L’aviron – Les madmoiZelles et leur sport

L’aviron est l’un de ces sports dont les médias ne parlent quasiment jamais. madmoiZelle a décidé de se pencher dessus à l’occasion des JO de Londres !

L’aviron – Les madmoiZelles et leur sport

L’aviron fait partie des Jeux Olympiques depuis 1900 ; une très ancienne discipline, donc. Faisant partie de la catégorie des sports nautiques, le principe est plutôt simple : des rameurs propulsent un bateau fin et léger à l’aide de « pelles ». On parlera généralement d’aviron de rivière (catégorie en vigueur aux Jeux Olympiques), mais il existe aussi l’aviron de mer. Ce n’est en 1976 que les JO ouvrent cette discipline aux femmes. Actuellement, 14 épreuves d’avirons sont programmées aux JO (8 pour les hommes et 6 pour les femmes).

On distingue plusieurs catégories : le skiff (en solo), le deux de couple (2 rameurs, chacun 2 rames), le quatre de couple (4 rameurs, chacun 2 rames), le deux avec barreur (2 rameurs et un barreur), le deux sans barreur (2 rameurs, chacun une rame), le quatre avec barreur (4 rameurs et un barreur), le quatre sans barreur (4 rameurs, chacun une rame), le huit (8 rameurs).

Qu’est-ce qu’un rameur et un barreur ? Le rameur, c’est tout simple : il rame. Avec une ou deux « pelles », selon la catégorie dans laquelle il évolue. Le barreur est là pour donner le ton de la course, le rythme du bateau et encourager ses rameurs. C’est une sorte de coach à bord du bateau, qui fait en sorte que son embarcation file droit et le plus rapidement possible en motivant sa troupe de rameurs.

Un joli clip de l’équipe de France qui vous montre les différentes combinaisons de bateaux possibles :

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Si, en France, l’aviron est un sport assez discret, il faut savoir qu’outre-Manche et outre-Atlantique, c’est un sport universitaire extrêmement populaire, comme vous pourrez le constater dans les interviews un peu plus bas, avec Marion qui pratique l’aviron en Angleterre ! Récemment, vous avez pu voir une scène d’aviron dans The Social Network, avec les jumeaux Cameron et Tyler Winklevoss qui pratiquent cette discipline à haut niveau, puisqu’ils ont notamment participé aux JO de Pékin en 2008. Ce sont eux qui ont accusé Mark Zuckerberg de leur avoir volé l’idée de Facebook.

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Qu’en disent les madmoiZelles qui pratiquent ?

Trois madmoiZelles glissant sur l’eau ont accepté de répondre à mes questions : Manon, 17 ans, 6 ans de pratique, licenciée au club de Beaucaire ; Marion, 21 ans, 2 ans de pratique, licenciée au Manchester University Boat Club et Johanna, 16 ans, 2 ans de pratique, licenciée au club de la Basse-Seine à Courbevoie.

>> Quelles sont les qualités nécessaires à la pratique de l’aviron ?

– Marion : « En tant que rameuse, il est important d’être au top de sa forme physique, c’est un sport qui demande énormément de force et d’endurance. Le mental est aussi extrêmement important, et beaucoup de gens disent que l’aviron, c’est 20% d’efforts et 80% de mental. En tant que barreuse, il est important d’avoir confiance en soi, de savoir écouter son équipe mais aussi de savoir s’imposer. »

– Manon : « Il faut être tolérante envers les erreurs des autres, et accepter que des erreurs puissent venir de nous-même. En fait c’est toujours une remise en question perpétuelle, ce n’est jamais assez parfait, il y a toujours quelque chose à changer. »

– Johanna : « L’aviron est un sport complexe qui demande un entraînement régulier, entre 4 et 5 fois par semaine. Il y a 3 type d’entraînements : sur l’eau (dans un bateau, 16 km environ), sur l’ergomètre (rameur électrique ; basé sur la force, chaque coup est mesuré en watts, et à la fin de la séance il calcule la moyenne) et l’entraînement musculaire. »

>> Quelles sont les valeurs que vous a appris la pratique de l’aviron ?

