Ces trucs à savoir avant de rompre

Par  |  | 73 Commentaires

Parfois, on est quitté-e, et parfois on quitte. Dans le second cas, on reçoit pas forcément autant de bienveillance. On a décidé de réparer ça en te rappelant quelques trucs à savoir avant de rompre.

Ces trucs à savoir avant de rompre

Il y a moins d’un mois, j’ai pris ma première grande décision seule : j’ai choisi de mettre un terme à une relation exclusive longue de 3 ans, pour des raisons qui me sont propres car je les avais lavées avant. Je savais que ça n’allait pas être le truc le plus simple du monde, mais je pensais pas que j’en baverais autant pour faire un truc que j’avais pourtant décidé.

Au cas où tu te retrouverais un jour dans une telle situation inconfortable, je me suis dit, entre une session de mouchage dans mes cheveux (ça les gaine, c’est bien) et un monologue intérieur les yeux fixés sur l’horizon à travers mes carreaux sales, que j’allais t’apprendre (ou te rappeler) deux ou trois trucs.

Car oui, il y a un temps pour les balades au ukulélé et un temps pour la lassitude.

Tu auras peut-être envie de le/la rappeler

J’ai toujours eu une certitude : que Justin et Britney étaient faits pour rester ensemble. Souvent, j’en ai une seconde : je suis un peu forte. Pas du genre à pouvoir supporter de partir à la guerre, mais suffisamment pour gérer deux ou trois trucs un peu relou. Pourtant, ça m’empêche pas de dérouiller sévère et d’avoir envie de rappeler mon ex à chaque moment ronflonflon.

Soit je suis drôlement concon, soit il y a un énorme travail à faire sur soi pour ne pas recontacter l’autre pour lui demander de revenir, même si tu lui souhaites une meilleure relation, même si tu te souhaites un autre genre de relation ou être seule un moment. À chaque gros coup de mou, tu risques d’être tenté-e : tu peux éventuellement finir par te dire « EH ! Je le/la rappelle et je le/la re-séduis, c’est parti, ce sera plus simple comme ça ».

Oui mais voilà : tu ne l’as pas quitté-e pour rien, et tu as probablement beaucoup plus réfléchi sur la question que tu ne pourrais le croire. En le ou la recontactant, tu prends un risque : en effet, peut-être que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes et vous retrouverez la passion des premiers jours. Mais qu’est-ce qui ne te dit pas qu’un jour, tu te rappelleras de toutes les raisons qui t’ont poussé-e à partir, et qu’elles seront toujours d’actualité ?

C’est dur de ne pas le faire, et je ne te jugerai pas si tu agis de la sorte — après tout, j’ai failli le faire moi-même. Et je me suis souvenu de tout le respect que je ressentais pour mon ex, de combien c’était dur de l’avoir quitté une fois, alors deux n’en parlons pas. Ça aurait été cruel, et nul. Et cette personne, me détestant probablement désormais autant qu’elle m’a aimée, m’aurait de toute façon mis un vent de la force d’une tornade dans la gueule — et pour le coup, je l’aurais bien mérité.

Alors du coup, j’ai adopté la méthode Ted Mosby : je note toutes les raisons qui m’ont fait mettre un terme à notre relation, et je me les ressors dès que la nostalgie prend le dessus sur tout le reste. Ça vaut ce que ça vaut, et ça ne calme qu’un peu, mais c’est déjà ça.

Des souvenirs partout

Quand on vit de longs mois en couple avec une personne, on développe forcément tout un tas de souvenirs communs (du premier baiser au « Haha, tu te souviens de la fois où t’avais eu la gastro PENDANT ?* »). Je n’arrive même plus à faire la cuisine avec le même enthousiasme qu’avant, car mon ex était mon cobaye gustatif. Mon alimentation se compose donc actuellement de trucs crus ou de commandes livrées à ma porte. Dans un cas, c’est lassant. Dans l’autre, c’est cher.

*Dans un souci de vraisemblance, sachez que cette anecdote n’est pas tirée d’une histoire vraie – du moins, pas connue par moi-même.

Pire : la musique. Si tu as le coeur sensible comme moi, tu devras te débarrasser des chansons qui ont marqué votre vie de couple. Je sais pas si tu réalises, mais j’ai dû renoncer (temporairement, j’espère) à une partie de l’oeuvre des Shins et de Broken Bells. Ni mon palpitant ni mes tympans ne sauraient s’en remettre.

Le lavage de cerveau te permettra d’écouter sans souci la chanson de votre première pelle, qu’il s’agisse du dernier Obispo ou de Tata Yoyo.

