Portraits croisés de femmes dans « Mon Tissu préféré »

Présenté dans la sélection « Un certain regard » au Festival de Cannes 2018, Mon Tissu préféré offre une tranche de vies de femmes dans la société syrienne.

Portraits croisés de femmes dans « Mon Tissu préféré »

– En partenariat avec Sophie Dulac Distribution (Notre Manifeste)

J’ai eu il y a quelques semaines, la chance d’aller voir Mon Tissu préféré, un film dont madmoiZelle est fière d’être partenaire. À cette occasion, j’ai découvert un film poignant et sensible qui m’a fait sortir de ma zone de confort cinématographique.

Mon Tissu préféré, une chronique de la vie ordinaire en Syrie

L’histoire du film

Damas, mars 2011, à l’aube du conflit qui secoue depuis la Syrie.

Nahla vit avec sa mère, Salwa et ses deux jeunes sœurs, Myriam et Line dans une banlieue populaire de Damas. Elle y vit, y travaille mais pourtant son esprit est ailleurs.

En effet elle prépare son mariage avec Samir, Syrien expatrié aux États-Unis, qui revient au pays pour la rencontrer. Cela représente pour Nahla l’espoir d’une vie meilleure pour elle et sa famille.

Cependant lors de sa rencontre avec Samir, Nahla se montre peu agréable voire carrément impolie.

Rebuté par son manque d’intérêt pour lui et sa froideur, Samir lui préfère sa sœur cadette Myriam, plus discrète et docile.

Son rêve d’évasion lui échappant, Nahla reporte son attention sur Madame Jiji, sa nouvelle voisine qui tient en secret, une maison close dans son appartement.

Là, elle aura l’occasion de laisser libre cours à ses fantasmes et de tester son pouvoir de séduction

Mon Tissu préféré, un film qui a fait vaciller mes a priori

Ce n’est pas le type de film vers lequel je me tourne instinctivement car je vais au cinéma pour faire travailler mon imaginaire en m’imprégnant d’univers fantastiques.

Cependant j’ai malgré moi été immédiatement happée par l’authenticité de cette histoire et la réalisation de Gaya Jiji. Elle y dresse avec justesse le portrait d’une famille s’efforçant de vivre dans cette atmosphère oppressante de conflit naissant.

J’ai découvert un panorama de la société syrienne que je ne connais qu’au travers des rares récits de vacances de ma meilleure amie Soraya.

Dès les premières minutes, je voyageais à Damas par le biais de la musique, de la beauté de la langue arabe et j’étais touchée par l’importance des thèmes abordés.

J’ai ainsi compris pourquoi ce film faisait partie de la sélection « Un Certain Regard » du Festival de Cannes 2018.

Pourquoi aller voir Mon Tissu préféré ?

Le film est porté par un casting féminin de talent. Le personnage de Nahla, interprété avec brio par Manal Issa est difficile à cerner. Tour à tour déterminée, rêveuse ou provocante, elle cherche le contact avec les autres tout en les rejetant.

Elle en vient à jalouser sa sœur pour son union à venir avec Samir alors même qu’elle ne voulait pas de lui ce qui reflète de vraies contradictions que j’ai pu avoir ou que tu vivras.

Mon Tissu préféré

Cette personne est très effrontée

Par ailleurs le film dessine des portraits croisés de femmes qui ont des visions différentes de la société dans laquelle elles vivent et de leur place dans ladite société.

D’un côté Salwa et Myriam ne souhaitent rien tant que de jouer leur rôle traditionnel de femme tandis que Nahla et Line veulent sortir de ce carcan mais en usant de méthodes différentes.

L’éveil à la sexualité est également un des thèmes phares du film, illustré par l’atmosphère de lascivité qui règne chez Madame Jiji et les rapports de force qui se mêlent au jeu de séduction.

Le scénario fait également la part belle aux relations entre sœurs ce qui a donné lieu à une discussion entre Mymy et Mathilde dans un épisode de Sister Sister que tu peux retrouver sur Youtube.

Je pourrais continuer encore et encore car ce film est vraiment multidimensionnel mais je m’arrête là par peur de trop en révéler.

Je te recommande de courir au cinéma pour la sortie du film, le 18 juillet 2018 et de découvrir la signification de son titre.

À lire aussi : « Il y a plein de gens qui veulent reconstruire la Syrie » : Hala, Aïsha et Ayat racontent leur vie de réfugiées au Liban

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Commentaires
  • Mercutio
    Mercutio, Le 17 juillet 2018 à 21h20

    Ce film me fait bien envie mais j'ai juste une question avant ; y a-t-il un TW viol ? :red:

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