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Ah ! Les mecs...

Un Américain de passage : le bon plan drague ?

26 mar 2013
Ah, Paris, ville de l’amour, des balades romantiques et des roses aussi rouges que le vin. En cas de solitude, y choper un Américain de passage semble le bon plan. Quoique…

La France fait fantasmer les étrangers, c’est un fait. Ça tombe bien, car moi les petits yankees en goguette, je les trouve particulièrement sympathiques. Ils sont grands, ils sont beaux, ils fleurent bon le burger chaud. Alors pourquoi ne pas se laisser tenter par un petit cours de langue particulier ?

On est bien lotis, en France. Enfin paraît-il. Je ne sais pas si c’est à force de me l’entendre dire, mais on a la classe : les filles sont belles, s’habillent bien, les hommes ont la barbe faussement négligée, le cheveu romantique, à l’ondulation dessinée par le casque de leur Vespa. Le bon pain, la gastronomie, l’art de vivre, la mode… Oui, quand je parle avec un étranger, j’ai toujours l’impression de vivre dans un paradis onirique, où le vin coule des fontaines Wallace, où bombasses snobs et dandys désirables se rejoignent en terrasse et discutent littérature à l’ombre d’un arbre, où les piafs chantent du Edith, la Tour Eiffel culminant comme le château de la princesse dans leur imaginaire embrumé.

Bref, un gros trip après inhalation de Chanel N°5.

Alors si tout est si parfait, pourquoi diable ai-je une propension certaine à trouver les étrangers incroyablement sexys ? Parce que l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin, c’est bien connu. C’est une théorie tout à fait applicable aux relations amoureuses. Après avoir pleuré Jean-Pierre, honni Edouard, largué Christophe, libido et amour propre souffrent du mâle du pays.

Mise en situation. On est samedi soir dans le quartier latin de Paris, haut lieu des « échanges » internationaux. Vos potes vous ont traînée voir un match de rugby – vous n’en avez rien à carrer du rugby, c’était juste pour ne pas finir seule un samedi soir – et maintenant la troisième mi-temps bat son plein. Vous hésitez entre le coma éthylique et casser votre pinte pour vous scarifier avec les tessons à la 10ème évocation de cette magnifique action de Thierry Dusautoir. Alors quand le hasard met sur votre route un charmant allogène – oui ce mot existe, je ne parle pas d’une lampe – c’est le spot divin qui se braque sur vous. Voici Scott et son copain Adam, sourire Bright, hoodie « universitaire », on se croirait dans High School Musical.

– Bonssouar Mademouselle, vous parlez le anglais ? »

– Yes. YES.

collegeboy

Voilà quelques bonnes raisons de se laisser aborder :

  • Première raison, absurde mais bien réelle : l’accent. Une phrase d’approche foireuse avec un relent de Californie, c’est +2 direct. Rien qu’à l’écouter, on s’imagine en décapotable sur la Pacific Coast Highway, cheveux au vent, la main sur la cuisse de Johnny Depp . Vous parlez anglais comme une vache espagnole ? « It’s so sexy », qu’il dit. +4 .
  • Il vous idéalise, et autant en profiter un maximum. Comme dit plus haut, la Française c’est un peu le fantasme international. Classe, inaccessible, sexy, indépendante… il vous met sur un piédestal sans forcément vous connaître. Du coup même s’il vous croise le regard bovin et l’haleine avinée à 3h du matin, il trouvera toujours le moyen de vous complimenter, le regard plein d’une naïve admiration. Et ça fait du bien au moral, bon sang. Essayez juste de ne pas vomir sur ses chaussures, le mythe a des limites.
  • Il vous invite tout naturellement à venir le voir là ou il vit. Très loin. Vous promet de vous emmener en balade, et de vous faire goûter aux plats que « Mum » vous préparera avec dévotion. Oui, il veut absolument vous rendre la pareille, vous qui avez été si gentille de lui indiquer des lieux sympa dans Paris – alors que techniquement, vous lui avez juste indiqué la bonne sortie de métro.
  • Il est très généreux. Scott va vous payer des bières avec un entrain tout naturel, vous parler des grands espaces, du ranch familial et repoussera toute initiative de votre part quant vous porterez la main à votre sac pour payer la troisième tournée.
  • Il est plus romantique qu’une gamine de 4ème avant un concert des One Direction. Si après le premier contact, vous décidez de dispenser des cours de langues particuliers à Scott, s’ensuivra une romance avec mise en scène hollywoodienne qui pourrait en déconcerter certaines. Un gars de chez nous est peut-être au-dessus de ça, les fleurs, les chocolats, et tout le tremblement. Mais là Scott est dans la ville de l’amour, ce n’est pas qu’un nom, pour lui c’est un concept qu’il entend expérimenter pleinement. Bateau-mouche, Louvre… tout y passe. Il découvrira, non sans émotion, les joies de se rouler des pelles après un pique-nique camembert/vin rouge au Luxembourg. Et finalement, il arrive presque à vous faire sentir en vacances. Ce n’est pas désagréable.

