Les cinq calvaires du télétravail (parce qu’on souffre aussi en pyjama)

Travailler chez soi, ou à peu près partout dans le monde du moment qu’il y a le wi-fi, c’est quand même pas mal. Mais il faudrait voir à ne pas oublier la part sombre du télétravail… Oui, sombre, tout à fait.

Les cinq calvaires du télétravail (parce qu’on souffre aussi en pyjama)

Le télétravail, ça fait parfois rêver. Et pourquoi ne serait-ce pas le cas ? Un ordinateur connecté à un réseau wi-fi correct, de quoi poser confortablement son séant, et roulez jeunesse ! Selon le niveau de liberté dont tu disposes, tu peux travailler d’où tu veux, comme tu veux… Et fini les allées et venues dans ton dos du collègue Machin qui pose un air réprobateur sur tes lolcats.

La li-ber-té, te dis-je.

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Malgré tout, je ne suis pas là pour chanter les louanges du télétravail, indépendant, étudiant ou salarié. Non, je suis là pour dénoncer. Oui madame, je casse du mythe, moi, je suis comme ça, j’ai pas peur. Tout n’est pas qu’amour et pyjamas en pilou-pilou dans le télétravail, et aujourd’hui je dévoile les coulisses inavouées de cette pratique ennemie des open spaces.

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Voici les cinq calvaires du télétravail. Absolument. Calvaires. On ne rigole plus.

Il faut (malgré tout) s’habiller (un peu)

Oui, je sais ce que vous allez me dire.

« Comment, mais quel est ce scandale, quel est l’intérêt du télétravail si on ne peut pas bosser en slip, dans quel monde vit-on ? »

Et vous avez raison de vous indigner. « Télétravail » et « slip » sont tout de même censés aller de pair.

Eh bien non, c’est un fantasme — un beau fantasme, certes, mais un fantasme peu compatible avec la réalité. Pour avoir testé presque tout un hiver avec un plaid par-dessus mon slip par pure flemme d’enfiler un pantalon, je suis en mesure d’affirmer :

  1. Que ce n’est pas très pratique de se déplacer aux toilettes enroulé•e dans un plaid
  2. Que la flemme de s’habiller influe souvent sur le taux de productivité.

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Alors je ne dis pas, peut-être que parmi nous se cachent des forces de la Nature, capables de pondre un Prix Nobel littéraire, une étude du marché de la chaussette en Patagonie et un Pulitzer en une journée, le tout sans sortir du lit ni du pyjama enfilé la semaine dernière ! (C’est votre odeur après tout, vous faites ce que vous voulez.)

Hélas, pour nous autres simples mortel•le•s, il est important de s’imposer un minimum de standing pour se mettre en conditions de travail. De faire un peu l’effort de se préparer avant sa journée de travail, et bien faire la distinction entre « glandouille » et « vie professionnelle », voyez-vous.

Après, rien n’empêche d’être à la fois habillé•e, stylé•e, et à l’aise.

On est en télétravail tout de même. Faut pas déconner.

Toute décence est inutile

J’évoquais plus haut le bonheur de ne pas avoir à subir le jugement du ou de la collègue (voire du ou de la patron•ne) qui ne comprend pas notre façon de travailler. Malheureusement, l’absence de cet oeil inquisiteur est à double tranchant, car sans plus personne pour nous voir, on peut avoir tendance à se laisser aller.

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Vous êtes en télétravail, qu’est-ce qui vous empêche d’écrire votre article sur les crevettes en écoutant Starmania ? De disserter sur la situation politique du Guatemala au 19ème siècle en chantant « SAPÉ COMME JAMAIS » ? De vous boulotter toute la boîte à cookies et finir votre journée de travail en agonisant le bide à l’air sur le canapé ? De parler tout•e seul•e et de rire de vos propres blagues ?!

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Rien. Vous n’avez plus aucune limite, et votre aptitude à vivre en communauté risque de sortir ternie de cette épreuve.

Le temps passe n’importe comment

Non mais c’est vrai, quoi, à peine de le temps de vérifier le passé simple du verbe glavioter pour un petit article sans prétention sur l’affaire des Panama Papers, et, bon, de regarder une vidéo de chat marrant, puis de se faire un petit thé avant de s’y remettre et, tiens, ben je vais faire la vaisselle d’hier comme ça ce sera fait et j’y pense, je dois appeler la CAF, hop, je fais partir une lessive, oh cool une nouvelle vidéo de chat qui se casse la gueule je vais la partager sur Facebook, ce qui me fait penser que je n’ai pas fini de lire cette fanfic AU Kylo Ren/Gimli et, ah bah ça fait longtemps que je suis pas allé•e faire un tour sur Tumblr, et Pinterest, et…

QUOI, DÉJÀ DIX-HUIT HEURES ? Mais où file le temps, bon sang ?!

