Témoignage : je suis grosse

Pondu par Une madmoiZelle le 11 décembre 2011     

Comment vit-on le surpoids au quotidien ? Comment gère-t-on les réactions déplacées de notre entourage ? Qu’est-ce que ça fait, vraiment, d’être grosse ? Témoignage.

Je suis grosse. Oui, grosse : les 6 lettres les plus galvaudées dans notre belle société accro à l’image. Je ne vais pas vous infliger un pamphlet interminable et mielleux sur « comment assumer ses 55 kilos » et autres « la beauté, c’est d’abord à l’intérieur, kikou hi hi ». Je vais vous parler de ce que c’est d’être une grosse, une vraie, avec l’IMC et les bourrelets adéquats, et l’impression qu’elle aurait pu tuer un chaton aveugle sur YouTube que le monde n’aurait pu la haïr davantage.

L’enfance

Ça commence quand on est petite, bien entendu. Celui qui a dit que les enfants sont d’innocentes petites créatures a dû naître adulte et n’a jamais dû se reproduire. À l’époque, j’avais deux soucis : j’étais grosse, et j’avais les cheveux courts et frisés. Prenez un adorable petit baril et foutez-lui une perruque de Gloria Gaynor, et vous aurez une image pas trop éloignée de la réalité. À part ça bien sûr, j’étais très bonne élève, pleine de vie et je gambadais fièrement dans les champs de… Non, n’abusons pas.

Mais passons plutôt en revue les petits moments marquants de l’âge dit « le plus tendre ».

  • Être toujours choisie la dernière en cours d’EPS : grand classique de la dodue (mis en chanson par Oldelaf), mais qui ne manque jamais de vous rappeler que s’il y avait eu un vieillard unijambiste et borgne dans la classe, il aurait été pris avant vous pour rejoindre l’équipe de volley-ball junior de Bazouilles-en-Maquelin. Je suis grosse et je peux encore me mouvoir, merci bien. D’ailleurs, paraît même que le sport, ça aide… Ah non, j’ai dû me tromper, à voir la tête dubitative de mes profs de sport quand j’essaie de finir une longueur de piscine.
  • Être regardée de travers à l’heure du goûter : 16 heures vient de sonner. Le suspense est à son comble au collège jean Jaurès. Tous les regards se tournent vers la grassouillette de service : que va-t-elle manger ? Que va-t-elle ingérer de monstrueusement répugnant et chargé en graisses saturées pour justifier son tour de taille ? Une pomme… Hein ? Comment ça, une pomme ? Ouais, tu parles, elle a déjà dû avaler en douce ses deux paquets de Petits Lu à la graisse d’oie, la fourbe. Et oui, pour les autres, la grosse vit une vie de mensonges constants.
  • Être interrogée comme un collabo par le médecin scolaire : « Non mais tu sais, tu peux tout me dire. Là tu mets que tu manges des céréales le matin. Et quoi d’autre ? Dis-moi tout, je suis là pour t’aider. » Médecin scolaire qui s’empresse ensuite de bien édicter ton poids à voix haute pour que toutes les gamines assemblées dans la salle d’attente se hâtent, effarées, de répéter dans toute l’école que la petite grosse, là, elle pèse deux fois ses petites camarades. Ça m’a facilité l’intégration, je dois dire.
  • Être obligée de s’habiller en jogging-baskets : à l’époque – j’ai aujourd’hui 23 ans, si on faisait une taille 46/48 à 12 ans, il fallait aller à Décathlon et dégoter une tente Quech… des joggings gris clair chiné là, vous vous souvenez ? Non ? Tant mieux, moi si. Couplons le tout avec des grosses baskets car mes pieds larges pour ma pointure ne me permettaient pas de porter autre chose, tant qu’à faire. (Heureusement, ces années me permettent maintenant de justifier mes après-midis shopping. Et sans honte aucune, non mais.)
  • Être le souffre-douleur du photographe du collège : je n’ai jamais su ce que j’avais fait à ce brave homme pour mériter sa haine et son mépris, mais pourquoi avais-je droit systématiquement à un hargneux « Allez mémère, on sourit, ouh là oui, on va dire que ça va » quand toutes les autres petites filles étaient gratifiées d’un gentillet « Oh la petite princesse, voilà un beau sourire, parfait ! » ? J’avais peut-être écrasé son chien avec mon vélo Minnie, je ne me souviens plus.
  • Être considérée avec un mélange de mépris et de fausse bonne volonté par les adultes :  »Oh là ma chérie, tu es sûre que tu veux un bout de gâteau ? Je sais que c’est ton goûter d’anniversaire, mais je ne pense pas que tu en aies besoin. » Bah non tiens, quelle idée ! Avoir 10 ans et vouloir un morceau de gâteau… à quoi pensais-je, bon sang de bois ?!

