Ma cure de désintoxication du baume à lèvres : le bilan

Jack Parker a une addiction particulière : elle est accro au baume à lèvres. Depuis deux jours, elle s'est lancée dans une cure de désintoxication. Récit.

Ma cure de désintoxication du baume à lèvres : le bilan

Pour connaître le bilan de cette opération de choc, rendez-vous en bas de page !

Bonjour, je m’appelle Jack, et je suis accro au baume à lèvres.

Laissez-moi vous raconter comment tout a commencé… Comme j’ai une espèce de sale phobie des ongles abimés/cassés, j’ai jamais pu me résoudre à faire comme tout les gens stressés en me les rongeant. Il a donc fallu que je trouve une autre alternative. Du coup, je me suis mise à me dépioter la bouche – une activité qui consiste à arracher tous les petits bouts de peau qui dépassent et à avoir l’air d’une grosse débile sortie d’un fight club pour souris.

Lassée d’entendre ma mère me hurler “JACK, TA BOUCHE !” 78 fois par jour, et de constater que je n’avais plus aucun contrôle sur moi-même, j’ai enfin trouvé une solution : le baume à lèvres. Double action : me tartiner la bouche me permettait 1) de réparer les dégâts et 2) de rendre ma bouche glissante, et donc de limiter les prises.

Ça plutôt bien marché, puisqu’en quelques mois, j’étais enfin débarrassée de la sale manie qui me pourrissait la vie depuis mes 10 ans. Sauf que, ce que j’ignorais à ce moment là, c’est que je venais de tomber dans un piège, dans un tourbillon sans fin. En quelques semaines, je suis devenue accro au baume à lèvres. Et avant de commencer à vous moquer d’ma gueule, faites donc deux ou trois recherches sur Google, pour voir si ça existe pas un peu. Mais moi, je ne m’en suis rendue compte que trop tard.

J’en suis bien vite arrivée au stade où je déglinguais un tube de labello en une semaine. Je ne pouvais plus passer 5 minutes sans m’en tartiner la gueule – à tel point que je me suis retrouvée, certains soirs de perdition, à me tartiner tout le tour de la bouche pendant de longues minutes en buguant devant un film. Sans m’en rendre compte. M’appliquer du baume à lèvres était la première chose que je faisais en me levant, la dernière en me couchant, et tout au long de la journée – voire même entre chaque bouchée de nourriture, ou pas loin. Et si jamais j’arrivais à la fin de mon tube et que j’en avais pas de nouveau sous la main, je me retrouvais à râcler le fond du tube avec mon auriculaire, entre frénésie et angoisse.

Et puis ma mère a commencé à s’inquiéter. Alors j’ai pris une décision : j’ai entamé un programme de désintox.

Les 6 (premières) étapes de la cure de désintoxication

1. “Perdre” et “oublier” son baume à lèvres

Tout a commencé quand j’ai oublié mon baume à lèvres en sortant de chez ma mère. Pour une fois, je me suis retenue d’aller en racheter un et je me suis juré de tenir le coup, juste quelques heures. Une fois rentrée, je me suis évidemment jetée sur l’endroit où je pensais l’avoir laissé… sans succès. Je l’avais perdu. J’ai commencé à trembler, à transpirer, j’ai immédiatement senti ma bouche se déssécher, ça tirait, ça me faisait mal, j’étais au bord des larmes. Ma mère en a alors profité pour me convaincre de me lancer dans une cure de désintox forcée, de ne pas chercher mon baume à lèvres et d’apprendre à m’en passer, là, maintenant, sans préparation mentale.

2. Résister résister résister

J’ai donc tenu toute la soirée, je suis allée me coucher en ignorant toujours où se trouvait mon précieux, et j’ai résisté. Le réveil a été très difficile. Machinalement, j’ai tendu la main hors du lit pour attraper mon tube et m’administrer la dose du matin – et je n’ai rencontré que du vide. Je me suis levée, la mort dans l’âme, et j’ai affronté l’épreuve suivante : la sortie de la douche. Toujours pas de baume gras pour m’accueillir et se poser délicatement sur mes lèvres abîmées, je me sentais seule, abandonnée, vidée de toutes mes forces.

