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Les madmoiZelles parlent de leurs poils à l’arrivée de l’été (1/2)

En 2019, l’acceptation des poils des femmes par elles-mêmes et par la société est toujours un sujet. Et pendant l’été, il est encore plus d’actualité. Des madmoiZelles racontent leurs anecdotes !

Après plusieurs années à avoir été sensibilisée au féminisme, et tout ce temps à lire puis travailler chez madmoiZelle, j’avais la sensation qu’on avait fait le tour du sujet du poil.

S’épiler, ne pas s’épiler, la question a été traitée et retraitée sur le magazine, et puis en 2019, tout le monde a bien compris que les femmes avaient des poils et qu’elles pouvaient en faire ce qu’elles voulaient, non ?

Spoiler : NON.

Les poils des femmes, encore un sujet en 2019

À l’arrivée de l’été, je n’ai qu’à m’observer moi-même pour me rendre compte que c’est encore bel et bien un sujet, puisque c’est toujours le moment de l’année où je fais le point sur ma relation avec mon corps.

Et spoiler bis : même si je l’accepte beaucoup plus que l’année dernière, j’associe encore trop souvent ma présence de poils à de la négligence.

À lire aussi : L’épilation, est-ce vraiment plus « hygiénique » ?

Au début du mois de juillet, j’ai reçu un mail de Clara, 21 ans, qui m’a donné envie de publier cette compilation de témoignages :

« Je suis hospitalisée depuis maintenant 1 semaine, et ce matin, après que les infirmières m’ont retiré les perfusions, je décide qu’il est temps de profiter de ma liberté et de sortir prendre l’air.

Je n’avais pas vraiment de quoi me changer mais étant au mois de juillet avec 25 C° dehors, je me dis que mon short de sport, mon t-shirt, un gilet et mes claquettes feraient très bien l’affaire.

Une fois à l’extérieur, au bout de quelques mètres, je trouve un banc pour m’assoir et prendre un peu le soleil.

Et voilà qu’un homme d’une cinquantaine d’années arrive pour s’installer sur le banc en face. Il me dit bonjour, je lui réponds de même. Il me regarde, je le regarde, et là avec un grand sourire il me dit :

« Vous savez mademoiselle, une aussi jolie jeune fille que vous pourrait quand même enlever tout ça. Après, c’est pour vous hein, mais les jeunes filles poilues ce n’est pas élégant ».

Tout ça en regardant les poils de mes jambes qui avaient eu le temps de repousser, car m’épiler n’était pas ma priorité du moment.

J’aurais dû lui dire que sa remarque était déplacée et surtout qu’elle n’avait pas lieu d’être, là où nous nous trouvions.

J’aurais dû lui répondre que je ne suis pas ici pour séduire et que quand bien même ce serait le cas, si je n’avais pas envie de m’épiler, en 2019, je pouvais choisir de ne pas le faire.

Mais je n’ai rien dit, parce que l’espace de quelques secondes j’ai eu honte, honte de ne pas être épilée, de ne pas être « jolie ». »

Hé oui, en 2019, quand on est une femme qui ne s’épile pas, on est soit dégueulasse, soit une « féministe radicale ».

Je vous ai donc sollicitées via le compte Instagram de madmoiZelle, pour que vous me parliez de vous et de vos poils cet été !

Arrêter de s’épiler : les remarques de vos mamans

J’avoue avoir été surprise de la quantité d’anecdotes négatives qui racontent les remarques de votre famille sur vos poils.

À lire aussi : Mon père n’accepte pas mes poils mais avais-je besoin de son avis ?

Se prendre une claque de jugement par la société est une chose, par sa mère… C’en est une autre. C’est le cas de Margaux, 17 ans, qui raconte son départ en vacances :

« L’histoire que je vais vous compter se passe sur l’autoroute, dans la voiture, avec ma mère. Je portais un pantalon plutôt court et j’avais les jambes croisées, ce qui laissait voir mon cher mollet non épilé.

Ma mère en voyant ceci me dit que je dois enlever ces poils parce que ce n’est pas joli, que les gens ne vont pas aimer, que ça fait sale, que ça ne fait pas du tout fille et que les garçons n’aiment pas.

Je réponds alors que c’est une question de goûts, et que si les gens n’aiment pas je m’en fiche royalement, étant donné que ce sont MES jambes à moi. J’enchaîne en disant que les poils sont là pour une raison, donc aucun rapport entre l’absence de poils et la propreté.

Ma mère, toujours déterminée, m’explique qu’elle est féministe (ce qui est vrai, elle est engagée dans plusieurs projets liés), mais que les poils, vraiment, c’est juste moche et pas possible.

Elle a fini par plus ou moins me forcer à les enlever en me disant que si je ne le faisais pas, elle refuserait de m’acheter des shorts pour l’été. J’ai essayé de lui expliquer qu’elle ne pouvait pas faire ça, mais elle n’y a pas trop prêté attention.

Pour des questions évidentes de survie face à la chaleur et de manque d’argent, j’ai rasé mes jambes pour obtenir des shorts.

Et aussi parce qu’en me parlant comme ça, ma mère a « détruit » la confiance que j’avais en le fait de garder mes poils, et je savais qu’elle allait me le rabâcher tout l’été.

Donc j’ai décidé de les enlever. »

COMMENT ÊTRE BIEN DANS SES POILS ? — PETITIPS #3

Raphaëlle, 13 ans, était à la veille de son départ en vacances quand elle m’a écrit. Et son anecdote fait aussi référence à sa maman :

« Je pars en vacances demain et je ne suis pas épilée, ni des jambes ni des aisselles, et quand j’ai dit à ma mère que je ne comptais pas m’épiler elle en a fait tout un drame.

