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Le chaton que j’ai sauvé, adopté et qui m’a accompagnée jusqu’aux bancs de la fac !

16 juin 2017 18
Chloé A SAUVÉ UN CHATON. QUE DIRE DE PLUS ? Elle nous offre le témoignage le plus mignon-adorable-aaaargh-je-meurs de toute la rubrique. Soyez prêt•e à couiner.

Je suis étudiante en médecine vétérinaire et pour le bien de mes études, j’ai dû prendre un kot (un appartement pour étudiants en Belgique) non loin de ma faculté.

Comment j’ai sauvé Elki, mon minuscule chaton

Je rentre cependant un week-end sur deux chez ma mère et c’est à ce moment là, début octobre 2015, que j’ai trouvé Elki. Ce petit chaton non sevré allait devenir mon éternel mono-neurone de chat.

Il « drachait » comme on dit par chez nous, autrement dit, il pleuvait énormément et ce depuis plusieurs jours.

J’étais en plein milieu d’une séance de glandage dans le fauteuil devant un bon film quand j’ai entendu un hurlement venant du jardin, un terrible cri que je ne sais toujours pas décrire.

Ça faisait bien deux jours que ma sœur et ma mère l’entendaient sans trop savoir ce que c’était.

Comme je suis très curieuse de nature, je suis sortie en courant pieds nus et pyjama sous la flotte pour trouver des réponses à mes interrogations.

C’est là, au fond du jardin, dans un tas de bouts de bois coupés, que j’ai trouvé, hurlant à la mort, un minuscule chaton trempé dans un état lamentable…

Il avait sûrement passé deux jours seul sous la pluie.

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Imagine trouver cette petite bestiole sous la pluie. Couine.

Après l’avoir découvert, je l’ai immédiatement emmené en visite chez le vétérinaire de garde. J’espérais de tout cœur le voir s’en sortir, mais je n’arrêtais pas de me poser la question :

« Et s’il s’en sort, on fait quoi ? »

À lire aussi : Je suis famille d’accueil pour chats, j’héberge les matous perdus ou abandonnés !

Accueillir un chaton non sevré, un job à plein temps

Puis le chaton en situation d’hypothermie, déshydraté et affamé que j’avais déniché la veille s’est remis sur pattes, grâce aux soins d’urgence du vétérinaire.

On avait donc entre les mains un animal non sevré d’un mois à peine, qui tenait plus de la crevette que du chat, dont on allait devoir s’occuper jour et nuit, donner le biberon, apprendre à faire ses besoins, donner de l’amour…

Des responsabilités dignes d’une nouvelle maman quoi !

Entre ma mère médecin qui n’avait pas le temps, ma sœur étudiante en psychologie qui ne pouvait pas s’en occuper et moi, j’ai décidé qu’il était plus logique de m’y coller.

Je l’ai donc ramené dans mon appartement et c’est à ce moment que j’ai décidé de devenir maman de substitution d’une minuscule boule de poils nommée Elki.

Être maman d’un chaton non sevré n’a rien de facile. Surtout quand on est étudiante, que l’on va en cours de 8h30 à 17h30, qu’ensuite on va bosser à la bibliothèque et que le soir, on est déjà trop claquée pour s’occuper ne serait-ce que de soi-même…

Déjà, comme un bébé, un petit chaton ne fait pas ses nuits. Soyez donc prêts à passer de longues nuits blanches ponctuées de miaulements affamés, où il faudra vous réveiller très régulièrement pour nourrir votre jeune félin.

Mais ce n’est pas le plus contraignant : c’est la journée qui demande le plus d’organisation.

Avant tout, il faut acheter du lait en poudre spécialisé pour chaton disponible chez le vétérinaire. Sachez-le : cette chose horrible pue la mort.

Puis il faut prévoir sa journée et, malheureusement pour moi, elle se passe à l’université.

À lire aussi : REPLAY — #YouGoGirl : Comment mieux s’organiser ?

Aller en cours avec un chaton (et devenir la star de sa fac), check

Le petit chaton étant trop jeune pour attendre une journée complète d’être nourri, je devais l’emporter avec moi à la fac.

