5 phrases de hipsters décryptées

Pondu par Emilie Laystary le 8 août 2011     

On a beau être tous le hipster d’un autre, ça n’empêche pas que certains comportements sont plus branchouilles que d’autres. Décryptage de notre infiltrée dans le milieu hipster.

Initialement publié le 28 juin 2011

Nota bene devant le nombre de questions dans les commentaires : non, cet article ne définira pas le hipster. On a tenté une approche un peu plus drôle. Vous pourrez retrouver de nombreux liens postés par les membres de madmoiZelle dans les commentaires – et Emilie Laystary répond aux questions dans ce post.

Sur terre, on est tous le branché (insupportable) de quelqu’un, lequel est donc bien moins branché que vous, mais déjà plus branché que son voisin, lui, pas branché pour un sou, encore que, toujours plus branché que quelqu’un d’autre qui.. blablabla.

Et si, au lieu de s’évertuer à essayer de théoriser sur ce qu’est un hipster, un wannabe, un trendsetter, un jeune dans le coup, ou une personne in, on se contentait de décrypter quelques phrases que les uns et les autres seraient tous capables de prononcer ?

Individuellement, ces répliques ne sont pas forcément connotées branchouille. Mais la plupart du temps, ce sont le ton, la moue et la situation qui les accompagnent qui les rendent stéréotypées.

Oh, et bien sûr : la mode étant une notion constamment updatée par le temps qui passe, être à la pointe est un concept en constante redéfinition. Dans la catégorie des hipsters, il y a donc plusieurs niveaux : le hipster de base et le hipster fusée (celui qui considère tout ce que le hipster de base aime comme déjà mainstream… et va s’intéresser à d’autres trucs que le hipster de base, sans le savoir, ne se retrouvera à aimer que dans plusieurs mois). J’vous dis pas le capharnaüm ! Et j’vous le donne en mille : aux yeux d’un grand nombre d’entre eux, ce papier est déjà périmé.

« T’as développé ton jetable (1) ? J’ai trop hâte de voir les photos de Primavera et de Coachella. (2) »

(1) Il fut un temps où c’était le fish-eye qui se vendait comme des petits pains chez Colette et au Lazy Dog (temples des jeunes dans le coup). Attention, aujourd’hui, les photos de soirée prises via un objectif hypergone, c’est dépassé. La mode est au jetable, ultime moyen de donner une couleur vintage à ses clichés et de renouer avec le côté regressif du Kodak orange.

(2) À côté des terribles Primavera et Coachella (festivals qui coûtent chers, parce qu’ils supposent aller à l’étranger), Solidays, Rock en Seine, les Nuits Sonores, le Main Square et les Nuits Secrètes sont des festivals de bébé (auxquels on peut aller puis rentrer par le dernier train ou dormir chez sa marraine qui habite le coin).
- Primavera est un festival en collab avec la bière San Miguel, se trouve en Espagne et regorge de groupes indie.
- Coachella est une espèce de Fashion Week de hipsters, se trouve en Californie et a l’originalité de se passer fin avril, quand c’est même pas encore la mode des festivals. ÇA C’EST TRENDY.

« On va les chercher à la sortie des Arts Déco (1) et on se claque au flipper (2) ? »

(1) Le hipster fait généralement des études doucereuses, où il est souvent question d’avoir de l’inspiration, de créer, d’exposer ses productions et d’avoir un public – de connaisseurs, sinon c’est « ingrat ». Le hipster adore parler de sa créativité (ou du fait qu’il connaît des gens créatifs, SI SI LE MILIEU, c’est tellement pratique d’avoir +10 à toutes les soirées auxquelles il est attending !). S’il arrive que le hipster est en droit ou en médecine, il se gardera bien de parler de ses études (vous l’imaginez vraiment le hipster dire « je te raconte mon weekend d’inté et je te chante une chanson paillarde ? » Trop populaire.)
(2) Ceci étant, le hipster ne crache pas sur TOUT ce qui est populaire. Au contraire : il aime dire tout haut qu’il fuit les bars loungy pré-fabriqués et sans âme, et leur préfère les petits troquets et les PMU bien cachés. Le café y est meilleur, et en plus, il connaît Momo, le patron. Tellement citoyen du monde, le hipster !