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C’est pas toujours évident de trouver le lieu de travail idéal

Quand on télétravaille assidument (ou presque) depuis plusieurs jours ou semaines, il arrive toujours un moment où l’on se retrouve forcé•e de migrer ailleurs.

Parce que le voisin du dessus passe l’aspirateur cinq fois en deux heures et que l’on commence à rêver de lui enfoncer le tuyau quelque part. Parce qu’on a du mal à se concentrer. Parce qu’on suffoque, toujours entre les mêmes quatre murs. Ou parce qu’on s’est étouffé de rire une fois de trop sur notre propre blague en parlant seul•e, et qu’on a peur pour notre santé mentale. C’est selon.

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Et là, on se dit : mais enfin, je suis en télétravail, pas en maisontravail. Du moment que j’ai le télé de mon travail, je suis libre de faire ça d’où je veux ! LIBRE. Alors, tel l’Indiana Jones des temps modernes, vous tentez une excursion dans le monde extérieur (brrr).

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De là commence la Périlleuse Quête du Coin Wi-Fi Sacré, qui pourra notamment vous faire tester :

  • Le coworking avec/chez un•e ami•e. Une situation fort agréable et excellente pour l’aération du ciboulot, mais qui fait un peu trop alterner les moments de re-motivation mutuelle avec les moments de bavardages et de procrastination complice. À éviter en période de rush ou bouclage.
  • L’isolement dans une bibliothèque. Vous espérez que l’ambiance sacrée du silence studieux gardé par d’imposantes étagères de livres déteindra sur vous de manière à vous changer en moine penché sur ses grimoires du matin au soir. Vous trouvez surtout la cafétéria qui fait les meilleurs muffins du monde.
  • La retraite chic dans un café gourmand avec wi-fi. Petite musique détente et latté accompagné de quelques douceurs deviennent vite nécessaires à votre productivité… Ou pour faire passer le fait que vous êtes beaucoup trop de pique-assiettes à tirer sur ce fichu wi-fi pourri. Sérieusement, mamie ? Tu as besoin du wi-fi pour instagramer ton caniche en train de se lécher les parties ?! Et voilà, vous avez claqué 15 balles en une après-midi passée à actualiser dix fois la même page.

Vous mériteriez une prime de risque.

La tentation est partout (PARTOUT)

Un grand pouvoir implique… de grandes tentations.

Ne vous méprenez pas, pouvoir travailler depuis son canapé ou sans avoir à prendre le métro à heure de pointe le matin est un luxe moderne. Mais si, au bureau, les alternatives se comptent sur les doigts de la main quand on a un poil dans celle-ci… À la maison, voici une liste non-exhaustive de ce que l’on se verrait bien faire au lieu de travailler :

  • s’allonger dans ce fichu canapé et dormir
  • répondre à l’appel du lit et dormir
  • regarder un épisode d’une nouvelle série à découvrir puis deux puis…
  • manger
  • regarder les gens par la fenêtre en comptant les chauves
  • compter aussi les briques du mur d’en face
  • collectionner des gifs de chats
  • envoyer les meilleurs à tous ses ami•e•s
  • faire la gueule parce que lesdits ami•e•s sont trop occupé•e•s à « travailler » pour dire lol
  • regarder les suggestions YouTube au hasard
  • remplir des paniers qu’on ne pourra jamais acheter sur des boutiques en ligne
  • trouver le moyen d’assassiner sa carte bleue quand même
  • booty-shaker sur du Shania Twain
  • dormir
  • manger
  • re-dormir
  • relire tous ses Marie-Aude Murail
  • aller faire les courses parce qu’on n’a plus rien à manger
  • dormir.

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Bref. Le/la télétravailleur•se est un•e guerrier•e au quotidien.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • .Malta.
    .Malta., Le 28 avril 2016 à 1h33

    @Lilodo Je suis tout à fait d'accord que la somme d'un travail ne se mesure pas nécessairement au volume horaire ;). De manière générale, j'aime pas brandir cet argument d'ailleurs, mais j'avoue que si une personne me le sort, je me gêne pas trop pour continuer dans la même veine.

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