Témoignage : je suis grosse

Pondu par Une madmoiZelle le 11 décembre 2011     

Comment vit-on le surpoids au quotidien ? Comment gère-t-on les réactions déplacées de notre entourage ? Qu’est-ce que ça fait, vraiment, d’être grosse ? Témoignage.

Je suis grosse. Oui, grosse : les 6 lettres les plus galvaudées dans notre belle société accro à l’image. Je ne vais pas vous infliger un pamphlet interminable et mielleux sur « comment assumer ses 55 kilos » et autres « la beauté, c’est d’abord à l’intérieur, kikou hi hi ». Je vais vous parler de ce que c’est d’être une grosse, une vraie, avec l’IMC et les bourrelets adéquats, et l’impression qu’elle aurait pu tuer un chaton aveugle sur YouTube que le monde n’aurait pu la haïr davantage.

L’enfance

Ça commence quand on est petite, bien entendu. Celui qui a dit que les enfants sont d’innocentes petites créatures a dû naître adulte et n’a jamais dû se reproduire. À l’époque, j’avais deux soucis : j’étais grosse, et j’avais les cheveux courts et frisés. Prenez un adorable petit baril et foutez-lui une perruque de Gloria Gaynor, et vous aurez une image pas trop éloignée de la réalité. À part ça bien sûr, j’étais très bonne élève, pleine de vie et je gambadais fièrement dans les champs de… Non, n’abusons pas.

Mais passons plutôt en revue les petits moments marquants de l’âge dit « le plus tendre ».

  • Être toujours choisie la dernière en cours d’EPS : grand classique de la dodue (mis en chanson par Oldelaf), mais qui ne manque jamais de vous rappeler que s’il y avait eu un vieillard unijambiste et borgne dans la classe, il aurait été pris avant vous pour rejoindre l’équipe de volley-ball junior de Bazouilles-en-Maquelin. Je suis grosse et je peux encore me mouvoir, merci bien. D’ailleurs, paraît même que le sport, ça aide… Ah non, j’ai dû me tromper, à voir la tête dubitative de mes profs de sport quand j’essaie de finir une longueur de piscine.
  • Être regardée de travers à l’heure du goûter : 16 heures vient de sonner. Le suspense est à son comble au collège Jean Jaurès. Tous les regards se tournent vers la grassouillette de service : que va-t-elle manger ? Que va-t-elle ingérer de monstrueusement répugnant et chargé en graisses saturées pour justifier son tour de taille ? Une pomme… Hein ? Comment ça, une pomme ? Ouais, tu parles, elle a déjà dû avaler en douce ses deux paquets de Petits Lu à la graisse d’oie, la fourbe. Et oui, pour les autres, la grosse vit une vie de mensonges constants.
  • Être interrogée comme un collabo par le médecin scolaire : « Non mais tu sais, tu peux tout me dire. Là tu mets que tu manges des céréales le matin. Et quoi d’autre ? Dis-moi tout, je suis là pour t’aider. » Médecin scolaire qui s’empresse ensuite de bien édicter ton poids à voix haute pour que toutes les gamines assemblées dans la salle d’attente se hâtent, effarées, de répéter dans toute l’école que la petite grosse, là, elle pèse deux fois ses petites camarades. Ça m’a facilité l’intégration, je dois dire.
  • Être obligée de s’habiller en jogging-baskets : à l’époque – j’ai aujourd’hui 23 ans, si on faisait une taille 46/48 à 12 ans, il fallait aller à Décathlon et dégoter une tente Quech… des joggings gris clair chiné là, vous vous souvenez ? Non ? Tant mieux, moi si. Couplons le tout avec des grosses baskets car mes pieds larges pour ma pointure ne me permettaient pas de porter autre chose, tant qu’à faire. (Heureusement, ces années me permettent maintenant de justifier mes après-midis shopping. Et sans honte aucune, non mais.)
  • Être le souffre-douleur du photographe du collège : je n’ai jamais su ce que j’avais fait à ce brave homme pour mériter sa haine et son mépris, mais pourquoi avais-je droit systématiquement à un hargneux « Allez mémère, on sourit, ouh là oui, on va dire que ça va » quand toutes les autres petites filles étaient gratifiées d’un gentillet « Oh la petite princesse, voilà un beau sourire, parfait ! » ? J’avais peut-être écrasé son chien avec mon vélo Minnie, je ne me souviens plus.
  • Être considérée avec un mélange de mépris et de fausse bonne volonté par les adultes :  »Oh là ma chérie, tu es sûre que tu veux un bout de gâteau ? Je sais que c’est ton goûter d’anniversaire, mais je ne pense pas que tu en aies besoin. » Bah non tiens, quelle idée ! Avoir 10 ans et vouloir un morceau de gâteau… à quoi pensais-je, bon sang de bois ?!