Mais voilà : tout nous rappelle l’autre, une fois que l’histoire est finie. Un dessin, un post-it, un canapé, un bout de parquet, un poil de pubis resté coincé dans tes draps malgré le passage à la machine à laver, un trou dans le sol ou un nom de rue qui vous a fait marrer il y a longtemps… Attends-toi donc à voir surgir n’importe où, dans tes oreilles, tes yeux ou sous tes pieds quelque chose qui te rappellera l’autre et la décision presque irrévocable que tu as prise.

Malheureusement, je n’ai aucune solution pour éviter ça. Moi, j’en profite carrément pour déménager et changer de ville, mais je suis un peu lâche et tout le monde ne peut pas se le permettre.

Tu perdras peut-être un-e vrai-e pote

Être en couple avec quelqu’un, c’est bien souvent partager suffisamment pour que l’autre devienne un-e véritable ami-e, en plus d’être celui/celle avec qui tu fais plein d’autres trucs. C’est tout pareil que l’amitié, au fond : on accepte de faire avec les défauts de l’autre, les liens se tissent au fil des jours, des disputes viennent des fois jalonner le quotidien, on se confie à l’autre…

Sauf qu’on se projette parfois de manière un peu plus soudée dans l’avenir, qu’on angoisse souvent au moment de rencontrer ses « beaux-parents » et, qu’on n’est parfois pas trop vêtu-e-s.

Moi j’étais du genre à essayer de garder toutes mes angoisses pour moi, sauf quand j’étais avec mon ex. Il savait me mettre des coups de pied au séant et m’apaiser comme personne d’autre, puisque j’avais l’impression que c’était lui qui me connaissait le mieux. Je me disais que lui, ça le dérangerait pas, et c’est bien la seule personne que je ne craignais pas de gonfler sévèrement avec mes first world problems. Alors forcément, dans les coups durs post-rupture, les instants de doute, je peux plus trop me tourner vers lui pour lui demander si j’ai fait le bon choix — je suis pas sadique non plus.

Quand on quitte quelqu’un et que cette rupture n’est pas « d’un commun accord », il y a toujours ce moment bizarre où on réalise que l’autre, pour qui on ressent encore pourtant plein de choses positives et fortes, ne sera plus celui qu’on appellera en premier pour les bonnes et les mauvaises nouvelles, parce qu’on n’a plus le droit. Et ça, j’y ai pas trop pensé sur le coup et j’aurais bien voulu m’y préparer un peu plus. Sérieusement, je sais que j’ai fait le bon choix : j’aurais fini par le faire souffrir. Mais sa présence me manque cruellement.

Solution potentielle : relativiser en se disant que, célibataire, on a plus de temps pour nos potes.

Tu passeras (un peu) pour la garce

Ça, faut bien s’y attendre. Dans ton entourage, la plupart des gens devraient finir par faire confiance à ton libre-arbitre. Et puis d’autres ne comprendront pas, t’en voudront un peu et te feront passer pour Jafar, ou pire encore. Tant pis.

Tu sais pourquoi tu l’as fait, tu as probablement essayé d’être la plus claire possible avec l’autre pour qu’il ou elle ne soit pas dans le flou, et « ainsi, voilà ». Tu es suffisamment forte et mature pour faire des choix sans être jugée. S’ils ne veulent pas t’entendre, hausse les épaules et passe ton chemin. Ça ne servira à rien de faire part de tes émotions, puisqu’ils se contenteront probablement de dire que c’est ton problème, faudrait voir à pas inverser les rôles.

Malheureusement, donc, il ne faudra pas forcément s’attendre à beaucoup d’empathie de la part de tout le monde, parce que le rôle du largueur est plutôt mal vu. Pourtant, elle est assez intenable, cette place-là.

Bien sûr, c’est très dur de se faire larguer, mais quand on doit prendre la décision, c’est, je trouve, encore plus complexe. Si je compare les fois où on m’a quittée et celle où j’ai quitté, je réalise que dans les premiers cas, je reprenais vite du poil de la bête. Je souffrais beaucoup, pendant quelques temps, je me remettais en question… Et puis je revêtais mon habit de revancharde, me regardais dans la glace et me promettais de me reprendre en main, voire de faire regretter à l’autre sa décision.

Je trouve qu’il est plus facile de se reconstruire quand on se fait larguer. On n’a plus rien à perdre, on morfle, on pleure ou on crie, peut-être tout ça à la fois, mais on a un avantage : on n’a aucun choix, parce qu’on est obligés de regarder droit devant.

Quand on quitte, on a quand même une grosse responsabilité : non seulement on souffre pour les raisons précédemment citées (la perte de repères, les souvenirs partout), mais en plus, on sait qu’on fait souffrir un-e autre qui ne s’y attendait pas forcément, un-e autre qu’on aime, mais pas autant qu’il/elle le mérite, ou pas comme on voudrait l’aimer.

