Si on agissait aujourd’hui comme les ados qu’on était… — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

Peut-on agir comme les enfants et adolescents qu'on était ? La réponse va vous étonner (en vrai, peut-être pas) (certainement pas).

Si on agissait aujourd’hui comme les ados qu’on était… — La leçon de la semaine, par Sophie Riche

Il m’arrive de repenser à l’enfance et à l’adolescence. Parfois, une phrase entendue ou une anecdote me rappelle un•e prof que j’ai eu à l’époque.

À d’autres moments, un instant d’humiliation lié à cette période riche en dramas me revient en tête. Je t’ai déjà raconté la fois où… NON ! Non, en vrai non. Je ferai un épisode spécial Mes plus beaux râteaux un de ces jours, ce sera plus simple et j’ai de la matière (t’as vu comment j’ai fait des progrès en teasing ? Laisse tomber, j’ai suivi un cursus).

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Il m’arrive donc de repenser à cette période et à tous les trucs tellement cons que je faisais quand j’étais plus jeune. Des choses qui me paraissent vraiment idiotes aujourd’hui, mais qui constituaient la norme (voire LA MODE, disons-le franchement). C’était tellement ancré dans notre quotidien que je me demande parfois pourquoi ces habitudes ont disparu de nos vies.

lizzie miranda

Genre chiller près des casiers avec les bras croisés.

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Collectionner les billes des cartouches d’encre

Écrire au stylo plume, c’était drôlement bien (même si ça reste une aberration pour moi que l’effaceur ne marche pas sur l’encre couleur bleu des mers du Sud). Mais d’où nous venait cette manie, une fois les cartouches finies, de les ouvrir pour en extraire la petite bille et de conserver cette dernière pour faire la collection du plus grand nombre de petites billes possible ?

Franchement, s’en foutre plein les doigts et devoir utiliser l’effaceur sur nos mains qui, du coup, sentaient la transpiration rance pour la journée (l’odeur la plus proche de celle de l’effaceur selon moi), merci mais non merci.

Conclusion : collectionner les billes des cartouches d’encre comme à l’époque ? Zéro intérêt.

Avoir une peluche Diddl accrochée à son sac

Si c’était tout à fait accepté jusqu’à la fin du premier trimestre de la sixième, accrocher une peluche Diddl à son sac à dos Lafuma ou Eastpak n’est plus forcément super bien vu passée cette période (les normes, c’est un peu comme la taille des nichons à cet âge-là, ça change drôlement vite).

Je trouve ça dommage, mais c’est vrai qu’il n’y a pas que du bon à décorer son sac avec une peluche représentant un animal mignon avec des pieds énormes. J’y vois plusieurs inconvénients :

  • Le sac à dos, on le laisse traîner par terre, du coup l’animal en peluche est tout crotté et plein d’urine d’inconnu•es
  • Plus personne ne connaît Diddl aujourd’hui
  • Si on l’accrochait avec l’attache simple et pas avec l’attache type porte-clés, les risques de se le faire voler étaient énormes. Après on se faisait engueuler par les parents et tout, super.

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Conclusion : avoir une peluche Diddl accrochée à son sac aujourd’hui ? Écoutez, faites bien comme vous voulez.

thirteen

Question : peut-on être le genre de pré-ados avec un Diddl accroché au sac ET le genre d’ados à se faire un piercing à la langue dans le dos de ses parents en même temps ? J’aime à croire que oui.

La gestion de l’ennui

Aujourd’hui, quand je m’ennuie, je glande. Je regarde des épisodes de séries, des vidéos sur YouTube et je remonte mes fils Twitter, Facebook et Instagram. Pourquoi ? Parce que j’ai le pouvoir. LE POUVOIR T’ENTENDS ? (Le pouvoir signifiant en réalité « J’ai Internet »)

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Quand j’étais petite, on avait pas encore Internet, ce qui te fait peut-être ouvrir de grands yeux de surprise, mais il se trouve que je pense être un peu plus vieille que toi (en effet, j’ai vingt-sept ans et un mois — il m’est déjà arrivé de laisser passer une petite goutte d’urine en éternuant, c’est le premier signe de vieillesse). Et j’ai eu Internet à quatorze ans.

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Alors quand je m’ennuyais, je faisais des trucs avec mes mains. J’ai testé le dessin, mais j’étais nulle, alors je faisais plutôt des créations de type plastique.

Ma plus grande fierté restera ce jour où je prenais plein de feuilles quadrillées sur lesquelles je mettais du blanco (pour blanc correcteur, fais pas style t’as pas la réf) puis du crayon pastel, quand c’était sec.

C’était hideux. Vraiment dégueulasse. Mais un jour que je faisais ça parce que j’avais fini mes exercices, ma copine Marine a regardé mes œuvres et a dit que c’était trop beau. Et comme elle était en CM2 et moi en CM1, laisse tomber comment j’étais saucée.