Mais ça, tout ça, c’est du passé, n’est-ce pas ? Je me disais naïvement que ça irait mieux plus tard. Je n’avais pas tellement tort vu que bon, ça pouvait difficilement être pire. Objet des moqueries et des violences de mes petits camarades pendant des années, j’entrevoyais les années lycée, université et tutti quanti avec un peu plus de… hum… avec un peu moins de désespoir, disons. Ah ah. Non, sérieusement, j’y croyais.

L’adolescence

J’y croyais avant de me mettre à parcourir le fameux numéro spécial de tout bon magazine féminin qui se respecte : « Être grosse et s’aimer : 10 célébrités qui vivent bien leur poids » et à me demander, effarée, pourquoi mon idole Beyoncé figurait dans l’article, comme si elle était l’équivalent américain de notre Maïté nationale. Moi aussi je peux bien assumer mon corps si je ressemble à une bombe athlétique hein, chuis cap’, j’te parie même deux Pogs à la récré.

Arriva donc l’adolescence et le lycée, épopée magique dont je suis ressortie en me disant que visiblement, on me pardonnerait tout dans la vie, mais jamais mon poids. J’étais toujours bonne élève malgré ma vie personnelle plus que chaotique, j’ai maintenu le cap de mes études malgré une dépression et autres drames familiaux, mais vous savez quoi ? [Jingle Zone Interdite] Ça ne suffit pas.

Les adultes qui m’entouraient ne faisaient que me refléter une seule vérité : « oui, c’est pas mal, mais bon si tu maigrissais, ça serait mieux ». Ceux qui pestaient sur les notes à un chiffre de leur progéniture avaient visiblement un double standard pour les autres.

Allez, petits morceaux choisis des gentillesses que les gens de l’âge de mes parents se sont chargés de me transmettre :

  • « Bon, sois honnête, tu dis que le matin tu manges du pain et du beurre, mais combien de centimètres de beurre sur la tartine ? » : question très sérieuse posée par un éminent médecin d’un grand hôpital parisien. Je veux savoir quel diplôme obtenir pour extorquer 100€ de l’heure afin de balancer ça à un enfant de 12 ans, si vous avez des tuyaux…
  •  « Tu es sûre que tu as vraiment besoin de ça ? » : question posée par une parfaite inconnue qui me voyait manger un sandwich poulet – salade. À midi. Quelle horreur ! D’ailleurs, à en croire beaucoup, je n’avais « besoin » de rien : si je mangeais, c’était uniquement par gloutonnerie. Et on sait toutes que nous vivons dans une société qui méprise les besoins hédonistes.
  • « Tu sais, les gens dans les camps, ils étaient pas gros. Donc bon hein, me sors pas d’histoires de métabolisme et de boulimie, moi j’y crois pas. » : jolie répartie de ma prof de sport (elle-même fort grassouillette).

[rightquote]Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille.[/rightquote]Bon, le lycée et l’université : check. En résumé, une alternance de moments humiliants et d’envies de meurtre : il m’est arrivé de vouloir étouffer mes copines qui rentrent dans un 36 mais qui me bassinaient sur leurs bourrelets imaginaires. Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille, et cela fait un moment que je n’ai plus aucun souci à réconforter ces mêmes amies quand elles se sentent immondes.

