actrice principale du film de L'or pour les chiens
Amour

Une Madmoizelle nous raconte ce qu’elle a fait de plus fou par amour à 17 ans

Ce mercredi 30 juin sort De l’or pour les chiens, le premier long-métrage de la réalisatrice Anne Cazenave Cambet, dans lequel une adolescente cherche l’amour par tous les moyens. Alors on va vous raconter une drôle d’histoire…

En partenariat avec Rezo Films (notre Manifeste)

À quoi s’attendre si vous allez voir De l’or pour les chiens ce 30 juin ? Vous y découvrirez l’apprentissage de la sexualité et des sentiments à travers les yeux d’Esther, 17 ans, une adolescente livrée à elle-même. Un jour, elle rencontre un garçon dont elle tombe amoureuse lors de son premier job été dans une station balnéaire de la côte Atlantique. Malheureusement, celui-ci ne lui montre que peu d’intérêt. 

À la fin de la saison, il rentre chez lui en région parisienne, lui laissant une adresse postale comme seul point de contact — tout en espérant que ce flirt d’été n’ira pas plus loin. Mais Esther se sent seule, elle n’a aucune perspective d’avenir et sa mère a refait sa vie, fondé une nouvelle famille, en prenant soin d’en exclure l’adolescente.

Esther n’a rien à perdre ! En pleine détresse émotionnelle, elle décide de faire du stop en sac à dos jusqu’à Paris sur un coup de tête pour retrouver ce garçon. 

L’occasion de nous remémorer les souvenirs de nos 17 ans… Rappelez-vous comme toutes les rencontres étaient exaltantes, les premières relations excitantes, et les émotions si intenses qu’elles en devenaient douloureuses. À 17 ans, on est rarement dans la demi-mesure !

Alors pour accompagner la sortie de De l’or pour les chiens, Julia, une Madmoizelle, nous a confié ce qu’elle avait fait de plus fou par amour lorsqu’elle avait l’âge flamboyant de 17 ans.

« J’étais plus jeune, très naïve et surtout très romantique »

« À l’âge de 17 ans, j’étais en couple avec un étudiant en STAPS qui avait six ans de plus que moi. J’en étais très amoureuse, je pense que je peux le qualifier de “premier amour”. Il avait un sacré caractère, et était très exigeant avec la personne qu’il côtoyait. J’étais plus jeune, très naïve et surtout très romantique : j’avais tendance à toujours céder à ses exigences pour que la relation se déroule bien.

Durant la période de Noël, nous nous étions disputés plutôt fort. Ce garçon ayant des origines portugaises, il avait l’habitude de rentrer à Porto pour célébrer les fêtes de fin d’année en famille, mais je ne voulais pas qu’il quitte la France pendant un conflit, surtout que nous continuions à avoir des échanges houleux par messages.

Je ne me rappelle plus quels étaient les sujets de nos disputes, mais nous pouvions batailler à propos de n’importe quoi. Il était hyper exigeant et attendait un comportement et une attitude exemplaires de ma part. À tel point que je ne pouvais pas avoir ma propre personnalité ou mon avis : il ne supportait pas que je sois contre lui. Je ne pouvais voir personne en dehors de lui, où sortir le week-end. »

Attention aux violences psychologiques

Ce que décrit Julia, avec ses mots, pour parler d’une relation qui la concerne, peut relever de la violence conjugale psychologique. Si vous êtes, si quelqu’un que vous connaissez est dans une situation similaire, rendez-vous sur le violentomètre et le site de l’association En avant toute(s) ou la plateforme gouvernementale contre les violences pour trouver ressources et écoute.

