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« Servant », la meilleure série d’horreur que vous ne regardez toujours pas

Vous avez terminé The Haunting of Bly Manor et êtes en mal de programmes horrifiques qui trifouillent les décombres de la psyché humaine ? Laissez donc une chance à Servant, la série produite par M. Night Shyamalan, qui devrait ouvrir de nouvelles brèches dans vos cœurs.

Les concurrents de Netflix ont beau fleurir, la plateforme de SVoD au sigle rouge conserve son statut de leader sur le marché.

Ainsi, il est plus évident pour des programmes estampillés Netflix de rencontrer un large public, que pour d’autres, pourtant tout aussi voire plus qualitatifs, hébergés par d’autres plateformes.

Et si on laissait une chance aux séries qui ne sont pas sur Netflix ?

De fait, un Le Jeu de la dame aura plus facilement droit aux honneurs des confinés qu’un programme sur Apple TV+ ou sur OCS.

Pourtant, si l’on sort un peu du catalogue Netflix — et que l’on casse sa tirelire pour s’abonner à plusieurs plateformes — on déterre facilement quelques petites splendeurs qui méritent plus qu’un coup d’œil distrait.

C’est le cas de la série Servant, produite par M. Night Shyamalan, qui verra naître une saison 2 sur Apple TV en janvier 2021, et dont la première saison n’a pas encore eu droit au succès lumineux qu’elle mérite.

Mais bon, il n’est jamais trop tard pour se rattraper.

Voilà pourquoi vous devriez laisser sa chance à Servant, même un an après sa sortie.

Servant, de quoi ça parle ?

Dorothy Turner (Lauren Ambrose) et son mari Sean (Toby Kebbell) vivent dans une maison semblable à un manoir, dont le moindre recoin est décoré avec soin.

Dorothy est journaliste et passe quotidiennement à la télévision, Sean est un cuisinier méticuleux qui travaille à son compte et depuis sa propre cuisine. Dorothy est excentrique et semble un peu dans la lune. Sean est terre-à-terre et rigoureux.

Le couple accueille un jour une nounou prénommée Leanne (exceptionnelle Nell Tiger Free), censée les soulager dans leurs tâches quotidiennes avec leur bébé Jericho. 

La jeune femme débarque un soir sous une pluie battante. Elle a l’air lugubre, ce qui n’empêche pas Dorothy de lui vouer immédiatement une grande affection. Si tout a l’air plutôt normal a priori, rien ne l’est en réalité.

Car le bébé qui dort dans le landau de la chambre d’enfant est en réalité une poupée, Jericho étant décédé dans des conditions mystérieuses quelques jours après sa naissance.

Si Sean sait parfaitement que ce bébé n’est qu’un poupon, Dorothy fait un déni et se comporte avec la poupée comme s’il s’agissait vraiment d’un enfant vivant.

Alors qu’elle devrait prendre peur, voire les jambes à son cou, la nounou ne semble pas choquée le moins du monde par ce spectacle ridicule et rentre au contraire dans le jeu de Dorothy.

Il faut dire que la nounou n’est pas une employée comme les autres. Ça, Sean et son beau-frère Julian (Rupert Grint) ne tarderont pas à s’en rendre compte…

Servant fait dans l’horreur élégante

Les dix épisodes de

Servant sont à l’image de la maison qui les abritent : élégants.

Tout est visuellement soigné, du choix des papiers peints au clair-obscur quasi permanent, qui confère d’ailleurs au programme des airs de tableaux de la Renaissance.

Les cheveux de Dorothy enflamment les teintes sombres de la demeure, réveillent la maison qui semble endormie. Les couteaux aiguisés de Sean font gicler le sang des poissons sur le plan de travail en marbre brillant. Chaque plan ressemble alors à une huile sur toile.

Si on insiste sur la beauté des décors, et sur les mouvements qui s’y découpent, c’est parce que Servant déroule son intrigue à huis clos. Les dix épisodes ne se passent en effet que dans cette maison, dont il semble aussi compliqué de rentrer que d’en sortir.

Attiré par ses couleurs hypnotiques et son raffinement bourgeois, on est happé par la maison sitôt qu’on la pénètre. Elle est aussi belle qu’elle est sinistre. Car en son sein s’est tenu une tragédie qui a anéanti l’équilibre déjà fragile de toute la petite famille.

Dans Servant, point de torrent d’hémoglobine à la Rob Zombie ni même de jumpscares à la James Wan. Tout est mesuré, dosé, timé au point que l’horreur devient insidieuse, pernicieuse.

En somme, l’horreur est façonnée avec élégance, jusqu’à former une matière étrange, qui fait figure d’ovni dans le paysage des séries d’angoisse actuelles.

D’autant que ce qui fait peur dans Servant, ça n’est ni un fantôme vengeur ni un monstre aux dents acérés, mais bien l’humain et les erreurs qu’il est capable de commettre.

Servant porte la patte de son créateur

Dans les yeux de Dorothy, dans les gestes de Sean, on décèle la rupture nerveuse et psychologique qui les a individuellement ET en tant que couple, démolis.

La détresse du binôme, basée sur un événement dont on se sait rien avant le neuvième épisode, est le pivot de l’angoisse, ce par quoi toute l’intrigue verse dans la folie.

Difficile alors de ne pas reconnaître la patte de M. Night Shyamalan ! Son penchant pour l’exploration gracieuse des traumatismes, sa Pennsylvanie natale, ses questionnement sur le deuil, ses petits et grands mystères : tout y est. 

Avec l’audace qui caractérise ses idées, il dessine les contours (il n’a réalisé que le premier et le neuvième épisode) d’un programme qui est sans aucun doute l’un des plus aboutis de l’année 2020.

Servant, une série plus humaniste qu’horrifique

L’horreur est intéressante quand elle est mise au service d’une réflexion humaniste. Enfin, c’est notre avis.

Tout comme le superbe The Haunting of Bly Manor, Servant ne se contente pas de faire flipper pour faire flipper mais questionne la gestion des traumatismes par ceux qui les ont subis ou ceux en sont la cause.

Comment se remettre de la mort d’un enfant ? Comment aimer sa femme quand celle-ci a perdu pied ? Comment sauver les meubles quand les murs porteurs de l’existence tombent en ruine ? 

Servant étudie d’un œil rigoureux la psyché, fouillant ses décombres jusqu’à en extraire ses plus insupportables débris.

Ce sont la maternité et le couple, les vrais personnages de cette série qui ne juge JAMAIS ses héros. Peu importent leurs choix, peu importent leurs erreurs, la compassion est ici de mise. L’empathie, obligatoire.

Lorsque l’horreur pousse la porte de la maison des Turner sous la forme d’une jeune fille pâle et toute frêle, elle n’invoque pas la peur gratuite, mais plutôt la réflexion humaniste, le pardon et l’acceptation de l’altérité…

On ne vous en dit pas plus mais on vous encourage sérieusement à regarder d’un œil attentif ces dix épisodes avant de découvrir la saison 2, qui sortira le 15 janvier 2021.

À lire aussi : Vous avez adoré « Le Jeu de la dame » ? Voilà 5 films où retrouver son actrice


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Les Commentaires

1
Avatar de ClemBouBou
16 novembre 2020 à 16h11
ClemBouBou
Je comprends pas comment j’ai fait pour passer à côté de cette série mais je vais regarder En plus ya Rupert Grint, sign me in!
0
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