Témoignage : je suis grosse

Témoignage : je suis grosse

Comment vit-on le surpoids au quotidien ? Comment gère-t-on les réactions déplacées de notre entourage ? Qu’est-ce que ça fait, vraiment, d’être grosse ? Témoignage.

Je suis grosse. Oui, grosse : les 6 lettres les plus galvaudées dans notre belle société accro à l’image. Je ne vais pas vous infliger un pamphlet interminable et mielleux sur « comment assumer ses 55 kilos » et autres « la beauté, c’est d’abord à l’intérieur, kikou hi hi ». Je vais vous parler de ce que c’est d’être une grosse, une vraie, avec l’IMC et les bourrelets adéquats, et l’impression qu’elle aurait pu tuer un chaton aveugle sur YouTube que le monde n’aurait pu la haïr davantage.

L’enfance

Ça commence quand on est petite, bien entendu. Celui qui a dit que les enfants sont d’innocentes petites créatures a dû naître adulte et n’a jamais dû se reproduire. À l’époque, j’avais deux soucis : j’étais grosse, et j’avais les cheveux courts et frisés. Prenez un adorable petit baril et foutez-lui une perruque de Gloria Gaynor, et vous aurez une image pas trop éloignée de la réalité. À part ça bien sûr, j’étais très bonne élève, pleine de vie et je gambadais fièrement dans les champs de… Non, n’abusons pas.

Mais passons plutôt en revue les petits moments marquants de l’âge dit « le plus tendre ».

  • Être toujours choisie la dernière en cours d’EPS : grand classique de la dodue (mis en chanson par Oldelaf), mais qui ne manque jamais de vous rappeler que s’il y avait eu un vieillard unijambiste et borgne dans la classe, il aurait été pris avant vous pour rejoindre l’équipe de volley-ball junior de Bazouilles-en-Maquelin. Je suis grosse et je peux encore me mouvoir, merci bien. D’ailleurs, paraît même que le sport, ça aide… Ah non, j’ai dû me tromper, à voir la tête dubitative de mes profs de sport quand j’essaie de finir une longueur de piscine.
  • Être regardée de travers à l’heure du goûter : 16 heures vient de sonner. Le suspense est à son comble au collège Jean Jaurès. Tous les regards se tournent vers la grassouillette de service : que va-t-elle manger ? Que va-t-elle ingérer de monstrueusement répugnant et chargé en graisses saturées pour justifier son tour de taille ? Une pomme… Hein ? Comment ça, une pomme ? Ouais, tu parles, elle a déjà dû avaler en douce ses deux paquets de Petits Lu à la graisse d’oie, la fourbe. Et oui, pour les autres, la grosse vit une vie de mensonges constants.
  • Être interrogée comme un collabo par le médecin scolaire : « Non mais tu sais, tu peux tout me dire. Là tu mets que tu manges des céréales le matin. Et quoi d’autre ? Dis-moi tout, je suis là pour t’aider. » Médecin scolaire qui s’empresse ensuite de bien édicter ton poids à voix haute pour que toutes les gamines assemblées dans la salle d’attente se hâtent, effarées, de répéter dans toute l’école que la petite grosse, là, elle pèse deux fois ses petites camarades. Ça m’a facilité l’intégration, je dois dire.
  • Être obligée de s’habiller en jogging-baskets : à l’époque – j’ai aujourd’hui 23 ans, si on faisait une taille 46/48 à 12 ans, il fallait aller à Décathlon et dégoter une tente Quech… des joggings gris clair chiné là, vous vous souvenez ? Non ? Tant mieux, moi si. Couplons le tout avec des grosses baskets car mes pieds larges pour ma pointure ne me permettaient pas de porter autre chose, tant qu’à faire. (Heureusement, ces années me permettent maintenant de justifier mes après-midis shopping. Et sans honte aucune, non mais.)
  • Être le souffre-douleur du photographe du collège : je n’ai jamais su ce que j’avais fait à ce brave homme pour mériter sa haine et son mépris, mais pourquoi avais-je droit systématiquement à un hargneux « Allez mémère, on sourit, ouh là oui, on va dire que ça va » quand toutes les autres petites filles étaient gratifiées d’un gentillet « Oh la petite princesse, voilà un beau sourire, parfait ! » ? J’avais peut-être écrasé son chien avec mon vélo Minnie, je ne me souviens plus.
  • Être considérée avec un mélange de mépris et de fausse bonne volonté par les adultes : « Oh là ma chérie, tu es sûre que tu veux un bout de gâteau ? Je sais que c’est ton goûter d’anniversaire, mais je ne pense pas que tu en aies besoin. » Bah non tiens, quelle idée ! Avoir 10 ans et vouloir un morceau de gâteau… à quoi pensais-je, bon sang de bois ?!