Mais ça, tout ça, c’est du passé, n’est-ce pas ? Je me disais naïvement que ça irait mieux plus tard. Je n’avais pas tellement tort vu que bon, ça pouvait difficilement être pire. Objet des moqueries et des violences de mes petits camarades pendant des années, j’entrevoyais les années lycée, université et tutti quanti avec un peu plus de… hum… avec un peu moins de désespoir, disons. Ah ah. Non, sérieusement, j’y croyais.

L’adolescence

J’y croyais avant de me mettre à parcourir le fameux numéro spécial de tout bon magazine féminin qui se respecte : « Être grosse et s’aimer : 10 célébrités qui vivent bien leur poids » et à me demander, effarée, pourquoi mon idole Beyoncé figurait dans l’article, comme si elle était l’équivalent américain de notre Maïté nationale. Moi aussi je peux bien assumer mon corps si je ressemble à une bombe athlétique hein, chuis cap’, j’te parie même deux Pogs à la récré.

Arriva donc l’adolescence et le lycée, épopée magique dont je suis ressortie en me disant que visiblement, on me pardonnerait tout dans la vie, mais jamais mon poids. J’étais toujours bonne élève malgré ma vie personnelle plus que chaotique, j’ai maintenu le cap de mes études malgré une dépression et autres drames familiaux, mais vous savez quoi ? [Jingle Zone Interdite] Ça ne suffit pas.

Les adultes qui m’entouraient ne faisaient que me refléter une seule vérité : « oui, c’est pas mal, mais bon si tu maigrissais, ça serait mieux ». Ceux qui pestaient sur les notes à un chiffre de leur progéniture avaient visiblement un double standard pour les autres.

Allez, petits morceaux choisis des gentillesses que les gens de l’âge de mes parents se sont chargés de me transmettre :

  • « Bon, sois honnête, tu dis que le matin tu manges du pain et du beurre, mais combien de centimètres de beurre sur la tartine ? » : question très sérieuse posée par un éminent médecin d’un grand hôpital parisien. Je veux savoir quel diplôme obtenir pour extorquer 100€ de l’heure afin de balancer ça à un enfant de 12 ans, si vous avez des tuyaux…
  •  « Tu es sûre que tu as vraiment besoin de ça ? » : question posée par une parfaite inconnue qui me voyait manger un sandwich poulet – salade. À midi. Quelle horreur ! D’ailleurs, à en croire beaucoup, je n’avais « besoin » de rien : si je mangeais, c’était uniquement par gloutonnerie. Et on sait toutes que nous vivons dans une société qui méprise les besoins hédonistes.
  • « Tu sais, les gens dans les camps, ils étaient pas gros. Donc bon hein, me sors pas d’histoires de métabolisme et de boulimie, moi j’y crois pas. » : jolie répartie de ma prof de sport (elle-même fort grassouillette).

[rightquote]Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille.[/rightquote]Bon, le lycée et l’université : check. En résumé, une alternance de moments humiliants et d’envies de meurtre : il m’est arrivé de vouloir étouffer mes copines qui rentrent dans un 36 mais qui me bassinaient sur leurs bourrelets imaginaires. Il m’a fallu des années pour comprendre que les complexes n’attendent pas le nombre de centimètres au tour de taille, et cela fait un moment que je n’ai plus aucun souci à réconforter ces mêmes amies quand elles se sentent immondes.

Mais à 15 ans, alors que l’on pleure dans une cabine d’essayage parce que la taille la plus grande du magasin s’arrête trois unités avant la sienne, la copine mince vous paraît comme l’ennemi numéro 1 à abattre. (J’avais élaboré divers scénarios, le plus élaboré d’entre eux étant de m’asseoir sur elle, ni vue ni connue.)

