Sorcières, Mythes et Réalités : ces femmes qui flirtent avec le Diable

Notre charmante stagiaire Tom Larret est allée voir Sorcières, Mythes et Réalités l'expo consacrée aux sorcières au Musée de la Poste. Elle vous raconte et vous rencarde plus sur le sujet.

Sorcières, Mythes et Réalités : ces femmes qui flirtent avec le Diable

A l’occasion de la journée internationale des droits des meufs, et pour changer du poing levé et manucuré, je me suis intéressée à l’une des multiples représentations allégoriques de la gonzesse, à savoir la sorcière. Oui, parce que dans nos contrées européennes, magie noire = vagin, depuis Circé chez Homère, Erichto chez Lucain jusqu’à Mathilde chez Lewis. Les hommes sorciers, c’est Merlin l’Enchanteur et Harry Potter (un peu Voldemort aussi mais je fais partie de son armée alors je dis trop rien).

En allant voir à l’Adresse (Musée de la Poste) l’exposition consacrée intitulée Sorcières, Mythes et Réalités, je m’attendais à savoir pourquoi turlututu et chapeau pointu étaient des accessoires aussi féminins qu’un sac à main en croco.

En effet « la sorcière en tant que femme mais aussi en tant que personnage mis au ban de la société, est prétexte à une interprétation inédite des différences. Entre mythes et réalités, cette exposition est l’occasion de comprendre comment ce personnage a cristallisé les peurs de la société. Elle s’inscrit dans l’engagement de La Poste dans la lutte contre les discriminations et pour la parité homme-femme » qu’y disent.

Ca promettait, j’y suis allée, j’en suis revenue, je boude. Une expo un peu fouillis, ou l’art, l’histoire, la science et la sociologie sont légèrement effleurées, sans thème directeur, sans approfondissement, avec une cohérence qui y est sans doute mais que j’ai pas trouvée. Alors oui, un poème d’Hugo par-ci, un film danois de 1920 par là, une belette empaillée et une statuette cornue, c’est rigolo, mais concernant la sorcellerie, déjà c’est light, et l’association femme = sorcière, on repassera.

Assez rapide (on s’en plaint pas quand on s’ennuie), l’exposition n’est ni très excitante, ni très informative, exception faite de l’avant-dernière partie (Les Pratiques Magiques). Vous n’apprendrez pas à transformer votre patron en poisson rouge ou à gommer des capitons sans régime et sans effort, garanti par les internautes, mais ça permet de comprendre les bases du phénomène.

Pour savoir pourquoi Michelet disait « Pour un sorcier, dix milles sorcières », pourquoi les roumains pensaient que « Jupe de femme est lange du Diable » ou pourquoi 75% des personnes convaincues du crime de sorcellerie entre le XVème et le XVIIème siècle étaient des femmes, je vous conseille d’autres sources :

À lire :

  • Les sorcières, Fiancées de Satan, par J-M SALLMAN, chez Découvertes Gallimard, coll Culture et Société, Paris 1989,
  • La sorcière, J. MICHELET (1862), chez Garnier Flammarion,

À voir : Brûlées vives : celles qu’on disait sorcières, Arte Reportage, 60 min.

Et pour vous faire un avis sur l’expo Sorcières, entre Mythes et Réalités, toutes les infos ici. Pressez-vous, vous avez jusqu’au 31 mars 2012.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Chandernagor
    Chandernagor, Le 2 mai 2012 à 5h30

    De ce que je me rappelle de certains cours d'histoire, les sorciers et sorcières étaient souvent des personnes qui vivaient en retrait de la communauté et qui entretenait un lien très fort à la nature. Leur connaissance des plantes et des remèdes faisait d'eux des guérisseurs. C'était souvent de vieilles femmes aussi, il me semble. Du coup le fait que ces personnes soient assez marginales et mystérieuses en faisaient des bouc émissaires parfaits pour se voir attribuer les catastrophes qui pouvaient s'abattre sur le village.

    Après j'ai aussi entendu dire que le corps de la femme cristallisait beaucoup d'interrogations voire de suspicions (avant c'était la femme qui était perçue comme dépravée et sans maitrise de ses pulsions sexuelles).

    Enfin en tout cas c'est un univers qui me fascine depuis longtemps, j'aurais trop aimé être moi-même une sorcière en fait! :bave:

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