Mais ça, tout ça, c’est du passé, n’est-ce pas ? Je me disais naïvement que ça irait mieux plus tard. Je n’avais pas tellement tort vu que bon, ça pouvait difficilement être pire. Objet des moqueries et des violences de mes petits camarades pendant des années, j’entrevoyais les années lycée, université et tutti quanti avec un peu plus de… hum… avec un peu moins de désespoir, disons. Ah ah. Non, sérieusement, j’y croyais.

L’adolescence

J’y croyais avant de me mettre à parcourir le fameux numéro spécial de tout bon magazine féminin qui se respecte : « Être grosse et s’aimer : 10 célébrités qui vivent bien leur poids » et à me demander, effarée, pourquoi mon idole Beyoncé figurait dans l’article, comme si elle était l’équivalent américain de notre Maïté nationale. Moi aussi je peux bien assumer mon corps si je ressemble à une bombe athlétique hein, chuis cap’, j’te parie même deux Pogs à la récré.

Arriva donc l’adolescence et le lycée, épopée magique dont je suis ressortie en me disant que visiblement, on me pardonnerait tout dans la vie, mais jamais mon poids. J’étais toujours bonne élève malgré ma vie personnelle plus que chaotique, j’ai maintenu le cap de mes études malgré une dépression et autres drames familiaux, mais vous savez quoi ? [Jingle Zone Interdite] Ça ne suffit pas.

Les adultes qui m’entouraient ne faisaient que me refléter une seule vérité : « oui, c’est pas mal, mais bon si tu maigrissais, ça serait mieux ». Ceux qui pestaient sur les notes à un chiffre de leur progéniture avaient visiblement un double standard pour les autres.

Allez, petits morceaux choisis des gentillesses que les gens de l’âge de mes parents se sont chargés de me transmettre :

  • « Bon, sois honnête, tu dis que le matin tu manges du pain et du beurre, mais combien de centimètres de beurre sur la tartine ? » : question très sérieuse posée par un éminent médecin d’un grand hôpital parisien. Je veux savoir quel diplôme obtenir pour extorquer 100€ de l’heure afin de balancer ça à un enfant de 12 ans, si vous avez des tuyaux…
  •  « Tu es sûre que tu as vraiment besoin de ça ? » : question posée par une parfaite inconnue qui me voyait manger un sandwich poulet – salade. À midi. Quelle horreur ! D’ailleurs, à en croire beaucoup, je n’avais « besoin » de rien : si je mangeais, c’était uniquement par gloutonnerie. Et on sait toutes que nous vivons dans une société qui méprise les besoins hédonistes.
  • « Tu sais, les gens dans les camps, ils étaient pas gros. Donc bon hein, me sors pas d’histoires de métabolisme et de boulimie, moi j’y crois pas. » : jolie répartie de ma prof de sport (elle-même fort grassouillette).

[rightquote]Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille.[/rightquote]Bon, le lycée et l’université : check. En résumé, une alternance de moments humiliants et d’envies de meurtre : il m’est arrivé de vouloir étouffer mes copines qui rentrent dans un 36 mais qui me bassinaient sur leurs bourrelets imaginaires. Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille, et cela fait un moment que je n’ai plus aucun souci à réconforter ces mêmes amies quand elles se sentent immondes.

Mais à 15 ans, alors que l’on pleure dans une cabine d’essayage parce que la taille la plus grande du magasin s’arrête trois unités avant la sienne, la copine mince vous paraît comme l’ennemi numéro 1 à abattre. (J’avais élaboré divers scénarios, le plus élaboré d’entre eux étant de m’asseoir sur elle, ni vue ni connue.)