Je ne sais pas combien de pots stériles à prélèvement d’urine j’ai volés à ma mère. Ils me permettaient de transporter la quantité exacte de lait préparé le matin nécessaire à chaque biberon de la journée et dont je devais estimer le nombre nécessaire, chaque jour, dès le réveil…

Chaud !

Ainsi, je me baladais généralement dans les couloirs de ma fac avec mes cours, 5 pots plein de lait, un thermomètre à volaille, un biberon complet, une dizaine de gants de toilette jetables extra doux, un essuie-tout et évidemment une cage de transport pour le chat, sa couverture et son doudou !

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MOOOOOOOOH

Une vraie maman, je vous dis !

Heureusement, comme exprimé plus haut, je suis étudiante en médecine vétérinaire, il m’a donc suffi d’expliquer la situation à mes enseignants pour qu’on me laisse toute la liberté nécessaire.

J’avais accès aux micro-ondes en dehors des heures de repas et je pouvais quitter l’amphithéâtre sans explication, en plein cours, pour aller chauffer le bibi et puis revenir allaiter la crevette sous les yeux amoureux et envieux d’une horde de fanas d’animaux qui ne se gênaient pas de gémir à chaque miaulement (je vous aime quand même si vous passez par-là).

À lire aussi : Je fais les études/le métier de mes rêves — Témoignages

J’ai allaité un chaton : préparez-vous à mourir de mignonitude

Allaiter, c’est l’une des parties cool du sevrage : il faut seulement chauffer le biberon puis, à l’aide de thermomètre à volaille, attendre que la température soit bonne, le tout à une main, pendant que le chaton se débat dans l’autre, alléché par l’odeur immonde du lait chaud.

C’est du sport, mais c’est cool !

Une fois que tout est bon, il n’y a plus qu’à lui tendre la tétine pendant qu’il palpe l’air de ses pattes avant, ses oreilles sursautant à chaque gorgée et son regard amoureux qui fixe droit dans les yeux.

Je décède, laissez-moi

Puis vient la deuxième étape, il faut lui masser le ventre avec un gant de toilette humide et chaud histoire de l’aider à digérer.

Je ne vais pas vous le cacher, c’est adorable à voir. J’ai fondu, j’ai craqué, j’ai même gémi des « moooonnnhhh » d’admiration face à ces adorables babines dégoulinantes de lait et à cette boudine toute pleine et ronde après un bon repas…

J’étais presque fière de moi, je me sentais carrément wonder maman !

À lire aussi : Passer sa journée à câliner des chats, le job de rêve

Quand on s’occupe d’un chaton, il y a aussi des moments « merdiques »

Les moment « merdiques » (c’est le cas de le dire) viennent après en fait…

Il faut savoir qu’un chaton, comme pour beaucoup d’autres jeunes mammifères, doit être stimulé pour faire ses besoins. Ce n’est pas comme un bébé qui se vide tout seul dans son lange, à notre grand malheur.

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Masse-moi le ventre, humaine.

Pour ce faire (j’en rigole toute seule rien qu’à m’en souvenir), il faut stimuler avec une lingette humide l’anus et le pénis (ou la vulve) de votre crevette après avoir massé son ventre…

Je vous rappelle que l’animal ne boit encore que du lait et qu’il ne nous donne donc pas de jolis cacas emballés, on parle bien de grosses coulantes dont l’odeur est à la hauteur de celle de la boisson lactée ! Cette stimulation est une obligation après le repas.

Quand ça arrive à la maison, ça va, mais quand ça t’arrive en amphi ou à la cafétéria, à midi, alors que ton professeur d’embryologie mange son vol au vent à côté de toi, c’est tout de suite moins glamour !

Surtout qu’une fois que ça commence, ça ne s’arrête plus.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à courir dans le restaurant universitaire, le chaton se vidant dans une main, un essuie-tout plein de merde dans l’autre, essayant de rejoindre les toilettes en slalomant dans la foule.

Le pire dans tout ça ? Il continuait à me regarder avec amour en ronronnant pendant qu’il m’aspergeait d’excréments ! Mon chat, cet adorable petit scatophile.

Heureusement, le sevrage n’est pas uniquement constitué de lait qui pue, d’urine et de matière fécale.

Si ça avait été le cas, je vous aurais donné la permission de me considérer comme masochiste. Car oui, élever un chaton, j’ai aimé ça mais c’était pas toujours évident !

