Témoignage : je suis grosse

Pondu par Une madmoiZelle le 11 décembre 2011     

Comment vit-on le surpoids au quotidien ? Comment gère-t-on les réactions déplacées de notre entourage ? Qu’est-ce que ça fait, vraiment, d’être grosse ? Témoignage.

Je suis grosse. Oui, grosse : les 6 lettres les plus galvaudées dans notre belle société accro à l’image. Je ne vais pas vous infliger un pamphlet interminable et mielleux sur « comment assumer ses 55 kilos » et autres « la beauté, c’est d’abord à l’intérieur, kikou hi hi ». Je vais vous parler de ce que c’est d’être une grosse, une vraie, avec l’IMC et les bourrelets adéquats, et l’impression qu’elle aurait pu tuer un chaton aveugle sur YouTube que le monde n’aurait pu la haïr davantage.

L’enfance

Ça commence quand on est petite, bien entendu. Celui qui a dit que les enfants sont d’innocentes petites créatures a dû naître adulte et n’a jamais dû se reproduire. À l’époque, j’avais deux soucis : j’étais grosse, et j’avais les cheveux courts et frisés. Prenez un adorable petit baril et foutez-lui une perruque de Gloria Gaynor, et vous aurez une image pas trop éloignée de la réalité. À part ça bien sûr, j’étais très bonne élève, pleine de vie et je gambadais fièrement dans les champs de… Non, n’abusons pas.

Mais passons plutôt en revue les petits moments marquants de l’âge dit « le plus tendre ».

  • Être toujours choisie la dernière en cours d’EPS : grand classique de la dodue (mis en chanson par Oldelaf), mais qui ne manque jamais de vous rappeler que s’il y avait eu un vieillard unijambiste et borgne dans la classe, il aurait été pris avant vous pour rejoindre l’équipe de volley-ball junior de Bazouilles-en-Maquelin. Je suis grosse et je peux encore me mouvoir, merci bien. D’ailleurs, paraît même que le sport, ça aide… Ah non, j’ai dû me tromper, à voir la tête dubitative de mes profs de sport quand j’essaie de finir une longueur de piscine.
  • Être regardée de travers à l’heure du goûter : 16 heures vient de sonner. Le suspense est à son comble au collège Jean Jaurès. Tous les regards se tournent vers la grassouillette de service : que va-t-elle manger ? Que va-t-elle ingérer de monstrueusement répugnant et chargé en graisses saturées pour justifier son tour de taille ? Une pomme… Hein ? Comment ça, une pomme ? Ouais, tu parles, elle a déjà dû avaler en douce ses deux paquets de Petits Lu à la graisse d’oie, la fourbe. Et oui, pour les autres, la grosse vit une vie de mensonges constants.
  • Être interrogée comme un collabo par le médecin scolaire : « Non mais tu sais, tu peux tout me dire. Là tu mets que tu manges des céréales le matin. Et quoi d’autre ? Dis-moi tout, je suis là pour t’aider. » Médecin scolaire qui s’empresse ensuite de bien édicter ton poids à voix haute pour que toutes les gamines assemblées dans la salle d’attente se hâtent, effarées, de répéter dans toute l’école que la petite grosse, là, elle pèse deux fois ses petites camarades. Ça m’a facilité l’intégration, je dois dire.
  • Être obligée de s’habiller en jogging-baskets : à l’époque – j’ai aujourd’hui 23 ans, si on faisait une taille 46/48 à 12 ans, il fallait aller à Décathlon et dégoter une tente Quech… des joggings gris clair chiné là, vous vous souvenez ? Non ? Tant mieux, moi si. Couplons le tout avec des grosses baskets car mes pieds larges pour ma pointure ne me permettaient pas de porter autre chose, tant qu’à faire. (Heureusement, ces années me permettent maintenant de justifier mes après-midis shopping. Et sans honte aucune, non mais.)
  • Être le souffre-douleur du photographe du collège : je n’ai jamais su ce que j’avais fait à ce brave homme pour mériter sa haine et son mépris, mais pourquoi avais-je droit systématiquement à un hargneux « Allez mémère, on sourit, ouh là oui, on va dire que ça va » quand toutes les autres petites filles étaient gratifiées d’un gentillet « Oh la petite princesse, voilà un beau sourire, parfait ! » ? J’avais peut-être écrasé son chien avec mon vélo Minnie, je ne me souviens plus.
  • Être considérée avec un mélange de mépris et de fausse bonne volonté par les adultes :  »Oh là ma chérie, tu es sûre que tu veux un bout de gâteau ? Je sais que c’est ton goûter d’anniversaire, mais je ne pense pas que tu en aies besoin. » Bah non tiens, quelle idée ! Avoir 10 ans et vouloir un morceau de gâteau… à quoi pensais-je, bon sang de bois ?!