Mais, chères lectrices, tout n’était pas si noir. Il y avait heureusement des compliments dignes d’être mémorisés et chéris comme de petites perles de gentillesse dans ce monde de brutes. Alors on lit la liste suivante et on va câliner un Bisounours :

  • « Tu as un joli visage quand même ». Variante acceptée : « C’est dommage, tu as un joli visage. » Il m’a fallu un paquet d’années pour comprendre pourquoi on ne disait jamais ça qu’aux filles grosses. Eurêka ! C’est facile : si vous êtes mince et avec un joli visage, vous êtes belle, point barre.
    Tout le package est bon à être validé par la société : tendez la fesse, le label rouge arrive. Mais si vous êtes grosse et dotée par un joli visage (les raisons de Mère Nature sont impénétrables !), vous avez le droit d’être considérée comme une jolie cerise sur un gâteau moisi : un vrai gâchis, en somme.
  • « Bon au moins, tu peux te concentrer sur tes études. » Me répéter ça alors que je viens de me prendre un énième « j’aime pas les grosses » par le kéké acnéique / objet de mes rêveries adolescentes, ça réconforte. D’ailleurs, après chaque « râteau », j’allais embrasser mon bulletin trimestriel.
  • « Au moins tu sais que si un type sort avec toi, c’est vraiment parce qu’il t’aime. » En effet. Des hommes qui cherchent les filles les plus fragiles pour assouvir leur soif de contrôle, ça n’existe pas, c’est bien connu. Et les filles minces ne tombent jamais que sur des abrutis superficiels, tout le monde sait ça.

Et aujourd’hui…

Bref. Après avoir galéré des années à vaincre ma boulimie et mes problèmes personnels, après avoir déménagé sans hésitation un paquet de fois pour mes études, puis mon stage, puis mon job actuel à 1 000 km de chez moi, après avoir suivi une thérapie pendant des années, j’ai décidé de me mettre au sport, de manger plus sainement pour enrayer un début de diabète et d’arrêter de me flageller tous les jours comme si j’avais été responsable d’un génocide dans une vie antérieure.

Bizarrement, je vis vachement mieux. Mais soyons clairs : je me tape toujours du chocolat noir quand ça me chante. J’ai dû changer d’alimentation à cause de problèmes de santé mais hors de question d’abandonner mes carrés de Lindt, faut pas déconner. Malheureusement, rien n’empêche les gens de commenter, encore et toujours : je suis toujours grosse, beaucoup moins qu’avant mais on va dire que je suis toujours plus du côté du 46 que du 36.

La différence ? J’en ai plus rien à faire. Mon plus sévère juge, je le sais maintenant : c’est moi-même. Elle aussi, je finirai bien par me la mettre dans la poche, un de ces quatre.

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  • Wacky
    Wacky, Le jeudi 12 juin 2014 à 15h42

    J'ai longtemps été complexée par ma taille 46, mais franchement - et surtout depuis que je lis MadmoiZelle !! -, je crois que j'ai franchi un grand cap en acceptant totalement mon corps. Même s'il y a des jours avec et des jours sans, même si l'appareil photo reste une épreuve, même si je peste toujours contre mes copines filiformes ... eh bien ça va mieux. Je conseille à toutes les filles grosses (parce que ce n'est pas une insulte !!!) qui n'arrivent pas à s'accepter de lire cet article (en anglais, désolée) :

    http://www.worldlifestyle.com/beauty-style/14-things-every-fat-girl-absolutely-needs-to-hear

    toujours en anglais, un article bien décomplexant pour allier perception de son corps et sexe. Parce que les moments où l'on est le plus consciente de son corps c'est ceux où l'on se donne, un peu vulnérable. http://persephonemagazine.com/2012/03/fat-sex-what-everyone-wants-to-know-but-is-afraid-to-ask/
    et de visiter le fabuleux tumblr "Mon Corps m'appartient"
    http://moncorpsmappartient.tumblr.com/

    :cheer:

  • Ildrynn
    Ildrynn, Le vendredi 13 juin 2014 à 00h05

    Les gens trouveront toujours une raison pour critiquer et se décharger de leurs complexes en en créant chez les autres. Moi je suis une abonnée aux "Ton cul est trop plat, c'est pas très harmonieux", "Tes épaules sont trop larges, c'est pas très féminin" et "Tes cheveux sont tout frisés". Avant je ne voyais que ça quand je me regardais dans la glace et je me suis rendue compte que mon manque de forme venait du fait que je faisais énormément de sport et que mes parents n'étaient pas très épais. Que pour la génétique, je n'y pouvais rien (qu'est-ce que je peux faire au fait que mes épaules soient larges ? me les raboter ?) et qu'il était hors de question que j'arrête le sport pour arrêter d'être taillée "comme un sac d'os".