Il est carrément plus facile de céder à la déprime, la vraie, la grosse. Celle faite de questionnements du type « Est-ce que j’ai fait le bon choix ? Est-ce que je me pose trop de questions ? Est-ce que, si ça se trouve, c’était le bon, ou la bonne, et que mon scepticisme me l’a fait perdre ? ».

Ces questions-là, elles viendront. Moi, elles m’ont sauté à la gorge quand j’ai vu mon ex monter dans sa voiture pour partir de chez moi, et elles me quittent rarement depuis (parce que ça ne fait qu’un mois). Alors si tu es concernée, respire un coup : évidemment, que tu as pris la bonne décision, puisque tu l’as prise et que tu l’as bien retournée dans tous les sens avant.

Si tu es dans le même cas que moi, prenons-nous la main, faisons-nous des bisous, mais surtout, faisons-nous confiance. Ne laissons personne mettre en doute le fait qu’on en chie, encore moins le fait qu’on s’en remettra, et ménageons-nous.

Parce que si on a pris une décision aussi difficile, c’est qu’il y avait une raison, et qu’il faut se laisser le temps de tourner la page. Pense à ton bonheur, pense au sien, respire fort et dis-toi que ça va passer. Faisons ensemble un duo sur Si demain (je prends Kareen Antonn et te laisse Bonnie Tyler, c’est pas ma tessiture) en mimant la batterie, mangeons ce qu’on a envie de manger, regardons des films feel good sans histoire de rupture dedans et ne cogitons pas trop, juste ce qu’il faut pour retirer un peu de force de ce passage.

Bonnie Tyler, première sur la peine de coeur.

Moi pour les moments de déprime du genre « je me pâme toutes les trente secondes en chialant ma race parce que j’ai réécouté volontairement Since I told you it’s over des Stereophonics et que je culpabilise des moments joyeux que je vis parfois depuis la rupture », je me suis écrit un manifeste que j’apprends par coeur. Ça dit :

« Je soussignée Sophie me promets fidélité à moi-même jusqu’à la fin de ma vie. J’accepte de me donner encore une semaine pour me sentir vide comme un préservatif après un coït non mené à son terme : après, je me reprends.

S’agirait pas de devenir comme ceux et celles qui parlent encore de leurs ex avec des doutes dans la voix après plusieurs mois de séparation. C’est bien trop triste, parce que les amours qu’on a eues sont faites pour nous construire et nous aider à définir ce qui nous correspond, pas nous freiner dans l’avenir. Et puis, c’est pas parce qu’on tourne la page sur une histoire qu’on cesse pour autant de ne souhaiter que le meilleur à la personne avec qui on l’a vécue.

Je me forcerai à gérer cette situation au mieux. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour ne plus être que joie et gaudrioles. Je sais ce que je fais, je suis assez grande pour le savoir. J’ai pris ma première décision indépendante et autonome, sans demander l’avis de personne, et pour ça, je me couvre de fleurs et de poisson cru arrosé de sauce soja.

Je vais perdre cette habitude d’avoir toujours quelqu’un prêt à m’appeler, à me rejoindre à la moindre impression de tristesse. Il faut que j’apprenne à me débrouiller avec ça. Je ne dépendrai plus de personne et me contenterai, pour le bien de tou-te-s, de profiter de ce qu’on veut bien me donner sans demander plus.

Je ne veux plus avoir besoin d’être soutenue, mais je veux bien qu’on m’accompagne. Je me promets également de ne jamais donner plus que ce que j’ai envie de donner, d’être sincère d’un bout à l’autre, et de faire confiance à mes angoisses dès qu’elles pointeront le bout de leur groin.

Surtout, je vais apprendre à m’aimer, moi, et ne pas me contenter d’oser aimer ce que d’autres peuvent aimer chez moi. »

C’est clair qu’en plus de tout ça, c’est pas le truc le plus simple du monde d’avoir à nouveau à envisager son avenir sans personnifier personne à nos côtés, mais eh, merde : on est peut-être un peu cassées, mais on est surtout plus fortes et indépendantes qu’on ne le pense. 

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!

Sophie Riche

Sophie Riche est membre de la rédac depuis 2011, époque à laquelle elle officiait sous le pseudonyme Sophie-Pierre Pernaut. Elle aime manger du fromage et l'humour un peu gras.

