investir mon temps à la neige en restant lire au chalet au coin du feu avec un chocolat chaud plein de marshmallows. Ne serait-ce que parce que je sors dessiner des bites dans la neige et qu’il paraît que ça incommode les voisins. Il y a encore quelques siècles, les romains sculptaient du phallus jusque sur les murs des maisons, et c’était un signe de virilité, hein !

Fut un temps, on me traînait encore sur les pistes vertes, rouges, bleues, violettes et j’en passe, en me faisant enfiler des boîtes dures que l’on ose encore appeler chaussures. Si on passe sur la mode à la montagne, peu de choses me laissent aussi perplexe et traumatisée par l’absurdité de la chose que les sports de glisse. Prenez par exemple le ski : alors que j’étais encore jeune et candide, mes parents m’avaient initiée à ce merveilleux sport en m’inscrivant dans une école spécialisée.

Déjà, j’ai mis dix ans à comprendre qu’on mettait les pieds en position « chasse la neige » et non pas « Blanche-Neige ». Des années d’incompréhension qui me firent guetter le nain à chaque freinage.

Ensuite, je pense pouvoir affirmer que mon premier vrai grand moment de solitude fut lorsqu’un individu peu amène me tendit un « tire-fesses », pendant que des gamins de mon âge dévalaient la piste à une vitesse que je qualifierai d’indécente. Pourquoi faisaient-ils cela et semblaient-ils aimer ça ? Qu’attend-t-on de moi exactement ?

Comment suis-je censée prendre le fait qu’un monsieur que je ne connais pas me tend une grosse tige en fer que je suis supposée me mettre entre les jambes pour « tirer mes fesses » ?

À ce jour, je n’ai toujours pas la réponse, mais je soupçonne fortement les inventeurs du sport de montagne d’être des trolls en puissance. Et puis vint ma tendre adolescence, et avec elle les amis fous qui voulurent m’initier à l’art du snowboard. Avez-vous déjà remarqué comme les débutants en snow semblent régulièrement refaire le point sur leur vie, le cul dans la neige ou sur le verglas selon l’état de leur karma ?

Moi si.

Bon, reprenons : je suis un être humain, une fille plus précisément, enfin, il me semble, et actuellement ma vie se résume à la partie la plus charnue de mon individu gelée et douloureuse sur une plaque de verglas dans une montagne froide que je ne connais pas et les pieds attachés à une planche. Tout cela est-il bien sérieux ?

En revanche, je peux conseiller les vrais amateurs de snowboard qui cherchent la meilleure façon d’enseigner ce sport extrême à quelqu’un qui n’en a jamais fait : leur dire « mais si, tu vas voir, il te faut juste un peu d’élan » et les pousser du haut de la piste n’est PAS une bonne méthode. Sauf si vous voulez jouer au flipper avec les touristes.

  • Variante : les fois où je tombe dans la rue sans raison. « Mon pied a-t-il essayé d’attaquer l’autre ? Est-ce que ça vaut la peine de se relever ? Pourquoi on ne vit pas plus souvent près du sol, comme ça ? »

Quand je me réveille un lendemain de cuite

J’ai beau être nulle en sports de glisse et avoir besoin de me tenir au pingouin pour faire du patin à glace (mais siii, le pingouin pour les enfants, enfin), j’ai un don caché : je n’ai jamais la gueule de bois. Jamais. Même si j’ai eu fait des mélanges douteux dans ma jeunesse, car j’ai été jeune moi aussi. Je sais, vous êtes jaloux-ses.

Mais alors, pourquoi donc parler des lendemains de cuite, êtes-vous sur le point de me demander ? Parce que si, au réveil, mon crâne va bien et que mon estomac ne cherche pas à se vider par tous les trous, selon le degré de fête de la veille, mon corps et mon esprit ne sont pas sans remous. Et remords.

Je n’ai pas la gueule de bois, mais je peux être légèrement pompette. Du moins assez pour me réveiller le lendemain avec des bleus et le souvenir distinct de toutes les blagues et confessions honnêtes que j’ai pu sortir à divers interlocuteurs. Vous voyez sûrement de quoi je parle…

Tiens, et ce bleu sur ma hanche, c’est pas quand j’ai voulu danser avec la table ? Et pourquoi j’ai voulu faire ça, en fait ?