    Nique les complexes. Aimons notre corps de femme comme il est et chérissons ses différences. Merci à cette madz d'avoir témoigné pour prouver que malgré les remarques qui ne visent qu'à faire mal, on peut toujours faire un fuck au monde entier <3

  • MarliceTheUnicorn
    MarliceTheUnicorn, Le mercredi 13 août 2014 à 12h25

    Bonjour !

    Ton article m'a bien fait sourire ^^ Il est poignant, mais pas tragedico-grosse ; ) Mon 48 et moi on prend les choses avec beaucoup de légèreté (mouhaha ^^)
    Je connais les années 10/18 bien sympa de la petite grosse à lunette (ah oui rajoutons que les verres de lunettes désépaissi y'a une dizaine d'année ça coûtait disons, le PIB de la Suisse).

    Je voulait ajouter une note encore plus positive à ton article, heureusement, les temps on bien changés ! Fini (ou presque) les boutique ou la "grande taille" de service c'était le 42.... Même des marques connues pour leur tailles mini mini genre Je***fer ou bien Pi*k*e monte au 44/46 (même si j'y rentre toujours pas une cuisse c'est bon signe!! ^^) Maintenant t'as de tout pour te faire plaisir, de la lingerie hot aux robes de mariées en passant par les vêtements de tout les jours, jusqu'à des tailles qui font le double de mes fesses (c'est pas peu dire ^^) et sans avoir besoin de transmettre un crédit à tes petits enfants... :unicorn:

    J'ai bon espoir que les grosses soient de moins en moins stygmatisées (ou pour refaire cette phrase sans le politiquement correct : que les gens soient un poil moins c*** ;) ), et j'essaye de porter la bonne parole ! Je suis agent SNCF (pour info, les uniformes standards vont jusqu'au 62 pour nous...et au delà c'est du sur mesure...big up^^) et en complément je suis pionne dans un lycée, alors j'en vois défilé des petites nanas qui me demande comment je fait pour être "belle" comme ça (et oui je cite ^^) C'est vrai que j'ai un look assumé, un poil pin-up, un poil sexy, un poil fofolle, alors je me dis que je peux montrer à ces filles qui se trouvent grosse que non, y'a pas mort d'homme... Je donne des conseils morpho, forme, couleur, shopping, et je me dis que j'aurait aimé qu'on me dise à 15 ans que non, le jogging gris chiné de Decathlon c'est pas une si bonne idée que ça !

    Un jour j'ai perdu beaucoup de poids et je suis descendu à la taille 40 : impossible de me reconnaître ! Grosse déprime, remise en question de mon sex appeal... Ni une ni deux, je suis retourné à mon cher 46/48, et j'ai enfin recommencé à me trouver belle ! Comme quoi...
    C'est ce message là le plus important à mes yeux, les autres perçoivent ce qu'on est disposé à leur montrer. Oui je suis grosse, non je ne suis pas un sac ni un thon complexé et m'empiffrant par dépit de mon corps et de ma vie. Non. Désolée. D'ailleurs, voyez par vous même  :d

    Alors un gros Big-Up à cet article, indémodable je le craint, qui fera toujours écho à nos ados, mais qui leur montre que, non, c'est pas un drame, c'est pas la fin de tout, c'est juste normal de ne pas être comme le voisin :cupidon:

    J'vous aime putain !!
    XX

  • UnicornLSD
    UnicornLSD, Le mercredi 13 août 2014 à 21h38

    J'ai pas toujours été grosse mais j'ai jamais étais mince non plus.
    J'étais sportive, je faisais de la gym, ça me passionnais et j'en faisais entre 8 et 15h par semaine.
    Et quand tu fais de la gym les gens s'imagine que th vas ressembler à une grande et élancé tel les jolies danseuses classiques. Sauf que quand tu fais de la gym t'as des cuisses, des épaules...et en plus j'avais un gros cul, généreux héritage de mon côté Kabyle.
    Déjà à l'époque j'entendais le fameux "t'as pas besoin de ça" ou "c'est pas raisonnable de reprendre une part de gateau".
    Du coup j'ai grandis avec l'idée que j'étais énorme sauf qu'aujourd'hui quand je regarde les photos ou des anciens vêtements jusqu'a 14 ans j'étais pas grosse du tout, juste en muscle.
    Mon corps me repugnait parce que mes parents, mes grands parents me disait que j'étais hors norme.