– Marion : « En Angleterre, l’aviron occupe une place très particulière à l’université, étant l’un des sports les plus cotés. De ce fait, je m’entraîne presque tous les jours avec les mêmes personnes, c’est une deuxième famille. J’ai appris à supporter la douleur et à résister à la tentation d’abandonner au milieu d’une régate ou d’un entraînement. J’ai appris à travailler en équipe, à écouter mes coéquipiers, j’ai pris confiance en moi, mais j’ai aussi énormément gagné en discipline. »

– Manon : « Des ami(e)s, mais aussi l’esprit de compétition, l’acharnement, la volonté de faire les choses comme il faut, et l’entraide évidemment. »

– Johanna : « L’aviron m’a appris l’esprit d’équipe, le respect, et l’investissement. Le respect envers les coachs et les partenaires de bateau est important. »

>> Quelle est la place des filles dans ce sport, essentiellement assimilé à une pratique masculine ?

– Manon : « La place des filles est variable selon les clubs. Au club de Chambéry par exemple, il y a carrément beaucoup plus de filles que de garçons, et elles font beaucoup de podiums aux championnats de France. A Beaucaire, ça fait pas longtemps qu’il y a des filles au club, environ 10 ans, donc forcément notre place est un peu plus difficile à acquérir… »

– Marion : « En général, les filles rament avec les filles et les garçons avec les garçons. Il est possible de croiser des bâteaux mixtes, même s’ils sont rares, et les barreurs sont souvent des filles car plus légères que les hommes, mais les deux sont habilités à être barreur dans des bateaux mixtes. Je ne ressens pas trop de différence car il y a autant d’épreuves féminines que masculines en Angleterre, et un nombre égal de rameurs (dans mon club en tout cas !). Cela dit, les épreuves masculines sont plus suivies que les épreuves féminines, comme pour beaucoup d’autres sports. »

– Johanna : « La place des filles est plus importante que ce que l’on croit ; dans ma catégorie (cadette), sur le plan national, il y a beaucoup de filles qui ont un excellent niveau. Nous sommes très bien intégrées et fières de pratiquer ce sport « masculin ». C’est vrai que, parfois, on sent que le sport est généralement pensé pour les hommes notamment lorsque le matériel pèse des tonnes … »

>> Y a-t-il des différences notables entre les différentes catégories (par 2, par 4, par 8) ? Et entre un rameur et un barreur ?

– Manon : « Il y a des différences selon les bateaux, surtout par rapport à la cohésion du groupe : un double sera vraiment soudé (et n’aura pas le choix), un 8 s’aidera aussi, mais pas de la même façon. »

– Marion : « Le rameur fournit l’effort physique, il doit donc être au top physiquement et mentalement, avoir des nerfs d’acier, mais au final, il n’a pas à réfléchir à grand chose lors d’une course, si ce n’est à sa technique. Les barreurs font très peu d’efforts physiques, mais se doivent d’être très attentifs et multitâches. Il s’agit de diriger le bateau, motiver les rameurs, corriger les erreurs techniques, le tout en faisant attention à ce qui se passe autour de soi. Cela demande un effort mental considérable. »

Marion et son équipe

>> Comment se déroule une compétition en général ? Quelle est l’ambiance qui y règne ?

– Johanna : « Le jour J on se lève tôt, il y a une bonne ambiance mais chacun est tendu et réfléchit à sa course. Entre les courses, nous devons rester au chaud, les jambes tendues en l’air pour que le sang circule bien, puis une heure avant la course on va courir 10 minutes (montées de genoux), en guise de petit échauffement. On descend le bateau après avoir mis le numéro à l’arrière et avoir endossé les combinaisons du club (tout le monde doit être habillé pareil sous peine d’avertissement). Ensuite : la course, très dure et intensive. Les coachs nous suivent sur la berge en vélo et nous encouragent ! L’entente est géniale quand les courses sont finies, tout le monde va se féliciter. »

– Marion : « On distingue deux types de courses. Les têtes de rivières, durant lesquelles un certain nombre de bateaux partent les uns à la suite des autres, avec un départ toutes les 30 secondes. La plus célèbre tête de rivière d’Angleterre (et probablement d’Europe) est la Head of the River Race, sur la Tamise, à Londres. 400 bateaux se retrouvent en même temps sur l’eau et il s’agit de compléter un circuit allant de Mortlake à Putney le plus vite possible. Cette année, mon bateau était 332ème au départ, nous avons doublé 6 bateaux durant les 5 premières minutes de la course et sommes arrivés 226ème. C’est une épreuve d’endurance car les têtes de rivières durent en général 15/20 min. Les régates, elles, sont beaucoup plus courtes, et ont lieu en été. Sur environ 2000 ou 2500 mètres (entre 7 et 9 min), plusieurs bateaux sont sur une même ligne, comme un sprint d’athlétisme. Ce sont des courses qui requièrent un effort plus intense et plus court.« 

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Serafina Pekkala
    Serafina Pekkala, Le 1 juin 2013 à 18h04

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