Elle m’a dit que les femmes devaient s’épiler et qu’après tout, les poils sur une femme c’était dégueulasse, surtout à la plage.

J’ai eu le droit à tout un speech sexiste basé sur les stéréotypes. Finalement, une fois en vacances, ma mère a énormément insisté avec des arguments toujours aussi minables.

C’était vraiment insupportable et j’ai cédé. D’un côté je m’en veux car ce ne sont absolument pas mes valeurs, et d’un côté ça m’a évité d’entendre son discours sexiste pendant toutes les vacances. »

À lire aussi : J’ai l’impression que le tabou des poils féminins s’atténue… pincez-moi, je rêve ?!

Arrêter de s’épiler : vos poils et vos petits copains

Problématique récurrente quand on arrête de s’épiler : est-ce que nos petits copains ou copines vont nous juger dans l’intimité ?

Je remarque que c’est une réflexion que les femmes qui ne s’épilent plus entendent souvent : « et ton copain, il en pense quoi ? »

J’ai donc choisi de vous partager les témoignages de Marine 20 ans et Noriane 17 ans à ce sujet.

Pour Marine, c’est son petit ami qui l’a aidée à prendre conscience qu’elle n’avait pas à s’épiler et qu’elle était mieux au naturel :

« L’année de mes 19 ans, j’en avais un peu ras la quiche de me coltiner le rasage tous les deux jours, j’ai donc mis les pieds pour la première fois dans un institut, pour faire le maillot, gardant encore le rasoir pour les aisselles.

À cette période, j’ai commencé à laisser mes jambes tranquilles, car je me suis rendu compte que mes poils de jambes n’étaient pas si visibles que ça, et qu’ils étaient socialement acceptés quand je portais shorts et robes.

J’ai découvert à ce moment-là la douleur, même si elle s’atténuait très légèrement à chaque séance, à l’arrachage des poils à la cire chaude.

Peu après cette nouvelle étape de ma vie sans poils, j’ai rencontré mon petit-ami actuel. On s’entendait sur plein de choses, et on parlait d’énormément de sujets.

Si bien qu’au bout de quelques mois, il m’a posé, curieux et sans jugement, la question : « en fait, pourquoi tu enlèves tes poils ? »

Je jure qu’à cet instant-là, mon monde s’est effondré. Oui, pourquoi ? Pourquoi est-ce que je faisais ça ? C’est là que j’ai compris que c’était absurde et qu’au plus profond de moi, je n’avais aucun problème avec ces petits poils que je pouvais avoir.

1 an après avoir laissé tranquilles mes jambes, et 6 mois pour mon maillot et mes aisselles, je peux affirmer que je vais laisser la paix à ces petits cheveux de corps, que j’aime désormais autant que le reste.

Je remercie encore aujourd’hui régulièrement mon copain de cet impact qu’il a eu sur moi, car il m’a ouvert les yeux et réconciliée avec une partie de moi, me rendant plus forte. »

À lire aussi : Draguer avec des poils quand on est une meuf, ça fait quoi ?

Noriane est fière de pouvoir dire qu’elle ne s’épile plus et l’assume, et son petit copain n’en a jamais rien eu à faire :

« Je suis très fière de pouvoir te dire qu’aujourd’hui cela fait 2 ans que je ne me suis plus rasé les jambes !

Étonnamment je n’ai eu que quelques petites remarques de personnes étrangères à moi et cela de manière gentille. Les plus méchantes étaient surtout de mon entourage.

Mes poils sont devenus ma force. Ils m’ont aidée à m’accepter telle que je suis. Les remarques, je les remballe ou j’en rigole.

Ils ne sont absolument pas une barrière pour l’amour. J’en suis la preuve, cela fait bientôt un an que je suis avec mon homme.

À l’époque, j’avais des poils aux aisselles très longs, pas de rasage en bas et évidemment des poils aux jambes.

Si la personne vous aime, elle n’en aura rien à faire des poils, des cicatrices, du poids, de la peau ou de tout autre point qui peut être un complexe ! »

Alors si c’était un frein ou une inquiétude pour toi… J’espère que tu es rassurée !

SISTER SISTER - LES POILS ET LA DRAGUE (PARTIE 1)

Rendez-vous la semaine prochaine pour reparler de vos poils !

Compte tenu de l’abondance de mails que j’ai reçu sur vous et vos poils cet été, j’ai décidé de scinder vos témoignages en deux parties.

Alors rendez-vous mardi prochain pour parler de forte pilosité, de sororité et jugement entre meufs, et d’autres petites anecdotes empouvoirantes du quotidien.

Et n’hésite pas à raconter en commentaire ton anecdote sur ta relation avec tes poils !

À lire aussi : Mon complexe sur mes poils a fini par me gâcher la vie et la santé

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On a hâte de vous lire !

Les Commentaires
15

Avatar de Nastja
25 juillet 2019 à 08h32
Nastja
@Cococinulle
C'est pas tant compliqué que "peu pratique". Prendre la bonne dose, faire un mélange, se mettre ça dans les mains, étaler, en mettre partout (en tous cas dans mon cas), essuyer... bref trop d'étapes et trop de risques d'avoir de la poudre dans ma salle de bains ou sur mon t-shirt.
Du coup je fais confiance aux industriels pour les rares occasions où il fait 42° (comme à Paris) et je me porte bien.
Je continue d'utiliser mon déo Schmitt en automne/hiver/printemps.
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