    Et puis j'ai du arrêter le sport de façon soudaine. Pile à l'entrée dans la puberté et là j'ai grossis. Et plus je prenais de poids, plus la taille de mes vêtements augmentais plus je me degoutais.

    Je me souviens d'une fois qui m'as particulièrement marqué je regardais l'île de la tentation avec mon oncle et il me dit "t'aimerais pas être comme ça ?" "Moi je sortirais jamais avec une fille comme toi" On était très proche il était plus mon frère que celui de ma mère et ce jour là j'ai été blessé comme jamais.

    Et puis les copines qui vous sortent "je comprends ce que les mecs te trouve" "nan mais c'est parce qu'elle couche" "ils l'aiment pas ils veulent juste la baiser" une amie m'as dit une fois la phrase la plus poétique que j'ai entendu "un trou est un trou et une bite n'as pas d'œil"...classe.

    Bref mon poids reste un problème délicat. Et si il y a bien un point sur lequel je suis susceptible c'est celui là. Désormais les remarques déplacé passe pas, je mords direct!

  • KtyKonéko
    KtyKonéko, Le jeudi 25 septembre 2014 à 10h45

    Je me suis bien reconnue dans votre témoignage
    J'étais déjà le bouc émissaire en proie aux harcèlements de mes "camarades" quand j'ai pris un peu de poids au collège. A l'époque il suffisait d'être un peu gironde pour être qualifiée de grosse... avec les regards de travers dès qu'on mange une brindille de quoi que ce soit "tu as vraiment besoin de manger?":dunno:

    Les enfants sont de très bons tortionnaires. Cela me fait penser aux poules (oui, les gallinacés) Quand l'une des leurs est blessée, elles picorent la blessure jusqu'à ce que mort s'en suive. Les gosses sont pareils. Et ne comptez pas sur les adultes pour secourir la malheureuse victime, ils préfèrent détourner le regard. :caca:

  • Greeen
    Greeen, Le mardi 6 janvier 2015 à 18h16

    Hey tout le monde !
    Cet article fait du bien, c'est impressionnant. On s'y retrouve un peu, plus ou moins fortement. Moi, je suis pas obèse. Bon, ma culotte c'est du 40 mais mon pantalon c'est du 38 et il me va. Bon. Malgré ça, j'ai du ventre, j'ai des hanches, j'ai une taille un peu épaisse... Et ça a toujours été comme ça, à partir du CM1.
    Bon. Je me sentais grosse. Ma mère me mettait une pression monstre pour que je perde du poids. Avec des mots assez sympas (Quand tu sautes, ton bide est animé d'une vie propre. On dirait une taupe.) des pressions pour savoir ce que je mangeais, quand, comment, des nouveaux régimes qu'elle sortait de sous sa botte (je tiens à dire que ma maman n'est pas non plus horrible. Ses "régimes" c'était des nouvelles manières de manger, plus sainement. Elle s'inquiète pour moi, je lui en suis gré) bah moi je complexais beaucoup.
    Et un jour, entre la cuisine du lycée qui me collait des crampes tellement elle était grasse, entre les sympathiques camarades et avec mon reflet dans le miroir en plus... Bah, j'étais mal. Très mal. A l'époque, je faisais 74 Kilos. Aujourd'hui, j'en pèse 11 de moins. Ma maman est venue vers moi avec une nouvelle formule, où l'on mange de tout mais à des heures précises. Et ouais, ça marche. 7 kilos de moins en deux mois. (je perds très vite.)
    Du coup, aujourd'hui, je me sens mieux.
    Et même que j'ai enfin pu accepter un garçon dans ma vie ! Garçon qui est d'ailleurs mince. Presque maigre. Et ça, au début, ça me complexait. Parce qu'il me disait pas que j'étais à son goût, parce que j'avais l'impression que tant que mon ventre ne sera pas plat, il ne me trouverait pas jolie... Et je me suis faite plusieurs réflexions, le soir, dans mon lit, seule. Je stressais pas mal, mais sans rien lui dire. Et pis un soir, je me suis jurée de perdre du poids, quitte à me faire du mal. Juste pour lui plaire. Et vous savez quoi ? Le lendemain, il est arrivé et en dix minutes top chrono, m'a embrassée, m'a dit que j'étais belle, qu'il adorait mes cheveux, que mon corps était joli et qu'il m'aimait.
    ...
    Je crois qu'il ne m'a jamais rendue plus heureuse.

