Le grand ménage de printemps – Chroniques de l’Intranquillité

Cette semaine Ophélie nous propose d'entreprendre un grand ménage de Printemps, histoire d'accorder son humeur avec la saison et de repartir sur des bases saines pour les prochains mois.

Le grand ménage de printemps – Chroniques de l’Intranquillité

J’ai ouvert mon armoire, retourné un tiroir et enfilé mon mini-short de biatch pour me faire bronzer les genoux sur mon balcon en sirotant un diabolo citron : c’est le printemps.

Dans les dessins animés que je regardais lorsque j’étais petite, on pouvait voir des mésanges bleues et des renards apprivoisés sortir des couvertures poussiéreuses des maisons et les étendre dans les arbres. Cette vision poétique transfigurait le nettoyage saisonnier auquel on s’adonne en cette période de l’année et elle m’a donné des envies de grand ménage printanier.

J’ai beaucoup de défauts que j’essaie de transformer en qualités, j’aimerais dire que je suis une collectionneuse qui construit son musée alors que je ne fais qu’amasser; qu’entasser sur mes étagères des bibelots insignifiants dépourvus de toute valeur.

J’aimerais pouvoir vous expliquer que si j’ai une mémoire aussi fidèle, c’est un don tout naturel alors qu’en vérité je ressasse mes souvenirs.

J’aimerais pouvoir vous donner de bonnes astuces pour ré-organiser votre intérieur, savonner vos murs et détacher votre tapis encrassé au pinard mais je laisse cette entreprise titanesque aux magazines féminins libres et affranchis. Hélas, je n’ai jamais brillé par mes capacités domestiques et mon talent ménager reste encore inexploité.

Je veux pourtant vous conseiller d’ébaucher un grand ménage. Un grand ménage d’intérieur cérébral – une remise en ordre moral; nous lessiverons nos idées au Vanish, nous donnerons aux nécessiteux les squelettes qui se cachent au fond de nos placards. Nous allons aérer l’atmosphère rance qui persiste dans les pièces au fond de notre cervelle et que nous avons trop longtemps condamnées.

Les jours et les perspectives augmentent

Je suis dotée d’un caractère obtus et s’il y a bien une chose à laquelle je n’accepterai jamais de me soumettre, c’est le passage à l’heure d’hiver. On enjolive la chose et on a beau m’argumenter tout ce qu’on veut : « tu dormiras une heure de plus » ; «  c’est pour faire des économies d’énergie» ; « une décision de Valery Giscard d’Estaing est toujours une bonne décision » (je rigole, personne ne m’a jamais dit ça.)

Je plonge dans une dépression sans fond à la fin de chaque mois d’octobre et je sais que nous sommes nombreuses à déplorer la perte des heures, à constater laconiquement en pleine journée qu’il est « déjà seize heures » et à se corriger mentalement « il devrait être seulement quinze heures ».

Mais aujourd’hui le temps reprend sa juste place, les journées chaudes d’avril s’étireront jusqu’à se confondre dans des soirées tièdes, l’apéro se boira sous le soleil, nos nerfs s’abreuveront de la lumière du jour et nous tiendrons en éveil plus longtemps !

Nous pourrons enfin profiter du jour en sortant du travail et organiser des activités à dix- huit heures passées. Une renaissance s’annonce pour toutes celles dont l’énergie se couche en même temps que le soleil.

L’état des choses

Novembre-décembre-janvier-février : je n’ai fait que vivoter en suivant paisiblement l’ordre – au demeurant fort agréable – que les choses avaient décidé de prendre. J’ai travaillé (beaucoup), célébré diverses festivités, mangé de la galette des rois (à la frangipane – c’est la meilleure, la seule et l’unique – alors j’en ai mangé beaucoup), ai regardé les autres partir au ski et en vacances, ai acheté des cols roulés en laine et en cashmere. Je n’ai pas été décisionnaire de ma vie, j’ai laissé les choses se faire selon les coutumes saisonnières et il est temps que cette langueur s’achève.

Avec le printemps j’ai des idées plein la tête et si vous n’en avez pas encore alors il est temps de vous autoriser à y croire. Il faut transformer nos rêves en projets à défendre avec les poings, muscler notre coeur contre les déceptions nécessaires et entraîner notre volonté. C’est le printemps et je suis convaincue que tout est possible, que rien n’est jamais trop haut pour nous, que c’est le moment où jamais d’admettre nos envies et de les réaliser.

Maintenant plus que jamais j’établis des perspectives qui débordent de l’horizon et je veux que cette phrase devienne un apophtegme qui traversera les mois et les saisons. Il est impératif de croire à toutes les possibilités, de travailler à être ce qu’on a toujours voulu être.

Alors nous passerons un savon à nos angoisses, nous dépoussièrerons nos vieilles ambitions, nous raccommoderons nos sentiments blessés, nous userons des plus basses métaphores ménagères existantes pour symboliser ce ménage de printemps que l’on s’apprête à entreprendre.

Déplacer les vieux meubles

Je reconsidère ce que j’ai fait pendant les mois passés, les activités auxquelles je me suis livrées, celles que j’ai abandonnées. Je m’interroge sur les habitudes qui se sont emparées de moi, je remets en question la raison d’être de cette routine-là, le bien fondé des principes que j’ai érigés en style de vie.

Je fais le point sur ce qui est important :

– Savoir qui est éliminé dans Top Chef chaque lundi ou regarder un DVD qui prend la poussière dans son sac plastique de la FNAC ?
– Rester peinard à son poste ou prendre le risque d’évoluer et d’aller vers l’inconnu ?
– Voter pour François Hollande au premier tour ou pour Philippe Poutou ?

Il faut être ferme, faire un choix et s’y tenir. Admettre que oui, ce vieux meuble est bien pratique, qu’il décore joliment notre intérieur et qu’on s’y est attaché mais il prend de la place – la place de quelque chose de nouveau. Il faut admettre que certaines habitudes sont confortables mais qu’elles ne sont ni épanouissantes, ni fondamentalement utiles pour autant.

On se protège derrière tant d’ornements qu’on ne sait même plus si l’on est en train d’étouffer ou si on a toujours respiré difficilement. Non ce n’est pas les pollens de saison qui font briller tes yeux, c’est aussi l’exaspération quotidienne qui s’accumule et c’est de cela dont on va se débarrasser.

Peut être qu’on se sentira un peu vide, les premiers temps. C’est toujours pareil aux lendemains des révolutions, après l’enthousiasme hystérique un grand vide souffle sur nous, mais on s’en relèvera. On entassera d’autres choses sur des meubles propres et neufs jusqu’à ce qu’on éprouve de nouveau l’envie de ré-organiser notre existence.

C’est cyclique et normal après tout, nous ne sommes jamais des êtres totalement achevés et c’est très bien ainsi puisqu’il nous reste, en moyenne, plus d’une cinquantaine de Printemps pour révolutionner nos vies.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Vlep
    Vlep, Le 29 mars 2012 à 0h26

    J'ai pas compris le passage sur le changement d'heure... en réalité c'est l'inverse de ce qui est dit dans l'article non? en octobre on gagne une heure, donc quand il est 16h, il était censé être 17h, et en mars on perd une heure... les journées ne "s'étirent" donc pas, bref, c'était juste pour dire que du coup tout ce paragraphe dans l'article perd son sens.

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