5 phrases de hipsters décryptées demotivational hipster

flickr cc craigfinlay

« Je peux PLUS saquer le vernis bleu. Tout le monde en met, c’est devenu mainstream. »

Quand il se rend compte qu’un truc qu’il aimait / faisait / disait / fréquentait est devenu grand public, le hipster est affligé et se met alors à la came du dessus. L’histoire a connu plusieurs types de produits d’abord revendiqués par les hipsters, puis décriés par ceux-là même une fois sa démocratisation : les tee-shirts Sixpack (devenus « nuls » dès le moment où ils ont été portés par les fluo kids), les Wayfarer (« banales », lorsque des vendeurs de rue se sont mis à en vendre des répliques dans le métro à Châtelet) et les talons compensés (« boring », quand Zara a commencé à en commercialiser et qu’il n’a plus été nécessaire de digger sur des sites anglo-saxons pour en trouver).

Le comportement du hipster se résume en fait à l’essence même de la mode du coiffé-décoiffé qui a eu ses heures de gloire en 2005 : d’apparence, complètement fortuit, naturel et bâclé… mais au fond, très travaillé, stratégiquement réfléchi et voulu.

« J’vois pas le problème déontologique que pose l’achat d’un tee-shirt blanc basique à 70 euros. S’il est bien taillé… »

Le hipster est de gauche, dit aimer les choses authentiques et les plaisirs simples. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir le goût précieux d’aimer les contrastes – genre associer un jean chiné et une vieille chemise récupérée à… un tee-shirt flambant neuf à plus de 50 boules. POURQUOI ? Le hipster, étrange animal social, a le goût de la contradiction. Le système l’atterre, mais les marques l’appâtent. Il a l’ambition de bien gagner sa vie, mais en même temps il dit s’en foutre des thunes.

Le plus drôle à voir ? C’est quand le hipster est « gêné » de s’être payé un truc super cher (peur d’être taxé de bourgeois bien-pensant, peur d’être étiqueté « larbin de service » du capitalisme) et donc, se retrouve à se justifier (« Nan mais regarde les coutures du tee-shirt ! Elles sont super bien. C’est bien pour ça que je me suis laissé tenter! »)

« Mon mec lance une collection de tee-shirts (1). Je pose en culotte dedans (2), en faisant la moue allongée sur un fixie (3). »

(1) On disait plus haut que le hipster est friand du statut d’artiste. Faut-il préciser que par artiste, il ne faut pas entendre sculpteur ou pianiste, mais plutôt graphiste (« c’est moi qui ai fait les flyers de la soirée »), photographe (« on va aux puces que je me rachète un nouvel objectif de reflex ? »), styliste (« je design mes propres jupes »). Le hipster est donc un artiste mais pas de ceux qui aiment créer en silence : le hipster est tapageur, égocentrique, ambitieux. Un artiste bien ancré dans le système, même s’il jure que non et se dit subversif. Il veut que ses mixtapes soient téléchargeables sur tous les blogs musicaux les plus connus et que ses pairs adulent les fringues qu’il crée. Le hipster tient donc plus du communiquant zélé que de l’artiste chéper.
(2) Le hipster affirme détester la société puritaine et ne connaît du libertarisme que la sexualité débridée. Il aime se montrer « open » et « pas prise de tête », se revendiquer impudique et libéré, et se réclamer de Richard Kern.
(3) Dans le paysage urbain, le hipster se reconnaît à son fixie. Le vélo à pignon fixe, un engin à l’armature très fine, est supposé parfaitement épouser sa silhouette svelte de jeune blasé en jean Uniqlo. Petit bémol tout de même : de plus en plus de hipsters se la jouent « post-hipster » en critiquant les fixies. Parce que trop de gens en ont, bien sûr.

Au passage : si vous voulez reconnaître le vrai hipster du faux hipster, dites-lui tout simplement « t’es trop un hipster, toi ! » S’il s’offusque et s’empresse de vous convaincre du contraire, vous êtes sur la bonne voie : les vrais hipsters refusent d’être étiquetés comme tels.