  • CortexXx
    CortexXx, Le lundi 12 janvier 2015 à 14h45

    Je trouve ce témoignage très bien fait, il montre à quel point les gens ont encore du mal à laisser les autres tranquilles avec leur poids. On peut jamais savoir ce que vit l'autre, s'il a un métabolisme ainsi fait, une maladie, ou autre, donc autant leur foutre la paix ! C'est encore pire chez les gamins.
    Ton histoire avec les médecins est particulièrement bien car il s'agit encore d'une réalité ...

    Pour ma part j'ai eu le problème inverse, je suis assez maigre pour mon age (23 ans), et j'ai toujours été maigre. Les gens se font un malin plaisir depuis que je suis gosse à m'emmerder avec mon poids, vouloir savoir si je mange assez, me resservir TOUT LE TEMPS alors que ça ne sert à rien, j'ai une hérédité qui fait que chez moi on est tous maigres. Au point qu'à l'adolescence j'ai mangé jusqu'à me rendre malade et finir à l'hôpital pour essayer d'avoir des formes, de ressembler à une fille. Et j'ai connu des médecins qui me faisaient ultra chier avec mon poids alors que mon dossier médical expliquait clairement que j'étais en sous poids mais que c'était "normal" pour moi, genre le médecin qui veut t'interner pour anorexie et te forcer à voir une psy alors que tu viens à l'hosto pour un ulcère à l'estomac, que tu ne peux rien avaler, mais que tu ne demandes qu'une chose : MANGER. Bref, c'est toujours comme ça, j'ai une hantise des médecins tellement j'en ai assez de répéter "nan mais c'est mon corps, je suis comme ça, point".

    Il a fallut du temps avec que je me mette enfin à m'accepter, et maintenant je me sens beaucoup mieux. Je suis heureuse de voir que c'est ton cas aussi, et tu as plus que raison. Félicitations à toi !

  • Aerlynn
    Aerlynn, Le lundi 12 janvier 2015 à 17h34

    Je trouve cela dommage que l'on en vienne à complexer, que l'on soit tous différents morphologiquement parlant.

    Sachant que y a pleins de facteurs à prendre en compte; si l'on a une maladie ou non, si l'on a une masse osseuse imposante etc.

    Mais juste se défouler sur l'autre pour noyer un complexe ( ou avoir le syndrome du mouton pour avoir pleiiiins d'amis) au lieu de faire un travail sur soi ; c'est tellement facile et lâche .

    Perso, j'ai eu une phase où j'étais bien ronde ; les “ oh tu as des petits joues bien rondes” “ rentre ton ventre “ “ vla la femme enceinte...je vois la tête du bébé qui sort” “ si tu ne m'avais pas dit que tu avais été une fille, je t'aurais pris pour un garçon” ou autre; j'en ai tellement vu, entendu. Puis ces regards méprisants, le fait que tu te sens imposés dans l'équipe au sport, ces propos sur des gars et des filles de la classe, que l'on harcèlent à coup de “bouboule” and co, jusqu'à les faire rager ( sachant que l'un d'eux, était bipolaire...merci la connerie de manquer de lui provoquer des crises ><”) . à une époque, j'avais envie de tous les écraser ou les encastrer dans leurs casiers. mais je remercie de m'être contenté de penser et de rester droite. Même si par moment, ça a été vraiment dur, surtout quand tu es en pleine dépression pour autre chose.

    et côté maigre, les gens qui trouvent que cette personne "devrait avoir honte de se priver de manger, qu'elle ressemble à un cadavre, qu'elle mériterait qu'on l'engraisse comme un oie". Oui , mais peut être que cette personne mange comme tout le monde, voir plus et que bah... son organisme assimile tellement bien qu'il ne conserve rien. J'ai une amie qui est comme ça et ce n'est pas pour autant que je vais me foutre de son tour de taille. ça serait me rabaisser à ce que l'on m'a imposé.


