3 trucs que je piquerais bien aux garçons

Émilie Laystary aime bien être une fille, mais pour certains trucs, elle aurait voulu être un garçon. Voici lesquels.

3 trucs que je piquerais bien aux garçons

Quand on était plus petits, on se posait souvent des questions TRÈS IMPORTANTES, du genre :

  • Quelle est ta couleur préférée ?
  • Quel est ton animal préféré ?
  • Quelle est ta Spice Girl préférée ?
  • Comment tu t’appellerais si tu pouvais choisir ton prénom ?

À ces questions permettant de nous cerner les uns les autres (ah, bribes de sociabilité), j’aimais beaucoup ajouter celle des activités genrées :
Que penses-tu de la division sexuelle en terme d’occupation de l’espace dans la cour de récréation ? (bon d’accord, je ne m’exprimais pas si bien) – Tu préfères être un garçon ou une fille ?*

*Comprendre : tu préfères sagement jouer à la marelle avec tes copines en jupes ou chahuter avec les garçons en jouant au loup ?

Je faisais partie de la seconde catégorie. Et j’aurais pu continuer à être qualifiée de « garçon manqué » pendant encore longtemps, si le goût de la lecture ne m’avait pas un peu calmée. Ma première carte de bibliothèque correspond à la première année où j’ai arrêté de revenir à la maison avec des bleus et des égratignures plein le corps : au lieu d’aller jouer à la balle au prisonnier, je restais lire à l’intérieur.

C’est le moment que la société a choisi pour arrêter de me comparer à un petit garçon. Dans la tête des gens, je suis alors devenue une « petite fille un peu agitée et qui n’a pas la langue dans sa poche » plutôt qu’un « garçon manqué ». Le glissement sémantique en dit long sur l’acceptation sociale des rôles dans notre société : les mecs ont le droit d’être dissipés quand ils sont petits puis grande gueule quand ils grandissent. Les filles doivent être plus posées : sages, gentilles et mignonnes quand elles sont enfants, classes mais sexy quand elles deviennent femmes. Et si elles ont le malheur de l’ouvrir, alors elles font peur aux mecs.

Je ne suis pas aigrie. J’ai la chance d’être entourée de mecs (mes cousins, mes amis, mon mec, mon papa) exceptionnels, pour qui mes avis tranchés, mon côté bonne vivante et mon rire gras ne sont pas des obstacles à ma féminité. Mais quand j’entends que certaines de mes amies, notamment pendant la parade de la séduction, choisissent de mettre en suspens leur verve humoristique dans le but tout à fait assumé de ne pas faire peur aux mecs qu’elles convoitent, je regrette alors que tant de types sur terre préfèrent chez mes pairs leur côté chrysalide (elles papillonnent des yeux telles des pubs pour mascara dans le supermarché de l’amour) à leur sens de la répartie (qui n’a d’ailleurs rien à envier à celui d’une Florence Foresti sous perfusion de Redbull).

Non non, je ne suis pas aigrie, je vous promets. Mais j’ai la conviction que le spectre du sexisme arrêtera de planer sur nous le jour où, certes, les femmes ne seront plus reléguées aux seconds rôles (par les mecs) mais surtout, le jour où elles cesseront de se censurer (elles-mêmes) – dans ce qu’elles sont, et dans leurs ambitions.

En attendant, je vais être bonne joueuse : voici une petite liste de trucs que je reconnais envier au sexe opposé.

1. De la force dans les bras

Je ne sais pas ramener un pack d’eau chez moi sans avoir l’impression de dire « allez vous faire foutre » à mes lombaires. Aux déménagements de mes potes, je suis toujours celle qui porte le carton à jouets Kinder (c’est le plus léger) pendant que les autres font des haltères avec 3 meubles Ikea. Et quand je suis en retard pour aller à la gare et que ma valise est trop grosse… Je rate mon train. Systématiquement.

J’y peux rien : j’ai une force de mouche. Pourquoi, à taille et corpulence égales, un mec a forcément plus de muscles que moi ?

Pour remédier à cette injustice biologique, je bois de l’eau du robinet filtrée à la carafe Brita et sur Tekken 3, j’explose tout le monde.

2. Porter la barbe

Mon mec change de tête à chaque fois qu’il se rase (grosse barbe / barbe de 2 jours / etc). Et avoir une nouvelle gueule en coupant autre chose que ses cheveux, je trouve ça aussi jouissif et satisfaisant que passer la balayette pour nettoyer les crottes virtuelles de son Tamagotchi (autrement dit, très).

J’aurais beaucoup aimé, moi aussi, posséder un tel terrain de jeux et customisation.

Enfin, grâce aux vernis pailletés et aux tutos d’Annelise, je me reporte désormais sur autre chose.

3. Faire pipi debout

Évidemment. C’est un des meilleurs avantages que je trouve au fait d’être un mec. Les mecs : là où nous les filles, on a souvent l’impression de faire la queue pour des tickets de rationnement, vos toilettes à vous sont toujours libres et vous n’avez presque jamais à attendre.

Heureusement que pour se défendre, nous les filles avons inventé le « pipi vandale », à savoir « la position accroupie entre deux voitures », particulièrement pratique passé 22h quand la file des toilettes du bar est plus longue que la file pour s’acheter une bière.

À noter que le « pipi vandale » est très commode quand on porte une robe et des bas (pas de collants à remonter) mais beaucoup moins quand on a une combi sur le dos (coucou je fais pipi en soutif). Mais depuis le temps que j’en parle, je vais peut-être enfin me mettre au Freelax.

Voilà chères lectrices. N’hésitez pas à me dire en quoi vous auriez aimé être des garçons. Ensemble, nous pourrons peut-être trouver des solutions pour remédier à notre condition.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Feeling-Good
    Feeling-Good, Le 10 avril 2012 à 23h55

    Très intéressant toute cette petite discussion !

    Moi je piquerai bien aux garçons le fait de ne pas avoir de seins !! Bordel, à chaque fois que mon mec me fait une prise de judo (oui oui on s'amuse comme ça chez nous) je me fais exploser un voir deux seins, dès que je cours même avec mon siouper soutif, ça balotte... Je rêve de courir libre, tel un pur sang, sans seins.
    Bon, en fait je n'envie rien d'autre aux garçons vu que je sais que rien de ce qu'ils font m'est interdit !
    ps : le coup du pipi debout m'a tué ! Apparemment j'ai essayé en maternelle, j'ai échoué lamentablement et suis rentrée en culotte à la maison et depuis l'envie m'est passée...

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