L’athlétisme – Les madmoiZelles & leur sport

L'athlétisme est un sport assez vaste qui regroupe beaucoup de disciplines de toutes sortes. Flo a demandé à des madmoiZelles athlètes de nous en parler et de nous donner leur avis sur le niveau de l'athlétisme français.

L’athlétisme – Les madmoiZelles & leur sport

Au sein de l’athlétisme sont regroupées plusieurs catégories de disciplines :

  • les courses (100m, 200m, 400m, 800m, 3000m steeple, marathon…)
  • les lancers (poids, disque, javelot, marteau)
  • les sauts (longueur, triple saut, perche, hauteur)
  • les épreuves combinées (heptathlon, décathlon)

Autant de disciplines et d’épreuves qui brassent des athlètes à la carrure et aux spécificités diverses : s’il vous faudra de l’explosivité et de la rapidité pour le 100m ou pour les saut, il vous faudra au contraire de l’endurance et du calme pour les courses de fond.

L’athlétisme reste un sport très prisé aux quatre coins du monde, massivement pratiqué aussi bien par des amateurs que des professionnels. Certaines nations comme la Jamaïque et les États-Unis se détachent de leurs concurrentes, en sprint notamment où des athlètes comme Carl Lewis, Marion Jones ou encore Usain Bolt ont brillé. Les pays africains (le Kenya principalement) sont passés maîtres en épreuves de demi-fond et fond.

Cependant, l’athlétisme français semble connaître quelques difficultés à briller au sommet des compétitions mondiales. Aux derniers Jeux Olympiques à Londres, les athlètes français n’ont récolté que 2 médailles (en perche et en 3000m steeple). L’occasion pour moi de demander à nos madmoiZelles ce qu’elles en pensent !

Qu’en disent les madmoiZelles qui pratiquent ?

Trois madmoiZelles athlètes se sont prêtées au jeu de l’interview pour cet article : Elsa, 19 ans, 9 ans de pratique, licenciée à l’EFCVO (Entente Franconville Cesame Val d’Oise) ; Clémence, 20 ans, 8 ans de pratique, licenciée au club de l’ENA Angers ; Léa, 19 ans, 10 ans de pratique, licenciée au club US Issoire .

 >> Quelles sont selon toi les qualités essentielles à la pratique de l’athlétisme en général ?

Elsa : « La persévérance est essentielle : la préparation d’une saison de compétition est très longue et intense. Il ne faut pas avoir peur de souffrir, savoir gérer et accepter la douleur. »

Clémence : « L’athlétisme est un sport très intéressant car tous les types de carrures et de « forces » existent, c’est pour ça que quand on débute dans ce sport, on peut se découvrir des facilités dans telle ou telle discipline. Pour mes disciplines en particulier (vitesse et longueur), il faut de la puissance dans les jambes, de la réactivité et une bonne détente ! »

Léa : « Il faut avoir une certaine force de caractère pour ne pas baisser les bras et savoir persévérer pour avoir des résultats. »

>> Que recherches-tu dans la pratique de l’athlétisme ? Qu’est-ce qui te plaît le plus ? Et au contraire, quelles sont les petits contraintes liées à une pratique régulière ?

Elsa : « Ce qui me vient en premier est le fait de « devoir toujours repousser ses limites ». Lorsqu’on franchit la ligne d’arrivée, qu’on améliore notre record personnel, c’est une petite victoire et à chaque victoire on se rappelle que pour y arriver on est passée par une longue préparation de galère. L’entraînement finit toujours par payer ! »

Clémence : « À un certain niveau il faut un équipement, qui peut être assez coûteux. Souvent on doit acheter le maillot de notre club, avoir des tenues pour courir l’hiver, l’été, et surtout avoir des baskets de running et pour ma part, des pointes de vitesse (qui peuvent revenir à une bonne centaine d’euros). Sans oublier qu’on paye évidemment une licence, qui elle aussi a un coût (mais elle permet de ne plus payer les voyages par la suite, tout est compris dedans). À un certain niveau (dès qu’on passe à un niveau régional / inter-régional) les compétitions peuvent nous prendre des week-end entiers. Finies les sorties entre potes et les soirées dans ces cas-là… »

Léa : « Il y a l’hiver aussi, quand il pleut, qu’il neige, qu’il fait nuit, que la température descend sous 0 et qu’il faut aller s’entraîner seule ! »

Elsa pendant une course de relais, qui a fini 3ème aux championnats de France cet été !

>> Comment choisit-on une discipline en particulier au sein de l’athlétisme ?

