Le verre de trop, cette prise de conscience toujours tardive

Se divertir socialement, c'est bien, boire le verre de trop, moins. Heureusement, il se repère facilement. Malheureusement, il se repère facilement APRÈS qu'on l'a bu.

Le verre de trop, cette prise de conscience toujours tardive

L’alcool est à consommer avec modération, et ce pour plein de raisons. Déjà, bien sûr, c’est super mauvais pour la santé, et on perd tous ses réflexes, alors y a plein de trucs qu’on ne peut pas faire tant qu’on ne dessaoule pas. Pire, il n’est jamais agréable de voir le plat qu’on a mangé sortir de nous via l’orifice par lequel il est rentré quelques heures plus tôt.

Du coup, on peut éviter ce genre d’imprévus, on peut faire un truc tout bête : boire raisonnablement. Mais le corps a sa propre religion et s’il peut nous arriver de super bien tenir une quantité respectable d’alcool, il y a d’autres fois où il suffit de deux petits verres pour être un peu trop pétée, c’est selon. C’est pourquoi il est parfois si difficile de repérer AVANT qu’on ne l’ingurgite le fameux verre de trop.

Par contre, APRÈS l’avoir bu, on le reconnaît entre mille…

Quand tu manges tout ce qui passe pour éponger

Nous sommes humaines et nous avons nos failles, si bien que nous pouvons potentiellement oublier la première règle de la pas-bourrée : manger avant, parce qu’après ou pendant, c’est souvent bien trop tard. Manger avant ,mais pas n’importe quoi : un vrai plat bien consistant et nourrissant, parce qu’il se trouve que les poignées de cacahuètes ne t’aideront pas à éviter d’avoir la nausée si tu t’aventures trop loin de l’autoroute de la sobriété.

Manger après avoir bu le verre de trop, ça ne sert plus à rien, mais on est j’imagine nombreuses à ne pas pouvoir nous en empêcher. C’est presque un réflexe vital : on s’installe à côté de la pizza froide et on s’en met plein le gosier, en espérant que les symptômes de la cuite s’atténueront au fur et à mesure des bouchées. S’il reste au moins un peu de pizza froide.

Parce que bon, si t’es chez des gens qui sont du genre à crier avec l’haleine toute houblonnée que « manger, c’est tricher », t’as vachement de chance si tu retrouves une miette de chips sous le tapis. 

Autre lieu, autre problème : quand ta picole se déroule dans un bar, le déclic du verre de trop, c’est quand tu dépenses 12 boules en commandant des frites et autres trucs qui, non seulement seront presque inefficaces à 100% pour ne pas avoir la tête en vrac au réveil, mais en plus seront allègrement piqués par tes potes.

Quand tu ris à ta propre blague

Ivre virgule on a tendance à se sentir surpuissant en terme d’humour. On a l’impression que chacune de nos vannes sont des petits bijoux, et certaines personnes poussent même le vice jusqu’à les noter dans un coin de leur téléphone pour s’en rappeler le lendemain.

Sauf que ce moment de fierté se transforme souvent, une fois sobre, en moment de gêne absolue quand on retombe dessus quelques semaines plus tard, des palpitations de honte dans tout le corps d’avoir osé sortir à haute voix ce trait d’humour qui craint. Quoi ? OUI, bon, ok, ceci est une anecdote issue de ma bibliothèque d’humiliations personnelles, comment t’as deviné ?

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Ma tête quand je me souviens de mes vannes de la veille.

Mais le pire c’est qu’on se trouve sur le coup tellement hilarant•e qu’on prépare notre vanne à l’avance dans les toilettes, que ce soit en urinant ou face à la glace, pour être sûr•e de faire notre petit effet. Et puis surtout qu’on… Oh c’est difficile.

Surtout qu’on rit à nos propres blagues. Qui ne font pourtant rire que nous. Et ça, popopo, ça, j’ai chaque fois du mal à m’en remettre quand j’y pense le matin. Comme si je m’étais pougnée toute seule devant tout le monde, ou qu’on m’avait surprise en train de rouler une pelle à ma main.

