Conseils pour faire fonctionner votre couple (selon la psychologie)

Ah, le couple... déjà que c'est pas toujours facile à former, ça peut être une sinécure à faire durer aussi. Voici quelques conseils issus de la psychologie pour des lendemains qui chantent !

Conseils pour faire fonctionner votre couple (selon la psychologie)

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La longévité des relations amoureuses est un sujet qui intéresse beaucoup les chercheurs et chercheuses, toutes disciplines confondues – surtout vu l’explosion des divorces et séparations. En psychologie, les scientifiques étudient l’impact des séparations sur les partenaires, sur l’enfant, sur le bien-être… et analysent également les secrets et formules magiques des couples qui durent (et sont heureux) !

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Le Love Lab, laboratoire du couple

En 1986, les psychologues John Gottman et Robert Levenson créent carrément un Love Lab (autrement dit, un laboratoire de l’amour) ! Ils y invitent des couples de jeunes marié•e•s, les branchent à des électrodes et leur demandent d’avoir une conversation à propos de leur relation (comment se sont-ils rencontrés, quels conflits ont-ils vécu, quels sont leurs souvenirs positifs…).

Tout au long de la conversation, les deux chercheurs observent le comportement physiologique des couples : ils mesurent leur pression sanguine, leur rythme cardiaque, leur niveau de transpiration, etc. À la fin de l’expérience, les sujets rentrent chez eux, et six ans plus tard, Gottman et Levenson les recontactent afin d’avoir des nouvelles de leur vie conjugale.

À partir de cet instant, les chercheurs séparent les couples en deux groupes distincts :

  • Les « masters » (celles et ceux qui sont restés en couple et qui sont heureux)
  • Les « disasters » (celles et ceux qui ont rompu, ou sont malheureux en couple)

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Eric & Tami Taylor dans Friday Night Lights, meilleur couple de la télé américaine

Ils observent des différences claires entre les deux groupes.

  • Les disasters, lorsqu’ils étaient dans le Love Lab, semblaient calmes, mais leur physiologie était particulièrement active (leur rythme cardiaque étaient élevé, leur pression sanguine également, et ils transpiraient plus que les autres)
  • À l’inverse, les indicateurs physiologiques des masters sont stables, et ne présentent pas de signes particuliers.

Dans cette expérience, plus la physiologie d’un membre du couple était active dans le Love Lab, plus les relations avaient de chances de se détériorer. Pour Gottman et Levenson, ce n’est bien sûr pas la physiologie qui cause la rupture, mais elle est un bon indicateur. Si l’on considère que l’augmentation du rythme cardiaque, de la pression sanguine et du niveau de transpiration sont des réponses à une menace, une préparation au combat… qu’est-ce que cela veut dire de la relation ? Selon les chercheurs, une physiologie active au cours d’une conversation avec son ou sa partenaire indique que le moment est difficile.

À l’inverse, le peu de changement physiologique chez les « masters » traduirait un climat de confiance et d’intimité dans le couple, qui permet aux conjoint•e•s un confort émotionnel et physique.

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L’échange, secret de la longévité amoureuse ?

Désormais, Gottman devine que les changements physiologiques lors des interactions des couples sont des indicateurs qui pourraient « prédire » la fin d’une relation ou, au contraire, la poursuite de l’amour. Qu’est-ce qui crée ce climat merveilleux de constance physiologique, de confiance et d’intimité ?

Pour obtenir quelques éléments de réponse, le chercheur se lance une autre étude : cette fois, il crée un laboratoire un peu spécial qui ressemble à un joli Bed & Breakfast. Gottman invite 130 jeunes marié•e•s à passer la journée dans cet endroit, où ils et elles ont la possibilité de faire ce qu’ils/elles souhaitent.

Le scientifique et son équipe observent les partenaires alors qu’ils évoluent au cours de la journée – cette fois, sans électrodes. Ils regardent les jeunes mariés cuisiner, manger, nettoyer, écouter de la musique, discuter… Ils remarquent que certain•e•s partenaires tentent d’établir un contact avec leur moitié (par exemple, en disant « Oh, regarde ce bel oiseau ») – Gottman appelle cela une « offre ».

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Pour lui, dans ce cas-là, la personne qui prend l’initiative tente d’établir une connexion. L’autre a deux choix : répondre à l’offre ou s’en détourner. Et sa décision peut en dire beaucoup sur la relation : si notre partenaire décide de nous parler de quelque chose, même d’un truc qui nous semble banal, c’est parce qu’il/elle estime que c’est important, que ça a attiré son attention. Allons-nous reconnaître et respecter cela ?

Certain•e•s répondent à l’offre et portent de l’intérêt à ce que dit leur moitié, d’autres non (ils ne répondent pas, réagissent de façon minimale ou pire : avec hostilité). Ces réponses sont des indicateurs de la santé du couple.

  • Les disasters (qui ont divorcé au cours des 6 années suivantes) répondaient à la sollicitation de leur conjoint•e seulement 33% des fois – ce qui signifie qu’une tentative d’échange sur trois a abouti dans le couple.
  • Les membres des couples « masters », en revanche, répondaient à l’offre d’échange de leur conjoint•e 87% des fois !

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Pour Gottman, les « masters » seraient à l’écoute des besoins émotionnels de leurs partenaires, et c’est ce qui prédirait favorablement la suite de la relation. Imaginez : après une journée un peu chiante, vous rentrez fatigué•e, stressé•e, mécontent•e… Votre partenaire veut échanger. Certain•e•s auront la gentillesse et l’attention de se tourner vers leur moitié, d’être à l’écoute, d’engager un échange. Même si le moment ne dure que quelques secondes, cet instant est très important pour la relation, lui permet de rester saine, sereine, bienveillante… et heureuse !

Pour aller plus loin…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Bouledenerfs
    Bouledenerfs, Le 15 décembre 2015 à 11h30

    Alexandra David-Néel
    @Bouledenerfs @zemble La communication est importante, mais pas seulement la communication "verbale". Les gestes, actions, etc, sont aussi des moyens de communications qui sont peut-être plus délicats mais permettent de voir si l'autre va mal, ou à un doute, etc. Mon copain est assez "peu" communicant verbale, mais je sais très bien quand quelques choses le tracasse. Et inversement. Faut aussi s'adapter à l'autre, si de base c'est pas une/un bavard(e), et bien d'autre moyen existent. J'ai souvent rapproché ça à une forme de "connexion hypersensible" à l'autre. C'est d'ailleurs assez bizarre, car cela fonctionne même quand nous sommes pas forcément l'un a coté de l'autre :shifty:
    Oui tout a fait d'accord avec toi. Au debut j'essayais de forcer mon copain a parler mais j'ai vite compris qu'il fallait le laisser tranquille et apprendre de ses gestes

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