Pas trop tôt : Georges Tron, condamné pour viol, démissionne de son mandat de maire


Incarcéré depuis sa condamnation pour viol et agressions sexuelles en réunion, George Tron avait décidé de poursuivre son mandat de maire à distance. Vous avez bien lu.

C’est en quelque sorte une mascarade qui prend fin. George Tron, maire de la ville de Draveil et condamné pour « viol et agressions sexuelles en réunion », a enfin démissionné de son mandat.

Condamné en appel en février dernier, l’homme purge actuellement une peine de cinq ans de prison, dont trois ferme. Exercer des fonctions d’élu tout en étant incarcéré, est-ce possible ? Visiblement jusqu’ici, cela ne semblait pas poser de problèmes à George Tron, puisqu’il avait décidé de continuer à assurer son mandat depuis sa cellule.

La tendance a beau être au maintien du télétravail, là on se disait, quand même, que ça allait un peu trop loin.

Une démission de George Tron au goût amer pour les féministes

Mi-mai, le gouvernement avait évoqué une révocation. George Tron aurait-il choisi de prendre les devants sans attendre ? « Le gouvernement aurait du révoquer Tron juste après sa condamnation », assure Fabienne El-Khoury, porte-parole d’Osez le féminisme auprès de BFM. « La victoire a un goût amer, car Tron garde son mandat de conseiller municipal. »

Dans une lettre, Georges Tron a affirmé avoir accompli jusqu’ici correctement ses missions, mais a reconnu ne plus être en capacité de poursuivre son mandat dans de bonnes conditions.

La nouvelle a été bien accueillie par l’opposition (forcément). Auprès du Parisien, l’ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol a salué la mobilisation qui a abouti à cette démission :

« S’il avait été condamné pour détournement de fonds publics, je suis persuadé que Georges Tron ne se serait pas permis le même comportement. Il a misé sur le fait qu’on relativise toujours les violences sexuelles. C’est une séquence peu glorieuse qui aurait pu être évitée. »

L’actuelle ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances a elle aussi réagi :

Une mobilisation qui a fini par payer

Les accusations de viol n’avaient pas empêché Draveil, ville de 28.000 âmes dans l’Essonne, de réélire George Tron aux municipales de mars 2020, avec presque 65% des voix.

Pendant des semaines depuis la condamnation de Georges Tron, des militantes et militants du collectif Ni à Draveil Ni Ailleurs et de Nous Toutes avaient manifesté devant la mairie pour protester contre le maintien de l’élu.

Le collectif a aussi mené des actions en direction de la population locale pour informer et faire de la pédagogie auprès des habitants. Face à cette démission, il affirme vouloir rester vigilant :

« Aujourd’hui, Georges Tron reste élu de la République et nous continuons à demander aux autorités politiques de mettre fin à cette situation inacceptable. Non simplement parce que Georges Tron est pour l’instant en prison, mais parce que certains faits avérés suffisent à considérer que son autorité morale est définitivement perdue et justifient donc sa révocation. »

La mobilisation aura porté ses fruits à Draveil. Mais contre l’impunité des élus accusés de violences conjugales ou sexuelles, le combat est loin d’être terminé.

À lire aussi : Pourquoi c’est encore si difficile de dénoncer les violences sexuelles, en France ?

Maëlle Le Corre

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Commentaires

Shiho

@Destiel Mok´
Oui ! Je ne comprends pas comment des politiques ayant des affaires au c*l réussissent à conserver un électorat ! Comment et pourquoi on décide de voter pour un politique poursuivi par la justice ?!? :eh:
Parce que certains habitants sont satisfaits de la gestion de la ville par le maire et son équipe, quand bien même c’est un escroc / violeur / tueur en série (rayez les mentions inutiles) :cretin: La cantine est bonne, les assos locales ont des thunes, et les rues sont propres, ça leur suffit.

J’ajouterai qu’en plus, ici, c’est pour viol, et que pour certains ça ne compte pas (dans le sens où ils considèrent que la victime n’en est pas une / ce n’est pas si grave #onVaPasPinailler).
 

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