Mais ça, tout ça, c’est du passé, n’est-ce pas ? Je me disais naïvement que ça irait mieux plus tard. Je n’avais pas tellement tort vu que bon, ça pouvait difficilement être pire. Objet des moqueries et des violences de mes petits camarades pendant des années, j’entrevoyais les années lycée, université et tutti quanti avec un peu plus de… hum… avec un peu moins de désespoir, disons. Ah ah. Non, sérieusement, j’y croyais.

L’adolescence

J’y croyais avant de me mettre à parcourir le fameux numéro spécial de tout bon magazine féminin qui se respecte : « Être grosse et s’aimer : 10 célébrités qui vivent bien leur poids » et à me demander, effarée, pourquoi mon idole Beyoncé figurait dans l’article, comme si elle était l’équivalent américain de notre Maïté nationale. Moi aussi je peux bien assumer mon corps si je ressemble à une bombe athlétique hein, chuis cap’, j’te parie même deux Pogs à la récré.

Arriva donc l’adolescence et le lycée, épopée magique dont je suis ressortie en me disant que visiblement, on me pardonnerait tout dans la vie, mais jamais mon poids. J’étais toujours bonne élève malgré ma vie personnelle plus que chaotique, j’ai maintenu le cap de mes études malgré une dépression et autres drames familiaux, mais vous savez quoi ? [Jingle Zone Interdite] Ça ne suffit pas.

Les adultes qui m’entouraient ne faisaient que me refléter une seule vérité : « oui, c’est pas mal, mais bon si tu maigrissais, ça serait mieux ». Ceux qui pestaient sur les notes à un chiffre de leur progéniture avaient visiblement un double standard pour les autres.

Allez, petits morceaux choisis des gentillesses que les gens de l’âge de mes parents se sont chargés de me transmettre :

  • « Bon, sois honnête, tu dis que le matin tu manges du pain et du beurre, mais combien de centimètres de beurre sur la tartine ? » : question très sérieuse posée par un éminent médecin d’un grand hôpital parisien. Je veux savoir quel diplôme obtenir pour extorquer 100€ de l’heure afin de balancer ça à un enfant de 12 ans, si vous avez des tuyaux…
  •  « Tu es sûre que tu as vraiment besoin de ça ? » : question posée par une parfaite inconnue qui me voyait manger un sandwich poulet – salade. À midi. Quelle horreur ! D’ailleurs, à en croire beaucoup, je n’avais « besoin » de rien : si je mangeais, c’était uniquement par gloutonnerie. Et on sait toutes que nous vivons dans une société qui méprise les besoins hédonistes.
  • « Tu sais, les gens dans les camps, ils étaient pas gros. Donc bon hein, me sors pas d’histoires de métabolisme et de boulimie, moi j’y crois pas. » : jolie répartie de ma prof de sport (elle-même fort grassouillette).

[rightquote]Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille.[/rightquote]Bon, le lycée et l’université : check. En résumé, une alternance de moments humiliants et d’envies de meurtre : il m’est arrivé de vouloir étouffer mes copines qui rentrent dans un 36 mais qui me bassinaient sur leurs bourrelets imaginaires. Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille, et cela fait un moment que je n’ai plus aucun souci à réconforter ces mêmes amies quand elles se sentent immondes.

