Le Centre Pompidou

Le président de l’époque, Georges Pompidou, soutient alors fortement le projet et le lance. Il s’agit de construire un véritable centre d’art accessible à tous, « un temple de la culture populaire ». Le but est de rassembler sur un même lieu toutes les entités de la culture moderne : une bibliothèque d’information, le Musée […]

Le Centre Pompidou

Le président de l’époque, Georges Pompidou, soutient alors fortement le projet et le lance. Il s’agit de construire un véritable centre d’art accessible à tous, « un temple de la culture populaire ». Le but est de rassembler sur un même lieu toutes les entités de la culture moderne : une bibliothèque d’information, le Musée d’Art Moderne, le Centre de Création Industrielle, l’Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique, des cinémas et une librairie.

En 1971, un concours international est organisé. Ce concours attire pas moins de 700 réponses, et le jury, dont Jean Prouvé est le président, choisira trois jeunes architectes qui n’ont alors jamais réalisé de projet d’une telle ampleur. Richard Rogers, Renzo Piano et Gianfranco Franchini s’entourent de leurs équipes respectives. La clé du projet sera la grande complémentarité entre les différents architectes.

Un projet articulé en 3 axes

  • D’abord, il s’agit de réaliser une méga structure d’acier où viendront prendre place les différentes institutions du centre. La flexibilité par la mise en place de systèmes techniques est primordiale, d’ailleurs Richard Rogers parle de « machine à tout faire ».

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  • Deuxièmement, toutes les circulations (escalators, ascenseurs, escaliers) devront être repoussées à l’extérieur du bâtiment laissant ainsi les plateaux libres et totalement modulables. Il devra en être de même pour toutes les gaines techniques. Cela donne une double identité au bâtiment : côté rue du Renard, la façade est totalement technique et du côté des Halles elle est réservée à la circulation, où tout déplacement est visible. La structure extérieure est clairement affichée et chaque gaine correspond à un code de couleur, ce qui renforce l’impact visuel de la structure. Ainsi, le bleu renvoie à l’air pour la climatisation, le vert aux fluides pour les circuits d’eau, le jaune à l’électricité, le rouge aux communication et à la sécurité.

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  • Troisièmement, par rapport à la stratégie urbaine, il s’agissait de créer une piazza. La moitié du terrain réservé au projet sera utilisé pour réaliser une immense place publique. Par cette idée, les architectes montraient qu’ils avaient totalement évalué l’impact d’un bâtiment remplissant tout l’espace, sur l’architecture avoisinante. De plus, la place fait partie intégrante du bâtiment étant donné que les aérations se situent sur la limite de la place et font ainsi le lien entre la place et le bâtiment.

Un diagramme spatial évolutif, scindé en 2 parties

Selon les architectes, le bâtiment est conçu comme « un diagramme spatial évolutif » et est scindé en deux parties.

La première est l’infrastructure de trois niveaux regroupant tous les locaux techniques et les services.
Et la deuxième est la structure en verre et acier de sept niveaux où sont regroupées toutes les entités du centre. Cette interdisciplinarité permet la mise en avant de la mobilité dans le centre.

Les travaux commencent au printemps 1972, le centre Pompidou est alors considéré comme un « mécano géant ». Mécano car il n’y a aucun mur porteur ni cloisonnement, tout tient dans la structure métallique. Pendant sa construction, les institutions se précisent, la collection du Musée d’Art Moderne de l’avenue du Président Wilson est transférée, le Centre de Création Industrielle se met en place.

Une nouvelle pratique de la culture

Le 31 janvier 1977, a lieu l’inauguration présidée par Valery Giscard d’Estaing, alors président de la République. Le 2 février, le Centre Pompidou est ouvert au public et rencontre un fort succès.

Cette architecture d’allure constructiviste et futuriste, autant par sa construction que par la vision utopique de son fonctionnement, utilise les codes esthétiques de la société industrielle contemporaine. Mais hormis son utilité fonctionnelle, cette architecture est empreinte de puissance expressive et émotionnelle, elle est subjective.
Cette « machine à tout faire » est devenue une fabuleuse machine à inventer une pratique sociale de la culture. Il s’agit d’un lieu désacralisé où la création est possible partout.

Richard Rogers dit « adorer la manière dont les Français ont adopté le centre », et toi, l’as-tu adopté ou tu y résistes encore ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Coco1606
    Coco1606, Le 17 novembre 2008 à 22h01

    Je l'ai visité pour la première fois (et unique pour le moment) l"été dernier, et ouahhhhhhhhhh !!!! Pour moi qui vient de la campagne, qu'elle spectacle ! Il faisait chaud, le quartier était super annimés, pleins de touristes, de jeunes, et puis il y a ce "truc" qui surgit, pleins de formes, de couleurs ! C'est très très impressionant ! Ton article m'a fait repenser à la place, devant où il y avait des spectacles de rues dispérsés ça et là, avec pleins de badeau assis par terre, pour profiter du spectacle.

    Les moments qui m'ont fait frissoner, c'était dans les tubes escalatores, où tu profites d'une vue sur paris que je trouve très belle, et puis le resto terrasse (quelle vue !!!!!!!) où avec ma grand mère on s'est bu une ptite vodka ! :)

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