Comment Aline, 21 ans, a réussi à réduire 6 mois de déchets au contenu de ce petit sac

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Il n'y a pas d'arnaque, ce petit sachet correspond bien à 6 mois de déchets. Témoignage d'une passionnée d'écologie.

Comment Aline, 21 ans, a réussi à réduire 6 mois de déchets au contenu de ce petit sac

Publié le 24 mars 2017

Aline a 21 ans et ça fait maintenant 3 ans qu’elle s’est lancée dans un nouveau mode de vie, résumé à l’expression : « zéro déchet ». Pour en parler, elle a créé le blog Consommons Sainement, sur lequel elle partage ses astuces et ses réflexions sur le sujet.

Dérivé des philosophies écologiques, le zéro déchet s’inscrit dans la même démarche, avec la spécificité de réduire au maximum l’usage des emballages au quotidien, mais aussi le gaspillage, idéalement en ne produisant donc pas de déchets.

Pas de déchet pour la poubelle traditionnelle, du moins, car il y a heureusement une exception pour les déchets organiques qui eux filent droit au compost.

Qu’y-a-t-il dans la pochette « poubelle » d’Aline ?

Ses déchets de 6 mois, à savoir (pour la majeure partie) :

  • de la vaisselle cassée, qui ne se recycle pas,
  • des plaquettes de médicaments,
  • des sachets plastiques utilisés par manque de choix,
  • des étiquettes de vêtements,
  • des pailles récupérées dans les cafés,
  • des élastiques cassés,
  • un gobelet en plastique offert à Aline avant qu’elle n’ait le temps de refuser,
  • et une feuille d’aluminium.

La nécessité de repenser son quotidien

Pour Aline, trier ses déchets et ne pas gaspiller, c’était une base, acquise à l’enfance.

Avant sa « transition » (ainsi qu’elle le formule elle-même), elle pensait qu’être écolo consistait d’abord à acheter des produits bio ou labellisés écologiques :

« Jusqu’à ce que je tombe un peu par hasard sur un article de Lauren Singer, une américaine qui n’a pas de poubelle et est un peu pionnière dans ce domaine.

À partir de là, je me suis dit que ma démarche n’était pas logique. Mais descendre sa poubelle, c’est tellement ancré dans le quotidien qu’on ne se rend même plus compte que nos déchets ont un impact. »

Aline a alors entamé une transition pour changer son quotidien, pendant un an, le temps de faire quelques petits ajustements et de trouver une autre façon de faire les courses. Et pas que !

La jeune femme en a profité pour changer ses cosmétiques, en se lançant dans des préparations maison, récoltant au passage quelques déconvenues (une sordide histoire de dentifrice à l’argile, entre autres).

« Sur Internet, je ne trouvais que des recettes compliquées et chères, du coup j’ai commencé à faire mes propres recettes avec mes ingrédients… de cuisine.

Et toujours des recettes ultra simples avec jamais plus de 3 ingrédients. »

Au bout d’un an, Aline a vendu sa poubelle en déménageant (« l’acte symbolique ») et n’en a jamais racheté depuis.

Mais en constatant les galères auxquelles elle a du faire face pour arriver à ce résultat, cette dernière s’est dit qu’il y avait peut-être matière à aider les autres et crée un blog.

« Le but à la base, c’était de partager mes recettes simples pour éviter que les gens qui veulent passer au zéro déchet ne vivent les mêmes mésaventures que moi. »

Un an et demi plus tard, la page Facebook du blog cumule plus de 18 000 likes… pas mal !

Le zéro déchet au quotidien, comment ça marche ?

La première adaptation qu’Aline a faite, c’est l’alimentation, où les emballages sont omniprésents. La solution qu’elle a trouvée est pourtant assez simple : opter pour le vrac pour les pâtes, le riz, les céréales et remplir ses propres conteneurs, comme des bocaux en verre.

Et pour les produits frais, direction les marchés, où là encore Aline se balade avec ses propres boîtes et de petits sacs en tissu pour les fruits et légumes.

Autre défi majeur, les produits de nettoyage et cosmétiques. Aline les fabrique elle-même, avec des ingrédients faciles à trouver et un peu d’huile de coude (vraiment très peu).