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. MitchieMitchie

    Le 02 juillet 2011 à 12:17

    Posted by JeanClaudine.
    Mais est ce qu'on peut être un hipster TOUT SEUL ? Moi je pense que non, il faut être intégré à une bande de hipsters pour enfin exister individuellement en tant qu'hipster; et qu'un hipster isolé loin de sa meute n'est plus un hipster mais rien qu'un tocard prétentieux mal sapé.

    mais bon.
    pour moi l'incarnation des hipsters c'est Adeline Rapon et Tony Stone ("tony stone" mon dieu rien que le pseudonyme est tellement ronflant…) ils ont des tatouages arty, se prennent en photo 23h par jour, photographient les plats qu'ils mangent, ils aiment l'art la culture les vêtements chers, sont couls au delà du coul, populo juste comme il faut, un peu torturés dans le fond de leurs âmes, plus créatifs que la plus artiste de tes copines et surtout ils semblent ne jamais rien faire de contraignant de leurs journées.
    FASCINANT.

    Si on a du mal à visualiser un hipster ,il suffit de faire un tour sur tumblr et lookbook.nu c'est fascinant on trouve de beaux exemples ,c'est vraiment les gens qui sont plus cool du cool, qui utilisent l'art, la mode, la technologie pour exprimer leurs sur créativité et leurs sur charisme avec un côté très nonchalant "oui je suis comme ca naturellement je ne fait pas attention à mon image".
    Le hipster est plus banché que bobo je trouve.
  2. BéréBéré

    Le 04 juillet 2011 à 14:39

    Bon alors je vais essayer d'exprimer mon incompréhension.
    Le fait est que si on à inventé le mot "hipster", c'est bien parce que les personnes qui faisaient partie de cette mode étaient assez nombreuses pour qu'on les catégorisent, non ?
    En fait, je ne comprends pas pourquoi les "gens hipster" ne veulent pas identifiés comme tels, sous prétexte qu'ils veulent être toujours et éternellement originaux, alors que, bon, soyons réaliste, lorsqu'on crée un courant, c'est inévitable que certaines personnes suivent. Je galère à exprimer mon idée, mais j'ai jamais compris les gens qui n'assument pas faire partie d'une tendance qu'ils ont contribué à crée. C'est un peu comme quand on renie ses origines. Je vois pas pourquoi on devrait avoir honte de dire qu'on est hipster, ce qu'en pensent les gens, au fond ils sont censés s'en foutre non ?
    Enfin, ce courant est tellement rempli de contradictions qu'il en devient incompréhensible. En tout cas, je remarque effectivement à mon échelle (potes de mon copain) que de plus en plus de gens adoptent cette mode. Et deviennent très snob aussi. Moi, ça me fait plus rire (gentiment) qu'autre chose, même si quand je suis avec eux, je ne me sens pas du tout à l'aise. Ce sont des gens (je parle des gens que je connais, je ne fais pas de généralités) qui se basent beaucoup sur les apparences, ils sont tous entourés de filles minces, qui s'habillent effectivement autant dans les friperies que chez des couturiers luxueux, qui ne parlent que de photographies, de soirées, d'art et de questions philosophiques à 2 balles 50 sur la domination masculine et les préservatifs qui sont trop chers. Je me sens parfois un peu inculte à coté d'eux, mais je trouve qu'ils ne possèdent qu'une culture d'apparence, rien de très profond, ce qui ne me fait pas les voir d'un oeil plus condescendant, au contraire, ils sont comme tout le monde au final. Ils essayent juste de paraître originaux, ce qui est un but louable, mais impossible, il y aura toujours quelqu'un pour les suivre et les copier. Je laisse ma place en tout cas :)
  3. GavanzaGavanza

    Le 04 juillet 2011 à 16:47

    Béré > En fait, je ne pense pas que les hipsters aient clairement voulu créer un mouvement. Justement, ce qui les caractérise c'est ce souhait de perpétuellement vouloir se démarquer. Je pense que les hipsters sont assez individualistes dans leur manière d'être, dans le sens où je ne pense pas qu'ils soient comme ils soient pour appartenir à un groupe. Je pense plutôt qu'ils veulent être différent de ceux qu'ils croisent habituellement.
    Le truc, c'est que comme de nombreuses personnes ont cette même façon de penser, et fréquente machin qui fréquente bidule qui fréquente truc, et bien au final, ces individualités s'avèrent comporter des points communs, d'où le regroupement final dans cette catégorie de hipsters.