Mais à 15 ans, alors que l’on pleure dans une cabine d’essayage parce que la taille la plus grande du magasin s’arrête trois unités avant la sienne, la copine mince vous paraît comme l’ennemi numéro 1 à abattre. (J’avais élaboré divers scénarios, le plus élaboré d’entre eux étant de m’asseoir sur elle, ni vue ni connue.)

Témoignage : je suis grosse être grosse

Mais, chères lectrices, tout n’était pas si noir. Il y avait heureusement des compliments dignes d’être mémorisés et chéris comme de petites perles de gentillesse dans ce monde de brutes. Alors on lit la liste suivante et on va câliner un Bisounours :

  • « Tu as un joli visage quand même ». Variante acceptée : « C’est dommage, tu as un joli visage. » Il m’a fallu un paquet d’années pour comprendre pourquoi on ne disait jamais ça qu’aux filles grosses. Eurêka ! C’est facile : si vous êtes mince et avec un joli visage, vous êtes belle, point barre.
    Tout le package est bon à être validé par la société : tendez la fesse, le label rouge arrive. Mais si vous êtes grosse et dotée par un joli visage (les raisons de Mère Nature sont impénétrables !), vous avez le droit d’être considérée comme une jolie cerise sur un gâteau moisi : un vrai gâchis, en somme.
  • « Bon au moins, tu peux te concentrer sur tes études. » Me répéter ça alors que je viens de me prendre un énième « j’aime pas les grosses » par le kéké acnéique / objet de mes rêveries adolescentes, ça réconforte. D’ailleurs, après chaque « râteau », j’allais embrasser mon bulletin trimestriel.
  • « Au moins tu sais que si un type sort avec toi, c’est vraiment parce qu’il t’aime. » En effet. Des hommes qui cherchent les filles les plus fragiles pour assouvir leur soif de contrôle, ça n’existe pas, c’est bien connu. Et les filles minces ne tombent jamais que sur des abrutis superficiels, tout le monde sait ça.

Et aujourd’hui…

Bref. Après avoir galéré des années à vaincre ma boulimie et mes problèmes personnels, après avoir déménagé sans hésitation un paquet de fois pour mes études, puis mon stage, puis mon job actuel à 1 000 km de chez moi, après avoir suivi une thérapie pendant des années, j’ai décidé de me mettre au sport, de manger plus sainement pour enrayer un début de diabète et d’arrêter de me flageller tous les jours comme si j’avais été responsable d’un génocide dans une vie antérieure.

Bizarrement, je vis vachement mieux. Mais soyons clairs : je me tape toujours du chocolat noir quand ça me chante. J’ai dû changer d’alimentation à cause de problèmes de santé mais hors de question d’abandonner mes carrés de Lindt, faut pas déconner. Malheureusement, rien n’empêche les gens de commenter, encore et toujours : je suis toujours grosse, beaucoup moins qu’avant mais on va dire que je suis toujours plus du côté du 46 que du 36.

La différence ? J’en ai plus rien à faire. Mon plus sévère juge, je le sais maintenant : c’est moi-même. Elle aussi, je finirai bien par me la mettre dans la poche, un de ces quatre.

enfance

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  1. BadGurlBadGurl

    Le 21 août 2013 à 22:53

    Avec une taille 46 tu te considères comme grosse, je viens de passer au 44 malgré moi. Je dois réellement penser que je fais parti des "grosses" ? Encore plus complexent pour moi! :tears:
  2. PantiesPanties

    Le 22 août 2013 à 01:49

    Posté par badgurl
    Avec une taille 46 tu te considères comme grosse, je viens de passer au 44 malgré moi. Je dois réellement penser que je fais parti des "grosses" ? Encore plus complexent pour moi! :tears:


    Je pense que l'étiquette de grosse dépend en grande partie de comment tu te vois toi. Si tu penses qu'en faisant du 44 tu n'es pas grosse, je crois qu'il faut que tu restes dans cette optique là et que tu te sentes bien dans ton corps avant tout.
  3. FreehugFreehug

    Le 12 octobre 2013 à 22:37

    @Irma Vep : ""mon cul les contemple" -> tu m'as fait penser à mon père, qui dit "quand tu parles dans mon dos, tu parles à mon cul, et en plus, je pète!" J'adore.

