Comment sucer avec plaisir ?

Avant, Camille pensait ne pas aimer la fellation. Mais ça, c'était avant. Voici comment elle a appris à kiffer, au lieu de juste donner du plaisir sans en ressentir !

Publié le 17 février 2018

Turlutte, pipe, gâterie ou encore sucette à la viande : le champ lexical du coït buccal n’a rien de très bandant, je te l’accorde. C’est pourtant une saine activité qui rapproche et peut donner du plaisir tant à celui ou celle qui reçoit qu’à celui ou celle qui donne.

Bien des personnes de mon entourage m’ont pourtant avoué ne pas être fana fana de la fellation, invoquant des raisons diverses et variées mais s’accordant sur un point : sucer, c’est pas kiffant. Quel gâchis, pensais-je alors !

L’amie Josée nous a défriché le terrain en partageant ses joies et ses doutes pour nous apprendre à faire une fellation avec succès. Et sa conclusion fût sans appel : pour bien sucer, il faut kiffer.

Alors c’est bien joli, mais comment on fait pour aimer sucer si ON N’AIME PAS SUCER ? Voici quelques pistes pour faire la paix avec la pipe.

Je te suce si je veux

Si je souhaite te donner quelques tips pour te permettre d’apprécier de prodiguer la pipe, ça ne veut pas dire que tu dois te forcer si cela te répugne. Non, non, non, on est pas venues ici pour souffrir ok ?

Les conseils qui suivent sont valables si tu as ENVIE de sucer, mais que tes précédentes expériences ne t’ont pas trop convaincue par exemple.

Sur la planète Pipe comme ailleurs dans la galaxie du Sexe, la règle numéro un c’est le consentement. Et c’est aussi la première condition pour prendre son pied taille 41 vers l’infini et au-delà.

Laissez-moi donc enfoncer quelques portes ouvertes : quand on a pas envie, on a pas envie. J’ai vraiment besoin d’écrire ici que s’écouter c’est la base de la base ?

Ok, la fellation s’est popularisée mais ça n’en fait pas un impératif. Être d’accord et ne pas se sentir obligée, c’est pas négociable. Se retrouver nez-à-gland avec une bite pleine d’attentes sans l’avoir vraiment désiré, ça craint.

Vous vous rappelez quand on nous forçait à manger des endives braisées : contre-productif, n’est ce pas ? Alors on se détend, on s’écoute et on n’hésite pas une seconde à décliner l’invitation si l’on en n’a pas envie.

Mieux vaut attendre toute sa vie d’avoir l’élan de pépom que de se forcer à le faire ne serait-ce qu’une minute. Voilà.

« Moué bof, pas fan. »

Suce ma capote

Rappelons tout d’abord que le risque de transmettre et contracter des MST est présent, lors d’une fellation. Il est moins élevé que lors d’une pénétration, mais augmente néanmoins dans le cas d’une éjaculation buccale.

Il est donc non négociable de se protéger avec un préservatif si vous n’êtes pas 100% sûre de votre partenaire et de vous-même, eh ouais.

Pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui (à savoir kiffer sa race en mangeant du zboubi), il est possible d’envisager les capotes parfumées ou d’attendre avant de passer à l’acte !

Ceci étant posé, voyons donc les freins principaux à pratiquer la fellation dans la joie et l’ivresse. D’après ma propre expérience et les témoignages que j’ai pu recueillir, deux soucis principaux font obstacle au kif total :

  • C’est symboliquement pas flatteur
  • C’est physiquement laborieux et/ou dégoûtant

La pipe, un état d’esprit

Une des raisons du désamour entre meufs et pipe que j’ai pu glaner au gré des conversations : sucer, c’est se soumettre.

La fellation est un symbole de domination masculine. Un petit tour sur YouPorn te le confirmera sitôt. Quand la pipe devient du mouth fucking sans que je sois consultée, moi je dis beurk.

Il est toujours bon de le rappeler : le porno, c’est pas la vraie vie !

