J’ai FAILLI aller à Calvi on the Rocks avec Monster – Chronique d’un gros fail

SPP était invitée à Calvi on the Rocks par Monster. Ç'eut été bien, sauf que cette nouille a raté son avion.

J’ai FAILLI aller à Calvi on the Rocks avec Monster – Chronique d’un gros fail

Tu sais, être aussi adroite et à l’aise en toutes circonstances qu’un pingouin n’est pas forcément chose aisée. Présentement, je devrais être en voiture, quelques part entre Ajaccio et Calvi à discuter gaiement et à me plaindre d’avoir mis un jean tellement il fait chaud même si bon, « j’ai pensé à aller à l’aéroport en sandales à la place de mes boots alors c’est déjà ça ».

J’étais prête, surtout quand on m’a dit grosso modo « enfile ton maillot de bain sous tes fringues parce qu’on va direct sur un bateau pour manger et faire des bombes dans la mer ».

Et en effet, c’est ce que j’avais fait : j’avais mis mon bas de maillot en guise de slip et glissé le haut dans ma pochette, juste après ma douche et mon hydratation corporelle à la crème solaire, à l’heure où la campagne n’est même pas un peu blanche.

C’est avec enthousiasme et l’envie de bien faire mon boulot que je suis donc partie en direction de la voiture qui m’amenait à l’aéroport.

Lécé moa pacé j’vé travayé.

Je m’y voyais déjà, passant 48h à me faire rôtir la couenne et à écouter de la musique partout. On m’avait vendu du rêve, m’expliquant que j’allais :

  • manger sur le bateau Diesel en mer (MANGER)
  • prendre l’apéro sur ce même bateau à quai
  • profiter de la plage Diesel et Monster toute l’après-midi avec DJs et restaurant (MANGER)
  • assister aux soirées au Théâtre de Verdure
  • aller à des afters que j’imaginais bien clinquants (ce qui m’aurait, j’imagine, bien dépaysée en comparaison aux afters de festivals habituels pendant lesquels je bois du rosé tiède entre deux tentes).

Entre-temps, j’aurais écrit des articles pour vous raconter le festival assise sur un transat au bord de la piscine de l’hôtel, et vous m’auriez toutes un peu détestée le temps de quelques minutes (pas plus, sinon j’implose). Je m’imaginais déjà aussi partir à la découverte de la ville et essayer d’en tirer le meilleur pour vous dire comme c’est joli.

Sérieusement, ils avaient tout bien organisé comme il faut. De mon côté, j’avais déjà préparé mille jeux de mots sur Calvi, mon hashtag #YvesCalviSurLesRochers et même repassé mes robes, soit le truc qui m’arrive à peu près aussi souvent que de me faire déféquer dessus en pleine rue par un hippocampe (jamais, donc). On riait depuis une semaine rien qu’à m’imaginer être un dizième de fois aussi awkward que je ne le fus à Cannes. Un peu comme ça :

Salut eh, salut, c’est moi c’est SPP, tu veux être mon ami ?

Awkward en effet, je le fus. Je le fus même un peu trop tôt, puisque j’ai choisi de me faire amener à l’aéroport en voiture au lieu de me contenter de prendre les transports en commun, comme tout le monde.

J’étais confiante en partant, mon tout nouveau tout offert casque Monster Diesel Vektr sur les oreilles pour en tester les différentes vertus selon le type de musique, regardant le monde défiler derrière la vitre de la voiture. C’était bien ; j’étais bien.

Au début j’avais un peu mal au crâne, et puis j’ai fini par comprendre comment desserrer le casque et ça allait vraiment beaucoup mieux. La musique m’enveloppait et je n’entendais rien au-dehors. Clive Owen serait monté dans la voiture en claquant la porte et en me criant « Suis-moi, je t’emmène avec moi à L’Hollywood » que je ne l’aurais pas remarqué, et ç’aurait été bien dommage.

D’ailleurs, si ça se trouve, peut-être que c’est arrivé. Si c’est le cas, j’en suis fort confuse, Clive, mais ma vie est au nord de la Loire et notre amour est impossible.

Au début, je croyais également que le casque n’était pas assez étanche et qu’on entendait tout à travers, mais en essayant de mettre le son à fond et le casque sur les oreilles de quelqu’un d’autre par surprise, j’ai compris que non (et j’ai failli faire décéder quelqu’un). Le seul inconvénient, c’est que quand on veut s’allonger sur le côté, ça creuse un trou de la taille de l’écoutille dans la tête mais debout ou assis, ça marche bien.

Après, clairement, même si le rapport qualité/prix me semble bon, je n’aurais probablement pas mis autant de ma poche pour en faire l’acquisition. Mais c’est un investissement, vu qu’en plus il se plie (le progrès est sans limite) et qu’il y a moins de chances de l’abîmer.

Ironie du sort : quand j’ai réalisé que le monde ne défilait plus, puisque nous étions à l’arrêt, bloqués par des embouteillages monstrueux, j’écoutais I May Be LateJe serai peut-être en retard » en français dans le texte) de Jil is Lucky. J’ai trouvé ça drôle, parce que très à propos et je me suis imaginée en train de courir dans l’aéroport pour être sûre d’embarquer, même si j’étais encore large niveau timing.

Et puis au bout de dix minutes d’immobilité, j’ai commencé à trouver que ça sentait le pâté, cette histoire. Au fur et à mesure que je voyais l’heure d’arrivée estimée par le GPS s’allonger, je sentais mon week-end en short glisser de mes mains moites.

Quand j’ai fini par comprendre que finalement, c’était mort, que c’était pile le jour où il ne fallait pas rater son avion vu que tout le monde part en vacances, je n’avais plus la force de fermer la bouche ni d’ouvrir vraiment les yeux. Je me suis ensuite un peu balancée d’avant en arrière en secouant frénétiquement la tête.

J’ai commencé à me dire que les gens étaient fous de prendre la voiture pour faire le tour de Paris — certains le font tous les jours pour aller au travail et j’en ai le coeur qui bondit d’angoisse. Sérieusement, pourquoi se faire autant de mal : prendre le périphérique aux heures de pointe, est-ce que c’est renoncer à avoir toute joie de vivre en son dedans ? Je questionne.

Mais la vie est ainsi faite quand on a choisi d’avoir le pingouin, cet animal maladroit et claudiquant, pour animal totem et j’ai vite relativisé. Après tout, au moins, je ne prendrai pas de coup de soleil et je recule de quelques semaines l’obligation de porter mes robes sans collant (ce que je n’aime pas trop trop faire, rapport qu’un coup de vent est si vite arrivé, même si je m’étais achetée un boxer imprimé saucisses et ketchup pour cacher mon intimité le cas échéant).

Surtout, j’espère qu’en me lisant te raconter mon énorme fail, tu retiendras une leçon ou deux :

  • Dans les moments où tu agiras en boulet de l’extrême, souviens-toi que quelque part dans le monde, je suis en train de faire pire.
  • Un retard de RER vaut toujours mieux qu’un gros embouteillage sur le périphérique.

Et si tu as la chance d’aller à Calvi on the Rocks, festival qui commence aujourd’hui et se termine le 10 juillet, commence déjà à saliver devant la programmation parce qu’entre Louisahhh!!!, Brodinski ou encore Jamie Liddell, on dirait bien qu’il y a vraiment beaucoup de bon.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 5 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Lolli
    Lolli, Le 6 juillet 2013 à 9h51

    Et moi j'ai failli y aller vu que c'est pas loin de chez moi mais... je bosse ce week end!

    Allez, l'année prochaine on se rattrape :)

Lire l'intégralité des 5 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)