    @Hibourisson : mais tellement! Quand en plus tu es maigre mais avec une grosse poitrine (ce qui donne des belles scolioses, d'ailleurs), tout le monde te critique pour "t'être fait refaire les seins". Maintenant, j'ai pris du poids (et niqué mes complexes) et je suis mieux proportionnée, mais à l'époque j'avais 14-15 ans. Du coup, j'allais jusqu'à mettre des bandages pour m'aplatir les seins :stare:

    Sinon, les filles, j'ai un raisonnement imparable: régime -> effet yoyo -> prise de poids. Les régimes font donc grossir: CQFD! Plus sérieusement, ne faites surtout pas ça, j'ai connu des filles même pas grosses qui suivaient des régimes délirants, genre le régime café (des compléments alimentaires en gélules et du café pour tenir le coup, avec quelques crudités quand vraiment elles n'en pouvaient plus). Atroce pour la santé, et dès qu'elles arrêtaient, elles reprenaient le double du poids perdu en deux mois…
  4. Marie-AnMarie-An

    Le 04 novembre 2013 à 21:47

    Très chères Madz,

    Je suis bien contente d'être tombée sur cet article en farfouillant dans le site. Comme beaucoup d'entre vous, je m'y suis reconnue. J'ai pris le temps de lire tous vos commentaires et j'ai souvent eu mal pour vous. Je profite donc de cet espace pour vous dire que je vous aime :coeurquibat: (non je ne vous connais pas mais je suis en mode bisounours… et puis si on aime pas une personne qui a le courage de se battre pour survivre dans ce monde de brutes, alors c'est pas la peine d'aimer). J'aimerais toutes pouvoir vous consoler (et que l'on vienne aussi me consoler de temps en temps), vous dire que vous êtes belles (si ! si ! et on devrait le dire plus souvent !)

    J'espère que vous me pardonnerez ce moment d'égarement sentimental, ce que, voyez-vous, j'ai connu aussi cette souffrance. J'ai vécu l'enfer de l'adolescence en surpoids (avec une période d'obésité à 14 ans) : les insultes, les "mais tu devrais faire du sport" (j'en ai toujours fait, merci), les horribles séances dans les cabines d'essayage, les pleurs sur les genoux de ma mère qui ne savait plus quoi faire pour moi et bien sûr les séances d'autoflagellation à base de "je suis un monstre", "je suis trop nulle", "comment quelqu'un pourrait-il m'aimer un jour?"
    J'ai mis un peu de temps pour comprendre que mes troubles alimentaires étaient surtout liés à une dépression (la solitude en rentrant de l'école dans une maison vide et le manque de copains) et encore plus de temps à comprendre que si je voulais changer mon corps, il fallait d'abord que je change dans ma tête. Alors je me suis battue, comme vous le faites aussi, contre la dépression, pour me sentir bien, et finalement me sentir belle.
    J'ai perdu du poids quand j'ai commencé à me dire que "merde je suis heureuse parce que je l'ai décidé et j'emmerde ceux qui cherchent à m'enlever cela". bref, j'ai essayé de soigner ma tête et mon corps en même temps pour montrer que sous la "grosse" il y avait surtout un être humain. En acceptant de m'aimer un peu plus, j'ai aussi accepté que l'on m'aime, et ça, ça aide plus que tout.
    J'ai toujours quelques complexes et vos commentaires m'ont fait beaucoup réfléchir. J'ai réalisé récemment que je me considérais encore comme "une grosse vache" en faisant du 36/38 : mon esprit met un peu de temps à suivre… Quelle conne ! Je ne suis pas un monstre de laideur, et je réalise seulement maintenant que je ne l'ai jamais été. Rétrospectivement, je pense que ce que j'ai gagné en m'acceptant est plus important que ce que j'ai gagné en perdant du poids (même si c'est précieux de réapproprier son corps). Je crois que j'aurais perdu moins de temps à être malheureuse si j'avais assimilé que l'on pouvait être en surpoids et belle, si on m'avait foutu un peu la paix, si on m'avait pas poursuivi à coup de "c'est pas bon pour ce que tu as". Faire des régimes quand on est en pleine croissance c'est une connerie, faire des régimes est une connerie. J'en ai fait trop, j'ai passé des années à surveiller la moindre carotte avalée, c'est pas une vie.
    Aujourd'hui, je mange du chocolat et je m'en tape (enfin, j'essaye de compenser mes faiblesses pour le sucre avec du sport en général mais j'arrête de culpabiliser pour le moindre carré).

