J’ai testé pour vous… écrire un roman

Dolly Valentine a fini son roman, intitulé Lily Woodworth. Elle revient avec vous sur cette épreuve enrichissante !

J’ai testé pour vous… écrire un roman

À 33 ans, je viens de terminer mon premier roman, Lily Woodworth. La route a été longue, semée d’embûches, mais aussi très enrichissante et passionnante. Afin de vous faire partager mon expérience, je vais recenser ici les différentes phases que j’ai traversées et les différentes leçons que j’ai pu en tirer !

Étape 1 : devenir écrivain

Être écrivain, ce n’est pas se contenter de griffonner quelques lignes sur un carnet Moleskine en palabrant dans les bars avec une veste en tweed et une longue écharpe autour du cou. Mais ce n’est pas non plus un métier qu’on choisit « au hasard ». On ne peut pas décider un beau jour de tout plaquer pour devenir « écrivain auto-entrepeneur » ou « écrivain freelance ». Devenir écrivain, c’est faire le choix de ne plus gagner d’argent, de perdre tout statut social et de passer, aux yeux de tous, pour une feignasse qui profite du chômage. Autant vous dire qu’avant de commencer une aventure comme celle-là, il faut être déterminé-e et très bien entouré-e (j’avoue que sans mon copain pour assumer notre quotidien, je n’aurais sans doute jamais pu réaliser ce rêve).

Étape 2 : un travail en solo

Rédiger un roman, ça signifie travailler seul-e, du début à la fin. On ne peut compter que sur soi-même. Il n’y aura jamais personne pour nous dire quand et comment travailler. Il faut apprendre à avancer seul-e, à se faire confiance, à se remotiver soi-même les jours où ça ne va pas. On ne saura jamais si notre texte a de la valeur, si on a réellement du talent ou pas, mais il faut tenir bon, coûte que coûte.

Le point positif dans le fait de travailler seul-e, c’est qu’on est libre de créer tout ce qu’on veut. Si on a envie de raconter l’histoire malheureuse d’un petit poil de cul perdu dans le slibard d’un puceau, rien ne nous en empêche. On peut laisser aller complètement son imagination et ça, c’est plutôt excitant !

Étape 3 : l’inspiration

Au début, j’’imaginais que j’allais m’assoir à mon bureau et que l’inspiration allait venir tout seule. Je me voyais déjà noircir des pages et des pages, avec ardeur, comme dans les films. Mais ça ne s’est pas du tout passé comme ça. J’ai d’abord été perdue, j’ai eu très peur, je n’ai pas su par quoi commencer. J’ai essayé de trouver mon environnement de travail idéal (la nuit avec un bon disque, dans un salon de thé, avec un cheesecake…) mais rien n’a marché (la nuit, je finissais toujours par m’écrouler de sommeil au milieu de mes feuilles blanches ; dans les bistrots, je finissais toujours bourrée comme un coing à danser sur du Lady Gaga autour d’un tabouret). J’ai lu des méthodes de travail, des blogs, toutes sortes de conseils techniques, mais ça n’a pas fonctionné non plus. Plus je me mettais la pression, moins l’inspiration ne me venait. Alors, un jour, j’ai tout arrêté et je me suis demandé : « Mais pourquoi as-tu envie vraiment d’écrire, au fond ? Que veux-tu raconter ? » J’ai fait le point et je j’ai compris mes erreurs. J’ai compris que jusqu’à ce moment-là, je n’écrivais que pour soulager ma conscience, par désespoir, par rage, et que j’envisageais l’écriture comme une thérapie. J’ai recommencé à travailler d’une toute autre manière et la mayonnaise a pris.

J’ai toujours tout fait à l’envers (je suis partie de la fin pour remonter au début, j’ai travaillé dans la confusion la plus totale, dans mon lit, avec des notes gribouillées sur des post-it et les Enquêtes Impossibles de Pierre Bellemare en fond sonore) mais j’ai fini par y arriver.

Étape 4 : la création

Soigner les protagonistes de son histoire, définir leur caractère, leur inventer un nom, un passé, un visage, c’est vraiment passionnant ! J’ai adoré m’énerver toute seule contre un personnage particulièrement agaçant, fabriquer un monde, faire des recherches sur des sujets que je ne maîtrisais pas.

Étape 5 : le point final

Je suis perfectionniste. C’est une horreur. J’ai parfois mis des après-midi entiers à rédiger un simple paragraphe ou pour trouver le mot exact exprimant ma pensée. Je suis carrément psychorigide avec la langue française et j’aime utiliser les mots avec méthode et précision. Pour moi, ils sont comme des notes de musique : on ne peut pas les placer n’importe où dans une phrase si on veut composer une jolie mélodie.

Mais outre le fait d’avoir mis des plombes à élaborer mon œuvre musico-littéraire, la phase la plus complexe de mon aventure a sans nul doute été la relecture. Si j’ai mis quelques mois à rédiger mon manuscrit, cela m’a pris quatre fois plus de temps pour le retravailler. Il est très difficile pour un-e auteur-e de lâcher prise, de s’affranchir, d’apposer le point final car il/elle se demandera toujours, au fond, s’il/elle n’aurait pas pu faire mieux.

Étape 6 : la désillusion

Il est presque impossible de se faire éditer de nos jours, tout le monde le sait. Surtout quand on est un jeune auteur. Écrire un livre, c’est donc aussi travailler en sachant pertinemment qu’on a 90% de chances que cela ne serve à rien, que personne ne lira jamais l’œuvre qu’on a mis des années à parachever. Être écrivain c’est donc aussi être un peu fou, vous ne trouvez pas ?

– Pour découvrir (et soutenir) le roman Lily Woodworth, c’est par ici !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Dolly Valentine
    Dolly Valentine, Le 16 août 2013 à 11h55

    Mon livre est disponible ici
    Merci à toutes <3

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