« Pour remédier à la situation, j’ai pris la décision de le retrouver juste avant son départ à l’aéroport du Luxembourg. Sachant que ma famille vit dans un petit village près de Metz, très mal desservi, dans lequel il faut une voiture pour se déplacer ! Donc je vous laisse imaginer le périple… »

Une histoire très proche de celle d’Esther dans le film De l’or pour les chiens. À la différence que Julia avait une relation réelle avec ce garçon, alors que l’héroïne du long-métrage fantasme la sienne dans un journal intime, où elle inscrit les moindres détails des actes sexuels qu’elle imagine…

J’ai traversé une frontière et fait 6 heures de transport pour voir mon amoureux 20 minutes

« J’en avais parlé à ma belle-mère, qui était la seule qui me soutenait dans mes relations amoureuses, mais pas à mes parents. Je lui avais expliqué qu’il fallait que je le voie, parce que c’était trop douloureux pour moi qu’il m’en veuille pour quoi que ce soit. Elle n’a pas essayé de me retenir, mais m’a quand même demandé si j’étais certaine de vouloir faire tout ça…

Aujourd’hui j’ai 23 ans et mes parents sont au courant, mais à l’époque je ne voulais pas prendre le risque de leur demander la permission et qu’ils me disent non. »

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le message renvoyé par les parents de Julia est bien meilleur que celui de la mère d’Esther dans De l’or pour les chiens. Car les parents de Julia se soucient d’elle et ne l’auraient pas autorisé à partir pour qu’il ne lui arrive aucun danger. Contrairement à la mère d’Esther, jouée par Julie Depardieu, qui ne la retient pas et ne cherche aucunement à savoir si sa fille mineure aura un pied-à-terre sur place…

« Je suis partie très tôt le matin de chez moi pour aller à la gare de Metz à environ 40 kilomètres. J’ai ensuite pris un train pour aller jusqu’à la ville de Luxembourg, puis un bus au départ de Luxembourg-Ville qui me déposa à Luxembourg Aéroport. Cela représentait plusieurs heures de transport. Durant le trajet, j’essayais de parler à mon amoureux et il ne me répondait pas, donc j’avais bien conscience que je faisais une bêtise.

Je savais qu’il serait sur place environ 2 heures avant le décollage à 14 heures, et je suis arrivée à 10 heures. À ce moment-là je n’avais pas de forfait international, donc je ne pouvais pas le contacter… Je n’avais rien anticipé, je pouvais très facilement le louper. Je ne pouvais faire qu’attendre, et ces deux heures m’ont paru durer une éternité.

J’ai commencé à turbiner : “sa famille l’emmène donc je ne pourrais pas le croiser, ou même lui parler, je ne vais pas être à la bonne porte d’embarquement et je vais le louper…”. Je me répétais “non mais ma pauvre tu vas loin là, ça se trouve tu vas juste te prendre un vent et t’auras fait tout ça pour rien !”.

Lorsqu’il est enfin arrivé, il était content de me voir, et nos retrouvailles se sont super bien passées, mais elles n’ont duré que quelques minutes. Puis il a dû prendre son avion et j’ai dû refaire le même trajet en sens inverse de mon côté pour rentrer chez moi… Mes petites économies y sont passées ! »

« Une relation malsaine à laquelle je me raccrochais »

« Une fois rentrée, j’étais très heureuse, mais ce moment d’extase n’a duré que deux petits jours. Les crises de jalousie et les reproches ont ensuite repris comme avant… J’avais le sentiment d’avoir fait tout ça pour rien. 

Aujourd’hui j’ai conscience que ce couple était très malsain, mais je n’avais aucun élément de comparaison auquel me raccrocher, et comme il était plus âgé je lui faisais confiance. Comme vous pouvez l’imaginer, cette relation s’est très mal terminée. Dès son retour, nous nous sommes remis ensemble, puis nous nous sommes séparés définitivement et il est rentré s’installer au Portugal. Ça aura duré environ dix mois. »

À l’heure actuelle, Julia me confie en rigolant qu’elle ne referait jamais une chose pareille sans retour de la part de son crush. Que ce soit dans l’histoire de notre Madmoizelle, ou celle de l’héroïne du film, il est question de la désillusion du premier amour d’une adolescente. 

Ces deux jeunes filles n’avaient aucune notion des relations et se sont jetées corps et âme dans ce qui leur semblait être la preuve d’amour ultime qui allait tout changer. Avec le recul, Julia m’explique qu’elle regrette presque ce geste, mais c’est normal de faire des choses dont on n’est pas fière à 17 ans.

Si cette histoire vous parle, rendez-vous dans les salles ce mercredi 30 juin pour suivre la quête de l’amour d’Esther dans De l’or pour les chiens !

À lire aussi : À 30 ans, je vis ma vie comme si j’en avais 17

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