    J'espère que vous me pardonnerez cet étalage de ma vie privée. Mais je me pose aujourd'hui une question, après avoir lu vos commentaires. J'ai beaucoup souffert des remarques de mon entourage, même si c'était en partie pour mon bien, et je supporte de moins en moins que l'on me "félicite" d'avoir minci. Mais j'ai peur d'une chose : si je venais à avoir des enfants, et si ils avaient comme moi des problèmes de poids, que pourrais-je faire pour les aider ? ma mère a longtemps été désemparée face à ma détresse (c'était dur pour elle de ne pas réagir en "médecin", elle m'a même hospitalisé une semaine, la plus inutile de toute ma vie) et je ne sais qu'elle aurait été la bonne attitude : ne pas me frustrer quand je voulais la même part de gâteau que mon frère ? être indifférent ?

    Je sais que je reproche parfois beaucoup de choses à ma famille pour ce que j'ai vécu (et parfois à juste titre) mais je pense que ça devait être une situation compliquée à gérer (et je ne sais pas si j'aurais pu faire mieux).
    Qu'en pensez-vous ?

    Fin de cet article interminable sur ma petite vie et un gros Big up pour cet article très juste et émouvant :)
  5. LylluleLyllule

    Le 01 décembre 2013 à 22:23

    Coucou mad'z
    c'est marrant comme je me reconnais dans ton histoire.. alors certes pour ma part c'est 44, mais bon, ça n'a pas empêché les moqueries…

    A la différence c'est qu'en plus j'étais pas une bonne élève. J'ai un prof au primaire qui m'a même dis que j'étais vraiment trop nulle et que ça ne l'étonnait pas «vu ton poids». et les autres élèves rigolaient…

    Je crois que la période la plus dure dans une vie, c'est l'enfance. On imagine pas a quel point les gens peuvent être détruits psychologiquement à cause de ce qu'il se passe dans cette période…
    Moi aussi je pleure quand je vois que ma taille n'existe pas dans un magasin…

    J'essaie de perdre du poids, mais j'ai l'impression que tout ce que je mange me fais grossir… que ce soit une pauvre petite feuille de salade ou un yaourt 0 pourcent matière grasse…

    J'espère que tu parviendra a réaliser tes rêves. je te le souhaite :hugs:
  6. LylluleLyllule

    Le 01 décembre 2013 à 22:36

    @Marie-An
    moi je te pardonne cet étalage car tu m'a fais prendre conscience d'une chose: je ne m'accepte pas. Je deteste celle que je suis actuellement, avec sa grosse tête ronde et ses cuissent qui de temps en temps peinent à rentrer dans du 44…

    Je suis désolée, au moment ou j'écris j'ai les larmes aux yeux… Depuis Juin je me borne à perdre 10kg et atteindre mon objectif d'ici Septembre prochain.
    Mais si je n'aime pas celle que je suis, si j'accepte pas que je suis ainsi, je n'y arriverais jamais. Pourtant ya 4 ans on me disait «tu es belle» je répondais «ta gu**le». Aujourd'hui j'essai de les accepter plus facilement. Je sais que je suis jolie mais j'arrive pas a voir le canon (si je peux me permettre) qui se cache en moi.