3. La rechute

Et puis j’ai retrouvé mon tube. J’ai regardé à droite, à gauche, je l’ai ouvert précipitamment et je me suis rapidement tamponné la bouche – juste un tout petit peu – avant de le fourrer dans ma trousse de toilette et de m’éloigner en sifflotant. C’était il y a 24 heures. À 16 heures aujourd’hui, je passerai le stade des 48 heures sans baume à lèvres (cette rechute ne compte pas). Je suis forte.

4. Allo Maman Bobo

Heureusement, ma mère me soutient. Elle aurait pu me renier, m’abandonner, mais elle a choisi de m’accompagner tout au long de cette douloureuse épreuve. (Oui, alors ma maman écrit en kikoo, elle aime bien dire lol et mdr et elle a des soucis de clavier, ça arrive aux meilleurs d’entre nous, okay ?!) (j’la défends parce que si je me moque d’elle sur internet elle va m’niquer ma gueule après) (non c’est faux elle est bien trop chentille, pardon maman, je t’aime).

5. Twitter : soutien et tentation

Lorsque je parle de mon calvaire sur Twitter, je reçois également beaucoup de messages de soutien…

Même si certaines ne peuvent pas s’empêcher de me narguer…

Puis il y a celles qui me conseillent d’autres marques de baume à lèvres, pour « m’aider » (C’EST ÇA OUAIS).

En attendant, je souffre.

6. Et puis il y a ceux qui m’aident pas du tout…

Enfin bref, j’ai lu un témoignage d’une autre accro sur internet qui disait qu’il fallait cinq jours pour se désintoxiquer complètement… Je viens officiellement de passer le cap des 48 heures.

Rendez-vous dans 72 heures

Rendez-vous dans trois jours pour le bilan, qu’on espère positif. Priez pour le salut de l’âme de ma bouche.

Le bilan

Le 14 mai 2012 : alors voilà, j’ai passé le cap fatidique des 5 jours sans baume à lèvres. Autant vous dire que ça n’a pas été de la tarte.

Je suis passée par plusieurs stades. Au bout de 48 heures, je souffrais tellement du manque de corps gras sur ma bouche que je me suis mise à me tartiner d’huile d’olive en espérant que 1) ça nourrirait mes lèvres meurtries et 2) ça me donnerait l’illusion de ne plus avoir besoin de mes précieux tubes.

Pour tout vous avouer, j’ai même rechuté rapidos. Deux fois, au cours de ces 5 derniers jours, je me suis voracement jetée sur un tube de labello qui trainait dans un coin pour m’en enduire la bouche « une dernière fois ». La deuxième rechute remonte à cet après-midi, devant les yeux affolés de mes collègues. Yana s’est empressée de cacher les trois tubes qui traînaient encore sur mon bureau.

Pour me soulager, je suis passée à l’homéoplasmine, 4 à 5 fois par jour (mais je n’ai pas pris le tube avec moi aujourd’hui pour éviter de tomber dans un autre piège) (je le regrette un peu).

Heureusement, Twitter me soutient toujours. On me promet même de la bouffe en échange, alors forcément, ça motive.

Pour conclure, je dirais que je suis en bonne voie pour me débarrasser à tout jamais de cette putain de manie qui me bouffe la vie. Oui parce que ça paraît con comme ça, mais si je fais tout un cirque autour de ça, c’est pas juste pour faire le clown, c’est aussi parce que je déteste la dépendance et que, pour le coup, j’étais vraiment accro au baume à lèvres. Je suis fumeuse, je fume en moyenne trois clopes par jour, je peux m’en passer pendant plusieurs jours – mais le baume, non, j’en étais incapable. Du coup, ça, c’est fait, je vais tout faire pour tenir le coup.

J’en profiterais également pour dire à celles qui se sont lancées dans une cure après lecture de mon article que vous avez tout mon soutien et que vous pouvez y arriver, la force est avec vous mes enfants.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ally26
    Ally26, Le 2 mars 2015 à 10h33

    M'enfin, pourquoi vouloir arrêter ? Même en plein été je mets du baume à lèvres toute la journée, et ce que je supporte pas, c'est les copines (ou pas) qui te voient faire et qui te disent "je peux t'en piquer ?" :puppyeyes: !
    Bon par contre je suis pas du genre à en avoir 5, j'en ai qu'un seul, mais il me suit partout : HAPPYYYYY TOGETHEEEEER....:supermad:

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