Témoignage : je suis grosse être grosse

Mais, chères lectrices, tout n’était pas si noir. Il y avait heureusement des compliments dignes d’être mémorisés et chéris comme de petites perles de gentillesse dans ce monde de brutes. Alors on lit la liste suivante et on va câliner un Bisounours :

  • « Tu as un joli visage quand même ». Variante acceptée : « C’est dommage, tu as un joli visage. » Il m’a fallu un paquet d’années pour comprendre pourquoi on ne disait jamais ça qu’aux filles grosses. Eurêka ! C’est facile : si vous êtes mince et avec un joli visage, vous êtes belle, point barre.
    Tout le package est bon à être validé par la société : tendez la fesse, le label rouge arrive. Mais si vous êtes grosse et dotée par un joli visage (les raisons de Mère Nature sont impénétrables !), vous avez le droit d’être considérée comme une jolie cerise sur un gâteau moisi : un vrai gâchis, en somme.
  • « Bon au moins, tu peux te concentrer sur tes études. » Me répéter ça alors que je viens de me prendre un énième « j’aime pas les grosses » par le kéké acnéique / objet de mes rêveries adolescentes, ça réconforte. D’ailleurs, après chaque « râteau », j’allais embrasser mon bulletin trimestriel.
  • « Au moins tu sais que si un type sort avec toi, c’est vraiment parce qu’il t’aime. » En effet. Des hommes qui cherchent les filles les plus fragiles pour assouvir leur soif de contrôle, ça n’existe pas, c’est bien connu. Et les filles minces ne tombent jamais que sur des abrutis superficiels, tout le monde sait ça.

Et aujourd’hui…

Bref. Après avoir galéré des années à vaincre ma boulimie et mes problèmes personnels, après avoir déménagé sans hésitation un paquet de fois pour mes études, puis mon stage, puis mon job actuel à 1 000 km de chez moi, après avoir suivi une thérapie pendant des années, j’ai décidé de me mettre au sport, de manger plus sainement pour enrayer un début de diabète et d’arrêter de me flageller tous les jours comme si j’avais été responsable d’un génocide dans une vie antérieure.

Bizarrement, je vis vachement mieux. Mais soyons clairs : je me tape toujours du chocolat noir quand ça me chante. J’ai dû changer d’alimentation à cause de problèmes de santé mais hors de question d’abandonner mes carrés de Lindt, faut pas déconner. Malheureusement, rien n’empêche les gens de commenter, encore et toujours : je suis toujours grosse, beaucoup moins qu’avant mais on va dire que je suis toujours plus du côté du 46 que du 36.

La différence ? J’en ai plus rien à faire. Mon plus sévère juge, je le sais maintenant : c’est moi-même. Elle aussi, je finirai bien par me la mettre dans la poche, un de ces quatre.

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Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

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  1. ElwingrocksElwingrocks

    Le 05 juin 2012 à 15:47

    Perso j'ai toujours eu un petit embonpoint donc mon IMC est normal et je suis en excellente santé bref. Au collège je m'en suis pris tellement dans la gueule que j'avais des envies de meurtres et de suicide et j'ai passé 4 ans à être en pleine dépression surtout la cinquième .. Forcement toutes les nanas sont maigres comme des clous à cet age, je comprenais pas pourquoi on me jugeais autant ( Parce que ils ont rien d'autre à faire et que les collégiens la tolérance, ils connaissent pas ^^')

    Et bizarrement j'suis allée dans un autre collège après avoir retapé ma 3eme, j'ai eu aucune remarque et aucune embrouille sur mon poids ou quoi que ce soit, faut croire que sa dépends vraiment de la mentalité des gens on va dire que sur 10 collèges, 9 sont pleins d'abrutis pré pubères qui jugent tout et tout le monde et j'ai été dans deux lycées par la suite pareil jamais aucune embrouille, plutôt populaire, pas mal d'amis, comme quoi qu'après les gens grandissent certains de mon premier collège sont venus s'excuser auprès de moi c'est pour dire ! J'assume ma taille 40 et pour rien au monde je l'échangerais contre un 36 ! Et en plus j'ai +10000000 de résistance aux insultes aha :=) grâce au collège en fait maintenant on peut me sortir tout et n'importe quoi ça va nullement m'atteindre !
  2. deedeecodeedeeco

    Le 26 juin 2012 à 17:58

    Appel à témoigner!!! Il vous est arrivé, en tant que femme, de faire face à des situations dégradantes, humiliantes ou des agressions exercées par des hommes en raison de leur supériorité supposée. Vous aimeriez partager cet épisode de votre vie qui serait traduit en images sur le site de l'aGitation dans la BoîTe à outIls* (et peut être publiée par la suite), je vous invite, pour ce faire, à me laisser un message dans la rubrique contact du site (L’aGitation dans la BoîTe à outIls) dans le menu à gauche .