    En plus je me dis d'aller courrir mais j'ai pas le courage. Alors je me dis «T'es nulle. Tous ceux qui veulent perdre vont au moins faire du sport» oui mais je me dis que la fac ça me prend du temps et c'est le bordel dans ma tête…

    j'ai envie de hurler, j'ai envie de me faire enlever l'estomac pour arrêter de grossir… Je me deteste et je n'arrive pas à m'aimer!!

    Je suis quelqu'un de bizarre.. Pas de mal a participer en cours pourtant, arrive à être a l'aise plus à l'oral qu'à l'écris, mais ça change rien. Je ne m'aime pas et je ne sais pas quoi faire… Pardonnez moi pour ce pétage de plombs soudain :(
  7. FlotsamFlotsam

    Le 01 décembre 2013 à 22:50

    Posté par lyllule
    En plus je me dis d'aller courrir mais j'ai pas le courage. Alors je me dis «T'es nulle. Tous ceux qui veulent perdre vont au moins faire du sport» oui mais je me dis que la fac ça me prend du temps et c'est le bordel dans ma tête…

    j'ai envie de hurler, j'ai envie de me faire enlever l'estomac pour arrêter de grossir… Je me deteste et je n'arrive pas à m'aimer!!


    Oh chouchou ! :hugs:

    T'as pas à culpabiliser de manquer de courage pour aller courir, franchement faut pas se mentir : c'est très chiant, et y'a bien plus agréable à faire dans la vie :yawn:

    Tu n'as personne avec qui faire du sport ? C'est plus agréable avec quelqu'un je trouve. Moi j'vais dans une salle de sport avec une copine, déjà parce que je déteste courir, du coup je fais d'autres trucs (du rameur, des étirements, du vélo etc), et parce que je préfère être "planquée" dans un lieu clos, sans que personne me voit. Sinon tu peux aussi faire de la natation … enfin y'a plein de trucs à part courir, qui te plairont peut-être plus et que tu feras sans trainer les pieds

    'Fin bref, tout ça pour dire : ne perds pas courage :fleurs: tu vas réussir à les perdre tes kilos, il faut que tu trouves un sport qui te plaise, et après ça ira mieux ;)
  8. Ayla-Ayla-

    Le 02 décembre 2013 à 02:22

    Posté par timtimsia
    Je suis grosse, pour des raisons qui m'échappent. Je ne me jette pas sur la bouffe, contrairement à ce que pensent mes médecins, je mange équilibré, je fais du sport… mais non, je suis grosse, rien n'y fait. (Je dois faire une prise de sang pour déceler un éventuel dérèglement. Ma plus grande peur : qu'on ne me trouve rien, que tout fonctionne comme il faut, et que je ne sache plus quoi faire pour mincir un peu…)


    Spoiler!
    Pareil. Je n'ai jamais été quelqu'un qui mange beaucoup. J'ai toujours été une grande sportive, mais non, les bourrelets ont commencé à s'installer et la courbe de poids à décroché du carnet de santé dès l'âge de dix ans. A partir de là, j'étais foutue sur le marché de la vie, si j'en crois tout ce que j'ai pu entendre.

    Depuis que je suis petite, on me répète que je suis grosse. Quand je me vois aujourd'hui et quand je revois des photos de l'époque, je me dis qu'on se foutait vraiment de ma gueule. Mais non. Entre la famille qui ne fait que se comparer le tour de taille, le médecin du travail qui te toise et te sort au bout de deux minutes "Faut faire attention à ce que vous mangez", le médecin de la fac qui t'impose presque de voir un nutritionniste… Les "Vous voulez une part de gâteau ? Non pas toi ma chérie", les remarques incessantes de ma mère qui a tout essayé, jusqu'à me tirer de force sur la balance un matin alors que je hurlait que je ne voulais pas me peser. Ambiance. Sans oublier le fameux "les garçons n'aiment pas les grosses". Et les vêtements amples à manches longues qu'elle m'achetait pour pas qu'on voit mes gros bras. (Une fois, je suis allée au lycée en débardeur sans qu'elle le voit, et bah tu te sens con d'avoir l'impression d'avoir fait quelque chose de mal et de te dire que tout le monde va effectivement voir tes gros bras. Et d'un autre côté, je me sentais toute puissante et j'avais l'impression qu'un nouveau monde s'ouvrait à moi, un monde où je pouvais être moi-même). Et après, je me demande encore d'où vient ma vie sentimentale désertique et ma pitoyable estime de moi.