Mais à 15 ans, alors que l’on pleure dans une cabine d’essayage parce que la taille la plus grande du magasin s’arrête trois unités avant la sienne, la copine mince vous paraît comme l’ennemi numéro 1 à abattre. (J’avais élaboré divers scénarios, le plus élaboré d’entre eux étant de m’asseoir sur elle, ni vue ni connue.)

Témoignage : je suis grosse être grosse

Mais, chères lectrices, tout n’était pas si noir. Il y avait heureusement des compliments dignes d’être mémorisés et chéris comme de petites perles de gentillesse dans ce monde de brutes. Alors on lit la liste suivante et on va câliner un Bisounours :

  • « Tu as un joli visage quand même ». Variante acceptée : « C’est dommage, tu as un joli visage. » Il m’a fallu un paquet d’années pour comprendre pourquoi on ne disait jamais ça qu’aux filles grosses. Eurêka ! C’est facile : si vous êtes mince et avec un joli visage, vous êtes belle, point barre.
    Tout le package est bon à être validé par la société : tendez la fesse, le label rouge arrive. Mais si vous êtes grosse et dotée par un joli visage (les raisons de Mère Nature sont impénétrables !), vous avez le droit d’être considérée comme une jolie cerise sur un gâteau moisi : un vrai gâchis, en somme.
  • « Bon au moins, tu peux te concentrer sur tes études. » Me répéter ça alors que je viens de me prendre un énième « j’aime pas les grosses » par le kéké acnéique / objet de mes rêveries adolescentes, ça réconforte. D’ailleurs, après chaque « râteau », j’allais embrasser mon bulletin trimestriel.
  • « Au moins tu sais que si un type sort avec toi, c’est vraiment parce qu’il t’aime. » En effet. Des hommes qui cherchent les filles les plus fragiles pour assouvir leur soif de contrôle, ça n’existe pas, c’est bien connu. Et les filles minces ne tombent jamais que sur des abrutis superficiels, tout le monde sait ça.

Et aujourd’hui…

Bref. Après avoir galéré des années à vaincre ma boulimie et mes problèmes personnels, après avoir déménagé sans hésitation un paquet de fois pour mes études, puis mon stage, puis mon job actuel à 1 000 km de chez moi, après avoir suivi une thérapie pendant des années, j’ai décidé de me mettre au sport, de manger plus sainement pour enrayer un début de diabète et d’arrêter de me flageller tous les jours comme si j’avais été responsable d’un génocide dans une vie antérieure.

Bizarrement, je vis vachement mieux. Mais soyons clairs : je me tape toujours du chocolat noir quand ça me chante. J’ai dû changer d’alimentation à cause de problèmes de santé mais hors de question d’abandonner mes carrés de Lindt, faut pas déconner. Malheureusement, rien n’empêche les gens de commenter, encore et toujours : je suis toujours grosse, beaucoup moins qu’avant mais on va dire que je suis toujours plus du côté du 46 que du 36.

La différence ? J’en ai plus rien à faire. Mon plus sévère juge, je le sais maintenant : c’est moi-même. Elle aussi, je finirai bien par me la mettre dans la poche, un de ces quatre.

enfance

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  1. LylluleLyllule

    Le 01 décembre 2013 à 22:23

    Coucou mad'z
    c'est marrant comme je me reconnais dans ton histoire.. alors certes pour ma part c'est 44, mais bon, ça n'a pas empêché les moqueries…

    A la différence c'est qu'en plus j'étais pas une bonne élève. J'ai un prof au primaire qui m'a même dis que j'étais vraiment trop nulle et que ça ne l'étonnait pas «vu ton poids». et les autres élèves rigolaient…

    Je crois que la période la plus dure dans une vie, c'est l'enfance. On imagine pas a quel point les gens peuvent être détruits psychologiquement à cause de ce qu'il se passe dans cette période…
    Moi aussi je pleure quand je vois que ma taille n'existe pas dans un magasin…

    J'essaie de perdre du poids, mais j'ai l'impression que tout ce que je mange me fais grossir… que ce soit une pauvre petite feuille de salade ou un yaourt 0 pourcent matière grasse…