    -J'aimerais particulièrement dénoncer le sexisme que subisse les femmes voilées en raison d'une islamophobie ambiante.
    Sous couvert de "laïcité" et de dénonciation d'un "sexisme spécifique aux quartiers populaires", les femmes voilées se retrouvent à devoir
    justifier le port du voile auprès des diverses classes dominantes.

    -Autre aspect du sexisme que je souhaite dénoncer sur ce site : ce qu'on peut appeler la mochophobie, le fait d'être discriminée, décrédibilisée, raillée du fait d'un physique hors des canons de beauté (trop grosse, trop moche, etc.), chose que l'on ne choisit pas.

    -Également, le genre peut être une source d'oppression : si tu es une fille qui "ne se comporte pas comme une fille"
    donc que tu n'es pas féminine, tu es considérée comme quelqu'un de marginal ou "moche".

    -L'âge : le changement d'apparence avec le temps a également des conséquences sur le regard que peut porter un homme sur une femme.
    Nous nous contenterons ici du comportement des hommes par rapport aux femmes.

    -Toute autre histoire est également bienvenue à partir du moment où elle est conforme à l'esprit du site.

    J'espère recevoir de nombreux témoignages même s'il me sera difficile de satisfaire l'ensemble des personnes m'envoyant une histoire vécue, étant donné le temps que prend une histoire à être mise en page, réfléchie, crayonnée,encrée, colorisée etc. Merci de votre indulgence.
    Je vous remercie également pour votre participation à la dénonciation du sexisme ordinaire.

    Pour m'aider dans la création de votre histoire, le maximum de détails est important : description des personnages (vêtements, style, visage), des lieux, chronologie de l'action, échange de paroles pendant la scène, heure de l'action (journée ou nuit), cadre urbain ou rural.
    Tout ces détails peuvent être approximatifs mais pour une plus grande crédibilité je souhaite que l'ensemble soit relativement fidèle à l'histoire vécue.

    *L’aGitation dans la BoîTe à outIls (L’aGitation dans la BoîTe à outIls) est un site de bandes dessinées qui dénonce le sexisme ordinaire à travers des histoires réellement vécues par des femmes. Il s'agit d'un thème sérieux mais trop peu visibilisé. Beaucoup de femmes se reconnaitront surement dans ces situations ; il s’agit malheureusement d’un vaste problème qui n’a ni âge, ni classe sociale, ni couleur de peau. Chaque semaine une nouvelle planche !
  3. MaripopsMaripops

    Le 07 juillet 2012 à 20:35

    Je ne suis pas grosse, je ne suis pas mince, mais j'ai quand même toujours été la moins bien tanquée de mes copines, celle qui ne peut pas mettre de mini short en été et qui garde ses jambes désespérément blanches…
    Après de longues années de dépression au collège et au lycée, je suis un jour allée chez mon médecin, et il m'a dit un truc con : " mademoiselle, regardez votre tour de poignet .. voilà maintenant touchez vos mollets ……… vous ne serez jamais mince". Oui j'ai les os épais et je suis une boule de muscles (avec quelques couches de gras par dessus)
    Depuis quelques années, j'ai perdu du poids grace au sport, j'ai encore un peu de gras, mais j'ai pris confiance en moi, et maintenant je me regarde toute nue dans le miroir et je me dis "t'es pas mince, mais bordel t'es BONNE".
    Bref, j'ai pris confiance en moi, et je n'ai jamais été aussi heureuse !
    Et a toutes les filles qui ont des problèmes de poids genre une dizaine de kilos en trop comme ça a été mon cas : BOUGEZ-VOUS !!!! J'ai perdu 6 kilos en dansant pratiquement tous les jours dans ma chambre devant un miroir, sans vraiment changer mon alimentation ! Pas besoin de vous forcer au salles de sport, c'est le truc le plus démotivant du monde. Et maintenant je bouge mon boule aussi bien qu'une black (c'est pas de moi on me l'a dit et répété !) et je peux vous dire qu'en soirée ça fait son effet hahahaha !
    La vie est trop courte pour s'emmerder avec des conneries, alors gardez la pèche (mais n'avalez pas le noyau). YOLO
  4. CessounetteCessounette