Quand la salive s’accumule dans ta bouche

Vomi : se dit quand le verre de trop a suffisamment fait effet pour que tu recraches par la bouche le contenu de ton estomac. On sait qu’il est sur le point de se produire quand la salive s’impose en masse dans ton appareil buccal.

Comme si tu avais l’appareil génital mis en branle-bas de combat parce que l’objet de ton désir vient de te mordre l’oreille pour faire une photo Instagram, mais par la bouche. Et si la moiteur dans la culotte peut mener vers quelques minutes de bonheur, l’humidité dans la bouche est uniquement annonciatrice d’un désagréable tête-à-tête avec des toilettes plus ou moins dépourvues de gouttes de pipi.

Quand tu peux pas fermer les yeux

Une fois le verre de trop assimilé par ton organisme, il se passe un phénomène terrible : fermer les yeux relève du supplice. Chaque fois que tu laisses tomber tes paupières, tu expérimentes des sensations dignes du bateau pirate, cette attraction de l’angoisse : ta tête tourne et tu crois que ça va passer, mais elle tourne de plus en plus fort et de plus en plus vite. S’endormir dans ces conditions, c’est un exploit. On m’a conseillé de mettre un pied à terre, ou de boire plein d’eau, mais rien n’y fait vraiment.

bridget jones
Bridget, portant un toast à la santé du verre de trop.

Si tu as eu la chance de trouver un être qui te plaît et à qui tu plais en retour après avoir bu le verre de trop, le déclic de la saoulerie se fait dans le plus mauvais timing : quand tu comprends que tu ne peux pas fermer les yeux pendant que tu l’embrasses. Deux choix s’offrent alors à toi :

  • soit tu renonces et prends son numéro au cas où
  • soit tu continues en gardant les yeux ouverts. Si tu choisis cette option, sois bien consciente que si tu vois l’élu-e de ta soirée garder lui-même/elle-même ses globes oculaires ouverts, il y a des chances pour qu’il/elle soit également tout-e pété-e et que vous jouiez au jeu du « je veux pas me mettre au-dessus parce que j’ai pas envie de te vomir dessus, c’est la même pour toi, du coup on fait comment ? » — rigolo cinq minutes, mais un peu frustrant.

Car oui, il paraît que l’alcool désinhibe socialement, mais il peut arriver qu’il empêche de se désinhiber physiquement pour les raisons susmentionnées, passé, donc, ce verre de trop, cette enflure mondaine, cette épine dans le pied de la chope, cette plaie purulente de la dignité. Mais tiens, et toi, tu ressembles à quoi quand tu réalises que tu l’as avalé, ce verre de l’Enfer ?

À lire aussi : Ces petites choses qui changent en moi quand je suis ivre

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Pliine
    Pliine, Le 10 décembre 2014 à 16h53

    Haha vous me faites trop rire ! :yawn:

    Pareil pour moi avec l'épreuve des toilettes, à savoir:
    - si je galère à fermer/ouvrir le verrou
    - si je panique à l'idée d'être coincée
    - si j'arrive à me regarder dans les yeux dans le miroir
    - si je me tiens au lavabo
    - si j'ai l'impression de passer mille ans aux toilettes
    :cretin:

    Ça m'arrive aussi de tomber (dieu merci je n'ai pas de séquelles), de ne pas m'en rendre compte, d'en rire et de ne pas savoir pourquoi tout le monde a l'air inquiet. À une époque j'avais une copine qui avait le même comportement que moi et on se faisait toujours tomber l'une ou l'autre (une fois sur sa terrasse d'ailleurs) XD

    Spoiler: ne pas citer
    Récemment j'ai aussi remarqué que je devenais hyper autoritaire et protectrice avec les gens en fin de soirée, du genre: "ALLEZ ON Y VA MAINTENANT !" "ON SE DÉPÊCHE POUR ALLER DORMIR/ POUR PAS PAYER L'ENTRÉE !" "NE VAS PAS SUR LA ROUTE HEIN!" :scream:

    :lol:

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