Peut-on se masturber avec une oeuvre d’art ?

– Ecrit par Maia Mazaurette Ma carrière de sexjournaliste m’a permis de me masturber avec un nombre conséquent de machins chelous, allant du concombre surgelé au galet vibrant en passant par le triple rotor et les gels aromathérapeuthiques. Comme boulot, ça va, il y a plus désagréable. Quand j’ouvre mon courrier, depuis quelques années, ma […]

Peut-on se masturber avec une oeuvre d’art ?

– Ecrit par Maia Mazaurette

Ma carrière de sexjournaliste m’a permis de me masturber avec un nombre conséquent de machins chelous, allant du concombre surgelé au galet vibrant en passant par le triple rotor et les gels aromathérapeuthiques. Comme boulot, ça va, il y a plus désagréable. Quand j’ouvre mon courrier, depuis quelques années, ma première réaction est « gnnnn ? » tant les concepteurs de sextoys se lâchent. Pour exister sur le marché, la surenchère est la règle. On a eu le cone, le space invader, l’aspirateur, on a même eu les boules. Aucune couleur, aucune matière, aucune machine à langue ne m’aura été épargnée.

Mais là, en voyant la râpe à fromage dans mon courrier, je me suis dit : « ah, enfin un sextoy plat, qui peut également faire marque-pages » (le gain de place est important dans la mesure où mes sextoys prennent maintenant une étagère entière de mon appartement).

Ok, il ne s’agit pas vraiment d’une râpe à fromage, mais plutôt d’un sextoy en 2D, rose praline, en forme de hochet de bébé, appelé le Huitième Ciel. Votre mission, si vous l’acceptez, est de frotter le machin contre votre clitoris afin que des perles, planquées dans l’armature en silicone, entrent en résonance avec votre moi profond. Comme des boules de geisha mais plus petites, plus nombreuses, et réservées à un usage externe.

Au début, mon boyfriend (qui est aussi mon co-testeur) n’était pas convaincu. Il a généralement du mal avec les résonances karmiques. Moi j’étais plutôt contente : le Huitième Ciel est bien moins compliqué que les machins habituels qui nécessitent 24 heures de chargement et deux aspirines pour comprendre le mode d’emploi.

Ni une ni deux, je fais la démonstration en me frottant.

Et donc, rien. Mais alors vraiment rien. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir de quoi comparer : je crois qu’on tient là le sextoy le plus inefficace de l’histoire du sextoy (au moins sur moi). C’est contrariant, dans la mesure où la râpe à fromage coûte quand même un bras. 90 euros le marque-page, t’as plutôt envie qu’il soit en or massif.

Depuis, le Huitième Ciel occupe la position centrale de ma collection personnelle. Parce qu’un FAIL pareil, ça n’arrive pas tous les jours. Il va donc falloir que je me procure le reste de la collection “designers” de la boutique 1969 : le Georgia, une copie en plus joli du Wet for Her destiné aux lesbiennes, le Form 2 qui réinvente le Rabbit, la série Godebuster’s ou le fameux galet vibrant – pardon, “masseur sensuel” en forme de selle de vélo. A noter que dans le cas du Space Invaders du Passage du Désir, j’avais décidé d’en faire une touillette à café.

Le point commun de tous ces sextoys est d’avoir été conçus par des designers de folie. Des gens célèbres, qui sont superbons dans leur domaine, vraiment pas des branques. Juste, ils ont perdu de vue le but d’un sextoy : (se) donner du plaisir.

Alors bien sûr je peux me la jouer à fond devant mes invités : ha ha, tu as vu ma touillette à café de la mort, et mon marque-pages à geisha ? Mais ce serait un réflexe de collectionneuse, pas d’utilisatrice lambda. Théoriquement, oui, on peut se masturber avec une oeuvre d’art, rien n’empêche de détourner un Giacometti de son usage (si on a les moyens). Mais pratiquement, jusqu’à présent, les résultats ne sont pas concluants. Pour un sextoy, l’usage précède le design. Allez dire ça à un designer…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Coventhina
    Coventhina, Le 22 juillet 2010 à 13h42

    Un article très intéressant et drôle en plus, j'adore !

    C'est une chance de pouvoir tester tous ces "joujoux" ... Moi j'aime bien les sextoys mais le problème c'est que je m'en lasse vite et puis j'y reviens de temps à autre.

    En tout cas, se masturber avec une oeuvre d'art, pourquoi pas ? Si c'est suggestif ça peut vraiment être pas mal ...

    Maintenant je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis des designers qui ont oublié en chemin que le beau n'est pas forcément l'ami du bien car effectivement c'est la quête du plaisir qui prime sur l'esthétisme.
    C'est génial de "jouer" mais avant tout ce qu'on veut c'est "jouir" !!!!!

    Tiens, ça me donne des idées ... ;) Je vais envoyer un texto à mon Jules !

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