    J'espère que tu parviendra a réaliser tes rêves. je te le souhaite :hugs:
  2. LylluleLyllule

    Le 01 décembre 2013 à 22:36

    @Marie-An
    moi je te pardonne cet étalage car tu m'a fais prendre conscience d'une chose: je ne m'accepte pas. Je deteste celle que je suis actuellement, avec sa grosse tête ronde et ses cuissent qui de temps en temps peinent à rentrer dans du 44…

    Je suis désolée, au moment ou j'écris j'ai les larmes aux yeux… Depuis Juin je me borne à perdre 10kg et atteindre mon objectif d'ici Septembre prochain.
    Mais si je n'aime pas celle que je suis, si j'accepte pas que je suis ainsi, je n'y arriverais jamais. Pourtant ya 4 ans on me disait «tu es belle» je répondais «ta gu**le». Aujourd'hui j'essai de les accepter plus facilement. Je sais que je suis jolie mais j'arrive pas a voir le canon (si je peux me permettre) qui se cache en moi.

    En plus je me dis d'aller courrir mais j'ai pas le courage. Alors je me dis «T'es nulle. Tous ceux qui veulent perdre vont au moins faire du sport» oui mais je me dis que la fac ça me prend du temps et c'est le bordel dans ma tête…

    j'ai envie de hurler, j'ai envie de me faire enlever l'estomac pour arrêter de grossir… Je me deteste et je n'arrive pas à m'aimer!!

    Je suis quelqu'un de bizarre.. Pas de mal a participer en cours pourtant, arrive à être a l'aise plus à l'oral qu'à l'écris, mais ça change rien. Je ne m'aime pas et je ne sais pas quoi faire… Pardonnez moi pour ce pétage de plombs soudain :(
  3. Luke DanesLuke Danes

    Le 01 décembre 2013 à 22:50

    Posté par lyllule
    En plus je me dis d'aller courrir mais j'ai pas le courage. Alors je me dis «T'es nulle. Tous ceux qui veulent perdre vont au moins faire du sport» oui mais je me dis que la fac ça me prend du temps et c'est le bordel dans ma tête…

    j'ai envie de hurler, j'ai envie de me faire enlever l'estomac pour arrêter de grossir… Je me deteste et je n'arrive pas à m'aimer!!


    Oh chouchou ! :hugs:

    T'as pas à culpabiliser de manquer de courage pour aller courir, franchement faut pas se mentir : c'est très chiant, et y'a bien plus agréable à faire dans la vie :yawn:

    Tu n'as personne avec qui faire du sport ? C'est plus agréable avec quelqu'un je trouve. Moi j'vais dans une salle de sport avec une copine, déjà parce que je déteste courir, du coup je fais d'autres trucs (du rameur, des étirements, du vélo etc), et parce que je préfère être "planquée" dans un lieu clos, sans que personne me voit. Sinon tu peux aussi faire de la natation … enfin y'a plein de trucs à part courir, qui te plairont peut-être plus et que tu feras sans trainer les pieds

    'Fin bref, tout ça pour dire : ne perds pas courage :fleurs: tu vas réussir à les perdre tes kilos, il faut que tu trouves un sport qui te plaise, et après ça ira mieux ;)
  4. Ayla-Ayla-

    Le 02 décembre 2013 à 02:22

    Posté par timtimsia
    Je suis grosse, pour des raisons qui m'échappent. Je ne me jette pas sur la bouffe, contrairement à ce que pensent mes médecins, je mange équilibré, je fais du sport… mais non, je suis grosse, rien n'y fait. (Je dois faire une prise de sang pour déceler un éventuel dérèglement. Ma plus grande peur : qu'on ne me trouve rien, que tout fonctionne comme il faut, et que je ne sache plus quoi faire pour mincir un peu…)


    Spoiler!
    Pareil. Je n'ai jamais été quelqu'un qui mange beaucoup. J'ai toujours été une grande sportive, mais non, les bourrelets ont commencé à s'installer et la courbe de poids à décroché du carnet de santé dès l'âge de dix ans. A partir de là, j'étais foutue sur le marché de la vie, si j'en crois tout ce que j'ai pu entendre.