Puis vient l’inéluctable, la fatale séparation. Son semestre est terminé, Scottie remballe. Vous avez un petit pincement au cœur, il faut le dire, même si vous commenciez à en avoir assez de ses élans d’affection sirupeux. Lui est inconsolable. Le départ constituant l’apothéose romantique de tout film qui se respecte, la scène de l’aéroport est poignante. Générique.

Ou presque.

La romance perdurera encore un peu sur Facebook, à coups de XOXO et de « I miss you » par wall interposé. Il va « liker » une à une toutes vos photos de profil, vos moindre « visites » seront commentées, en VO. Ça vous donne l’air cool – des commentaires dans une langue étrangère sont un facteur de coolitude indéniable – mais ça vous fait flipper un peu, aussi.

Surtout quand il vous parle avec emphase du programme qu’il vous a concocté pour votre venue au ranch, l’été prochain. L’épisode le plus inquiétant restant la « surprise ». Va-t-il s’agenouiller devant la famille réunie pour l’après-midi barbecue géant en votre honneur pour vous demander votre main ? Aurez-vous assez d’ovaires pour lâcher un « Yes », devant une centaine de paire d’yeux yankees braqués sur vous, le burger en suspension devant la bouche, comme des ogres pleins de barbaque prêts à vous dévorer si vous n’offrez pas le « happy-end » attendu ? Devenir housewife, garder des vaches, pondre un petit Zack, un Cody et une Ashley, vous diriger lentement mais sûrement vers les 150kg avant la trentaine ? Participer au concours de la meilleure tarte, comme Bree ?

Ou allez-vous fuir en courant ? Sachant que beau-papa vous a fait soupeser, l’œil luisant de fierté, sa collection d’armes automatiques et fusils en tous genres l’après-midi même ?

« Sorry I don’t speak anglich ». C’est la réponse que vous éructez, dans un soubresaut d’effroi, à ce grand brun qui s’est approché en vous tapotant l’épaule : « Are you alright miss ? ».

Il est 3h du matin, vous vous êtes endormie au milieu du pub bondé. Et le mythe s’est effondré en même temps que vous sur votre chaise. « Scott come on she is drunk anyway », et les deux Américains s’éloignent avec un rire sonore.

Finalement, Montebourg avait pas tort. Consommons local. Un verre de vin, garçon.

Les Commentaires
21

Avatar de Gianduja
26 juin 2013 à 22h36
Gianduja
Je suis désolée de vous infliger ça mais c'était trop tentant !

C'est vrai que la forme de l'article n'était pas vraiment plaisante, mais sur le fond j'ai bien rigolé, justement par la dérision des clichés. Big Up!
Mon dieu.
Je ne connaissais pas du tout ! Je n'ai pas encore décidé si c'était mieux avant ou pas... ^^
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