Journal de bord d’une rupture — Jour 13 : craquage, colère et espoir

Deux semaines après sa rupture, Faye a un peu craqué. Puis elle s'est mise en colère. Puis elle a relativisé.

Journal de bord d’une rupture — Jour 13 : craquage, colère et espoir

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(C’est le jour 14 en vrai, mais hier soir y avait Game of Thrones alors euh voilà, pardon.)

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô dignité envolée !

La semaine dernière j’ai craqué plus fort qu’une biscotte sur laquelle on essaie d’étaler du beurre trop dur. Après n’avoir pas pu résister au besoin d’échanger quelques mots avec lui par messages, je l’ai appelé pour lui dire que d’être sans lui c’était trop nul et que je voulais qu’on se remette ensemble, qu’on essaie de faire en sorte que ça marche. Autrement dit, j’ai bien roulé allègrement sur les restes de ma dignité dans une dernière tentative pour sortir de cette position toute pourrie.

Il a bien entendu refusé, d’une manière douce, embêté qu’il était de me faire du mal à nouveau, mais ferme. Ça m’a fait l’effet d’un électrochoc puissance mille, comme si je m’étais assise le fion à l’air sur un Pikachu irascible.

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Je me suis rendue compte que je lui faisais de la peine… non, pire : que je lui faisais pitié. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de cerises sur le gâteau tout sec qu’est devenu ma pompe à oxygène organique personnelle. J’ai eu l’impression de vivre ces scènes de films où l’animal de compagnie du héros se fait chasser à coups de cailloux pour qu’il retourne à la vie sauvage.

Alors bon, j’aime beaucoup BEAUCOUP les chiens hein, mais j’apprécie moyen moyen de m’identifier à l’un deux alors que j’essaie de reconstruire un tant soit peu le puzzle de 3000 pièces qu’est devenu mon état émotionnel.

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La colère, cette bonne vieille copine

Et puis, d’un coup, au lieu d’être triste, j’ai enfin commencé à être en colère. Contre moi, contre l’image de loque miteuse que je renvoyais, contre la situation qui pue et contre ma propre faiblesse. Cette personne qui implore qu’on la reprenne, en mettant totalement de côté toute fierté et dignité, ce n’est pas moi et ça ne le sera jamais. Je vaux bien mieux que ça.

J’ai accueilli ma colère comme on retrouve une vieille copine, la bière et le saucisson en moins, la volonté de passer au-dessus de tout ça en plus. Sans être non plus un modèle de courage, j’ai traversé des épreuves autrement plus dures qu’une banale rupture toute bête, et ce dès mes dix ans. Jusqu’ici je n’ai jamais eu besoin de me poser de questions, j’ai avancé parce qu’il le fallait et surtout parce que j’avais cette rage au bide qui me donnait l’énergie de foutre en l’air la moindre mini-haie d’obstacle qui s’est dressée sur ma route. Sans exception, j’ai bazardé toutes les difficultés, tous les doutes, tous les gens nocifs qui me retenaient en arrière pour en arriver aujourd’hui à un résultat de vie pas trop dégueu et qui me rend fière.

Bon du coup, je comprends que ça peut paraître un peu concon d’avoir joué les écorchées vives pendant deux semaines et d’avoir pété les glaouis de tout le monde avec mes états d’âme pour ensuite venir clamer qu’en fait non, même pas mal d’abord.

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« J’SUIS TOUCHÉ ! Ah non. C’est rien. »

Premiers pas sur la route vers l’après

Ceci dit ce n’est pas tout à fait vrai. Bien sûr que j’ai toujours mal quand je pense à lui et que mes sentiments n’ont pas disparu comme ça, poufpouf. Je sursaute toujours un peu quand je vois son nom s’afficher sur ma timeline Facebook et j’ai une pierre de la taille d’un ballon de basket qui me tombe dans le bide quand on me parle de lui. J’ai aussi toujours autant mal quand on l’appelle « mon ex » parce que ça me paraît un bien trop petit mot pour une histoire aussi forte.

Mais tout doucement, petit à petit, je le sens s’effacer un peu et devenir un souvenir doux. Un jour, je ne serai plus en colère, je n’aurai plus à me coller de baffes mentales pour m’empêcher de penser à lui et je serai complètement en paix avec toute cette histoire. Je pourrai avancer en ayant retenu le meilleur de lui et en étant prête à donner le meilleur de moi-même à nouveau.

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Parce que quand on tombe, même de manière impressionnante, en se ramassant bien la tronche à en ratisser le gravier avec les dents, à un moment à un autre il faut bien se relever. On ne peut passer le reste de sa vie à compter les fissures dans le sol et à se demander si on a quelque chose de cassé, il faut rassembler son courage ainsi que les restes de son amour-propre et se remettre debout, même si on a encore les jambes qui twerkent toutes seules comme après un tour de Tagada.

Et les grosses éraflures qu’on a sur les genoux finiront par guérir et laisser de petites traces au milieu de tout plein d’autres cicatrices indolores. On les comparera avec celles des copains qui étaient là pour nous tendre la main en rigolant et nous passer du Mercurochrome sur les plaies.

En attendant on peut toujours écouter Joshua Radin nous dire que tout va bien se passer, ça mange pas de pain.

Faye viendra vous raconter la suite très bientôt ; en attendant, retrouvez-la sur madmoiZelle et découvrez plus d’articles de qualité sur son Tumblr !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Bdavis
    Bdavis, Le 12 juillet 2015 à 19h24

    Bullle
    Ca m'a tellement parlé en lisant ce passage... Ca fait 7 mois que je suis séparée de ma copine, sans vraiment que ce soit réellement clair. Et ici, elle m'a fait un de ces coups de couteau dans le dos qui vous fout complètement à terre, que j'ai l'impression de revivre une rupture dans la rupture même. C'est juste insupportable.
    Enfin, en tout cas, courage à toutes les Madz qui vivent une rupture... <3
    Un millier de courage toi aussi alors!:bouquet:
    On finira par se relever, la tête haute. Peut-être pas demain, dans une semaine ou dans un mois mais on aura de nouveau droit au bonheur!

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