    Depuis que je suis petite, on me répète que je suis grosse. Quand je me vois aujourd'hui et quand je revois des photos de l'époque, je me dis qu'on se foutait vraiment de ma gueule. Mais non. Entre la famille qui ne fait que se comparer le tour de taille, le médecin du travail qui te toise et te sort au bout de deux minutes "Faut faire attention à ce que vous mangez", le médecin de la fac qui t'impose presque de voir un nutritionniste… Les "Vous voulez une part de gâteau ? Non pas toi ma chérie", les remarques incessantes de ma mère qui a tout essayé, jusqu'à me tirer de force sur la balance un matin alors que je hurlait que je ne voulais pas me peser. Ambiance. Sans oublier le fameux "les garçons n'aiment pas les grosses". Et les vêtements amples à manches longues qu'elle m'achetait pour pas qu'on voit mes gros bras. (Une fois, je suis allée au lycée en débardeur sans qu'elle le voit, et bah tu te sens con d'avoir l'impression d'avoir fait quelque chose de mal et de te dire que tout le monde va effectivement voir tes gros bras. Et d'un autre côté, je me sentais toute puissante et j'avais l'impression qu'un nouveau monde s'ouvrait à moi, un monde où je pouvais être moi-même). Et après, je me demande encore d'où vient ma vie sentimentale désertique et ma pitoyable estime de moi.

    J'ai eu une période où je mangeais vraiment plus rien, genre une cuillère de purée à midi et une demi-biscotte le soir. Y'a que mon émétophobie qui a fait que je ne suis jamais rentrée dans la spirale boulimie-anorexie mais je m'en suis dangereusement approchée. (Et oui, on peut peser 80 kg et être anorexique).

    Aujourd'hui, je suis beaucoup plus ronde, et beaucoup plus épanouie aussi. J'arrive à prendre du recul et à dire merde à ma mère, et même si j'aime pas spécialement mes bourrelets, bah tant qu'ils sont là, autant faire avec. La vie est trop courte pour se créer encore plus de problèmes qu'on en a déjà.


    Posté par coquillette33
    Exactement, le débat rondes vs minces c'est pesant parfois. Je suis ronde, et parfois j'entends des filles rondes qui balancent dans des débats "une fille sans formes c'est comme un jean sans poches, on sait pas où mettre les mains"… ou "ouais une fois j'ai vu une fille super mince j'avais envie de lui dire d'aller manger un hamburger ahahahlolilol" ou "les VRAIES femmes ont des formes" ah bon? Et à la télé on entend souvent des choses comme ça, genre dans belle toute nue et c'est dégueulasse… C'est bien de dire aux rondes qu'on peut s'accepter mais si pour ça on doit pointer du doigt une autre "catégorie" c'est pas la peine.


    Spoiler!
    Un membre de ma famille en surpoids a posté sur Facebook "Y'a que les chiens qui aiment les os de toute façon lol". Des baffes.
  5. LylluleLyllule

    Le 05 décembre 2013 à 23:24

    Posté par flotsam
    Oh chouchou ! :hugs:

    T'as pas à culpabiliser de manquer de courage pour aller courir, franchement faut pas se mentir : c'est très chiant, et y'a bien plus agréable à faire dans la vie :yawn:

    Tu n'as personne avec qui faire du sport ? C'est plus agréable avec quelqu'un je trouve. Moi j'vais dans une salle de sport avec une copine, déjà parce que je déteste courir, du coup je fais d'autres trucs (du rameur, des étirements, du vélo etc), et parce que je préfère être "planquée" dans un lieu clos, sans que personne me voit. Sinon tu peux aussi faire de la natation … enfin y'a plein de trucs à part courir, qui te plairont peut-être plus et que tu feras sans trainer les pieds

    Avec l'association universitaire de sport, j'en fais. J'ai fais de la natation mais la piscine est a 15min a pied de ma fac, je ne peux pas prendre le bus et du coup je perd la moitié de ma matinée pour travailler…
    Je fesais du JU-jitsu ce semestre, ma dernière séance c'était cet après midi car jeudi prochain je révise mes examens qui sont le 16, 18 et 20 décembre (je suis en 1ère année de Droit)