    Le 29 juillet 2012 à 21:45

    Moi quand j'étais petite j'étais une grande asperge toute maigre, et ma meilleure amie était "enveloppée" (quoique quand je regarde de vieilles photos, elle me paraît tout à fait "normale")… Un jour j'ai pourri un garçon dans la cours du collège, qui avait osé la traiter de "grosse"… Non mais, où il a vu qu'on pouvait traiter ma copine de "grosse", ce morpion ??
  5. Kami-KamieKami-Kamie

    Le 29 juillet 2012 à 22:38

    J'ai été très touchée par ce témoignage.
    A moindre égard, je souffre de surpoids. J'ai l'impression que c'est depuis toujours mais je me suis rendue compte que c'était tout récent. Je fais une taille 40, autour des 68-70kgs pour 1m58, un drame dans une famille comme la mienne où je suis depuis des années raillée de "grosse". J'ai eu beaucoup de mal à m'accepter, parce que je me suis toujours imaginé (sur leurs conseils) que pour rentrer dans le moule il fallait coller à l'étiquette 36.
    La beauté échappe à un chiffre, ou même à une paire d'yeux. La seule qui compte, c'est la vôtre. Je sais que c'est difficile. Tous les jours nous sommes matraqués d'images et de phrases d'accroche autour de notre poids, de notre physique et de tout ce que nous devrions faire pour nous améliorer. Alors qu'au lieu de chercher un meilleur "nous" qui au final, ne nous conviendra jamais, pourquoi ne pas chercher à s'accepter ?
  6. LobeliaLobelia

    Le 29 juillet 2012 à 23:18

    Moi c'est les phrases de mes copines (anciennes) bien foutue qui font du 36 évidemment, et quand tu fais les magasins avec elles elles te balancent des trucs du genre " putain mais j'arrive pas à trouver ma taille, c'est que des tailles énormes ! " toi tu regardes l'étiquette et : 42.


  7. mimiangel974mimiangel974

    Le 23 octobre 2012 à 22:15

    J'ai beau lire, lire et relire cet article, je m'y vois comme si c'était moi.

    Cela ne fait qu’extrêmement récemment que je voit poindre un petit bout minuscule de confiance en moi.

    Alors franchement big up pour l'article :bouquet:
  8. SlucchesSlucches

    Le 05 avril 2013 à 21:17

    ça me rappelle une fois avec des copains de vacances (je devais avoir 8-10 ans), la mère d'un des enfants nous emmènent tous à la plage.
    Pour goûter j'ai une orange et 6 barquettes de lu au chocolat. La mère me dit de partager mes gâteaux avec les autres (comprendre, elle me les prend et donne tout aux autres). J'ai hurlé, en pleurs pendant 30 minutes. Quand elle me ramène chez nous elle ose dire à mes parents que j'ai un "problème relationnel" avec la nourriture.
  9. SlucchesSlucches

    Le 05 avril 2013 à 21:39

    Posté par russell
    Posté par Bidouce
    J'ajoute ma petite pierre à l'édifice!