Et puis j’ai eu Internet, et l’envie de faire ce genre de création a disparu de ma vie. Si ça se trouve, si j’avais continué à ne pas avoir Internet, JE SERAIS PEUT-ÊTRE LA NOUVELLE FRIDA KHALO, oh mon Dieu je suis passée à côté de mon talent.

Conclusion : gérer l’ennui comme à l’époque ? C’est oui.

carriere
Moi quand je pense à tout ce que j’aurais pu faire.

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Pécho

À l’heure actuelle, je suis plus trop emmerdée avec les histoires de péchoterie puisque j’ai pécho l’ultimate bonhomme et que je suis même pacsée avec. Mais avant lui, pfouah. C’était pas toujours simple.

Quand je vois et écoute certain•es de mes copains•ines, je vois bien que j’étais pas une exception : c’est quand même une sacrée prise de tête de pécho.

C’est plein de questionnements :

« Est-ce que j’ai bien compris les signes ? »

« Est-ce que je suis pas toujours en train de me faire des films ? »

« J’envoie un message ou pas ? Nan parce qu’il/elle va peut-être penser que je suis intéressé•e. C’est vrai que je le suis, mais j’veux pas qu’on me pense TROP intéressé•e. Mais si j’ai pas l’air assez intéressé•e, peut-être que j’ai aucune chance. »

C’est marrant parce que le moment du flirt, de la séduction, des débuts, de l’avant-déclaration ou de l’avant-premier baiser, c’est à la fois les moments les plus pétillants* mais aussi ceux qui font le plus mal au ventre de stress.

Pourtant, quand on était petit•es puis ados, y avait quand même des méthodes vachement plus simples et homologuées que de se torturer l’esprit en se demandant au bout de combien de jours, semaines ou mois à se tourner autour tu peux proposer à ton crush d’aller boire un coup.

Par exemple, on pouvait faire passer un mot avec écrit dessus « Est-ce que tu veux sortir avec moi ? » ainsi que de petits carrés à cocher en face de « oui » ou de « non ».

Certes, j’avais des copains à l’école primaire qui avaient vraisemblablement déjà envie de s’emmerder, alors ils rajoutaient « peut-être ». Franchement : pourquoi ? C’est comme manger son repas préféré en regardant sa série favorite, et décider en plein milieu de ce moment d’énorme kif de regarder l’état de son compte en banque — pour se gâcher ainsi tout le plaisir.

Sérieusement, vous devriez vous remettre à faire ça, je trouve. Envoyer des bouts de papier à la personne avec qui vous avez envie de vivre une histoire pour savoir si c’est réciproque, mais à la sauce plus vieux, genre :

« Est-ce que tu veux sortir avec moi ? Coche la réponse qui correspond à ta pensée :

  • Oui, de ouf, j’espère qu’on va vivre une grande et belle histoire et peut-être se marier.
  • Oui, de ouf, j’espère qu’on va vivre une grande et belle histoire et peut-être se marier et/ou faire des enfants, j’espère que t’en veux — moi oui, deux minimum, mais pas avant mes trente ans.
  • Oui, mais je sors d’une longue histoire, j’ai vécu une rupture difficile alors je risque d’être insupportable, du genre à pas répondre à tes textos parce que je pense à mon ex, du coup je te déconseille mais je veux bien tenter, on sait jamais.
  • Oui, mais alors juste pour mélanger nos fluides corporels.
  • Oui, mais alors vraiment, je veux pas avoir de relations sexuelles tout de suite parce que je suis comme ça, je préfère te prévenir, comme ça y a pas de malaise.
  • Oui, mais alors vraiment, je veux pas avoir de relations sexuelles tout de suite parce que j’ai une mycose/des condylomes et que ça me pique, du coup, prenons notre temps.
  • Non merci, je crois qu’il y a méprise, je ne te fixais pas amoureusement pendant qu’on parlait, j’avais juste le regard intense parce que je retenais une série de pets (j’avais mangé des lentilles à midi).
  • Non, par contre je veux bien qu’on soit ami•es.
  • T ki ? »

Conclusion : pécho comme à l’époque ? Je sais pas pour toi, mais selon moi, c’est un grand oui.

napoleondynamite

Exemple de fringants adolescents qui ont réussi leur coup.

En définitive, tout n’est pas à jeter, y a du bon comme du mauvais. On a forcément tou•tes des leçons à retenir des personnes qu’on était y a vingt, quinze ou dix ans de ça. Et aussi des personnes qu’on était y a un an, deux mois ou dix minutes de ça.

Pendant qu’on y est.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Aerlynn
    Aerlynn, Le 5 juin 2016 à 23h44

    J'ai gardé énormément de choses de cette période. j'avais une manie c'était de dessiner partout, mais vraiment partout, j'ai un classeur fin en plastic avec des petits cases bd, des rebords de notes de cours et j'en passe. en fait, je m'ennuyais pas mal et comme j'étais à fond fanfic, création, bah je mettais mes idées où je pouvais ( même quand ça faisait râler les enseignants). XD

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