Alors je suis là, dans mon lit, le regard fixé sur le plafond mais en réalité perdu dans les évènements de la veille, à la fois intriguée et blasée… car je cherche encore la raison profonde me poussant à de boire un verre de trop alors que je sais pertinemment, à force, que ça me fera faire et dire des choses bizarres. Comme écrire d’une syntaxe douteuse à mon directeur de mémoire que je danse la macarena sur son slip. (Pourquoi la macarena, et pourquoi sur le slip ?)

Tant que questions, si peu de réponses et de jus d’orange.

  • Variante : se lever un beau matin (de cuite aussi) à Dublin, et se retrouver nez à nez avec un cheval qui passe la tête par la fenêtre de la cuisine. D’accord, ce n’est arrivé qu’une fois. Mais ça me fait réfléchir depuis.

Quand je vais chez ma gynécologue

Oui, je sais, vous ne voyez pas très bien ce que viennent faire mes rendez-vous annuels (ou à peu près) chez mon médecin du frifri. Et pourtant, peu de situations censées être banales remettent aussi bien en cause le sens de la vie, de l’univers et de tout le reste.

Je vous pose le tableau, vous devriez comprendre plus vite : par « visite chez le gynéco », j’entends le fait d’écarter les cuisses à moitié à poil sur une table pendant qu’une dame ou un monsieur que vous connaissez à peine vous farfouille dans la chose en vous demandant comment va la vie. Il y a un temps pour tout, et les gynécologues sont toujours soit trop en avance, soit trop en retard.

Il y a donc des petites phrases, comme ça, suivies du geste nonchalant correspondant, qui me plongent dans une perplexité, voire une panique au moins aussi inconfortable que les machins sur lesquels on nous fait poser les chevilles pour mieux offrir notre intimité au manque de chauffage du cabinet de notre gynécologue.

« Bon, on va faire un frottis »

Qu’est-ce qu’il a mon frifri, il te revient pas, c’est ça ? De quelle anomalie il a bien pu faire preuve pour que tu te sentes obligé de venir le frotter avec le truc le plus rêche que tu aies pu trouver sur ton bureau ? Qui a inventé le frottis ? Est-ce que ça le faisait marrer de trouver un nom aussi ridicule pour une pratique aussi absurde ? Pourquoi est-ce que j’ai besoin d’un frottis et pourquoi est-ce que tu me parles de mon chat en me le faisant ? Est-ce ma vie s’arrête ici ?

« Quand est-ce que tu as eu tes règles pour la dernière fois ? »

Aaah mon dieu, c’est la question piège ! Mes anti-sèches ! Je… je n’ai pas mes anti-sèches, j’ai… Attends… Je… Règles… Exactement ? On est quel jour, putain ? On est quel jour ? On est quel jour ? On est quel jour ? On est quel jour ? On est quel jour ? On est quel… Tu pouvais pas attendre que je trouve la réponse avant d’y passer toute la main, non ?!

« De quand date ton dernier rapport sexuel ? »

Pourquoi est-ce qu’elle me demande ça après avoir inspecté mon vagin ? Elle a vu quelque chose ? EST-CE QUE JE VAIS MOURIR ? Ou alors elle dit ça parce qu’elle trouve que c’est tout sec ? Est-ce qu’elle me juge ?

« Et la petite famille, elle va bien ? »

Je suis allongée sur une table froide qui a des airs d’instrument de torture pendant qu’une personne m’inspecte entre les jambes et jusqu’aux entrailles en me parlant de mes parents, mon frère et ma petite soeur. Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre, et qu’est donc ma vie devenue ?

  • Variante : chez le dentiste. Encore une personne folle qui essaie de me parler en mettant sa main là où il ne faut pas.

Et vous, dans quelles situations vous laissez-vous aller à ces étranges moments d’introspection ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Buddy
    Buddy, Le 19 avril 2014 à 21h10

    " Des années d’incompréhension qui me firent guetter le nain à chaque freinage." Fantastique :d

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