À lire aussi : Les adolescents consomment davantage de porno… mais n’ont toujours pas plus d’éducation sexuelle

Même si on est condamnées à faire notre éducation sur les Internets et qu’il n’est pas toujours évident de trouver des modèles alternatifs, il faut savoir se détacher du porno et, au besoin, apprendre à son partenaire à s’en détacher aussi.

Tirer quelqu’un par les cheveux pour lui faire comprendre ce qu’on veut ou tenter de l’étouffer avec son zboub, c’est pas recommandé. Même si ça peut être appréciable, par exemple dans le cadre d’une relation sado-maso.

Mais il ne faut pas partir du principe que l’autre désire ces pratiques, sans le lui avoir demandé !

Une mauvaise idée.

Une fois la mise au point faite avec l’autre, tu n’as plus qu’à prendre la chose en main telle une Khaleesi franc déter.

Oublie les clichés sur la pipe dégradante. Pour sucer avec plaisir, je te propose d’adopter l’état d’esprit opposé : sucer, c’est être la cheffe. Sucer, c’est pas être dominée, c’est dominer !

Comment faire une fellation dans la joie ?

Pour te mettre pleinement en position de force, je te conseille d’opter pour un mec allongé. Ça t’évite de te mettre à genoux à ses pieds et de te sentir foutrement toisée. Tu te sentiras plus puissante !

Tu as le destin de son zizi au bout de la langue et tu vas en faire ce qu’il te plaît pendant les prochaines minutes.

Pourquoi ne pas en profiter pour prendre ton temps, rendre ça ludique, tester des trucs et ne pas te limiter à tenter de toucher ses couilles avec ton menton en mode aspirateur ? (Quelle belle image.)

Tu peux chercher ce qui fait plaisir à ton partenaire ET que tu apprécies aussi de faire. Perso, j’ai totalement changé d’approche, en passant de  « Je ferai tout ce qu’il m’en coûtera pour te faire kiffer » à « Je me fais plaisir avant tout ».

Ce qu’il peut faire pour t’aider pendant une fellation (c’est pas appuyer sur la tête)

La rencontre d’un garçon patient et expressif m’a grave aidée à apprendre comment me délecter de cette buccale et très intime pratique. Ce que la personne au bout du pénis peut faire pour toi, c’est déjà communiquer.

On ne le dira jamais assez : parler, ça fait bander. C’est d’autant plus vrai qu’aller dire bonjour au scrotum (peau des couilles, NDLR) peut vite se solder par une absence d’interaction.

On perd plus ou moins le contact visuel et on se retrouve en tête à tête avec la bête. Pour peu que le mec reste immobile, muet comme une carpe et radin de caresses, on se sent vite solo !

Ça m’a vraiment aidée de tomber sur un partenaire prêt à me guider en exprimant son plaisir.

« T’es sur la bonne voie bb »

N’hésite pas à demander des renseignements !

Deux ou trois gémissements, c’est toujours motivant, beaucoup plus excitant qu’un silence de cathédrale et ce sont des indicateurs super importants si on est pas à l’aise avec l’aspect technique de l’exercice.

Prenez un chewing-gum, Émile (ou de l’importance de se rincer la bite)

Quand on choisit une glace, c’est mieux de prendre un parfum qu’on aime. De mon humble point de vue, pipe agréable s’effectue sur zizi propre.

Les phéromones du mâle en rut, la sueur âcre d’après-clubbing… Le saumon fumé c’est bon, mais personne n’aime se retrouver dans une ambiance olfactive « Port de Quibron à marée basse » en plein ébat.

C’est pas une règle immuable, mais l’odeur, voire le goût, voire  les grumeaux qui se sont accrochés dans les plis, peuvent dégoûter à vie. Ce serait dommage quand quelques règles d’hygiène simples peuvent y remédier !

Profitons-en pour rappeler qu’il n’est pas optionnel d’essuyer la dernière goutte de pipi condamnée à moisir au fond du slip et/ou à sécher au bout du gland.

Un réflexe simple lorsqu’on souhaite arborer un zizi frais comme la rosée sous le nez de quelqu’un.