    Donc voila j'ai pas le temps d'aller a la salle de sport (bien que j'aimerais vraiment pouvoir le faire) j'ai testé un samedi matin ya 2 ans, et j'ai surkiffé, mais bon c'était une séance d'éssaie.. Ma mère a pas voulu m'y inscrire en terminale alors que j'avais le temps (largement même) car elle croyait que je ferais comme mon frère (c'est a dire s'inscrire et ne jamais y aller alors que c'est cher…)

    bref, je vais m'inscrire a des activité au semestre prochain (3 max), en sachant qu'ils ajoutent du body combat et c'est mon prof de Ju jitsu qui va le faire :D (soucis : tout le campus attend ce sport… Y'aura qu'un seul créneau… Jeudi après midi 16h-17h15) Donc je vais devoir casser la gueule des étudiants pour avoir ma place car je surkiffe le body combat ^^ (essai de 1h la semaine dernière, je me suis dit «ok, je VEUX!!»

    après le Droit c'est du travail et ça me soule de pas pouvoir faire plus de sport à cause de mon travail personnel universitaire…

    Merci de m'encourager en tout cas. :chat:
  6. VitanyVitany

    Le 08 décembre 2013 à 19:20

    je n'ai pas été ronde dès le départ…

    enfant, j'étais même du genre crevette, donc je n'ai pas eu le temps de m'habituer quand, à l'adolescence et mes règles arrivant, j'ai pris 21 kg dans la figure en 1 an et demi + un bonnet F aux seins…

    Donc, j'ai eu 15 ans de minceur, puis bam ! en pleine adolescence, alors qu'on est plutôt fragile à cet âge-là, je me suis ramassé tous ces kg en plus, sans avoir rien changé à mon alimentation ni à ma vie…
    Ma mère ayant toujours été très mince naturellement, j'ai eu droit à toutes sortes de reproches, sans compté mon frère, très mince aussi (en bouffant comme un ogre), qui avait décidé de passer sa crise d'adolescence sur moi…

    J'ai donc décidé, vers mes 17 ans, de me prendre en mains, et j'ai entamé le "régime" miracle, à savoir manger moins (j'ai toujours mangé très sainement et je n'aime pas tellement le sucre, donc ça aide… surtout que mes choses favorites se situent plutôt dans les légumes)…
    Et je ne mangeais donc plus qu'une assiette à dessert par repas, trois fois par jour, rien entre-deux (avant non plus d'ailleurs), et je me suis mis au sport 2h par semaines…
    Et j'ai perdu… 25 kg en 1 an et demi…
    Et j'ai pas réussi à y rester ! parce que tout le monde autour de moi mangeais normalement, et que moi à la moindre incartade, c'était 2kg sur la balance…
    Alors, insidieusement, j'ai remangé un ptit peu plus, sous l'instigation des autres surtout, qui trouvait que je mangeais "vraiment pas beaucoup"…
    A noter qu'à mon plus mince moment (je mesure 1m71 et je pesais 63 kg - j'ai jamais réussi à aller en-dessous), je faisais quand même du 38-40)…

    Et j'ai repris mes 25 kg… Et j'ai réessayé de perdre, j'ai réussi un peu (moins que la première fois), et j'ai repris, et reperdu, et repris, etc…

    Et puis sont venus mes 30 ans… j'ai fait le calcul, et j'ai vu que ça faisait la moitié de ma vie (15 ans !) que je me battais pour essayer de ressembler à la fille mince que j'étais enfant… sans succès…
    Alors j'ai dis stop ! j'essaie plus de perdre du poids… je mange raisonnablement et sainement (je l'ai toujours fais), je fais du sport, je suis en bonne santé, et je fais du 46 !
    C'est vrai qu'il y a des jours où j'aimerais bien être un peu plus mince, mais je commence doucement à me faire à l'idée que je serais toujours ronde, mais c'est comme ça !