    Les hipsters veulent être différent. Mais ce qui peut les ridiculiser, c'est qu'ils finissent tous par suivre les différences des uns des autres, pour au final tous se ressembler entre eux. "Ouais je veux être cool, décalé et totalement original et je vais me mettre à porter tel vêtement totalement kitsch !" Oui désolé mon gars, mais des tas de gens l'ont déjà fait avant toi en voulant eux-mêmes être originaux.
    Donc bonjour le désir d'originalité et d'unicité initial !..

    Du coup, maintenant certains de ceux qu'on a finit par considérer comme des hipsters rejettent cette appellation qui aurait tendance à les rassembler dans une généralité alors qu'ils se revendiquent originaux et différents d'une masse.

    Je ne sais pas si je suis très claire.

    En tout cas ce qui est intéressant dans tout ça, et ce qui m'intrigue, c'est que les hipsters finissent par correspondre aux codes du genre, mais j'aimerais bien savoir d'où viennent ces codes ? Qui commence à suivre telle ou telle tendance ? Pourquoi ? Pourquoi est-elle suivie ? En fait c'est comme les it-girl et les it-boys, et l'ensemble du monde de la "tendance". Pourquoi eux. Pourquoi les gens les suivent. C'est très intéressant tout ça.
  4. super-nonoresuper-nonore

    Le 04 juillet 2011 à 20:49

    Oh mon Dieu, je surkiffe la chanson de la vidéo.
    Je deviendrais bien hipster moi… Hahaha. :taquin:
  5. Van KasteelVan Kasteel

    Le 04 juillet 2011 à 21:05

    Je comprends pas ce qu'est un hipster précisément (ou si, ne serait-ce pas une image totalement exagérée de notre société ?) mais je trouve le garçon de la photo à gauche extrêmement mignon !

    (Je suis pour la réintroduction des moustaches !)
  6. NadjaNadja

    Le 09 août 2011 à 18:01

    Et merde, mon mec est dingue de son "fixie" et parfois il s'amuse dans les boites gays c'est officiellement un hipster ou un homo refoulé. :facepalm:


    Bon j'avoue, aujourd'hui j'ai fait mon premier pas dans le hipstering, j'ai postulé pour un job étudiant chez The Kooples … et j'ai galéré pour ouvrir la porte d'entrée en bourrinant. N'est pas hipster qui veut. :stare:
  7. TriceratopsTriceratops

    Le 02 novembre 2011 à 00:11

    WAHOOO mais quelle prise de tête pour…rien. Catégoriser les gens… bien sur ça existe depuis tout les temps, mais pour le coup un bon gros débat pour éclaircir le terme "hipster", (qui soit dit en passant est utilisé dans un sens très péjoratif) c'est juste hallucinant quoi… Ne me jetez pas de pierres tout de suite, je viens en paix! Mais ça me rapelle tellement l'époque du collège ou y avait les weshs d'une part les skateurs de l'autre, avec rivalité, critiques fusant de part et d'autres et j'en passe… Là c'est un peu pareil mais en pire parce qu'on a passé l'âge quand même de se prendre la tête à savoir si machin est "hipster" alors il fait pitié, ou si truc a juste l'allure d'un "hipster" mais au fond il est plus ouvert d'esprit alors ça compte pas, ou à savoir si je dois bruler mes rayban parce que on pourrait penser que j'essaye d'en être une "hipster"…
    Juste vivons comme on l'entend et puis basta si y a des gens qui pètent plus haut que leur cul, qui revendiquent telle ou telle idée, et j'en passe.. ainsi soit-il ils ne valent surement pas la peine qu'on leur attribue un nom et une définition dans le prochain Robert.
  8. HollevilleHolleville

    Le 02 novembre 2011 à 11:58

    Je pige toujours rien à ce "terme" malgré l'article et les commentaires . Peut-être que je suis un peu concon sur les bords ( sans doute) c'est un mec qui veut être à la mode sans l'être non ? Rien pigé .