Quand il n’y a pas de solution maison, Aline sélection rigoureusement le produit qu’elle doit acheter.

Du coup, ça donne un dentifrice à base de savon de Marseille et d’huile essentielle de menthe poivrée, ou — sa version plus populaire — à base d’huile de coco (antibactérien naturel) et d’huile essentielle de menthe poivrée.

Ou un masque visage avec du miel et du jus de citron !

Et pour le shampoing ? Là, malheureusement pas de vraie solution. Dans ces cas-là, Aline se contente de faire une sélection rigoureuse, en excluant les plus polluants.

Quand elle veut manger à l’extérieur, il y a aussi quelques astuces. Pour la nourriture à emporter, Aline apporte ses propres contenants, et quand elle va dans un bar, elle demande à ne pas avoir de paille dans son verre.

Bref, on est sur des petits gestes et des habitudes à prendre !

Comment réduire ses déchets quand on habite dans un milieu très urbain ?

Eh bien, il se trouve que la jeune femme habite à Paris.

Ce qui présente l’avantage d’avoir plusieurs enseignes vendant des ingrédients en vrac (comme les enseignes Biocoop, Naturalia ou encore Bio c’ bon), mais le désavantage de manquer de jardins pour les particuliers.

Ce qui n’empêche pas Aline de composter ses aliments. Pour elle, il existe deux solutions :

  • se tourner vers des composts collectifs (au pied des immeubles, dans les parcs…) qui sont parfois répertoriés sur Internet.
  • avoir un lombricomposteur chez soi (dans un placard ou sous l’évier par exemple). Celui-ci peut être plus compact qu’un compost d’extérieur, et est composé en partie de « vers de compost » qui vont se nourrir des déchets.

Mais le bio, ça coûte cher, non ?

À vrai dire, j’ai été assez épatée de la réponse d’Aline quant au prix de ce mode de vie : celle-ci estime faire des économies d’environ 30%. Elle s’explique.

« Beaucoup de gens pensent que l’écologie c’est cher, parce que quand tu vois le prix des produits labellisés, tu te dis que tu n’as pas les moyens. Alors qu’en fait tu te rends vite compte que tu fais de grosses économies.

Il y a tout à y gagner en fait, c’est avantageux sur le plan financier, environnemental mais aussi sur le plan de la santé. Et c’est très gratifiant de pouvoir fabriquer soi-même ses produits du quotidien plutôt que de dépendre de marques. »

Et d’ajouter qu’elle n’y perd pas non plus au change en terme de temps, puisque chacun de ses produits fait-maison ne compote pas plus de 3 ingrédients, et prends tout au plus deux à trois minutes, le temps de les mélanger.

« Finalement le plus compliqué c’est de trouver un vrai savon de Marseille, parce qu’il ne s’agit pas d’une appellation contrôlée, donc beaucoup de marques l’utilisent.

Mais un bon indicateur c’est de regarder sa couleur et sa composition : il doit être vert et ne contenir que 5 ingrédients, au-delà il y a sûrement des composants non-essentiels. »

Être zéro déchet et réaliser son rêve

À force de parler zéro déchet sur tout l’Internet, Aline va finir par réaliser un de ses rêves, puisqu’elle va très bientôt décoller pour San Francisco, LA ville zéro déchets, « une pionnière à l’échelle d’une ville ».

Forte de son engagement, la jeune femme a candidaté pour y faire un stage à la municipalité et a été retenue.

C’est donc parti pour 3 mois à travailler avec la politique zéro déchet de la ville, en collaboration avec les entreprises locales (pour ne pas se limiter aux particuliers). Chapeau !

Les madmoiZelles partagent leurs astuces zéro déchet sur le forum. Toi aussi viens en parler dans les commentaires et choper les bonnes idées !

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Chloé P.


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Commentaires
  • Maijuinjuillet
    Maijuinjuillet, Le 21 juillet 2017 à 8h48

    Moi ma première pensée ça a été que cette jeune fille a de la chance de prendre aussi peu de médicaments : perso entre les plaquettes et les flacons, j'en remplis deux des sacs comme ça :erf:

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