    J'ai toujours été grosse. TOU-JOURS. En tout cas mes parents me le faisaient tellement remarquer que je le prenais pour dis. A l'école primaire je n'y pensais pas à cause des autres, je n'ai, curieusment recu que tres tres tres peu d'insultes dans la cour de récré, mais les réfléxions de mes parents ("Cache ce ventre", "On voit ton gras c'est répugnant") me marquaient au fer rouge et j'etais litteralement éffrayée par le moment ou un élève me dirait la même chose. Au college, c'etait sournois. Les remarques de mon groupe de copines mince et filiforme Jean Diesel Petit haut Pimkie faisaient une négation malsaine sur mon poids.
    Je m'explique: Pour elles j'etais grosse mais il fallait le rappeler le moins possible pour ne pas gener le groupe.
    Je crois que lespires humiliations ce sont passées là. Quand tout le monde s'échangeait des vêtement et que ma meilleure amie grande et mince me disait qu'elle me preterait cette jupe bleue la que j'aime bien, si je veux. Elle faisait du 34. Comment expliquer que je frolais le 44? Chaque putain de fois, je devais expliquer que je faisais du 42-44, que j'etais pas comme elles.
    Au lycée, j'ai réalisé que mes frequentations etaient mauvaises, j'ai commencé à avoir plusieurs groupes d'amis tous aussi géniaux les uns que les autres, mon poids n'etait évoqué nulle part. Mais bien sur toujours pas de petit ami à l'horizon. Dans mon petit college privé style gossip girls de province, j'etais fichée "Fille à ne JAMAIS se faire, c'est la honte". Je le savais. Mon premier petit ami m'a quittée pour ca, parcequ'il n'arriverait jamais à assumer mon poids devant les autres. Sauf que là j'ai 16 ans et ca continue. Je me souviens j'avais embrassé un garcon en soirée, il m'a marqué ce mec, c'etait ma premiere experience plus ou moins sensuelle. Le lendemain, j'ai entendu un ami lui dire: "Alors? Pas trop de gras sur les doigts HA HA." Sans compter mon père qui me disait sans cesse que mon regime ne marcherait jamais, que je ne stabiliserait jamais mon poids que j'etais nulle…
    […]



    Oui enfin "les pires humiliations", pour une histoire de chiffons, ça va un peu loin je trouve. Faut arrêter de voir le mal partout, ton amie ne disait peut être pas ça vicieusement non plus…

    La phrase qui revient exactement dans la bouche de ces amies c'est :"Je te prêterai bien ce haut noir mais il serait déformé quand tu me le rendras." ou "Essaie-ça" suivit de "Ha il est devenu trop grand, je vais devoir le jeter et m'en racheter un !"
    Russell, tu sais très bien que c'est faux de dire que ses amies ne faisaient pas ça vicieusement. Quand des ados sont amies, elles croient que ça va être comme dans les films : pour toujours les meilleurs amies du monde.
    Elles fréquentent des filles quotidiennement jusqu'à plus soif, même en fin de semaine. Les relations de filles ados ne se terminent pas à des small talks dans les couloirs de l'école.
    Ce sont souvent des relations passionnées et fusionnelles.
    Quand tes amies ont un comportement différent avec une personne du groupe, même sous couvert d'une hypocrite gentillesse, c'est pour la faire sentir cheap, parce qu'elles ont besoin dans le groupe d'un bouc émissaire.
    Les groupes d'ados fonctionnent sur le même principe qu'une mini-société. Il faut un "faible" (qui n'est pas forcément vraiment faible, mais qui fit dans ce rôle) pour se sentir fort (ce qui sera alors considéré comme être normal). C'est un besoin essentiel de se comparer.
    Je ne dis pas qu'elles ont fait sciemment ce genre de concept, au contraire, mais ça fait tout de même se sentir cheap d'être la gousse de vanille dans un bol de lait (merci ma maman pour cette belle expression qui m'a souvent remonté le moral dans mon adolescence).
  10. Poppy GaliPoppy Gali

    Le 27 avril 2013 à 15:44

    Je suis un petit peu choquée par les commentaires que je lis sur cet article. Je ne ferai aucune remarque sur la madmoizelle qui se plaint parce que "avant la société trouvait que j'avais un corps de rêve et maintenant on me traite de sac d'os". (Vu comment ça évolue, mon oeil, mais bref.)

    En revanche, je suis assez affligée de voir que presque dans un commentaire sur quatre, des conseils sont donnés pour mincir. L'article parle d'une madmoizelle qui a suffisamment morflé avec son poids et qui a décidé de ne plus chercher à maigrir ; ce que je trouve extrêmement positif. Mais non, il y en a toujours pour expliquer comment elles ont maigri, "sans faire de régime" ou "en bougeant juste un peu" ou "avec une gentille nutritionniste"…

    Même là, même après cet article qui soulage un peu, dans lequel on retrouvel'espoir d'arriver un jour à ne plus partir en guerre contre ses kilos, on a droit aux éternels témoignages de "j'ai maigri comme ceci, faites pareil". Non. Stop.

    Maigrissez toutes seules, merci. N'essayez pas d'enrôler celles qui essaient de ne plus être obsédées par ça, c'est suffisamment difficile comme ça.

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