Clémence : « Lorsqu’on débute en athlétisme (souvent assez jeune), on nous fait tout tester ! Du lancer de poids au saut en hauteur, en passant par la perche et le 1500 mètres, bref tout y passe afin que nos entraîneurs repèrent nos aptitudes. Du coup, on s’oriente nous-même dans la discipline où l’on est le meilleur ! »

Léa : « J’ai choisi le 400m avec mon entraîneur car c’est la course qui me correspond le plus : je ne suis pas assez rapide au départ pour faire du 100m ou du 200m, mais trop puissante au niveau de la musculature pour faire du demi-fond. J’adore cette course car il y a autant d’entraînements de sprints que d’endurance, du coup je ne me lasse jamais ! »

>> Quelles sont les valeurs que t’a enseigné la pratique de l’athlétisme ?

Clémence : « Savoir garder son sang-froid dans beaucoup de situations : juste avant une course, dans les starting-blocks, la pression est tellement à son maximum qu’il faut vraiment un gros contrôle de soi. Du coup, pour des gros examens importants, je gère mieux la pression, c’est pratique ! »

Léa : « Le dépassement de soi, la persévérance, la combativité et aussi le fair-play. »

Elsa : « La compétitivité et la valeur de l’effort. »

>> Comment se déroule une compétition en général ? Quelle est l’ambiance qui y règne ?

Elsa : « Chaque année il y a les championnats de France interclubs, une compétition entre clubs. L’athlétisme devient alors un sport collectif, tout le monde se bat pour rapporter un maximum de points, un vrai esprit d’équipe. Il y a beaucoup d’ambiance : les tribunes tremblent lors des relais et souvent après un week-end interclub on devient … aphone pour quelques jours! »

Léa : « Je m’échauffe seule, la seule personne avec qui je parle c’est mon entraîneur. Je m’échauffe environ 3/4 d’heure avant la course pendant 30 minutes, puis les 5 minutes juste avant la course je fais quelques accélérations pour faire augmenter la fréquence cardiaque. Ensuite, ils annoncent les séries, puis les couloirs, on règle nos starts et c’est le départ. Il faut faire le vide et courir pour le plaisir, courir pour tous les entraînements douloureux, pour tout le travail effectué toute l’année. Il y a une ambiance très conviviale dans les compétitions, tout le monde encourage les personnes de son club, et parfois même on est encouragés par des personnes que l’on ne connaît pas. »

Clémence : « Une compétition de niveau départemental ou régional se déroule souvent sur une journée. Un athlète fait souvent deux ou trois épreuves durant la journée, donc il doit être « au taquet » tout le long ! Si le niveau est inter-régional ou national, la compétition dure sur plusieurs jours (deux le plus souvent): les qualifications se font le premier jour, puis les demi-inales et les finales. L’ambiance est toujours géniale : voyage en car, nuits (mouvementées) dans des hôtels, voyages à des centaines de kilomètres de chez nous, bref je n’ai jamais autant bougé en France qu’avec l’athlétisme ! »

Léa et son équipe

>> Quel-le-s sont les athlètes que tu admires le plus et pourquoi ?

Elsa : « Myriam Soumaré est une athlète que j’admire pour sa simplicité. C’est une athlète qui reste humble vis-à-vis des personnes qui l’entourent et de ses concurrentes. « 

Clémence : « J’admire beaucoup Christophe Lemaitre : son ascension a été tout simplement incroyable. Il a un physique tout à fait particulier comparé aux autres sprinteurs (qui sont plutôt petits et musclés) et pourtant il est très bon. Marie-Amélie Le Fur aussi m’a beaucoup impressionnée (championne paralympique du 100m) ! »

Léa : « J’ai toujours été une grande fan de Christine Aron. Il y a bien sur aussi Marie-José Pérec et Alyson Félix que j’admire, elles sont magnifiques à voir courir. Vanessa Boslak, également, elle a été très gravement blessé et a failli ne jamais pouvoir reprendre la perche mais a réussi à revenir au plus haut niveau. J’admire beaucoup les athlètes des Paralympiques, et là, je les admire tous sans exception, il faut avoir une force mentale de dingue pour faire ce qu’ils font ! »

>> La France a souvent quelques difficultés à récolter des médailles en compétitions mondiales : est-ce que globalement l’athlétisme en France connaît quelques lacunes ?

Léa : « Oui, l’athlétisme français a quelques lacunes mais je pense que c’est juste un changement de générations : les athlètes ayant de l’expérience commencent à être trop âgés pour remporter des médailles, les jeunes qui arrivent manquent d’expérience sur les grandes compétitions. Mais je pense que la relève est assurée, que ce n’est qu’une question de temps et d’expérience ! »

Clémence : « Je pense qu’on aura toujours du mal à rivaliser avec les Américains et surtout les Jamaïcains : ce sont les rois du sprint, mais j’ai bon espoir qu’un jour nous nous imposions quand même ! Grâce à Renaud Lavillenie notamment, nous avons pu être fiers de l’athlétisme français aux Jeux Olympiques de Londres, mais deux médailles, effectivement c’est trop peu… »

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Voici le dernier commentaire en date :

  • DianeA
    DianeA, Le 24 septembre 2012 à 19h45

    D'accord merci beaucoup pour ces infos! :)

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