    Après, le truc qui m'inquiète, c'est d'entendre parler que des gens sautent des repas, quitte à rouler de l'oeil en cours pour conserver leur maigreur. Au début, je me demandais si ce n'était pas une critique égale à au fait que les gros mangent trop et n'importe comment. Mais, j'ai un petit frère qui est comme ça et dont, qui se trouve " gros" alors qu'il est super fin et que l'on doit le surveiller à contre coeur pour s'assurer qu'il mange équilibré. Pas le gaver, juste manger normalement pour éviter des carences. Et j'ai à côté des amies qui sont naturellement enveloppées, car elles ont des soucis de santé, alors qu'elles mangent très équilibré et qui prennent du poids sans comprendre. Je trouve ça horrible ces deux extrêmes, parce que l'un se néglige pour un idéale, quitte à foutre sa santé en danger ( alors que des maigres se battent pour assumer leurs formes, voir à prendre du poids) et des gens subissent des jugements durent parce qu'ils sont gros et que l'on ne reconnaissent pas qu'ils ont une maladie rare, chiante et qui les empoisonnent autant que les propos que chacun leur balance à la face.

  • Rosie Sharp
    Rosie Sharp, Le vendredi 23 janvier 2015 à 21h37

    Joli témoignage dans lequel je me suis pas mal reconnue (coucou les gens de ma famille qui me répétaient que j'étais obèse quand j'étais gamine :jv:)
    Mais, y'a juste un truc qui m'a fait tiquer...
    La partie sur les "compliments dignes d’être mémorisés"... J'ai beaucoup, beaucoup de mal à être d'accord avec ce qu'elle contient. Le coup du "t'as un joli visage, c'est dommage..." et du "au moins il te reste les études" ne m'ont été sorties que par des gens de mon qui sur-dramatisaient mon poids et en faisaient une affaire politique, et toujours dans le but de me culpabiliser et/ou de me rabaisser. A mes yeux, ces deux phrases font partie des pires insultes voilées qu'on puisse sortir à une fille en surpoids. Genre "Ohlala, tu pourrais être tellement belle SI TU BOUGEAIS TON GROS CUL au lieu de reprendre une tartine au goûter tous les jours, peut-être que tu arriverais à dégager ton visage de ses couches de graisse". Ou "Oh bah dis-donc, heureusement que tu t'en sors pas trop mal avec les études, sinon t'aurais vraiment rien pour toi ma pauvre, hihihi"...
    Visiblement on t'a dit ce genre de phrases dans des contextes plus... positifs que ceux que je connais, tant mieux pour toi :) :fleur: Mais à titre personnel, je ne peux décemment pas considérer ces deux (archétypes de) phrases comme des compliments et aller faire un câlin à un Bisounours après les avoir entendues :sad:

  • Lafillelabas
    Lafillelabas, Le vendredi 20 mars 2015 à 15h47

    Rosie Sharp
    Joli témoignage dans lequel je me suis pas mal reconnue (coucou les gens de ma famille qui me répétaient que j'étais obèse quand j'étais gamine :jv:)
    Mais, y'a juste un truc qui m'a fait tiquer...
    La partie sur les "compliments dignes d’être mémorisés"... J'ai beaucoup, beaucoup de mal à être d'accord avec ce qu'elle contient. Le coup du "t'as un joli visage, c'est dommage..." et du "au moins il te reste les études" ne m'ont été sorties que par des gens de mon qui sur-dramatisaient mon poids et en faisaient une affaire politique, et toujours dans le but de me culpabiliser et/ou de me rabaisser. A mes yeux, ces deux phrases font partie des pires insultes voilées qu'on puisse sortir à une fille en surpoids. Genre "Ohlala, tu pourrais être tellement belle SI TU BOUGEAIS TON GROS CUL au lieu de reprendre une tartine au goûter tous les jours, peut-être que tu arriverais à dégager ton visage de ses couches de graisse". Ou "Oh bah dis-donc, heureusement que tu t'en sors pas trop mal avec les études, sinon t'aurais vraiment rien pour toi ma pauvre, hihihi"...
    Visiblement on t'a dit ce genre de phrases dans des contextes plus... positifs que ceux que je connais, tant mieux pour toi :) :fleur: Mais à titre personnel, je ne peux décemment pas considérer ces deux (archétypes de) phrases comme des compliments et aller faire un câlin à un Bisounours après les avoir entendues :sad:
    Je pense que le mot "compliment" dans ce contexte est ironique ;)