À lire aussi : Comment faire pour que la litière de ton chat ne soit plus un cauchemar dans ton appart ?

Être la maman d’un chaton, c’est faire le plein de câlins au quotidien !

Entre toutes ces phases de repas un peu contraignantes, il y avait aussi des moments de câlins et de ronrons.

Des moments de complicité où il miaulait mais pas pour manger, juste pour que je le prenne contre moi, que je le câline, que je joue avec lui qui était encore si maladroit (sur ce point, il n’a pas changé !) ou simplement afin que je le mette dans le col de mon sweat, où il s’endormait poils contre peau.

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Vous êtes en maths -> Cette petite chose est dans votre cou -> Vous êtes au paradis.

Il y avait aussi ces jours où il accomplissait de nouveaux exploits, et où je me sentais bizarrement fière de lui.

Il réussissait à grimper sur le fauteuil, à manger sa première pâtée, à faire ses nuits, à arrêter de hurler comme un chaton pour commencer à miauler. Il y a eu le jour où il a perdu sa première dent, où il a rencontré les chats qui vivent à l’université, et enfin celui où il est parti vivre chez ma mère et ma sœur.

Contrairement aux enfants humains, les chats grandissent vite et Elki n’a pas mis longtemps à devenir beau, grand et gras.

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Imagine la vie quand t’es OKLM comme ce chat.

Il est resté mono-neurone, il n’a pas inventé le distributeur à croquettes mais on l’adore comme ça dans la famille, bête comme ses pattounes, amoureux d’odeur de pieds, goinfre à l’extrême…

On aime sa manière de courir pendant des heures après un pissenlit, le fait qu’il se couche uniquement contre des fesses ou des pieds, sa manière de ronronner en bavant, le fait qu’il sente bon uniquement de la cuisse…

On l’aime, quoi !

Sevrer un chaton soi-même, forcément ça tisse des liens que l’on n’a pas toujours à ce point avec d’autres animaux.

À lire aussi : Comment (mieux) comprendre son chat ?

Ce qu’élever un chat m’a appris

Quand mon chaton est devenu chat, à la fin de son sevrage, que s’occuper de lui est devenu plus facile et qu’il a fait ses nuits, il est parti définitivement chez ma mère faire sa vie de chat.

En effet, j’avais déjà un chat, et la colo-CAT-aire avec qui je partageais déjà ma vie et mon lit à l’époque ne pouvait pas voir en peinture ce concurrent félin qui pouvait potentiellement lui voler ses croquettes et pisser dans sa litière !

J’ai donc partagé mon rôle de wonder maman avec ma petite sœur et ma grand-mère, mais on s’est toutes accordées à me donner le titre honorifique de la « vraie maman de substitution », la maman humaine de mon mono-neurone de chat.

Je conclurai en disant que cette expérience fut l’une des plus gratifiantes qu’il soit, et si l’occasion se présente un jour à vous et que vous vous en sentez la force, je ne peux que vous encourager à foncer car ça n’a pas de prix.

Néanmoins, il faut savoir que c’est un engagement qu’on ne prend vraiment pas à la légère, et il faut tout de même avoir un certain nombre de connaissances vétérinaires !

Mais la relation que l’on développe, ces instants qui peuvent sembler si pénibles sur le coup mais qui font tellement sourire par la suite, voir cet animal grandir et se dire « c’est peut-être grâce à moi, j’ai peut-être sauvé sa vie »… C’est juste exceptionnel !

En tout cas moi je serai prête à recommencer quand le temps me le permettra, car maman de substitution c’est un job génial ! Salissant, éreintant, odorant, mais génial !

Une expérience formidable que je souhaite à tous les amoureux d’animaux.

À lire aussi : Pourquoi il faut adopter des animaux dans des refuges (et pourquoi ils sont top)

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Les Commentaires
18

Avatar de Chloe_Pot
10 juillet 2017 à 21h30
Chloe_Pot
Ha oui oui, je me doute que tu ne rigolais pas sur le moment mais c'est d'imaginer tout ça en même temps...
Je ris moi-même à m'en souvenir et quand il me fait à nouveau son même regard amoureux en s'allongeant le nez entre mes orteils celui là même qu'il faisait dans de telles situations je ne peux m'empêcher de lui dire un affectueux "ptit con!". x')
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