    Je trouve que toutes ces " catégories" c'est bête ça me rappelle le collège etc "les intellos" "les sportifs" et on retrouve même schéma en étant adulte . Peu importe ce que tu écoutes , ce que tu regardes , ce que tu fais , ce que tu "aimes" tu es toujours catégoriser . Stop quoi ^^ Je veux dire les goûts et les couleurs ça ne se discute pas que cela soit tendance ou non . On aime ce qu'on aime et puis c'est tout . Si on est bio soit! Si on aime la viande rouge bien saignante soit aussi ! ^^

    Le seul hic et ça m'a frappé dans les commentaires c'est une collection de SDF d'un grand couturier ( je crois?) je trouve ça choquant que des personnes venant d'une certaine classe sociale puissent s'afficher de cette manière je trouve ça aberrant après on me sort la carte de l'art etc mais je trouve qu'il y a des limites .
    Moi une star qui s'habille à la SDF ou une personne d'un milieu social plus aisé je trouve ça juste irrespectueux. C'est pour faire "genre" moi je suis comme tout le monde , je suis simple etc comme si c'était "cool" de porter des vêtements à la "SDF" c'est comme balancer la bonne vieille phrase "L'argent ne fait pas le bonheur " . Bref c'est hors sujet mais voila ><
  9. QueenMabQueenMab

    Le 16 décembre 2011 à 17:08

    OH PUTAIN ça y est je comprend enfin pourquoi 99% des gens de mon DUT me reviennent pas : ce sont tous des foutus hispters ! (avec le côté sale gosse de riches mal élevés en plus !)

    Merci Laystary d'avoir apporté une explication à cette haine inexplicable que je ressens depuis le début du semestre ! XD
  10. Sharon StoneSharon Stone

    Le 24 octobre 2012 à 02:17

    Je viens de tomber sur cet article (un an après) et je l'ai trouvé super intéressant :v: Maintenant tout le monde sait ce que c'est qu'un "hipster" mais je trouve que c'est une super bonne analyse du phénomène parce que les clichés c'est quand même révélateur.
    Et des poses -avec le t-shirt designé par mon copain graphiste qui a crée sa propre marque, et ma culotte- j'en ai vu toute à l'heure justement sur Facebook. du coup j'ai ri.

    Sinon, je pense que maintenant on est dans une société où la distraction et l'image de soi sont les choses qui sont sûrement les plus importantes. Bien evidemment ça passe en grande partie par la consommation. Mais en plus de ça contrairement aux générations précédentes on a le temps et tous les outils en mains pour s'essayer à ce qu'on veut, que ce soit la musique, l'écriture, la mode ou je ne sais quoi d'autre. Du coup on fait nos expériences dans plusieurs domaines artistiques différents généralement sans forcément se spécialiser et on balance tout ça sur internet, tumblr ou autre (parce qu'on va pas faire tout ça dans l'ombre quand même, quel intérêt sinon ?).
    En plus de ça, on a plus la même valeur travail que nos parents. Maintenant, puisqu'on a pas connu les mêmes contraintes que les générations précédentes, on veut un travail qui ait du sens pour nous et qui nous plaise, ou sinon rien. Du coup pas mal de monde essaye de justement se servir des outils qu'ils ont a disposition pour creer une marque, promouvoir leur musique/fringues, ou juste un personnage qu'ils se creent et essayer de vivre de ça, ça passe beaucoup par le style forcément et c'est très narcissique. ça comble tous les aspects à priori les plus importants pour nous : vivre en s'amusant, et en plus, être reconnu comme quelqu'un de cool.
    J'ai vu un reportage il y a quelque temps sur l'utilisation que font les jeunes d'internet je crois, et ça parlait en grosse partie de tout ça.
    Bref, du coup je pense que le hispter c'est juste un condensé de tout ça et à mon avis c'est l'exemple le plus flagrant par les valeurs de notre génération de ce qu'est la société maintenant.

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