Tous ses articles

Voici le dernier commentaire
  • Kmarlou
    Kmarlou, Le 19 juin 2017 à 8h27

    citizenjane
    Je crois @agapanthe7 que tu oublis la "difficulté toute particulière et extrêmement dure" d'être celui/celle qui va briser le coeur de la personne qu'il/elle aime/a aimé plus que tout [pour les ruptures " propres" aka, celles où il n'y a pas de tromperies/coups bas/mensonges]. C'est une lourde responsabilité, avec laquelle il faut vivre et qui s'accole à la culpabilité, la colère, la solitude face à ce qui est un échec. Et cette douleur. Cette saleté de douleur d'avoir été acculée à le quitter.
    Celui qui est quitté n'a pas le monopole du deuil. Celui qui est quitté n'est pas le seul a être obligé de se reconstruire là ou sa vie (et c'est le pire!) aurait pu lui convenir. Celui qui est quitté n'est pas le seul a être désespérément démuni devant le vide de l'autre.

    Parce que - j'ai un scoop - celui qui quitte a AUSSI aimé.

    Est-ce que son absence me fait mal ? Oui. J'ai passé ma semaine dernière a le pleurer comme si on me passait le coeur sous un marteau-burin. Le manque, l'absence, le désespoir absolu d'imaginer une vie sans lui.
    Est-ce que j'avais le choix ? Non. Il ne m'aurait pas quittée, et on était usé, usé jusqu'à la moelle d'avoir essayé jusqu'au bout d'être celui/celle qui rendrait l'autre heureux. Et nous n'avons pas réussi. J'ai préféré partir. Préférant regretter son absence que de vomir sa présence. J'ai préféré partir parce que je l'aimais assez pour préférer qu'une autre soit la source de son bonheur. J'ai préféré partir parce que j'en avais assez de me sentir malheureuse de ne pas être celle qui le rendait heureux.

    J'ai tiqué sur ton message, j'en suis désolée. Je ne comprends pas les gens qui ne savent pas imaginer, s'imaginer un tant soit peu, rien qu'un instant, à la place de l'autre. Le binaire c'est bon pour les ordinateurs ( demandes aux millitants LGBTQ a qui j'ai piqué cette phrase) !

    Je voulais ajouter pour @SophieRiche, comme beaucoup d'autres te l'ont dit: Merci. J'ai lu et relu ton article. Avant, pendant, après. Il m'a aidée & consolée en quelque sorte là où personne ne pouvait m'aider et où il n'y avait rien de consolable.

    Deux ans ou presque sont passés depuis que tu as rédigé cet article, j'espère que le sujet est moins sensible pour toi désormais !
    J'arrive bien plus tard mais je relisais et maintenant que la décision a été prise pour moi je plussoie citizenjane.

    J'ai rompu fin février, la dernière fois que je suis venue commenter cet article j'hésitais, mais en vérité je sais quelle était ma décision.
    Ça a été tellement dur pour moi que j'ai eu besoin de voir une psy pour la première fois pour sauter le pas (j'étais pas bien alors j'ai fait en sorte de la voir avant d'aller rendre visite à celui qui serait mon ex)

    Ça faisait quand même la 3ème fois que j'essayais de le quitter. Il a donc plus cherché à me retenir et je n'ai pas changé mes billets de retour donc je suis restée quelques jours encore chez lui, ça s'est très bien passé mais je sais que je lui ai fait très mal.
    À mon retour j'ai eu la chance de pouvoir reprendre contact avec celui avec qui j'avais coupé contact pour éviter la rupture de mon couple. Lui aussi sortait d'une rupture dont il était un petit peu+ l'initiateur qu'elle et lui aussi souffrait.
    Parce que même si on est celui qui fait mal, ce n'est pas seulement à l'autre qu'on fait mal.
    Et pour ma part après 7 ans de relation (et ce garçon que je revois pour lui c'était 4ans dont 2ans de vie commune), on n' avait oublié que c'était possible que l'histoire se finisse. On n'imaginait plus l'avenir sans l' autre... on s'était imaginé l'avenir avec l' autre, avec nos habitudes, En combinant nos envies et celles de l' autre... maintenant il faut reconstruire.
    Je ne dirais pas que la douleur est la même que celui qui est quitté mais qu'on me reconnaisse au moins cette douleur, de ressentir cela comme un échec... C'était l'homme de ma vie, Mon premier amour vrai. Et j'ai rencontré dans mes études des camarades qui étaient casés depuis aussi longtemps que nous:
    Lui vient de se marier, et l' autre a acheté une maison avec son copain....
    Moi j'ai rompu...

    Spoiler: Nouvelle relation
    Et je suis contente que mon entourage ne pense pas de façon aussi binaire que @agapanthe7 parce que ça fait du bien qu'on me demande MOI si je vais bien. Parce que oui c' était une relation importante et une rupture veut dire que le couple dont tu faisais parti(e) n'est plus... et en général quand on forme un couple c'est pour y être bien.

LA MADBOX DE JUILLET

  • 8 cadeaux personnalisés
  • par la rédac
  • 18.90€
  • Sans engagement