    Et j'ai eu ma ptite revanche de l'adolescence également, vu que ma mère, ménopause aidant, c'est ramassé 20 kg dans la figure (et n'est donc plus mince), et que mon frère est devenu… plus gros que moi ! :rolleyes:
    Mais je ne leur ferai jamais la réflexion, parce que j'ai trop souffert pendant trop d'années pour faire pareil…

    Reste toujours l'épreuve du médecin tout de même, vu que les toubibs ne jurent que par BMI… peu importe votre santé, du moment que vous rentrez pas dans les chiffres, il faut prendre ou perdre du poids…

    Mais j'arrive à me détacher de tout ça maintenant, mais j'y ai mis du temps…
    Je me dis également que la vie est trop courte, et que tant que je suis en bonne santé, je préfère ne plus me prendre la tête avec mon poids…
  7. WackyWacky

    Le 12 juin 2014 à 13:42

    J'ai longtemps été complexée par ma taille 46, mais franchement - et surtout depuis que je lis MadmoiZelle !! -, je crois que j'ai franchi un grand cap en acceptant totalement mon corps. Même s'il y a des jours avec et des jours sans, même si l'appareil photo reste une épreuve, même si je peste toujours contre mes copines filiformes … eh bien ça va mieux. Je conseille à toutes les filles grosses (parce que ce n'est pas une insulte !!!) qui n'arrivent pas à s'accepter de lire cet article (en anglais, désolée) :

    http://www.worldlifestyle.com/beauty-style/14-things-every-fat-girl-absolutely-needs-to-hear

    toujours en anglais, un article bien décomplexant pour allier perception de son corps et sexe. Parce que les moments où l'on est le plus consciente de son corps c'est ceux où l'on se donne, un peu vulnérable. http://persephonemagazine.com/2012/03/fat-sex-what-everyone-wants-to-know-but-is-afraid-to-ask/
    et de visiter le fabuleux tumblr "Mon Corps m'appartient"
    http://moncorpsmappartient.tumblr.com/

    :cheer:
  8. IldrynnIldrynn

    Le 12 juin 2014 à 22:05

    Les gens trouveront toujours une raison pour critiquer et se décharger de leurs complexes en en créant chez les autres. Moi je suis une abonnée aux "Ton cul est trop plat, c'est pas très harmonieux", "Tes épaules sont trop larges, c'est pas très féminin" et "Tes cheveux sont tout frisés". Avant je ne voyais que ça quand je me regardais dans la glace et je me suis rendue compte que mon manque de forme venait du fait que je faisais énormément de sport et que mes parents n'étaient pas très épais. Que pour la génétique, je n'y pouvais rien (qu'est-ce que je peux faire au fait que mes épaules soient larges ? me les raboter ?) et qu'il était hors de question que j'arrête le sport pour arrêter d'être taillée "comme un sac d'os".

    Nique les complexes. Aimons notre corps de femme comme il est et chérissons ses différences. Merci à cette madz d'avoir témoigné pour prouver que malgré les remarques qui ne visent qu'à faire mal, on peut toujours faire un fuck au monde entier <3
  9. MarliceTheUnicornMarliceTheUnicorn

    Le 13 août 2014 à 10:25

    Bonjour !

    Ton article m'a bien fait sourire ^^ Il est poignant, mais pas tragedico-grosse ; ) Mon 48 et moi on prend les choses avec beaucoup de légèreté (mouhaha ^^)
    Je connais les années 10/18 bien sympa de la petite grosse à lunette (ah oui rajoutons que les verres de lunettes désépaissi y'a une dizaine d'année ça coûtait disons, le PIB de la Suisse).