Il faut que tu respires, et ça c’est rien de le dire

Rappelons également que le but n’est généralement pas de se faire vomir à grands coups de zboub (ah bon ?).  Respecte donc ton rythme et tes limites physiques mon enfant.

Respirer, c’est cool. Mais quand on a la bouche pleine, c’est pas facile. Inutile de chercher à aller toucher ta glotte avec le bout du zizi si tu en es déjà à trois minutes d’apnée.

Pense à respirer consciemment et doucement par le nez. Ça parait bête mais ça peut sauver des vies. Je te déconseille d’ailleurs la pipe en cas de rhume.

Car sinon, on meurt.

Autre argument de certaines personnes réticentes : sucer peut être fatiguant et douloureux physiquement.

Certes le sexe, c’est physique. Crampes, courbatures, essoufflement, voire claquage : on est jamais à l’abri en tant qu’athlète. Mais tout est une question de pratique, d’entraînement !

Nota bene : pas besoin de mener son partenaire à la jouissance coûte que coûte pour faire de la fellation une expérience agréable.

Si tu commences à douiller des joues et/ou des mâchoires, c’est qu’il est temps de faire une pause ou de passer à autre chose.

La fellation : mini challenge, maxi victoire

Creuse-toi la caboche : il y a forcément un truc dans la vie que tu n’aimais pas, mais pas du tout, et à propos duquel tu as finalement changé d’avis.

Ça peut être un aliment, une ville, une partie de ton corps ou une personne que tu as appris à connaître et à aimer avec le temps et ton p’tit coeur plein de bienveillance ?

Moi c’était le sport. Je trouvais ça inutilement douloureux, vain, craignos, stupido. « Ahah chouffe ces nazes qui courent sous la pluie de leur plein gré ! », pouvait-on m’entendre m’exclamer.

Puis un jour, j’ai décidé d’adopter un lifestyle plus sain. J’ai mangé mes 5 fruits et légumes, j’ai eu plus d’énergie et touuuuuut doucement, je me suis mise à courir.

Programme du premier jour : une alternance de trente secondes de trottinage/une minute de marche. Trankchil. Puis j’ai progressivement augmenté la dose, enchainé les mini-victoires et j’ai appris à aimer ça.

Si je me suis mise à courir aussi doucement qu’une tortue unijambiste, c’était pour être sûre de ne pas me dégoûter d’entrée de jeu.

Eh bien la fellassionne, c’est igual Chantal ! il faut de l’enthousiasme, mais surtout de la patience, de la bienveillance et un entrainement progressif.

Fixe-toi des mini-objectifs et garde toujours comme guide ton plaisir plutôt que la performance.

Sur ce, bonnes pipes à tous et à toutes ! Dites-moi dans les commentaires quel est votre rapport à la fellation, et comment vous avez dépassé vos blocages si vous en aviez ♥

À lire aussi : Avaler après une pipe, c’est comment ?

Galveston, en salles le 10 octobre, présenté par Kalindi !

QueenCamille


Tous ses articles

Commentaires
  • Dulsao
    Dulsao, Le 24 juin 2018 à 19h56

    @courgette
    j'adore tes interventions

    mais perso' si j'ose pas parler pendant le sexe c'est... Vraiment de la peur ^^' j'ai un blocage avec, je ne sais pas trop. Pourtant c'est pas dans l'idée beau romantique Hollywood mais... Je sais pas, j'ai du mal avec tout ce qui est corps et trivial et physique du coup dans le sexe j'ai pas mal de blocages du genre, alors oser parler en plus du reste du stress c'est juste affreux >.<
    aurais-tu des petits tips pour cela ? genre s'enregistrer au dictaphone avant peut-être ? ou une playlist de morceaux de paroles de films assemblées et on les passe en playback ?
    hum. Je cherche des solutions.
    pour dire que j'ose à peine respirer alors taper la discute sur l'acte que ce soit avant pendant après... Se mettre à parler de physique quantique pourquoi pas, si ce n'est que c'est pas très pertinent.


    pour la fellation sinon, j'ai une mâchoire fragile, j'aurais trop peur de la bloquer x)

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!