    J'ai eu une période où je mangeais vraiment plus rien, genre une cuillère de purée à midi et une demi-biscotte le soir. Y'a que mon émétophobie qui a fait que je ne suis jamais rentrée dans la spirale boulimie-anorexie mais je m'en suis dangereusement approchée. (Et oui, on peut peser 80 kg et être anorexique).

    Aujourd'hui, je suis beaucoup plus ronde, et beaucoup plus épanouie aussi. J'arrive à prendre du recul et à dire merde à ma mère, et même si j'aime pas spécialement mes bourrelets, bah tant qu'ils sont là, autant faire avec. La vie est trop courte pour se créer encore plus de problèmes qu'on en a déjà.


    Posté par coquillette33
    Exactement, le débat rondes vs minces c'est pesant parfois. Je suis ronde, et parfois j'entends des filles rondes qui balancent dans des débats "une fille sans formes c'est comme un jean sans poches, on sait pas où mettre les mains"… ou "ouais une fois j'ai vu une fille super mince j'avais envie de lui dire d'aller manger un hamburger ahahahlolilol" ou "les VRAIES femmes ont des formes" ah bon? Et à la télé on entend souvent des choses comme ça, genre dans belle toute nue et c'est dégueulasse… C'est bien de dire aux rondes qu'on peut s'accepter mais si pour ça on doit pointer du doigt une autre "catégorie" c'est pas la peine.


    Spoiler!
    Un membre de ma famille en surpoids a posté sur Facebook "Y'a que les chiens qui aiment les os de toute façon lol". Des baffes.
  9. LylluleLyllule

    Le 05 décembre 2013 à 23:24

    Posté par flotsam
    Oh chouchou ! :hugs:

    T'as pas à culpabiliser de manquer de courage pour aller courir, franchement faut pas se mentir : c'est très chiant, et y'a bien plus agréable à faire dans la vie :yawn:

    Tu n'as personne avec qui faire du sport ? C'est plus agréable avec quelqu'un je trouve. Moi j'vais dans une salle de sport avec une copine, déjà parce que je déteste courir, du coup je fais d'autres trucs (du rameur, des étirements, du vélo etc), et parce que je préfère être "planquée" dans un lieu clos, sans que personne me voit. Sinon tu peux aussi faire de la natation … enfin y'a plein de trucs à part courir, qui te plairont peut-être plus et que tu feras sans trainer les pieds

    Avec l'association universitaire de sport, j'en fais. J'ai fais de la natation mais la piscine est a 15min a pied de ma fac, je ne peux pas prendre le bus et du coup je perd la moitié de ma matinée pour travailler…
    Je fesais du JU-jitsu ce semestre, ma dernière séance c'était cet après midi car jeudi prochain je révise mes examens qui sont le 16, 18 et 20 décembre (je suis en 1ère année de Droit)

    Donc voila j'ai pas le temps d'aller a la salle de sport (bien que j'aimerais vraiment pouvoir le faire) j'ai testé un samedi matin ya 2 ans, et j'ai surkiffé, mais bon c'était une séance d'éssaie.. Ma mère a pas voulu m'y inscrire en terminale alors que j'avais le temps (largement même) car elle croyait que je ferais comme mon frère (c'est a dire s'inscrire et ne jamais y aller alors que c'est cher…)

    bref, je vais m'inscrire a des activité au semestre prochain (3 max), en sachant qu'ils ajoutent du body combat et c'est mon prof de Ju jitsu qui va le faire :D (soucis : tout le campus attend ce sport… Y'aura qu'un seul créneau… Jeudi après midi 16h-17h15) Donc je vais devoir casser la gueule des étudiants pour avoir ma place car je surkiffe le body combat ^^ (essai de 1h la semaine dernière, je me suis dit «ok, je VEUX!!»