    Je voulait ajouter une note encore plus positive à ton article, heureusement, les temps on bien changés ! Fini (ou presque) les boutique ou la "grande taille" de service c'était le 42…. Même des marques connues pour leur tailles mini mini genre Je***fer ou bien Pi*k*e monte au 44/46 (même si j'y rentre toujours pas une cuisse c'est bon signe!! ^^) Maintenant t'as de tout pour te faire plaisir, de la lingerie hot aux robes de mariées en passant par les vêtements de tout les jours, jusqu'à des tailles qui font le double de mes fesses (c'est pas peu dire ^^) et sans avoir besoin de transmettre un crédit à tes petits enfants… :unicorn:

    J'ai bon espoir que les grosses soient de moins en moins stygmatisées (ou pour refaire cette phrase sans le politiquement correct : que les gens soient un poil moins c*** ;) ), et j'essaye de porter la bonne parole ! Je suis agent SNCF (pour info, les uniformes standards vont jusqu'au 62 pour nous…et au delà c'est du sur mesure…big up^^) et en complément je suis pionne dans un lycée, alors j'en vois défilé des petites nanas qui me demande comment je fait pour être "belle" comme ça (et oui je cite ^^) C'est vrai que j'ai un look assumé, un poil pin-up, un poil sexy, un poil fofolle, alors je me dis que je peux montrer à ces filles qui se trouvent grosse que non, y'a pas mort d'homme… Je donne des conseils morpho, forme, couleur, shopping, et je me dis que j'aurait aimé qu'on me dise à 15 ans que non, le jogging gris chiné de Decathlon c'est pas une si bonne idée que ça !

    Un jour j'ai perdu beaucoup de poids et je suis descendu à la taille 40 : impossible de me reconnaître ! Grosse déprime, remise en question de mon sex appeal… Ni une ni deux, je suis retourné à mon cher 46/48, et j'ai enfin recommencé à me trouver belle ! Comme quoi…
    C'est ce message là le plus important à mes yeux, les autres perçoivent ce qu'on est disposé à leur montrer. Oui je suis grosse, non je ne suis pas un sac ni un thon complexé et m'empiffrant par dépit de mon corps et de ma vie. Non. Désolée. D'ailleurs, voyez par vous même  :D

    Alors un gros Big-Up à cet article, indémodable je le craint, qui fera toujours écho à nos ados, mais qui leur montre que, non, c'est pas un drame, c'est pas la fin de tout, c'est juste normal de ne pas être comme le voisin :cupidon:

    J'vous aime putain !!
    XX
  10. UnicornLSDUnicornLSD

    Le 13 août 2014 à 19:38

    J'ai pas toujours été grosse mais j'ai jamais étais mince non plus.
    J'étais sportive, je faisais de la gym, ça me passionnais et j'en faisais entre 8 et 15h par semaine.
    Et quand tu fais de la gym les gens s'imagine que th vas ressembler à une grande et élancé tel les jolies danseuses classiques. Sauf que quand tu fais de la gym t'as des cuisses, des épaules…et en plus j'avais un gros cul, généreux héritage de mon côté Kabyle.
    Déjà à l'époque j'entendais le fameux "t'as pas besoin de ça" ou "c'est pas raisonnable de reprendre une part de gateau".
    Du coup j'ai grandis avec l'idée que j'étais énorme sauf qu'aujourd'hui quand je regarde les photos ou des anciens vêtements jusqu'a 14 ans j'étais pas grosse du tout, juste en muscle.
    Mon corps me repugnait parce que mes parents, mes grands parents me disait que j'étais hors norme.

    Et puis j'ai du arrêter le sport de façon soudaine. Pile à l'entrée dans la puberté et là j'ai grossis. Et plus je prenais de poids, plus la taille de mes vêtements augmentais plus je me degoutais.

    Je me souviens d'une fois qui m'as particulièrement marqué je regardais l'île de la tentation avec mon oncle et il me dit "t'aimerais pas être comme ça ?" "Moi je sortirais jamais avec une fille comme toi" On était très proche il était plus mon frère que celui de ma mère et ce jour là j'ai été blessé comme jamais.

    Et puis les copines qui vous sortent "je comprends ce que les mecs te trouve" "nan mais c'est parce qu'elle couche" "ils l'aiment pas ils veulent juste la baiser" une amie m'as dit une fois la phrase la plus poétique que j'ai entendu "un trou est un trou et une bite n'as pas d'œil"…classe.

    Bref mon poids reste un problème délicat. Et si il y a bien un point sur lequel je suis susceptible c'est celui là. Désormais les remarques déplacé passe pas, je mords direct!

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