    après le Droit c'est du travail et ça me soule de pas pouvoir faire plus de sport à cause de mon travail personnel universitaire…

    Merci de m'encourager en tout cas. :chat:
  10. VitanyVitany

    Le 08 décembre 2013 à 19:20

    je n'ai pas été ronde dès le départ…

    enfant, j'étais même du genre crevette, donc je n'ai pas eu le temps de m'habituer quand, à l'adolescence et mes règles arrivant, j'ai pris 21 kg dans la figure en 1 an et demi + un bonnet F aux seins…

    Donc, j'ai eu 15 ans de minceur, puis bam ! en pleine adolescence, alors qu'on est plutôt fragile à cet âge-là, je me suis ramassé tous ces kg en plus, sans avoir rien changé à mon alimentation ni à ma vie…
    Ma mère ayant toujours été très mince naturellement, j'ai eu droit à toutes sortes de reproches, sans compté mon frère, très mince aussi (en bouffant comme un ogre), qui avait décidé de passer sa crise d'adolescence sur moi…

    J'ai donc décidé, vers mes 17 ans, de me prendre en mains, et j'ai entamé le "régime" miracle, à savoir manger moins (j'ai toujours mangé très sainement et je n'aime pas tellement le sucre, donc ça aide… surtout que mes choses favorites se situent plutôt dans les légumes)…
    Et je ne mangeais donc plus qu'une assiette à dessert par repas, trois fois par jour, rien entre-deux (avant non plus d'ailleurs), et je me suis mis au sport 2h par semaines…
    Et j'ai perdu… 25 kg en 1 an et demi…
    Et j'ai pas réussi à y rester ! parce que tout le monde autour de moi mangeais normalement, et que moi à la moindre incartade, c'était 2kg sur la balance…
    Alors, insidieusement, j'ai remangé un ptit peu plus, sous l'instigation des autres surtout, qui trouvait que je mangeais "vraiment pas beaucoup"…
    A noter qu'à mon plus mince moment (je mesure 1m71 et je pesais 63 kg - j'ai jamais réussi à aller en-dessous), je faisais quand même du 38-40)…

    Et j'ai repris mes 25 kg… Et j'ai réessayé de perdre, j'ai réussi un peu (moins que la première fois), et j'ai repris, et reperdu, et repris, etc…

    Et puis sont venus mes 30 ans… j'ai fait le calcul, et j'ai vu que ça faisait la moitié de ma vie (15 ans !) que je me battais pour essayer de ressembler à la fille mince que j'étais enfant… sans succès…
    Alors j'ai dis stop ! j'essaie plus de perdre du poids… je mange raisonnablement et sainement (je l'ai toujours fais), je fais du sport, je suis en bonne santé, et je fais du 46 !
    C'est vrai qu'il y a des jours où j'aimerais bien être un peu plus mince, mais je commence doucement à me faire à l'idée que je serais toujours ronde, mais c'est comme ça !

    Et j'ai eu ma ptite revanche de l'adolescence également, vu que ma mère, ménopause aidant, c'est ramassé 20 kg dans la figure (et n'est donc plus mince), et que mon frère est devenu… plus gros que moi ! :rolleyes:
    Mais je ne leur ferai jamais la réflexion, parce que j'ai trop souffert pendant trop d'années pour faire pareil…

    Reste toujours l'épreuve du médecin tout de même, vu que les toubibs ne jurent que par BMI… peu importe votre santé, du moment que vous rentrez pas dans les chiffres, il faut prendre ou perdre du poids…

    Mais j'arrive à me détacher de tout ça maintenant, mais j'y ai mis du temps…
    Je me dis également que la vie est trop courte, et que tant que je suis en bonne santé, je préfère ne plus me prendre la tête avec mon poids…

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